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Pour détourner le prochain cyclone

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Le Premier ministre Laurent Lamothe avait entrebâillé la fenêtre. Le président Michel Martelly ouvre ses deux bras, dresse la table et invite les partis politiques au Karibe Convention Center en vue de discuter, mardi, de la formation du Conseil électoral permanent et de la tenue des prochaines élections, selon le Bureau de communication de la présidence.

« Cette rencontre se fera dans l’esprit de faire le point avec tous les secteurs sur la question des élections », a annoncé lundi la présidence.

Selon le porte-parole du président Michel Martelly, cité par l’agence HPN, cette rencontre devrait permettre au chef de l’Etat de répondre aux différentes suggestions faites par divers secteurs concernant la formation du Conseil électoral permanent dont la composition et l’installation sont contestées par de nombreux partis politiques et des organisations de la société civile.

Contacté par Haiti Press Network, le leader du KID, Evans Paul, a confirmé l’invitation de la présidence. « Nous allons nous réunir pour décider de notre participation et pour savoir quel comportement adopter ».

Le président Martelly aborde cette rencontre en position de force. La posture présidentielle prend appui sur la Constitution amendée. Le chef de l’Etat dispose d’une légitimité encore fraîche, moins d’un an et demi après son élection. Son comportement exemplaire (aux bords du a-trop-fait) pendant le passage de la tempête tropicale Isaac a ravivé son aura auprès de la population.

En face, les partis politiques sont réduits à une peau de chagrin. Ils ne sont pas en conjonction avec les parlementaires, ni avec les acteurs de la société qui auraient des griefs, ni même avec ceux qui seraient en opposition au gouvernement Martelly-Lamothe. En un mot, la coalition de ceux qui s’opposent encore à l’amendement de la Constitution et de ceux qui font tout pour ne pas faire de cadeau à Martelly n’existe pas. Les microforces sont éparpillées.

En dépit de tout, un cyclone, pas naturel, nous menace.

Tout processus électoral bancal avec des dés pipés peut causer des dommages incommensurables.

Martelly le charmeur et Lamothe l’homme d’affaires doivent prouver qu’ils sont des démocrates et donner la preuve qu’ils travaillent à la consolidation de l’Etat de droit en Haïti.

Jamais ils ne donneront assez d’attestation de leur bonne foi.

La population, les amis d’Haïti et les partis politiques le savent et ne se gêneront pas de présenter sur chaque dossier la facture et de demander des gages démocratiques aux deux compères, les marasa en rose.

Frantz Duval
 
 Credit: le Nouvelliste

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