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Intensification des travaux d’assainissement dans la zone métropolitaine

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Le Service métropolitain de collecte des résidus solides (SMCRS) clôture l’année 2012 avec le lancement de “Bonjou 2013 nan yon vil pwòp”, programme de collecte de déchets en polystyrène expansé et en polyéthylène noir, et avec la création de 16 000 emplois temporaires. Pour assainir la zone métropolitaine, ces programmes sont sans effets durables dans la gestion de déchets et sont insuffisants à pallier le problème de l’insalubrité.

Le programme “Bonjou 2013 nan yon vil pwòp” est, selon le directeur général du SMCRS, un suivi de la décision du gouvernement d’interdire la commercialisation et la circulation des sacs en plastique noir, et des produits en polystyrène expansé. La population est invitée à en faire la collecte et à les remettre aux municipalités. Un ticket pour une raffle sera remis en échange de 1000 articles. «Nous espérons, avec la participation de la population, collecter entre 80 et 100 millions de sacs polyéthylène noir et récipients en polystyrène expansé», a fait savoir Donald Paraison. Les  déchets collectés seront traités et transformés en des matériaux de construction. « Il envisage d’en faire une construction que je me ferai le plaisir d’inviter la presse à constater. Les sacs en plastique serviront à construire la base et le polystyrène expansé servira à faire les blocs pour la construction», a-t-il annoncé.

Parallèlement à cette campagne, 16 000 personnes seront engagées pour le ramassage d’ordures de tout type dans sept communes de la zone métropolitaine. Les ouvriers  travailleront pendant 15 jours, du 19 décembre eu 15 janvier dans le cadre des travaux à haute intensité de main-d’œuvre. Ils seront rémunérés sur la base du salaire minimum ou davantage, selon le poste. Le SMCRS a augmenté sa flotte de matériel de 24 camions benne et de 3 loaders afin d’assainir les commune de Port-au-Prince, de Pétion-ville, de Delmas,  de Cité soleil, de Carrefour, de Tabarre et de Croix-des-Bouquets. «A cette période de l’année, la population génère trois fois plus de déchets qu’en temps normal. Il faut plus de matériel et plus de bras», a précisé le directeur général. Si les travaux sont concentrés sur la zone métropolitaine, le directeur annonce des travaux d’assainissement de moindre envergure aux Gonaïves, au Cap, à Port-de-Paix et à Jérémie.  Ces travaux sont financés par le Trésor public à hauteur de 60 millions de gourdes. Pour de meilleurs résultats, le SMCRS entend intensifier la campagne de collecte de déchets à domicile.

Plus que des travaux temporaires

Quoique les travaux de ramassage d’ordures à haute intensité de main d’œuvre aient débuté depuis plus d’une semaine, l’insalubrité reste évidente dans plusieurs quartiers du centre-ville de Port-au-Prince et dans les communes avoisinantes avec une forte population et beaucoup d’activités. Des piles de déchets s’érigent tous les jours en divers endroits. La situation est encore pire dans les environs des marchés publics. «Près de 40% de l’espace vital du centre-ville s’est transformé en marché public, alors que les marchés publics génèrent une grande quantité de déchets tous les jours et est presque partout», a affirmé M. Paraison, soutenant que la problématique de la gestion des déchets est liée à plusieurs autres facteurs, spécialement à la mauvaise répartition des espaces vitaux et à l’insécurité. «On ne peut exposer la vie de nos employés à une heure ou à deux heures du matin dans certaines zones où l’insécurité bat son plein. Les piles d’ordures restent donc durant plusieurs jours et grossissent», a-t-il poursuivi.

Donald Paraison s’est dit satisfait des actions posées par  son administration depuis qu’il est à la tête du SMCRS.  Il a relaté le retrait des bennes à déchets dans les quartiers résidentiels, la distribution de poubelles domestiques et la collecte de déchets à domicile. «Il faut juste que le SMCRS vienne récupérer les déchets déposés plus souvent », a-t-il nuancé. Il est également conscient de la faiblesse de ses activités en dehors d’une action structurée et permanente ou du renforcement des institutions impliquées. Pour l’heure, le SMCRS dispose de 77 pièces d’équipement dont 50 sont fonctionnelles. «Nous devrions disposer de 167 pièces d’équipement afin d’assurer la propreté de la zone métropolitaine. Nous disposons de moins du tiers de ce dont nous avons besoin», a-t-il regretté. Donald Paraison a sollicité la collaboration de la population pour nettoyer et garder les quartiers propres.

Aucun contrôle des sites de décharge

«Personne», a répondu M. Paraison à la question de savoir quelle instance est chargée de réguler la collecte et la décharge des déchets. Aucune obligation n’est faite aux entreprises privées de ramassage d’ordures relativement à l’endroit où les déchets doivent être déversés. Le seul site de décharge officiel à Truttier fonctionne anarchiquement, aucune institution régulatrice n’est mise en place. Plusieurs endroits de la capitale, notamment Croix-des-Bossales, se transforment en site de décharge sans aucun contrôle.  Il a toutefois annoncé que le ministère des Travaux publics, transports et communications travaille sur l’élaboration d’un projet de loi afin de structurer le système. Il a aussi annoncé  que la firme Louis Berger est déjà  engagée par l’Etat haïtien pour des études afin de structurer le site de décharge à Truttier et pour en assurer un meilleur fonctionnement.

Nathalie Verné
Credit: le Nouvelliste

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