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T-Vice, 20 ans déjà !

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Propos recueillis par Daphney Valsaint Malandre

Août 1992 – août 2012 : T-Vice, au mieux de sa forme, célèbre ses 20 ans d’existence. Du sous-sol de leur maison à Morne Calvaire aux bals de graduation en passant par les fêtes de salon, Roberto et Reynaldo Martino ont parcouru bien du chemin avant de pouvoir s’ériger en « Mèt beton » sur le Champ de Mars. Soutenus dès le début par leur mère et manager Jessie Alkhal, ils ont été accompagnés d’amis, Dimitri Craan, Fritz Joassin, Eric Emile, James Cardozo et Gérald Kébreau, qui sont vite devenus des frères avec lesquels ils ont formé le groupe T-Vice. D’autres, en l’occurrence Olivier Duret, Eddy Viau et Ti-Pierrot Alkhal les ont rejoints en cours de route. 8 albums studios, de nombreux vidéos et albums live, une multitude de prestations plus tard, le groupe n’a cessé de gagner du terrain. Roberto Martino, lead vocal du groupe, revient sur ces 20 ans de succès continu mais surtout de dur labeur.

1992 – 2012. Que de chemin parcouru par le groupe ! Quels sont les sentiments qui vous animent pendant que vous célébrez ce 20e anniversaire ?

De la fierté et beaucoup de joie ! Il n’a pas été facile de survivre dans l’industrie musicale haïtienne où il y a tellement d’obstacles et de déceptions. Mais on a réussi !

Citez-nous certaines des grandes réalisations du groupe au cours de ces 20 ans d’expérience.

On a réussi à s’ériger comme « Mèt beton ». Il s’agit là d’un point extrêmement important. Mais aussi, on a beaucoup joué à l’extérieur du pays. On a été le premier groupe konpa de la nouvelle génération à jouer au Panama, en Hollande, en Suisse et en Belgique. Il en a été de même en Nouvelle-Calédonie et à Bercy, en France. Cette dernière prestation m’a particulièrement marqué. On était le premier groupe haïtien à y performer et la réaction du public a été plus que positive !

Vous êtes sortis de très loin pour arriver là où vous êtes aujourd’hui. Comment y êtes-vous parvenus ?

On a toujours employé notre propre stratégie, qui consiste en un savant mélange  de discipline et des différentes innovations qu’on n’a pas arrêté de faire. On est aussi toujours restés humbles et ouverts aux critiques et suggestions.

T-Vice est resté soudé pendant que d’autres groupes se sont formés, reformés ou démantelés. Comment avez-vous réussi ce tour de force ?

Notre force réside dans la façon dont nous abordons le business. On considère T-Vice comme une institution. On vit comme des frères et on s’assure de faire passer les besoins et les intérêts du groupe avant ceux des différents membres. Il n’a jamais été question pour aucun de nous de s’investir dans une carrière solo ou autre, par exemple. Et aussi, on n’a jamais cessé d’innover et on tient toujours compte des suggestions que nous font les fans.

T-Vice est aussi soumis à beaucoup de pression de la part de ses compétiteurs. Comment gérez-vous cela ?

La compétition est très rude et nos compétiteurs travaillent ardument. Mais cela ne fait que nous motiver davantage. Cela nous encourage à travailler encore plus dur et à continuer à offrir ce qu’il y a de meilleur à notre public.

T-Vice est au sommet de sa forme en ce moment. Ses musiciens ont certes mûri au cours des 20 dernières années, mais quand même ils ne sont plus tout jeunes. Songez-vous à mettre du sang neuf au sein de groupe ?

Quand les gens entendent que T-Vice a 20 ans, ils ont tendance à penser que les musiciens du groupe sont vieux. Ce n’est nullement le cas. On est majoritairement en plein dans la trentaine au sein du groupe. Ti Eddy et Sonson ont d’ailleurs 25 à 26 ans. On a commencé très tôt et on est tous encore très jeunes. On a encore le temps de tirer profit de nos expériences et surtout d’en faire de nouvelles.

Le groupe T-Vice a offert son soutien au président Michel Martelly lors des dernières élections. Il se dit qu’en raison de cela, le groupe a bénéficié d’un traitement de faveur aux 2 carnavals. Qu’en dis-tu ?

On a de bons rapports avec le président. On ne le nie pas. Je déplore simplement que certains utilisent ce fait pour expliquer leurs échecs. Nous ne sommes d’ailleurs pas le premier groupe qui entretienne de bonnes relations avec un président. Djakout Mizik, par exemple, a été dirigé par le commandant de la CIMO. Toutefois, ces accusations ne sont nullement fondées. T-Vice a eu les mêmes équipements, le même char et la même sonorisation que Djakout # 1, notre rival attitré. Musicalement, on a fait nos preuves et seuls les mauvais perdants ne voudront pas l’admettre.

Au fil des années, le groupe T-Vice a fait l’objet de nombreuses autres accusations. Comment vivez-vous cela ?

Il est normal qu’un groupe qui est resté aussi populaire durant toutes ces années fasse l’objet de controverses. Ils sont nombreux à espérer qu’on finira par échouer.  C’est d’ailleurs dans le but de nous voir toucher le fond qu’ils font circuler toutes ces rumeurs. Nos moindres faits et gestes sont surveillés, commentés et souvent mésinterprétés. Les erreurs qu’on pardonne volontiers à d’autres ne nous sont pas pardonnées. Lorsqu’un groupe totalise une moyenne de 8, on lui accorde facilement 10. Mais, lorsqu’il s’agit de T-Vice,  nous devrions mériter 30 pour qu’on  nous accorde 10. Rien n’est facile pour nous. Nous devons constamment nous surpasser pour obtenir le crédit que nous méritons.

T-Vice est désormais un ténor de la musique haïtienne qui a fait ses preuves. Quels conseils donneriez-vous à un jeune groupe qui essaie de se lancer dans le monde musical ?

Toujours rester humble, mais aussi travailler et croire en leur potentiel ! Certains jeunes pensent que la drogue peut les aider à trouver de l’inspiration. C’est entièrement faux. On peut réaliser de grandes choses sans être sous l’influence de la drogue. Il leur faut aussi toujours croire en leurs rêves et toujours tâcher de présenter quelque chose de différent. Ce petit quelque chose de différent fera leur originalité et portera  les autres à les apprécier. Outre cela, il y a aussi la discipline qui est indispensable à un groupe qui veut percer.

Y a-t-il quoi que ce soit d’autre que vous souhaitez accomplir avec le groupe ?

Il y’a tellement de choses que l’on rêve d’accomplir. J’aimerais contribuer à donner au konpa l’essor que le reggaeton a eu quelques années plus tôt. Je voudrais que les musiques de T-Vice ou de n’importe autre groupe à tendance konpa tournent sur les grandes stations de radio américaines comme Power 96. On travaille justement dans ce sens en essayant d’obtenir de nombreuses collaborations qui pourraient apporter plus de visibilité à la musique haïtienne. Mais entre-temps, on travaille sur un nouvel album qui devrait être disponible avant la fin de l’année.

Qu’avez-vous prévu pour la célébration de votre anniversaire ?

La véritable fête c’est le 7 août, en souvenir de notre première prestation à l’hôtel El Rancho. On a prévu un ensemble de festivités réunies sous le terme de « T-Vice, 20 ans déjà » qui se tiendront pendant tout le reste de l’année en Haïti, à Boston, à Montréal et un peu partout où nos fans se trouvent.

Propos recueillis par Daphney Valsaint Malandre
Credit: Ticket Magazine

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