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Les dirigeants de l’ENS réclament l’intervention du gouvernement

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Après les divers mouvements de protestation des étudiants de l’Ecole normale supérieure (ENS) pour exiger un terrain de l’Etat haïtien pour la construction des locaux de l’ENS, c’est au tour du décanat de solliciter, dans une lettre ouverte, l’intervention de la ministre de l’Economie et des finances (MEF), Marie Carmelle Jean-Marie dans ce dossier.

Selon les deux membres du conseil de direction de l’ENS, le Dr Jean Fritzner Etienne et le Dr Fritz Rosemond, le projet en question avait obtenu l’approbation du gouvernement haïtien qui, par l’intermédiaire du ministère de la Planification et de la coopération externe, l’avait soumis à l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA).

Dans une lettre ouverte au ministre des Finances, MM. Etienne et Rosemond (membres du conseil  de direction de l’ENS) estiment qu’il y a un manque de volonté de l’Etat haïtien dans ce dossier. « Lors de la dernière rencontre au MPCE, il était admis que, dans le cas où  l’Etat haïtien ne  serait pas en mesure de communiquer à la JICA (Agence japonaise de coopération internationale) le terrain retenu pour le projet avant le 31 décembre, le ministère des Finances pourrait écrire une lettre d’engagement par laquelle l’Etat haïtien donnerait la garantie qu’il accorderait à l’ENS un terrain pour la reconstruction de l’ENS. Malheureusement, à moins de deux semaines de la date fatidique du 31 décembre, rien n’est encore fait pour garantir le succès des démarches de l’ENS», ont-ils déclaré.

A propos du projet de réunion toutes les facultés de l’UEH à Damien,  les deux membres du conseil de direction partageant le même point de vue: cela ne devrait pas constituer un problème.  Car, dans le cas où le projet du Campus de Damien serait réalisable et qu’on procéderait à la translation de l’ENS audit site, les infrastructures qui seraient offertes par la coopération japonaise rentreraient automatiquement dans le patrimoine de l’UEH ou de l’Etat haïtien.

Le Campus de Damien, ajoutent-ils, est un projet qui s’étend sur le long terme et flotte encore dans l’incertain. «  Personne n’est, dans l’état actuel des choses, en mesure de dire qui fournira les 100 millions nécéssaires à la matérialisation du projet. Les 10 millions promis par l’Etat haïtien ne seront employés  qu’aux études, et peut-être à la préparation du terrain. Aucun décaissement n’est encore effectué sur la base de ces 10 millions; on pourrait même se permettre d’être sceptique quant à la réalisation de ces travaux préliminaires. »

« Selon la mission japonaise qui a séjourné en Haïti du 7 au 26 octobre 2012, la possibilité de construire l’Ecole normale supérieure sur le site de Damien  doit être écartée si l’ENS souhaite que ce projet se réalise», lit-on dans la lettre.  Dans un procès-verbal signé entre M. Koichiro KOROKI (chef de mission) et M. Jean Vernet Henry (recteur de l’UEH),poursuit le document, il contient des remarques relatives au terrain de Damien. Selon ce procès-verbal, le terrain pour la construction de l’ENS doit être nu et ce n’est pas le cas pour Damien. De plus, la mission japonaise a exprimé ses craintes concernant l’état du terrain de Damien qui,  selon elle, n’est pas appropriée pour plusieurs raisons.

Selon le deux membres  du conseil de direction de l’Ecole normale supérieure, le problème du terrain devrait être facilement résolu si on voulait bien déduire des 10 millions promis par l’Etat haïtien à l’Université d’Etat d’Haïti moins d’un million pour l’acquisition d’une propriété. C’est juste une question de volonté.

Par ailleurs, MM. Etienne et Rosemond  profitent de cette lettre pour faire une présentation de la situation de travail à l’ENS : « Faute de salle, des ouvrages importants pour la formation des étudiants dorment encore dans des boîtes. Aucun espace n’est actuellement disponible pour recevoir les laboratoires de physique, de chimie, de biologie, de langues vivantes », ont-ils précisé.

En réalité, 28 salles de classe sont nécessaires pour la tenue des cours, mais l’Ecole normale ne dispose que de 10 salles dont 4 sont délabrées. Encore qu’il faille composer avec les interférences nuisibles de l’environnement ambiant (bruit de camions, de camionnettes, exhalaison nauséabondes des toilettes voisines).

Les étudiants de l’ENS menacent de faire la grève en janvier si l’Etat haïtien ne s’engage pas par écrit à fournir un terrain autre que Damien pour la reconstruction de cette faculté avant le 31 décembre 2012.

Jocelyn Belfort
Credit: Le Nouvelliste

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