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Parc de Martissant, un lieu de mémoire

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Le parc de Martissant, un rêve en passe de devenir une réalité. Environné de bidonvilles, ce lieu, qui intègre l’ancienne propriété privée de la danseuse et anthropologue américaine Katherine Dunham connue sous le nom d’habitation Leclerc, faisait partie de ces endroits situés dans des quartiers de Port-au-Prince, figurant dans la zone rouge après le coup d’État de 1991. A Martissant crépitaient des armes, les gangs y faisaient la loi.

L’esprit de la grande prêtresse du vaudou, Katherine Dunham, initiée à la religion populaire des Haïtiens, hante ces lieux de mémoire. Dunham a puisé des matériaux qui serviront de support à sa création dans l’héritage culturel haïtien. En 1939, elle a même soutenu une thèse sur le thème : « Danses d’Haïti : organisation, classification, forme et fonction sociales ».

Ce lieu s’était refermé sur lui-même depuis que la société haïtienne avait fermé les yeux sur la beauté des choses. Des dizaines de familles démunies avaient squattérisé l’habitation Leclerc, la transformant en une véritable porcherie. Aujourd’hui l’habitation s’ouvre, s’emboîte à d’autres habitations. L’espace prévu pour la création du parc de Martissant est composé de cinq sites d’une superficie totale de 159 867,96 mètres carrés  (environ 12 carreaux de terre)  .

Notons que la FOKAL est l’opératrice du projet «Parc de Martissant», par délégation de maîtrise d’ouvrage. Elle coordonne les activités de terrain de plusieurs ONG telles que: GRET, Oxfam Grande-Bretagne et Oxfam Intermonde, Concern Worlwide, HPCD, AVSI.

Réhabilitation d’infrastructures

Ce projet de cinq millions d’euros financé par l’Union européenne comprend le « Programme de revitalisation du parc de Martissant et des quartiers périphériques ». Par ailleurs, il « prévoit une action conjointe et coordonnée dans plusieurs secteurs d’intervention tels que la réhabilitation d’infrastructures, la création d’emplois, l’eau et l’assainissement, l’éducation, la résolution pacifique des conflits, l’évacuation des déchets ».

Depuis qu’un arrêté présidentiel en date du 29 juin 2007 a déclaré d’utilité publique cet espace pour la création de jardins botaniques, de zone verte, de lieu d’attraction pour les visiteurs, un nouveau jour s’est levé sur les lieux. Aujourd’hui des terrains gazonnés couvrent les périmètres bordés de fleurs et d’arbres centenaires constituant une zone réservée, un poumon au sud de Port-au-Prince. Des jeunes y viennent  étudier et  prendre du bon temps. On peut venir se recueillir aussi devant un mémorial érigé en  mémoire des victimes du séisme du 12 janvier 2010.

La résidence de Catherine Dunham  (26 642,78 mètres carrés), celle de Pauline Leclerc (3 328,94 mètres carrés), les propriétés Mangonès (42 569,46 mètres carrés) et Fongging (26 935,36 mètres carrés) sont en train d’être restaurées.

La grande maison centrale de l’habitation Leclerc où Katherine Dunham a coulé de beaux jours est en plein chantier actuellement.

A l’époque où l’entrepreneur français Olivier Coquelin gérait l’habitation Leclerc, l’espace était paradisiaque et comprenait quarante-quatre villas et onze piscines. Cet hôtel luxueux a fermé ses portes au début des années 80.

L’architecte haïtien Albert Mangonès, qui a eu pour voisine la célèbre Katherine Dunhaum, là où il est, peut être fier du parc de Martissant. Au bon vieux temps, l’habitation Leclerc, l’un des sites composant le parc, était une destination touristique. Les allées ombreuses de ce coin paradisiaque ont résonné de pas de célébrités du monde, dont Mick Jagger et Jacqueline Onassis.

Claude Bernard Sérant serantclaudebernard@yahoo.fr
Credit : le Nouvelliste

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