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Palais national, tout dépend de l’Ispan

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« La présidence est en attente d’une décision finale de l’Institut de sauvegarde du patrimoine national (ISPAN) pour savoir ce qu’il en sera du palais national », a confié au Nouvelliste un haut responsable de la présidence.

« L’ISPAN avait commandité des études auprès d’experts qui ont conclu que les fondations du bâtiment ne peuvent pas supporter une nouvelle construction. Il faudra, sans doute, tout raser, mais il revient à l’Institut de sauvegarde du patrimoine national de faire des recommandations finales que la présidence suivra. Nous sommes au stade des dernières consultations», a poursuivi notre source.

Il y a des réunions prévues dans les prochains jours avec les responsables de l’ISPAN, selon les informations recueillies par le journal.

« Pour le moment, vu la qualité du sol et les ravages subis par la structure du bâtiment on ne peut que récupérer des petites parties du palais national pour les conserver dans un musée ou un mémorial et penser à ériger un nouveau Palais, mais c’est l’ISPAN qui doit donner les indications », précise notre source.

Le palais national est un monument historique et toutes les interventions majeures qui en modifient la structure doivent recevoir l’aval de l’ISPAN; le tremblement de terre n’a pas changé la donne, selon un architecte haïtien.

« Ne me laissez pas de message ». Tel est le message laconique de la boîte vocale du téléphone portable du directeur général de l’ISPAN, Henri Robert Jolibois, injoignable jeudi soir pour de plus amples informations sur l’avenir du Palais national.

Reconstruire ou raser

Si on ne peut pas ou on ne veut pas le reconstruire dans l’immédiat, il faut le raser, plaident beaucoup d’observateurs dont certains ont dû mal à contempler la splendeur ravagée du palais symbolisant toute l’ampleur de la catastrophe du 12 janvier 2010.

Durant les trois jours du carnaval des Fleurs à Port-au-Prince, l’image du palais national au Champ de Mars a contrasté avec celle d’une ville qui renaît. Symbole de la plus haute instance de l’Etat, le palais continue de projeter une image affreuse aux yeux de plus d’un. Deux ans et demi après le séisme, si la coupole, qui menaçait de s’écrouler, a été démantelée, aucune avancée n’est  cependant constatée depuis; Ni réparation ni démolition.

Lors de la célébration du deuxième anniversaire du tremblement de terre, le gouvernement avait consacré l’année 2012 comme l’année de la reconstruction. Cependant, la machine de cette reconstruction tarde à démarrer. Ou du moins elle avance beaucoup trop lentement. L’urbanisme demeure à l’état sauvage quoiqu’il y ait quelques projets d’investissements privés.

Le palais n’est pas la priorité

En fait, si les autorités envisagent de reconstruire les bâtiments publics, le palais national semble ne pas être inclus dans ce plan. Plusieurs mois de cela, lors d’une rencontre avec les journalistes, le président Michel Martelly avait affirmé que le projet de reconstruction du palais national ne figurait pas parmi ses principales priorités.

En fait, les avis divergent sur le sort de ce patrimoine national. Certains estiment qu’il faut penser à effacer de notre mémoire cette tragédie qui a frappé le pays ; d’autres soutiennent que la priorité du pays n’est pas la reconstruction du siège de la présidence. « Je ne suis pas pour la reconstruction du palais. On peut le laisser ainsi et le transformer en un musée », estime un collaborateur.

« Un musée, ça se visite. Or, ce n’est pas le cas »,  rétorque un de ses camarades.

De son côté, Christine, une sexagénaire qui a perdu des membres de sa famille lors de la tragédie, attend que les autorités prennent une décision avec le palais. « J’ai vraiment du mal à contempler le palais dans son état actuel. L’image est trop forte. En regardant l’édifice, on a l’impression que la catastrophe s’est produite hier », indique-t-elle.

« Si on n’envisage pas de le reconstruire dans l’immédiat, pourquoi ne pas le raser ? », se demande la sexagénaire.

En attendant une décision des autorités,  des étrangers continuent à longueur de journée de prendre le bâtiment en photo… les restes de ce qu’il en reste.

Valéry Daudier
Credit: Le Nouvelliste

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