Rss

Le gouvernement haïtien écrit aux autorités dominicaines

1 Star2 Stars3 Stars4 Stars5 Stars

Haïti a rappelé pour consultation son ambassadeur en République dominicaine. Après deux jours de discussion avec l’ambassadeur et d’autres représentants d’Haïti en République dominicaine, le ministre haïtien des Affaires étrangères Duly Brutus a annoncé vendredi un ensemble de dispositions pour protester contre les violences frappant les ressortissants haïtiens.

L’ambassadeur haïtien, Fritz Cinéas, les consuls et tous les chefs de mission d’Haïti en République dominicaine sont à Port-au-Prince depuis mercredi. Durant les deux derniers jours, les diplomates haïtiens et le chancelier ont fait le point sur l’évolution de la situation de l’autre côté de la frontière.  Le ministre des Affaires étrangères, qui a rencontré la presse vendredi, affirme avoir recueilli le maximum d’informations.

Ce que retient Duly Brutus après avoir rencontré ces diplomates n’est pas nouveau pour grand monde. « Il n’y a pas eu de grands changements en matière de violation des droits des Haïtiens en République dominicaine, a enfin reconnu le ministre des Affaires étrangères après de multiples cas de violation des droits des migrants haïtiens.  « Selon le rapport présenté par plusieurs de nos représentants, nous constatons qu’il y a une montée de l’antihaïtianisme là-bas», a fait savoir le chancelier haïtien.

Après les deux jours de consultation avec les représentants d’Haïti avec le ministre, des recommandations ont été faites. L’ambassadeur d’Haïti quitte la capitale avec en sa possession une lettre destinée au ministre dominicain des Affaires étrangères, Andrés Navarro García. Dans cette correspondance,  l’Etat haïtien demande au gouvernement dominicain de renforcer la sécurité autour de l’ambassade d’Haïti en République dominicaine, d’assurer la sécurité de tout le personnel diplomatique haïtien, que ce soit à Santo Domingo ou dans les différentes villes de province, selon la lecture faite par le ministre Brutus.

« Nous demandons aussi de respecter les droits fondamentaux de chaque Haïtien en République dominicaine », a déclaré le ministre Duly Brutus accompagné de l’ambassadeur Cinéas et des consuls d’Haïti en République dominicaine.  Les propos du chancelier haïtien arrivent près de deux semaines après l’assassinat d’un jeune Haïtien à Santiago. Après les nombreuses critiques des organisations des droits humains sur le silence des autorités haïtiennes sur ce dossier.

« Il y a des secteurs qui on profité de ce contexte pour brûler le drapeau haïtien. Nous condamnons cet acte et demandons au gouvernement dominicain de réagir, a dit plus loin le ministre Brutus. Nous pensons que c’est extrêmement important pour le gouvernement dominicain de faire entendre sa voix sur l’ensemble de ces actes posés contre les Haïtiens en République dominicaine ».

Ce qui se passe de l’autre côté de la frontière ne coupe pas le pont entre les deux gouvernements. Le ministre des Affaires étrangères affirme qu’Haïti est disposée à continuer à travailler avec le gouvernement dominicain pour s’assurer que l’acte qui  a été posé ne se répétera pas à nouveau. « Si la justice ne prend pas de sanction contre les contrevenants, peut-être, cet acte va se répéter », a soutenu Duly Brutus.

Comme s’il savait déjà que les extrémistes dominicains allaient récidiver. Un deuxième Haïtien a été tué en République dominicaine jeudi soir. C’est le ministre lui-même qui a annoncé la nouvelle. Le dénommé Ti Louis a été retrouvé décapité dans la zone d’Elias Pinas. Ce nouvel assassinat a provoqué la colère au sein de la population haïtienne. La frontière entre les deux pays a été fermée durant la journée de vendredi au niveau de Belladère.

« Face à cet assassinat, je demande de fermer la frontière de Belladère, jusqu’à ce que les autorités dominicaines prennent leurs responsabilités en arrêtant le coupable et en rendant justice aux membres de la famille de Ti Louis », a déclaré le vice-délégué du Centre, Jones Drice Germain cité par l’agence de presse en ligne, Alter Presse. Le ministre a demandé au gouvernement dominicain de faire la lumière sur ce nouveau cas d’assassinat. Il a promis que l’Etat haïtien fera tout pour rapatrier le corps de la victime et accompagner sa famille.

Concernant les critiques faites aux autorités haïtiennes de n’avoir pas accompagné les parents de Claude Jean Harry, les diplomates se sont défendus. Le consul d’Haïti à Santiago, Ralph Hypolite, a confié être intervenu auprès de la famille de Claude Jean Harry. Il confirme toutefois que le cercueil dans lequel a été inhumé l’Haïtien fut un don de l’organisation des médecins légistes dominicains INACIF. Le consul affirme avoir aidé la famille à hauteur de 10 000 pesos. Environ onze mille gourdes pour des funérailles.

En Haïti, des organisations des droits humains continuent d’élever la voix pour critiquer le comportement raciste et xénophobe de certains Dominicains. Plusieurs dizaines de personnes ont défilé vendredi dans la capitale haïtienne pour demander justice pour leurs compatriotes. A part cette marche qui s’est achevée devant l’ambassade dominicaine, les notes de protestation se multiplient pour dénoncer le comportement de l’Etat dominicain.

Louis-Joseph Olivier Source: Le Nouvelliste

Like This Post? Share It

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *