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Investiture des nouveaux membres du Cabinet Ministériel

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Fructueuse visite pour le chancelier taïwanais

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Le ministre des Affaires étrangères de la République de Chine (Taïwan), David Yung Lo Lin, a achevé mercredi sa visite officielle de deux jours en Haïti. Au cours de son séjour dans le pays, le chancelier taïwanais a rencontré le président de la République, Michel Joseph Martelly, le Premier ministre Laurent Salvador Lamothe et son homologue haïtien Pierre-Richard Casimir.

Cette visite effectuée du 5 au 6 février par le chef de la diplomatie taïwanaise s’est soldée par la volonté des gouvernements haïtien et taïwanais de  raffermir les liens d’amitié qui existent entre les deux pays. Au cours d’un tête-à-tête, le mercredi 6 février 2013, à la Primature, le Premier ministre Laurent Salvador Lamothe s’est dit satisfait  de la coopération fructueuse qui existe entre Taïwan et Haïti, suite aux échanges qu’il a eus avec le chancelier Lin.

Le débat entre le chancelier taïwanais et le Premier ministre haïtien a été enrichissant et fructueux. Au terme de cette rencontre, le chef de la Primature a fait mention de la forte volonté que partagent les deux pays pour donner une « nouvelle impulsion » à leurs relations bilatérales dans tous les domaines ».  Il a révélé que  Taïwan a déjà accordé 48 millions de dollars d’aide à Haïti sur une période de cinq ans.

« Nous apprécions cette coopération à sa juste valeur et remercions ce pays frère pour sa contribution dans l’effort de relèvement  d’Haïti, notamment après le séisme du 12 janvier  2010; c’est un partenaire sur lequel le gouvernement haïtien peut compter, a souligné M. Lamothe. Les Taïwanais sont  déjà à pied d’oeuvre dans la plaine des Cayes, notamment à Torbeck pour renforcer la production rizicole.»

Vantant la qualité et la solidité des relations entre les deux pays,  le Premier ministre dit vouloir renforcer sa coopération avec Taïwan dans le développement de l’agriculture, précisément dans la fourniture d’intrants et de semences améliorées destinés aux petits agriculteurs.

Le chef du gouvernement, également ministre de la Planification et de la Coopération externe, a aussi mis en relief la participation de Taïwan dans la reconstruction des bâtiments publics. Il ajoute que «  les Taïwanais ont contribué aux études pour reconstruire  six des 42 édifices publics qui se sont effondrés ou qui ont été fortement endommagés le 12 janvier 2010. Un des six bâtiments dont l’étude a été faite sera aussi reconstruit grâce à l’aide du gouvernement taïwanais ».

Parallèlement, le président de la République, Michel Joseph Martelly, qui avait rencontré, au palais national, le chancelier taïwanais, en présence de son homologue Pierre-Richard Casimir, s’est  dit persuadé que cette visite va dynamiser les relations de coopération entre les deux pays.

Par ailleurs, le chancelier chinois a aussi profité de sa présence en Haïti pour visiter le chantier des 4,5 km de route reliant le carrefour Gérald Bataille au boulevard du 15 Octobre(Tabarre), financé par le gouvernement taïwanais à hauteur de 9 millions de dollars américains.

Etablies en 1956, les relations diplomatiques entre les deux États n’ont cessé de se développer, notamment dans les domaines économique, agricole et des infrastructures. Taïwan a par exemple considérablement contribué au développement du réseau routier en Haïti.

Amos Cincir mcincir@lenouvelliste.com

Credit: le Nouvelliste

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Coup de force, fait accompli, la politique du pire

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Par Hérold Jean-François

La malédiction du pouvoir est une tare bien haïtienne, une constante qui modèle la vie politique de notre pays. Nous avons toujours eu des dirigeants autocrates obsédés par leur seule volonté. Mais ils ont aussi toujours payé le prix fort, proportionnellement à leur entêtement. L’exemple le plus récent est arrivé avec le président Jean-Bertrand Aristide, Michel Martelly aurait tout à gagner à le consulter. Il est certain que l’ancien président lui dirait de ne pas commettre les mêmes erreurs que lui…

Depuis le coup d’État militaire du 30 septembre 1991, nous avons souvent entendu dire que les actions des hommes au pouvoir ont le soutien de l’étranger et que du contraire, ils n’auraient pas fait ci ou ça. Mais nous connaissons aussi la démesure de nos chefs et leur propension à exagérer au nom du supposé support du « Blanc ». Ironie du sort, c’est le même supporteur qui a toujours envoyé l’avion qui transporte loin de nos côtes le colis désormais encombrant. Et ce n’est pas toujours que les anciens hommes forts ont eu leur itinéraire en main…

Les nouveaux développements de la vie politique nationale se passent suivant ce vieux schéma de dépendance, nos présidents, depuis la période du retour à l’ordre démocratique en septembre 94 préfèrent négocier avec les tuteurs externes plutôt que de privilégier un espace de dialogue national. De fait, le « Blanc » est omniprésent dans nos affaires; ils font des incursions maladroites dans nos institutions qui se prêtent au jeu, et à chaque grand moment de tension, ils débarquent sur le terrain pour tirer les oreilles ou pour imposer ou apporter leur adhésion aux décisions pas toujours populaires de nos gouvernants du moment. La chef de cabinet de la Secrétaire d’État américain Hillary Clinton, madame Cheryl D. Mills était en visite en Haïti cette semaine. Elle a accompagné au Parlement la nouvelle ambassadrice, Madame Pamela Ann White. Vous croyez au hasard ?…

Mais pour le malheur de notre pays, ceux qui, à l’intérieur de nos institutions comme les Chambres législatives et qui auraient dû assumer leurs prérogatives de couper court aux dérives, sont ceux-là mêmes qui les encouragent. On a entendu par exemple le sénateur Wenceslas Lambert encourager la présidence à foncer tête baissée dans la voie de l’illégalité et de l’inconstitutionnalité en mettant en place un Conseil électoral permanent en dehors des prescrits et des normes. Et cela, au détriment de la position du Corps auquel il appartient. Cela pour que nous comprenions que nos chefs s’arrangent toujours pour avoir des alliés au bon endroit, assurés qu’ils sont de ne pas être inquiétés. Si nos institutions n’étaient pas remplies d’agents et d’hommes vils au service de l’exécutif, on serait depuis longtemps dans une autre réalité en Haïti. Les précédents de destitution de présidents suite à la mise en accusation devant la Haute cour de Justice pour crime de Haute trahison auraient fait nos chefs « mache sou trèze pa pile katòz »!

En effet, si le président Martelly savait que l’épée de la Haute cour de Justice était suspendue sur sa tête, il aurait respecté les règles du jeu. Il n’aurait pas continué à faire la sourde oreille en passant la vitesse supérieure pour exercer un coup de force contre la Constitution et contre la loi en faisant installer dans la controverse, six membres sur les neuf que doit compter le Conseil électoral permanent.

DE LA CARENCE D’HOMMES DE CARACTÈRE…

La faiblesse de nos institutions qui les empêche d’assumer convenablement leur mission résulte d’une carence de femmes et d’hommes de caractère dans leur sein. En 2003, à la fin de la session législative, quand Jean-Bertrand Aristide voulait amender la Constitution suivant son propre modèle, même au Sénat contesté d’alors, des voix se sont élevées pour s’y opposer. Dany Toussaint et Prince Sonçon Pierre, deux anciens alliés du Président n’ont pas donné leur adhésion, et le quorum nécessaire étant rompu, le projet d’amendement du Président Aristide était mort-né. Le pays attend que les femmes et les hommes qui ont reçu le vote populaire pour défendre la démocratie et l’État de droit se lèvent au Sénat, à la Chambre des Députés, pour dire non et remettre le président Michel Martelly à sa place. Quand les institutions jouent pleinement leur rôle, elles contribuent à la consolidation de la démocratie. On atteint ici un niveau de maturité qui envoie un signal clair de l’impossibilité du retour à l’ordre ancien. Nous venons de voir dans leur contexte particulier sans commentaire ni parti pris aucun sur les cas d’espèce, ce qui s’est passé au Paraguay le 22 juin dernier et en Roumanie le 6 juillet dernier. Au-delà des motifs avoués ou inavoués, justifiés ou pas justifiés, approuvés ou rejetés par ceux qui ont particulièrement qualifié le renvoi du Président Paraguayen de coup d’État, la destitution du Président Fernando Lugo et celle du Président Traian Basescu invalidée le 29 juillet 2012 par la Cour constitutionnelle sont deux actes d’autodétermination du Parlement comme pouvoir à part entière. Sans nous immiscer dans ce débat dont les enjeux nationaux sont loin de nos préoccupations, nous voudrions bien avoir des institutions aussi fortes et assez indépendantes capables, dans une situation de maturité démocratique, d’assumer pleinement leurs prérogatives, sans préjudice des recours institutionnels que la victime a le droit d’exercer, comme dans le cas de la Roumanie.

FAIBLESSE INSTITUTIONNELLE.

Les sorties en Don Quichotte du président de la République contre la légalité constitutionnelle arrivent dans un moment de grande faiblesse de nos institutions. Les partis politiques et les organisations de la société civile ne sont pas en mesure aujourd’hui de mettre sur le béton des dizaines de milliers de gens pour dire non à Michel Martelly. Depuis les grandes marches de 2003-2004 du mouvement « grenn nan bouda » pour faire face au projet anachronique du président Jean-Bertrand Aristide, il a fallu attendre les sorties de février 2006 en faveur de la proclamation de René Préval comme Président de la République sans l’organisation du deuxième tour et les incidents de décembre 2010 suite au premier tour des présidentielles pour rejeter le résultat du vote et réclamer Michel Martelly au deuxième tour. Qui a dit que l’histoire ne se répète pas ! En Haïti elle se répète et se répètera à n’en plus finir, comme pour démentir cette assertion. On semble incapables de franchir le pas du déjà vu pour innover et offrir d’autres spectacles que nos sempiternelles bêtises…

Mais notre pays est déroutant. On a passé une quinzaine de CEP provisoires parce que les conditions n’étaient jamais créées par les prédécesseurs de Martelly pour arriver au CEP permanent dans de bonnes conditions. En Haïti, nous n’avons pas le souci de la perfection, nous nous contentons du bancale et de l’à-peu-près. C’est un constat regrettable d’une fatalité bien haïtienne. On aura attendu si longtemps que pour avoir un CEP bric-à-brac? On a mené d’aussi longs combats pour éviter le déraillement démocratique pour regarder aujourd’hui les bras croisés ceux qui ont toujours été dans le camp d’en face venir chier sur les sacrifices au prix du sang du peuple haïtien pour construire pas à pas cette société d’aspiration démocratique ?

Et puis, aura-t-on par ailleurs attendu tout ce temps pour avoir un pouvoir judiciaire indépendant pour voir à la place, des personnes aussi soumises à l’intérieur du Conseil supérieur du Pouvoir judiciaire ? De véritables créatures de l’Exécutif, des girouettes actionnées par remote control depuis le Palais national. Autant n’être pas sorti du ministère de la Justice en sachant pleinement que le Pouvoir judicaire est sous coupe réglée. Mais dans la situation actuelle, nous faisons comme si nous avons des instances indépendantes, mais nous savons que c’est un mensonge. De toute façon en Haïti, les simulacres[1] n’ont jamais dérangé. On aura ainsi un double simulacre institutionnel, l’un concernant le Conseil Électoral Permanent, l’autre, le Conseil supérieur du Pouvoir judiciaire. À propos du Conseil électoral permanent, une amie nous faisait remarquer une bizarrerie que les parlementaires n’avaient pas relevée en adhérant à l’amendement de la Constitution comme proposé alors par l’Exécutif. On a éliminé toutes les balises de l’article 192 du texte original et qui assuraient une représentativité départementale des membres du CEP. « Le Conseil Électoral comprend (9) membres choisis sur une liste de (3) noms proposés par chacune des Assemblées Départementales »… La Constitution amendée a éliminé cette exigence pour prendre la deuxième partie en simplifiant la procédure de formation du CEP en maintenant seulement les corps de pouvoir qui désignaient chacun trois membres. Mais ici on fragilise la composition du CEP quand on connait la capacité de cooptation et de corruption de l’Exécutif haïtien pour dominer et imposer son contrôle.

PARLEMENT, LE DINDON DE LA FARCE…

Ce que l’amie, dans son observation, faisait ressortir, c’est que dans le cas du Pouvoir exécutif, le président en solo choisit trois membres du CEP ; quant au Pouvoir judiciaire, théoriquement, neuf membres du CSPJ choisissent les trois membres. Nous avons vu ce qui s’est passé avec le vote où seulement cinq membres ont choisi de façon douteuse, les représentants de ce pouvoir au CEP. Et si l’on présume que la présidence interfère pour influencer les choix du CSPJ, ici encore, c’est le président qui, tout seul, aurait choisi… Dans le dernier cas, au Parlement ce sont à peu près cent trente personnes qui choisissent les trois représentants du Pouvoir législatif ! Véritable dilemme, tour de force pour porter plus de cent Haïtiens à faire l’unanimité sur trois personnes ! Voilà un beau piège de l’amendement de la Constitution de 1987. Quand on se rappelle que l’amendement a été proposé par le président Préval, l’on comprend très bien que INITE qui devait en être le grand bénéficiaire, dans une logique de continuité, joue des pieds et des mains à travers ses principaux ténors pour nous faire avaler la patate chaude.

CONTINUITÉ…

La rupture que nous avait promise le candidat Martelly s’apparente plutôt à la continuité de l’entêtement que nous avons connu avec le président René Préval par rapport au CEP et aux élections. Un véritable concert de voix a appelé l’ancien président à renvoyer le CEP pour créer un climat de confiance propice aux élections. Comme portant des œillères, Préval a foncé tête baissée vers l’organisation des élections avec le même Conseil électoral. Martelly s’aligne sur la même logique en faisant un ensemble de mise en place pour dominer les institutions du pays. Regardez bien le contexte. Vous avez remarqué les joyeux et gais lurons lors du lancement du parti politique « tèt kale » ! La vassalisation du pouvoir judiciaire par l’intermédiaire des jouets de Martelly à l’intérieur de cette institution nouvelle. La dernière étape et pas la moindre, la mainmise sur le Conseil électoral. Comme d’habitude, la maladie du pouvoir hante ses tenants et les active à essayer de durer au pouvoir ou dans l’espace politique. Mais l’histoire est là pour témoigner des déboires de ceux-là qui voulaient la permanence au pouvoir, à quelques rares exceptions, ils n’ont pas réussi. Plus ils voulaient rester au pouvoir, plus vite ils sont tombés du pouvoir.

François Duvalier a duré au pouvoir parce qu’en face, la société s’est laissé terroriser. La lâcheté des uns, la couardise des autres ou la bassesse de toute une cour de serviteurs qui se sont mis au service du dictateur par intérêt ou par peur, autant d’éléments dans la réussite de ce pouvoir dynastique. Or les occasions de neutraliser Duvalier ne manquaient pas. La proclamation de Papa Doc président-à-vie ; l’exécution des 19 officiers où Duvalier assistait en personne au peloton d’exécution ; la succession à Jean-Claude Duvalier où toute cette clique de personnalités a laissé faire…

Jean-Bertrand Aristide entre 2001 et 2004 a été mis en déroute dans son projet dictatorial, parce que la société a réagi à temps. Haïti, après Duvalier a dit jamais plus jamais. Michel Martelly pourra-t-il démentir cet engagement de notre société et marcher sur la volonté de la nation de vivre dans une société démocratique ?

Aujourd’hui, la réponse devra partir des institutions vigiles et préposées à la défense du choix du pays d’avancer dans un État de droit. Si elles ne sont pas à la hauteur de leur mission et que la société civile accepte que les fantasmes du président se concrétisent dans la réalité, une nouvelle expérience d’un pouvoir débridé se consolidera au détriment des luttes pour la démocratie. Qu’on ne vienne pas dire après que les intellectuels et la presse n’ont rien fait pour éviter cette évolution non conforme aux aspirations démocratiques du peuple haïtien. Le Parlement doit pleinement s’assumer pour mettre un frein aux dérives. Les députés, en début d’année ont vendu leur âme et bu leur honte dans l’affaire de l’arrestation du député Arnel Bélizaire. Aujourd’hui, en installant le CEP dans ses fonctions en dehors des mécanismes légaux et constitutionnels, le président de la République a asséné un second camouflet au Parlement dont il ne reconnait pas l’existence. La prochaine étape, ce sera quoi, un arrêté présidentiel pour dissoudre le Parlement ?

Si les parlementaires ne comprennent pas les enjeux, si non imbus de leur rôle ils pensent que la fonction de parlementaire c’est une plateforme de deal et de négociations pour s’assurer des prébendes et autres avantages sans jamais être armé pour entrer dans la peau du parlementaire, législateur et défenseur de l’intérêt public, alors autant laisser l’Exécutif avancer de pied ferme sur le Législatif et faire une bouchée d’une institution dévoyée.

À tous ceux-là qui entrent dans le jeu et qui se bousculent pour monter à bord de la machine Tèt Kale, nous rappelons leur responsabilité historique. Les projets autoritaires et les dictatures ont pu se réaliser parce qu’à l’instar de leurs prédispositions d’aujourd’hui à servir la mauvaise cause, il y a eu des femmes et des hommes prêts à embarquer dans les trains qui ont pris les mauvaises directions et qui ont fait escale aux lieux horribles de torture qu’étaient les casernes Dessalines, Fort Dimanche, Fort Saint-Michel au Cap-Haïtien et aux autres endroits sinistres comme les charniers de Ti Tanyen etc. Haïti n’a qu’une seule option, la meilleure, la démocratie au service de laquelle œuvrent des institutions indépendantes, prestigieuses sur lesquelles ne plane aucun doute. Aucune institution trafiquée, montée de but en blanc avec une suspicion légitime d’être un pion au service de mauvaises intentions personnelles et partant avec une carence de légitimité si flagrante ne saurait prétendre mettre la nation en confiance. Faire confiance quand tout est si clair, si cousu de fil blanc serait suicidaire pour la nation.

Et tout cela, ô sacrilège, se fait au nom de la stabilité des institutions dont le Chef de l’État est le garant ! Avez-vous remarqué que la répartition des postes a déjà été faite au CEP de facto ? Pourquoi cette précipitation à monter en un tournemain le directoire de l’institution électorale alors qu’on attend de la compléter. Les trois membres restants ne seront que des figurants qui arriveront, s’ils arrivent, devant le fait accompli ! Et qu’ils viennent ou qu’ils ne viennent pas, tant pis ou tant mieux !

DÉJÀ VU

Le pouvoir haïtien qui a sa propre perception de notre société a l’habitude des coups fourrés en matière électorale parce que sachant qu’une fois passée la vague de réprobation, les candidats se bousculeront à la porte de l’organisme électoral que tout le monde, officiellement, rejette. Les dernières élections sont là comme témoignage. Nous allons voir combien de candidats s’inscriront pour participer aux prochaines élections ; combien de partis politiques qui exprimeront fermement, leur rejet de ce CEP en refusant d’inscrire des candidats au prochain processus. Nous allons voir combien parmi nos hommes politiques et nos partis feront montre de leur attachement à la défense des principes, combien également qui, comme d’habitude, d’ailleurs, font fi des principes…

Cette phase regrettable de la politique de notre pays sent le déjà vu. N’est-ce pas Sweet Micky qui avait une musique de carnaval très animée avec un refrain « Nou konn pran sant sa deja (bis) » !

22-08-12

 

Haïti-Musique : une saison estivale en majuscule !

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En cette saison estivale, le marché de la musique haïtienne, notamment du Konpa Direct, bouillonne d’affiches un peu partout au pays. Des groupes et artistes solos cuisinent de nouveaux morceaux pour se faire (refaire) une santé.  Des rumeurs gonflent un peu partout sur le Web.  Les promoteurs guettent les meilleures dates pour renflouer leur compte bancaire. La moisson s’annonce abondante pour les principales têtes d’affiche du Konpa. Les ‘’brasseurs’’ du marché peaufinent leur plan d’attaque. L’été est chaud. L’été est beau.

Tous les groupes musicaux et artistes solos, petits ou grands (en terme de popularité) essaient de se frayer leur petite place au soleil.  Le marché est exigu, certes, voire ankylosé mais il y a des sous à gagner en été si on est logé à la bonne enseigne. Il s’agit d’une période ou les cordons des bourses se délient, les couche-tard réviseront leurs nuits blanches à la hausse et les casaniers oseront pointer leurs têtes dans les boites pour se donner un peu de plaisir bien mérité.

Petite innovation cette année dans le menu des fêtes estivales : le Carnaval des Fleurs, prévu pour les 27, 28 et 29 juillet sur le Champ de mars, haut lieu mythique du carnaval haïtien. A cause du village de tentes hideuses et pestilentielles né après le cataclysme du 12 janvier 2010,  il s’est vu voler la vedette cette année par le Boulevard des 4 chemins aux Cayes pour le carnaval national.  Aux dernières nouvelles, Champ de mars est sur le point de retrouver son visage d’antan et sera fin prêt pour le défilé des 3 jours ‘’fleuris’’. On ne peut que se réjouir pour la plus grande place publique d’Haïti.

Les tournées

Pour les tournées, le calendrier des quelques rarissimes grosses cylindrées du Konpa Direct affiche complet. Nu Look domine cette catégorie malgré les nombreux trous d’air connus par ce groupe. Le dernier en date est une bagarre médiatisée entre Pipo (encore lui) et Doff Chancy, le Manager.  Fort du succès retentissant de ‘’Confirmation’’,  leur dernier opus studio, ces zizanies récurrentes au sein du groupe semblent ne pas trop freiner la ferveur des promoteurs à s’arracher des dates. Arkinson ‘’Zagalo’’ Bélizaire, leur Représentant en Haïti, en a donné la preuve quand, d’une voix qui suintait une grande satisfaction, il a communiqué le calendrier du groupe à la 149ème émission de Mardi-Alternative sur Radio Solidarité le mardi 27 juin dernier. Un mois de prestations live quasi non-stop avec seulement moins de 4 jours de repos ! Il faut le faire…

CaRiMi et T-Vice, deux valeurs en hausse constante sur la scène internationale, n’ont pas de ‘’tournées’’ prévues mais des dates éparses, notamment une soirée conjointe au Club Indigo le 4 août 2012 dans le cadre de la célébration des 20 ans de T-Vice.  D’autres dates seront probablement annoncées. Quant à Harmonik et son profil bas depuis la sortie de ‘’Let’s go’’, victime d’un accueil mitigé dans les medias,  il est à l’affiche dans certaines villes sans pour autant créer du buzz.

dISIP, qui se remet des turpitudes éhontées de Gazman à Tampa (Lire l’article: Gazzman dans une zone de fortes turbulences) et des désistements en boucle au sein du groupe, travaille d’arrache-pied en studio sur leur 2ème opus. Quelques dates sont prévues en été sur le sol national.  Avec une popularité en berne, il y a des risques dans l’air.  A bon entendeur…

Zenglen, avec son personnel musical renouvelé après l’épisode de Richie, sera aussi en tournée au pays où le retour de Réginald attise déjà la curiosité des fans. L’équipe de Brutus peut s’enorgueillir d’avoir décroché de belles affiches notamment un Zenglen – Nu Look à Djumbala le 21 août 2012.

Qu’en est-il de Gabel, Dola Mizik, Suav Mizik, AJT, Karizma, Fresh Up etc.,  ces jeunes groupes qui nagent inlassablement dans cette mer houleuse pour sortir leurs têtes de l’eau? Dans ce lot, Gabel s’affirme de jour en jour comme une valeur sure du Konpa Direct depuis la sortie de ‘’Gon Jan Pou Ye’’ qui renferme quelques morceaux musicalement bien concoctés. Le groupe mijote une tournée d’une quinzaine de jours au pays qui le conduira dans plusieurs villes, avec en prime 2 belles affiches à Pétion-ville, le 7 août à Esquina Latina avec Carimi et le 17 à Café Trio avec Kreyòl la.

Karizma, Suav Mizik, Fresh Up, AJT etc. sautillent dans le marché sans pour autant se stabiliser comme valeurs à surveiller pour la survie du Konpa.  Dola Mizik devra être en tournée promo suite à la sortie en bac de ‘’New York Time’’, (Lire l’analyse: ‘’New York Time de Dola : fluide et captivant), un opus de bonne facture à l’opposé des ‘’bouyi vide’’ qui inondent le marché.

Djakout # 1 et Kreyòl la, en navette incessante entre Haïti et les Etats-Unis sur l’ensemble de l’année, gèrent aussi des calendriers remplis pour cette période estivale. Nou Krezi prend du poil de la bête après les périodes de vache maigre à cause des désistements en boucle dans son personnel.  Aujourd’hui, les promoteurs commencent à lui faire les yeux doux. Si le groupe est à des kilomètres de retrouver sa popularité d’avant, il n’en demeure pas moins que l’équipe de David Dupoux se positionne au jour le jour comme une référence dans le Konpa Direct des années 2000.

Par ailleurs, selon Zagalo, il est fort probable que le Parc de la canne à sucre  accueille, une fois de plus, la machine Kassav au cours du mois d’aout. Cette fois ci, Jacob et consorts devront se mesurer, pour la seconde fois, au phénoménal Tabou Combo.  Ce face-à-face, déjà réalisé en Haïti à Ibo Beach en 1986, promet d’être explosif avec un goût de revanche pour Kassav qui s’est vu déboulonné musicalement par Tabou Combo lors de cet inoubliable dimanche pour le Konpa Direct.

Les sorties…

Apres le retour, pour le moins étonnant, de Reginald Cangé au sein de Zenglen, catapultant Fasil temporairement sur le banc de touche, le groupe s’est heureusement remis sur ses deux pieds en engageant 2 nouveaux chanteurs, Junior Bonheur, transfuge de BackUp, et Belony Lorméus. Pour leur baptême du feu, le groupe a récemment lancé  ‘’Mèsi’’ en promo. A l’écoute, il faut très peu à Bélony pour être un sosie vocal de Réginald. Ce morceau, dont la rythmique et l’arrangement ne sont que des copier-coller de ce qu’on écoute chaque jour à la radio, rampera beaucoup avant de trouver preneur sur la FM. Cependant, le potentiel est là pour que Fasil retrouve ses heures de gloire  connues sous l’ère du méga hit ‘’Ti Pouchon’’.

Mikaben et Oliver Duret, du collectif Kon’Beat, en période de rodage depuis quelques mois, montent enfin en selle avec la sortie de ‘’Pran Lari a’’.  Un Konpa up tempo, au goût pimenté de Dancehall et de Hip-hop en conformité avec le tempérament musical des deux compères. S’il n’y a pas une vraie démarche musicale dans ce morceau percutant mais avec un air de déjà entendu, il pourra très éventuellement créer du buzz pendant l’été surtout sur les réseaux sociaux. Toutefois, on le voit très mal s’affirmer parmi les hits de l’été – s’il y en aura -, sauf, peut être, avec l’appui d’un vidéoclip. Pas trop évident.  Rien de nouveau sous le soleil.

T-Micky et sa nouvelle chanson promo ‘’Si W Gon Bebe’’ reprend quelques paroles que son papa chantait en live. La rythmique du morceau affiche une certaine maturité dans ce groupe qui fait du son synthétique son cheval de bataille.  Le morceau est plus adapté au club qu’aux tympans. Exigeants ou pas.

Pour les sorties de disques, même s’il n’y a pas d’échauffourées sur les étagères des disquaires, les amants du Konpa Direct peuvent se rabattre sur ‘’New York Time’’ de Dola Mizik ; ‘’Nou Fè Sa Déjà’’ de K-dans ; ‘’Avel Li Fel’’ de Fidel; ‘’Gon Jan Pou Ye’’ de Gabel etc. Des disques qui, s’ils ne révolutionnent pas le Konpa Direct, apportent quand même un peu de fraicheur aux tympans.

Les rumeurs

La plus bouillonnante est celle concernant un départ imminent de Edersse ‘’Pipo’’ Stanis pour cause d’incompatibilité d’humeur avec Arly et Doff.  A force d’allumer des braises dans ce groupe, les gars vont finir par se bruler…Tant pis.

Apres son spectaculaire comeback sur les scènes Konpa du sud de la Floride en mai dernier, Gracia Delva se retrouve au cœur d’une rumeur persistante alors que Mass Konpa prépare sa première grande tournée aux États-Unis.  Il semblerait que le Député-Chanteur ait violé les principes de son permis de séjour diplomatique sur le sol américain qui n’était nullement une carte blanche pour ‘’travailler’’.  L’Etat américain aurait adressé une correspondance à l’Honorable Levaillant Louis Jeune, Président de la Chambre des Députés, pour s’enquérir sur ce dossier voire prendre des mesures coercitives contre M. Delva. Si ces rumeurs s’avèreraient être exactes, la prochaine tournée de Mass Konpa serait compromise dans l’éventualité d’une nouvelle interdiction de fouler le sol américain à l’encontre de l’Honorable Député.  Aucune note officielle ni de l’Ambassade Américaine en Haïti, ni du Parlement haïtien encore moins de l’équipe managériale de Mass Konpa n’est venue infirmer ou confirmer de telles rumeurs. Nous sommes tous dans l’expectative.

Les attentes

L’été devra voir émerger un nouveau groupe sur la scène du Konpa Direct. Il s’agit de Klass avec Richie comme principal professeur. Initialement prévue pour le 7 juillet à Miami en compagnie de T-Vice, la grande première du groupe est, semble t-il, renvoyée aux calendes grecques.  Richie serait entrain de poursuivre les auditions et de peaufiner ses travaux en studio.  Les attentes sont énormes pour ce groupe, condamné à impressionner dès sa sortie. Sinon, Richie devra penser à une éventuelle reconversion dans d’autres domaines connexes ou pas. (Lire l’article: Klass est le nouveau groupe de Richie)

Zenglen est aussi face à son destin dans ce marché informel ou chaque poussière de terrain est plus précieuse qu’un trésor caché. ‘’Pa Fè Sa’’ (Lire l’analyse de ce morceau), la dernière chanson promo avec Reginald en lead vocal, n’a pas encore créé l’impact escompté.  Raison de plus pour que Zenglen sorte l’artillerie musicale lourde dans la perspective de lancement de son dernier disque. Sinon, les tessons risquent, encore une fois, de s’éparpiller en de très petites particules dans la nature du Konpa Direct.

Apres la sortie de sa promo ‘’Yon Bon Zanmi’’, très diffusée sur la FM, K-Zino s’échauffe en studio pour la sortie de son album tant attendu.  Selon certaines infos de source sure, le staff de K-Zino ne lésine pas sur les moyens pour offrir aux fans un disque que les mélomanes vont déguster avec plaisir. En ce sens, plusieurs producteurs concoctent des sons pour les gars, notamment Fabrice Rouzier, Power Surge, Daniel Prophète etc. Quant à Ricky,  ex Toxic, le principal producteur, parolier et claviériste du groupe, il devra confirmer tout le bien qu’on pense de son talent exposé dans le premier disque de Toxic (Lire l’analyse : ”Pwazon Dous” de Toxic: à consommer avec modération).

Les soirées et matinées des DJs, communément appelées Zo Kiki, auront la partie belle compte tenu de leur prix abordable, donc très accessible à une large frange de la jeunesse, incapable de frapper aux portes des soirées Konpa réservées à une autre clientèle. En ce sens, l’été 2012 sera un été ‘’tout moun jwenn’’.

djecee


‘’Pa Fè Sa’’ : Zenglen revient à la charge!

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La ballade des chansons-promo dans le Konpa Direct, annonçant l’arrivée prochaine dans les bacs d’opus studio, bat son plein sur la FM et le Web. Zenglen, très attendu après le retour au bercail de Reginald Cangé et le départ de Richie, entre en scène avec ‘’Pa Fè Sa’’(Ne Faites Pas Ca).

Lancé en grande pompe sur le Web le vendredi 24 mai 2012, ce morceau créé déjà son petit buzz sans pour autant trop impressionner le mélomane exigeant.

Tous les regards sont maintenant rivés sur Klass, ‘’l’adversaire’’ d’en face,  dans l’attente de sa première livraison et sa capacité à damner le pion à ‘’Pa Fe Sa’’.Intéressant.

Ce morceau confirme, une fois de plus, l’excellent niveau musical de ce groupe phare des années 90-2000. Réginald Cangé y livre une performance vocale digne de sa grande réputation et du respect qu’il inspire dans ce game ou trouver 5 bons chanteurs de son calibre s’apparente à chercher une aiguille dans une botte de foin.

Le texte rappelle, par contre, OFF (Ou Fè Fot) dans lequel le Zenglen, d’alors, sous la houlette de Richie, faisait des clins d’œil sarcastiques à Réginald Cangé et Frérot Jean-Baptiste, fraichement partis vers des cieux plus ‘’fasil’’.  Les ‘’Zenglen pap kraze’’ reviennent encore en lice.  Quant aux petits slogans pimentés, Reginald n’y va pas avec le dos de la cuillère. Tout le monde sait qu’ils ciblent directement le super star maker.  Le face-à-face s’annonce, donc, très corsé entre les cousins ennemis quant on sait que Richie est passé maître dans ce jeu!

Quant à la rythmique, si les griffes de Richie et ses arrangements, axés sur des cuivres superposant toujours à la voix lead, des solos de guitare prévisibles et des percussions puissantes, ne sont pas totalement gardés, on y sent quand même la philosophie du super star maker surtout dans les suites d’accords utilisées.  L’essence du Konpa made in Richie, alliant une rythmique old-school à des sonorités nouvelles,  ayant fait les beaux jours de Zenglen, est bel et bien présente ! Est-ce un choix bien calculé par le stratège Brutus de ne pas essayer d’autres formes d’arrangements?

En tout cas, ‘’Pa Fè Sa’’ lance un signal fort dans le marché. Zenglen tient à garder sa place de référence dans le Konpa durement gagnée et, ce, malgré déceptions des 3 dernières années. L’album-studio nous dira si oui ou non le groupe a les reins assez solides pour revenir au premier rang.

En attendant, savourez cette chanson-promo.

djecee

 

Hollywood en chute libre chez Zenglen

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Moins de 7 mois après son intégration au sein de Zenglen,  Hollywood, nom d’artiste de Myriam Désulmé, vient de se voir coller une mise en disponibilité pour indiscipline.

Evoluant jusque là dans l’ombre de Réginald Cangé et Kenny Desmangles, deux grosses pointures du Konpa Direct, Hollywood rongeait son frein en attendant le moment idéal pour exposer son talent de chanteur. Malheureusement, il semblerait qu’il ait choisi le mauvais moment et aussi le mauvais timing. Il en paie les conséquences. Apparemment.

Sans avertir Brutus Dérissaint, le chef d’Orchestre de Zenglen, Hollywood a sorti sa promo ‘’Plezi Lakay’’ alors que le groupe cuisine son prochain album-studio prévu pour la fin de cette année. Intervenant le lundi 9 juillet 2012 à ‘’Haïti Ambiance Tropicale’’ animée par Josias Pierre sur Scoop FM, Brutus a tenté de justifier cette décision qui, dit il, s’inscrit dans le cadre des nouvelles dispositions prises par l’équipe managériale du groupe pour mettre de l’ordre dans la maison.

Cependant, face à ce même scenario, cette équipe pratique une politique de 2 poids 2 mesures, un favoritisme exaspérant. Kenny Desmangles a lui aussi sorti ‘’You’Ve Got Mail’’, sa propre promo en rotation sur la FM et le Web. Coincé par Josias pour fournir une explication convaincante face à cette situation, pour le moins, surprenante, Brutus a mis en avant l’ancienneté de Kenny et son statut de ‘’Partenaire’’ qui lui donne ce feu vert dans le groupe alors que Hollywood est en période probatoire. Par conséquent, ce statut lui fournit très peu de latitude pour voler de ses propres ailes.

En outre, choisir de sortir une promo alors que le groupe planche sur une nouvelle stratégie pour son retour dans les bacs est de nature à saper les efforts en cours, conclut Brutus sur un ton amical mais qui cache une certaine fermeté. Selon toute vraisemblance, l’aventure de Hollywood chez Zenglen n’est pas loin de toucher à sa fin.

A l’évidence, si ‘’Plezi Lakay’’ permet aux fans de Zenglen d’apprécier la justesse et le bon timbre vocal de Hollywood, ce morceau est à mille lieux de sortir du grand panier de crabes que constitue le marché du Konpa depuis quelques années. Un morceau linéaire construit sur un arrangement monotone qui ne rentre pas dans la philosophie musicale de Zenglen. On comprend bien pourquoi la moutarde est montée au nez de Brutus. Par contre, ‘’You’Ve Got Mail’’, produit par JBeatz, se différencie légèrement de ce morceau par la qualité de voix de Kenny, la poésie dans le texte et les sonorités enveloppant ce morceau qui, normalement, devraient faire son petit bonhomme de chemin surtout dans les restaurants dansants voire dans les soirées de Zenglen. Bon, il faut aussi avouer que JBeatz fait très peu travailler ses méninges dans la rythmique – presque toute semblable – des chansons qu’il produit…

Au delà du fait qu’il existe apparemment au sein de Zenglen une course vers des titres en solo, il y a des questions à se poser sur l’avenir de ce groupe alors que Brutus brandit l’arme de la discipline pour justifier la mise en disponibilité de Hollywood.

Comment un groupe qui a effleuré la disparition sur la scène du Konpa peut-il renouer avec le succès quand chacun veut jouer au vedettariat et voler de ses propres ailes ? Quand on considère la bonne qualité des textes de ‘’Plezi Lakay’’ et ‘’You’Ve Got Mail’’, surfant un peu loin des sentiers battus, et l’intelligence de Brutus dans les arrangements, n’y avait-il aucun moyen de miser sur l’alchimie pour bien alimenter le prochain album de Zenglen au lieu de faire des coups épars qui, en fait, ne seront que  des coups d’épée dans l’eau ?

djecee

Succès et longue file pour le CD de Barikad Crew

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Longue file à la rue Chavannes le samedi 7 juillet dernier , pour la vente-signature de l’album de Barikad Crew titré « R.E.D., enfin disponible.

Habillés pour la plupart en rouge, couleur officielle du groupe, les fans étaient venus nombreux acheter le troisième album de la bande d’Izolan et de Fantom.

Environ un millier de CD a été vendu. La sortie de cet opus dénote que ce groupe reste encore très populaire malgré l’absence de Master Sun.

Dans la soirée, Barikad Crew offrait un concert à ses fans savourant en délire ses toutes dernières compositions.

Nous félicitons ce groupe et lui souhaitons du succès avec son nouvel album.

Walter Cameau

Usher : “Confessions” passe le cap des 10 millions d’exemplaires vendus aux Etats-Unis

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Alors que son nouvel opus peine à séduire le public, y compris aux Etats-Unis, son énorme succès “Confessions” vient de passer la barre des 10 millions de ventes aux Etats-Unis. Usher devient l’un des rares artistes à intégrer ce club très privé.

Son nouvel album “Looking 4 Myself” déçoit un peu partout dans le monde, même s’il est entré directement numéro un des ventes outre-Atlantique le mois dernier. Mais dans le même temps, le plus gros succès du chanteur américain vient d’atteindre un cap particulièrement impressionnant. Cette semaine, son album “Confessions” a en effet passer la barre des 10 millions de ventes sur le sol américain, d’après les chiffres de l’institut Nielsen SoundScan.

“Confessions”, qui avait bénéficié d’une réédition pour inclure son duo avec Alicia Keys sur “My Boo”, notamment, devient ainsi le 19ème album à passer ce cap depuis la mise en place de la mesure de vente Nielsen SoundScan en 1991. Le dernier album à atteindre ce chiffre phénoménal était “The Eminem Show” d’Eminem, sorti en 2002 et qui a passé cette barre en octobre dernier.

Sorti le 23 mars 2004 outre-Atlantique, “Confessions” était entré directement numéro un des ventes là-bas, avec 1,1 million d’exemplaires écoulés en première semaine, un exploit que seuls 17 albums ont réalisé. Au total, “Confessions” a passé neuf semaines en pole position, porté par les singles à succès “Yeah!”, “Burn” et “Confessions Part II”, qui ont tous atteint la première place du Hot 100, classement des titres les plus diffusés et vendus aux Etats-Unis.

Les albums qui ont séduit plus de 10 millions d’acheteurs depuis 1991

1. Metallica – “Metallica (1991) / 15,79 millions
2. Shania Twain – “Come On Over (1997) / 15,52 millions
3. Alanis Morissette – “Jagged Little Pill (1995) / 14,75 millions
4. Backstreet Boys – “Millennium (1999) / 12,19 millions
5. The Beatles – “1 (2000) / 12,07 millions
6. Whitney Houston – “The Bodyguard (1992) / 12,03 millions
7. Santana – “Supernatural (1999) / 11,73 millions
8. Creed – “Human Clay (1999) / 11,59 millions
9. ‘N Sync – “No Strings Attached (2000) / 11,13 millions
10. Bob Marley & the Wailers – “Legend (1984) / 11,06 millions
11. Norah Jones – “Come Away With Me (2002) / 10,85 millions
12. Celine Dion – “Falling Into You (1996) / 10,79 millions
13. Eminem – “The Marshall Mathers LP (2000) / 10,61 millions
14. Britney Spears – “…Baby One More Time (1999) / 10,55 millions
15. Hootie & the Blowfish – “Cracked Rear View (1994) / 10,27 millions
16. Soundtrack – “Titanic (1997) / 10,17 millions
17. Backstreet Boys – “Backstreet Boys (1997) / 10,12 millions
18. Eminem – “The Eminem Show (2002) / 10,08 millions
19. Usher – “Confessions (2004) / 10,00 millions

Charles DECANT

Le temps du verbe ministériel

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Les parlementaires s’en mordront un jour les doigts. Ils ont déshabillé la présentation de la politique générale pour la réduire à sa plus simple expression. Ils ont décrédibilisé l’interpellation des ministres. Ils n’ont jamais pu introduire un rendez-vous hebdomadaire ou mensuel avec le gouvernement pour le soumettre à la Question. Sans vergogne, les parlementaires traînent sans arrêt dans les couloirs des ministères mendiant en permanence au lieu de jouer leur rôle de contrôleurs de l’action gouvernementale. Voilà que le gouvernement s’offre une fois par mois un grand oral qui coupe l’herbe sous les pieds du Parlement.

L’avantage est double. Le gouvernement a toute la visibilité de l’action et du contrôle -le Premier ministre est tantôt animateur, tantôt surveillant-, et en profite pour transformer en spectacle vivant un exercice qui devrait en réalité se faire à huis clos, pour permettre de discuter de dossiers chauds, délicats ou secrets.

Avantage supplémentaire, tout est sous contrôle. Pas de question qui fâche ni de têtes brûlées sorties du rang des élus qui cherchent à coincer le Premier ministre ou un de ses ministres.

Les parlementaires qui assistent dans la salle ou interviennent par téléphone sont des jokers qui profitent pour pousser leurs demandes. Un bonus pour le gouvernement qui peut en direct régler les affaires de la population et des élus.

L’équipe Martelly-Lamothe ressuscite les réunions de cabinet qui étaient tombées en désuétude. Certains de nos présidents de ces dernières années n’en faisaient presque plus. Peu de dossiers s’y discutaient. Les ministres étaient en prise directe avec leur chef; le président pouvait se permettre de se passer de son Premier ministre ou le Premier ministre de ne pas être sur la même longueur d’onde que son président. Pas étonnant que les conseils des ministres se faisaient rares.

Martelly aussi a connu des ratés dans son rôle de président. Fini cette période depuis qu’il a son ami Laurent Lamothe à la primature. Et le conseil des ministres a donné naissance au conseil de gouvernement ouvert à la presse, au pays et retransmis même dans la diaspora. Le conseil de gouvernement radiotélévisé attire même le président de la République, qui a transformé celui tenu au Cap-Haïtien en conseil des ministres le temps d’une intervention via Skype. Martelly, nous n’en doutons pas, s’invitera en chair et en os au prochain ou invitera la presse à son conseil des ministres.

Le show tient en haleine et c’est sans risque. La démocratie en direct dans toute sa splendeur. Chaque ministre égrène ses envies, explique ses retards, demande une rallonge budgétaire, se fait complice d’un parlementaire qui le met au pied du mur pour une promesse qui tarde à se matérialiser. Et comme par enchantement, l’argent manquant est disponible.

Au début était le verbe, et il se fera projets, routes, ponts et autres réalisations concrètes. Telle est la leçon que la population apprend à l’occasion de ces reunions en direct.

Frantz Duval duval@lenouvelliste.com Twitter:@dalfaz
Credit: Le Nouvelliste