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Et si l’argent des transferts de la diaspora était investi ?

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« Utiliser les fonds des transferts internationaux dans des investissements rentables au sein d’entreprises existantes, ou dans d’autres activités génératrices de revenus », telle est la pratique que promeut la Fonkoze auprès des ménages haïtiens à travers un projet pilote dénommé « Transferts pour faire des affaires », financé par la Banque interaméricaine de développement.

Lancé depuis deux mois, ce nouveau projet, dirigé par Katleen Félix, directrice de la liaison avec la diaspora au Fonkoze, encourage des comportements financiers responsables chez les récipiendaires de transferts, en les sensibilisant à la pratique d’investissement productif. Dans plusieurs localités du pays, des séminaires sur la gestion financière sont organisés par la Fonkoze. Les participants y explorent différents concepts pratiques afin d’améliorer leurs habitudes financières.

La notion de budget y est largement détaillée afin d’en assurer l’utilisation dans la vie de tous les jours, ainsi que dans les activités économiques, afin d’éveiller leur intérêt pour une bonne gestion et une utilisation efficiente de leurs fonds. « Après ce programme de sensibilisation, nous nous assurons de faire le  suivi avec les bénéficiaires, question de vérifier si les conseils prodigués dans le cadre de ces ateliers de deux jours sont effectivement mis en application », a expliqué Moéva Rameau, l’une des coordonnatrices de ce projet.

Ont pris part à ces rencontres, animées par le professeur et économiste Kesner Pharel, environ 200 personnes dans 10 villes du  pays (Fort-Liberté, Port-au-Prince, Cayes, Cap-Haïtien, Gonaïves, Pont-Sondé, Léogâne, Miragoâne et Jean-Rabel).Le programme cible spécialement les haïtiens qui reçoivent au minimum des transferts de 100 dollars américains par mois provenant de l’étranger. « Afin de faciliter l’implantation de ce programme, Fonkoze propose aux bénéficiaires des modèles d’entreprises pouvant être répliqués par les partenaires motivés à devenir financièrement indépendants », a indiqué la responsable.

Parmi ces modèles, Enèji Pwòp, évoluant dans la promotion de l’énergie verte, fournit aux intéressés des produits solaires qu’ils revendront par la suite afin de créer une chaîne de valeur, constituée de distributeurs et de détaillants qui profiteraient des marges de ventes. Digicel offre aux entrepreneurs une gamme diversifiée de produits: TchoTcho Mobile, Banque en ligne et Pappadap, vente de crédit pour les appels téléphoniques. La Sapensa permet de construire un réseau important de fermiers pratiquant l’élevage de poulets dans le Nord-Est. Ti Pilon, un projet de la Fondation Rebo, favorise l’emploi dans la vente de café et de déjeuners dans les rues. A partir de ces activités, la Fonkoze offre, en tant que médiatrice, une opportunité aux bénéficiaires des transferts étrangers d’entamer une activité économique capable de guider vers l’autonomie financière, atteignable seulement par l’emploi ou l’entrepreneuriat.

« Les gens ont reçu avec beaucoup d’enthousiasme le projet et sont  désormais plus motivés à se lancer en affaires », a estimé Mme Rameau. Selon elle, cette initiative est d’une portée aussi importante pour la diaspora qui, de cette manière, trouve  des opportunités de rentabiliser leurs allocations vers Haïti. La composante de sensibilisation du programme, toujours en cours, prendra fin à la mi-août « C’est l’efficacité du projet pilote qui déterminera si elle pourra se poursuivre à long terme », a ajouté la responsable.

Toutefois, changer les habitudes financières des ménages ne se réalise pas du jour au lendemain, d’autant plus que ces fonds sont, en général, utilisés à couvrir  des dépenses de consommation récurrentes (tels que l’alimentation, le loyer et l’écolage). « Certaines personnes se plaignent de l’insuffisance des transferts à mener à bien un projet d’investissement soutenable », a considéré Mme Rameau.

Evalués à 1,313 milliards de dollars américains en 2011*, les transferts d’argent provenant de l’étranger constituent une source importante de devises pour l’économie nationale (le montant global représente environ 20% du PIB haïtien). D’après la coordonnatrice du projet, avec une meilleure culture financière, les bénéficiaires de ces allocations pourraient davantage en tirer profit s’ils envisageaint de les investir dans des activités rentables.

Carl-Henry CADET aloccarlo@hotmail.com
Chiffres : BRH, FMI.
Credit: Le Nouvelliste

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