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Champ de Mars, les tentes sont parties

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Il ne reste sur tout le périmètre du Champ de Mars que cinq tentes, a constaté sur place une équipe du Nouvelliste, mercredi après-midi.

Quatre des tentes, vides de tout occupant, avaient servi respectivement de Centre de traitement du choléra (CTC), de bureau pour la mairie de Port-au-Prince, de salle de réunion pour l’Organisation internationale de la migration et de centre de réhydratation.

Toutes désaffectées ou en passe de l’être, ces tentes devraient être dégagées rapidement de la plus grande place publique de la capitale.

Une seule tente abritait encore une famille. Mercredi après-midi, la famille était en instance de départ ayant finalement trouvé un logement dans un autre quartier de la capitale payé avec le pécule mis à sa disposition par les autorités dans le cadre du projet de relogement des réfugiés.

Le déplacement de la population qui avait trouvé refuge aux abords du palais national au lendemain du séisme du 12 janvier s’est déroulé dans l’ordre et la discipline, sans une manifestation ni aucun incident majeur. Au départ ce défi paraissait insurmontable.

Au plus fort de la crise humanitaire, plus de dix mille familles ont cohabité dans des conditions difficiles sur la place avant un départ graduel dans les mois qui ont suivi le séisme.

Aujourd’hui, le Champ de Mars et l’ensemble de ses dix espaces: la place Toussaint Louverture, la place du Marron Inconnu, la place des Martyrs, la place Catherine Flon, la Place Henri Christophe, le kiosque Occide Jeanty, la place de la Constitution, la Place Jean-Jacques Dessalines, la place Alexandre Pétion et la place des Artistes, respirent.

Partout, l’herbe repousse, les promeneurs reviennent, les cercles d’interminables discussions s’animent du matin jusqu’au soir.

Comme par enchantement, les monuments sont restés à leur place, les arbres aussi. Un ensemble de mobiliers urbains, y compris des balançoires et des glissoires pour enfant sur la place Pétion, semble avoir bien résisté aux deux années et demie de cohabitation avec l’immense camp de réfugiés qui occupait la zone jusqu’à ces dernières semaines.

Le miracle du Champ de Mars est le fruit de l’opiniâtreté du président Martelly, de la dextérité du comité mixte qui a conduit le projet de relogement des réfugiés grâce à un apport du gouvernement canadien de vingt millions de dollars.

Moins de trois ans après le séisme, le Champ de Mars va même s’offrir un vrai défilé carnavalesque fin juillet.

La vie n’a jamais cessé au Champ de Mars, elle avait changé d’apparence. En soirée, la foule évite la place qui n’a pas encore retrouvé les animations festives et l’éclairage a giorno des jours d’antan. En journée, il faut faire très attention aux petits délinquants qui sillonnent la zone et rançonnent les passants.

Le prochain défi pour les autorités sera de rétablir la sécurité sur la plus grande place publique de la capitale et du pays.

 Frantz Duval

Credit: Le Nouvelliste

Forces armées : Martelly se tourne vers l’Equateur

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Fanfare. Déploiement impressionnant de la police et de l’armée équatoriennes dans les rues.  Michel Martelly a été reçu en Equateur avec tous les honneurs militaires. Accueil chaleureux. Tant de la part des autorités que celle des membres de la population. Partout où il passait les gens lui réservaient des applaudissements et le sourire.

 « L’objectif général de ma visite est non seulement de répondre à une invitation du président Corea, mais aussi de renforcer les liens de coopération entre nos deux pays et promouvoir les intérêts fondamentaux du peuple haïtien dans la région de l’Amérique latine », a indiqué le chef de l’Etat haïtien.

 Pourtant, il a fallu une question directe d’un journaliste pour savoir que Michel Martelly a sollicité de son homologue son soutien pour la mise sur pied d’une armée. Promesse de campagne. « On va aider dans la formation des cadres militaires pour reconstituer les forces armées en Haïti », a promis le président équatorien Rafael Corea Delgado, soulignant que c’est  le président Martelly qui lui en a fait la demande.

 Sur ce sujet, ni le ministre de la Défense, Jean Rodolphe Joazile, ni le chef de la police nationale, Mario Andrésol n’ont pipé mot. Cependant, le président Martelly a préféré mentionner les discussions avec M. Corea sur la formation de cadres dans la police nationale.

 « Nous avons aussi parlé de la coopération pour la formation des cadres pour la police. Pour mon gouvernement, le renforcement de la police nationale est un point clé pour le progrès du pays. L’Equateur a traditionnellement formé des cadres pour la PNH. Et maintenant, il se montre disposé à continuer ce programme. L’Equateur formera en moyenne 10 à 15 personnes par an », a expliqué M. Martelly.

Le premier mandataire haïtien a également demandé au président Corea d’inciter les investisseurs équatoriens à venir investir en Haïti. « Les investisseurs équatoriens peuvent aller en Haïti, a répondu Rafael Corea, soulignant que son pays n’est pas un grand exportateur de capitaux.  Notre  coopération va directement de secteur public à secteur public. »

 Il s’est félicité du fait que le contingent équatorien dans la Minustah a déjà participé dans la construction de ponts, de routes, dans le curage des canaux d’évacuation, entre autres.  Son gouvernement a déjà décaissé 13,5 millions de dollars dans le cadre de la reconstruction du pays, a-t-il dit.

Le président équatorien a souligné le respect de son pays pour Haïti et surtout de leur amitié historique tout en rappelant la contribution de Pétion dans la libération des pays de l’Amérique latine. « Haïti est non seulement le premier pays à avoir pris son indépendance, mais aussi le premier à répondre à l’appel des autres », a-t-il dit. M. Corea a promis de renforcer les liens de coopération entre les deux pays.

 Il a appelé à l’union des peuples de la Caraïbe et de l’Amérique latine afin d’atteindre les objectifs de développement. Selon le chef de l’Etat équatorien, son pays va envoyer un contingent de génie militaire qui participera à la reconstruction d’Haïti pour un montant de 15 millions de dollars.  

 Le président Martelly a visité l’Ecole supérieure  militaire Eloy Alfaro où il s’est entretenu à huis clos  pendant une vingtaine de minutes avec les responsables. Il a aussi fait une offrande florale en l’honneur des Héros de l’indépendance.

 Michel Martelly en a profité pour promettre aux ressortissants haïtiens en Equateur l’établissement d’une ambassade à Quito. Dans la même veine, le président Corea a souligné que son pays a régularisé la situation d’environ 2 000 Haïtiens vivant sur son territoire de façon irrégulière.

 Michel  Martelly, dans un discours au palais du gouvernement équatorien, a remercié le peuple de ce pays pour son soutien à Haïti après le tremblement de terre du 12 janvier 2010. « L’Equateur est dans le cœur de tous les Haïtiens », a-t-il dit en espagnol, ce qui lui a valu des applaudissements.

 Cette visite officielle du chef de l’Etat était aussi l’occasion pour le gouvernement haïtien de signer deux accords avec les autorités équatoriennes,  respectivement sur la reconstruction d’Haïti et sur des appuis techniques et scientifiques.

 Robenson Geffrard, Equateur

Credit: Le Nouvelliste

Lamothe annonce le décaissement des fonds communaux

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Le Premier Ministre haïtien, Laurent Lamothe, annonce le début du processus devant conduire à la réalisation des projets financés par les fonds communaux. Le chef du gouvernement accompagné des ministres des finances, Marie Carmelle Jean Mary et de la planification Jocepha Gauthier, a eu hier une séance de travail avec les membres de la commission finance de la chambre des députés.

Officiellement l’objectif de la rencontre était d’évaluer les projets en cours à deux mois de la fin de l’exercice fiscal. Cependant les parlementaires étaient surtout préoccupés par le décaissement des fonds alloués aux communes. Véritable victoire des législateurs, les fonds communaux pour l’exercice en cours sont de l’ordre de 10 millions de gourdes.

Le chef de la Villa d’Accueil a promis d’autoriser le processus de décaissement de ces fonds qui permettront de réaliser des projets d’infrastructure dans les villes de province notamment. Un comite de pilotage sera prochainement mis en place afin de faciliter les décaissement. Le secrétaire général de la Primature, Enex Jean Charles, sera le coordonnateur général du comite qui comprendra également des hauts fonctionnaires de plusieurs ministères et du Fonds d’Assistance économique et Social (FAES).

M. Lamothe promet que ce dossier sera traité avec célérité en vue de favoriser la mobilisation des fonds dans le meilleur délai.

Les députés exigent la réalisation de ces projets consistant en la construction d’établissements scolaires, de marchés, de places publiques, de centres de santé et de tronçons de route. Le Premier Ministre révèle que ces projets ont été préparés à partir des cahiers de charge présentés par les parlementaires. Ces projets qui contribueront à améliorer les conditions de vies des citoyens vivant des les régions reculées seront portés au capital politique des parlementaires.

LLM / radio Métropole Haïti

Tournée de la Première Dame de la République dans l’arrondissement de Léogane

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La Première Dame de la République, Sophia Martelly, a effectué, ce samedi 7 Juillet, une tournée dans l’arrondissement de Léogane et dans la région des Palmes.

Accompagnée du délégué départemental de l’Ouest, M. Gonzague Day, la Première Dame tenait à évaluer elle-même les conditions dans lesquelles sont fournis les soins de santé à la population et constater l’état réel des infrastructures sanitaires de ces régions.

La Première Dame s’est rendue dans les locaux de « Life-Line Christian Mission », une institution fondée en 1980 par le révérend pasteur américain Bob Devoe, où elle a rendu hommage aux responsables qui accompagnent les populations de la ville de Grand-Goâve et des zones avoisinantes dans les domaines de la santé, de l’ éducation, du sport et de la formation professionnelle depuis plus de 32 ans. La Première Dame a profité de l’occasion pour renouveler son engagement de coopérer avec les responsables de cette fameuse mission en vue de faciliter le développement socio-économique de la zone.

Au cours de cette tournée, Mme Sophia Martelly a eu des entretiens avec les différents médecins responsables des hôpitaux Georges Gauvin de Grand-Goâve, Notre Dame de Petit-Goâve et Sainte-Croix de Léogane, sur les voies et moyens pour faciliter l’amélioration des soins de santé à des centaines de patients qui fréquentent quotidiennement ces centres hospitaliers. Profitant de l’occasion, Mme Martelly a aussi recueilli les cahiers de doléances de ces centres pour les suites nécessaires.

Dans la ville de Léogane, chef-lieu de cet arrondissement, l’hôpital Sainte-Croix, géré par l’Eglise Episcopale et reconnu, avant le séisme, comme étant le plus grand centre hospitalier de cette région, est dépourvu d’infrastructures appropriées, de médicaments et de matériels sanitaires, et fonctionne avec un personnel insuffisant. Accueillie par le personnel de ce centre hospitalier, dont un médecin de service, la Première Dame a pu constater d’elle-même l’étendue des besoins de l’hôpital. Le renforcement du personnel, la réouverture de quelques services de base et l’approvisionnement en médicaments constituent ses principales priorités.

La Première Dame de la République a, par ailleurs, demandé aux différents responsables de santé de l’arrondissement de Léogane d’être solidaires, afin que le nécessaire soit fait pour améliorer l’état de ces hôpitaux en attendant de trouver les fonds nécessaires pour la construction de nouveaux centres hospitaliers modernes à travers tout le pays.

EJ/Radio Métropole Haïti

Le député de la Croix-des-Bouquets réclame plus de compétence pour les juges de paix

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La détention préventive prolongée constitue une vraie hantise pour les hommes de loi du pays. Depuis le programme « Pas un jour de plus » initié par l’ex-doyenne du tribunal de première instance de Port-au-Prince, Marie Jocelyne Cazimir, nombreuses furent les solutions proposées jusque-là. Mais aucune n’a eu de résultats concrets. Même pas la tenue des assises à intervalles plus réguliers. C’est aujourd’hui au tour de nos législateurs de se pencher sur ce phénomène.

Jean THolbert Alexis, député de Croix-des-Bouquets/Thomazeaux, pour pallier les manques divers du système judiciaire haïtien, et parvenir à la réduction du taux des détentions, propose une loi sur l’élargissement des compétences des juges de paix. Elle doit faciliter le fonctionnement des tribunaux de première instance en réduisant le nombre de dossiers qui y seront acheminés.

La compétence des tribunaux de paix s’était trouvée limitée, depuis le décret du 22 août 1995, aux affaires inférieures à 25 mille gourdes, a fait croire M. Alexis. Ce faible taux constitue un obstacle à la mission des tribunaux de paix, notamment en ce qui a trait à leur rôle dans la distribution de la justice de proximité.

« L’augmentation du taux de compétence des tribunaux de paix proposée permettra à ces derniers d’assurer leur fonction de justice de proximité, de faciliter l’accès d’un plus grand nombre de justiciables à la justice, de réduire les coûts que pourrait nécessiter la solution d’un litige devant les tribunaux de première instance », a-t-il fait remarquer.

Comme parlementaire, Tholbert Alexis a pour mission de veiller à la distribution d’une justice équitable, accessible et peu coûteuse. Cette proposition de loi, selon l’exposé des motifs, traduit ses préoccupations. Elle abroge l’article 84, alinéa 1 du décret du 22 août 1995 portant sur l’organisation judiciaire et qui limitait la compétence des juges de paix aux affaires de moins de 25 mille gourdes.

L’article premier de la présente proposition élargit la compétence des tribunaux de paix en matière commerciale et civile jusqu’à la valeur de 100 mille gourdes.

L’article 84, alinéa 1, devrait donc se lire après vote, comme suit : « En matière civile, commerciale, les tribunaux de paix connaissent en dernier ressort de toutes actions personnelles ou immobilières jusqu’à la valeur de 75 mille gourdes et, à charge d’appel, de toutes celles ne dépassant pas cent mille gourdes. »

Les autres alinéas de l’article 84 du décret du 22 août 1995 sur l’organisation judiciaire sont et demeurent en vigueur.

 

Un conseil de développement pour améliorer le dialogue interhaïtien.

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Bien des minutes après la cérémonie officielle, les conversations n’en finissaient pas entre membres du secteur public et de la société civile dans la grande salle de l’hôtel Karibe. Attentif aux propos de ces interlocuteurs durant ce cocktail de circonstance, le Premier ministre Lamothe a bien donné l’exemple de l’esprit d’ouverture qu’il a promis d’encourager dans son allocution du jour. Le dialogue entre les leaders politiques, économiques et sociaux venait en effet d’être renforcé, ce lundi 9 juillet, par le lancement du Conseil de développement économique et social  (CDES).

« L’ouverture des activités de ce nouveau conseil est une réalisation historique », a estimé le chef du gouvernement. Le CDES, dont la création était prévue dans un décret de mai 2005, n’avait jamais encore vu le jour. Par cette initiative, le gouvernement Lamothe vient de concrétiser l’un des engagements inscrits dans sa politique générale. 

Ce conseil a pour mission de veiller à l’harmonisation des politiques sectorielles avec le plan national de développement. Le gouvernement Lamothe promet d’en faire aussi un instrument de pilotage du dialogue social. Conformément aux dispositions transitoires de l’arrêté portant sur l’organisation de l’administration centrale de l’Etat, le chef du gouvernement est chargé de nommer les différents membres du CDES. Les neufs membres qui composeront le comité de pilotage seront appelés pendant une période de dix-huit mois à jeter les bases de cette nouvelle institution. Plusieurs structures organisées de la société civile et du secteur privé ont déjà répondu favorablement à cette nouvelle initiative.

« Dans un pays où l’implication citoyenne n’est pas valorisée, vous avez fait le bon choix », a déclaré le Premier ministre. Ce conseil sera présidé par l’homme d’affaires et vice-président du Chambre de commerce et d’industrie de l’Ouest, Jerry Tardieu, alors que le docteur en sociologie et chef de cabinet du secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, Louis Nau Pierre, en sera le coordinateur général.

Tout comme Lamothe, le premier président du CDES rêve d’ « un conseil inclusif et non partisan ». « En attendant l’élaboration d’un plan national de développement, le travail de coordination des politiques sectoriels s’effectuera en référence avec la politique générale du Premier ministre Lamothe. Mais, à terme, il faudra rédiger un Plan national de développement. Et ce sera l’une des tâches de ce conseil », a souligné Jerry Tardieu. A cet effet, une masse d’informations est déjà disponible, selon lui, à travers les différents documents relatifs au développement économique et social tels que les travaux des commissions présidentielles sous le gouvernement Préval, le DSNCRP et le plan du GRAHN.  

 « Haïti mérite l’amour de chacun de ces citoyens », a martelé Laurent Lamothe, invitant tous les secteurs sociaux à collaborer pour défendre l’intérêt national. Faisant écho à ces propos du Premier ministre, les paroles de la chanson « Ayiti se … », interprétées sur scène par Mikael Benjamin en fin de cérémonie, ont reçu des acclamations des plus chaleureuses.

 Carl-Henry CADET aloccarlo@hotmail.com

Credit: La Nouvelliste

 

Voyager en bateau, toujours risqué

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Mardi 10 juillet. 9h 25 a.m., au port d’embarquement de Carriès qui dessert l’île de La Gonâve, des marins débarquent un bateau à voile qui vient d’accoster au port. Il y avait une soixantaine de voyageurs à bord. Certains sortent épuisés de la barque après avoir tout vomi durant la traversée.  A quelques mètres est accosté un bateau dénommé « Vierge Caridade » qui doit partir pour Anse-à-Galets dans quelques heures.

« Achetez votre billet d’embarcation et inscrivez votre nom sur la liste, puis réclamez votre gilet de sauvetage », lance Jean Murat Gilot,  l’un des responsables du bateau.

Depuis le naufrage samedi d’un yacht assurant la liaison entre Anse-à-Galets et Carriès, qui a fait un mort et au moins trois disparus, les responsables, notamment ceux du Service maritime et de navigation d’Haïti (Semanah), accordent beaucoup plus d’attention au port de gilet. Reste cependant à savoir si cette mesure n’est pas éphémère.

« Avant le naufrage, il n’y avait pas eu cette attention au port de gilet. Nous voyageons très souvent sans porter de gilet de sauvetage. Parfois, on ne s’en souvient même pas », indique Aliette, qui s’apprête à retirer son billet de bord.

Quoique cette fille d’une vingtaine d’années, native de l’île de La Gonâve, voyage souvent en bateau, elle n’apprécie pas pour autant la sensation des vagues. « Je ne me sens pas en paix en montant à bord, car une de mes cousines est portée disparue samedi lors du naufrage », confie Aliette, faisant le va-et-vient sur le port.

Les heures passent, le navire prend du temps pour se remplir. Une femme arrive avec deux sacs à la main. Elle achète à 250 gourdes son ticket d’un jeune homme assis devant un tabouret sur le quai. Avant de monter à bord, elle inscrit, comme exigé, son nom sur une liste de voyageurs établie par le Semanah. Finie cette étape, elle prend place en attendant l’embarquement. Visiblement contrariée, la fille tire une Bible de l’un de ses sacs. Elle lit le psaume 23. L’angoisse est palpable.

« Seul Dieu peut nous sauver ici en cas d’une catastrophe. Dans les moments difficiles, on doit prier le Seigneur », dit-elle.

« On a toujours besoin de la présence de Dieu, pas seulement dans les moments difficiles », rétorque une femme, assise juste à côté d’elle.

11 h 23. Dans moins d’une heure, le bateau doit lever l’ancre, mais les responsables n’auront pas eu le temps de trouver tous les 250 voyageurs souhaités. Un homme arrive. Il apporte avec lui son propre gilet de sauvetage. « Se mèt kò ki veye kò », lance le natif de Port-au-Prince, qui travaille depuis quelques mois pour une ONG à Anse-à-Galets.

« Que tout le monde porte son gilet de sauvetage. Si quelqu’un n’en trouve pas, qu’il descende du bateau », fulmine un agent du Semanah, sans se donner la peine de vérifier si tout un chacun en a.

En fait, si des passagers confient avoir souvent voyagé sans porter de gilet de sauvetage, des responsables de bateau, sans démentir, indiquent qu’ils n’ont jamais voyagé sans ces équipements. Exception peut-être faite pour le yacht dénommé « Patience » qui a fait naufrage.

« Le Semanah nous exige de disposer de gilets de sauvetage, nous en avons en grande quantité », assure Jeannel Paul, copropriétaire d’un canot dénommé « One love ». « Parfois, ce sont les voyageurs qui ne les portent pas », souligne le responsable de ce canot d’une vingtaine de mètres.

Alors que cette barque ne devrait pas transporter plus d’une cinquantaine de personnes, Jeannel confie qu’elle transporte parfois jusqu’à 150 voyageurs, sans compter des tonnes de marchandises. Pour se rendre à Anse-à-Galets dans ce canot à moteur, les voyageurs paient beaucoup moins, soit 125 gourdes, mais ne sont pas du tout confortables.

Par ailleurs, en ce qui a trait au manque de surveillance du système de cabotage, les marins renvoient la balle dans le camp du Semanah.  « Si les voyageurs avaient porté des gilets de sauvetage samedi, il n’y aurait pas eu de victimes, parce que le naufrage a eu lieu tout près du port d’embarquement, à cinq minutes. Nous prenons nos responsabilités en disposant de gilets de sauvetage. C’est à l’Etat de prendre les siennes », a déclaré Jean Murat Gilot.

De son côté,  le Semanah, qui doit prendre ses responsabilités, évoque le « manque de moyens » pour régulariser le fonctionnement de tous les wharfs de cabotage que compte le pays. En dépit de tout, le directeur de l’institution assure que des efforts sont entrepris en ce sens. M. Normil envisage l’élaboration d’un code maritime en vue de réguler les activités de cabotage.

 A certains endroits, les principes  sont loin d’être respectés, car le Semanah dispose de représentants sur seulement 60% des points d’embarcation.

Credit: Le Nouvelliste

Constructions anarchiques sur les collines de Gressier

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La nationale #2 est de plus en plus bordée de constructions dont bon nombre sont de date récente.  Des deux côtés de la chaussée, les petits chantiers n’arrêtent pas. Pourtant, ces maisons qui bordent la route ne sont que la partie visible de l’iceberg.

Derrière les premières collines, pelle à la  main, des ouvriers opèrent en divers endroits à Xavierville, petite agglomération de Merger. Cette localité entourée essentiellement de petites montagnes s’organise en village et de nouveaux habitants y arrivent constamment.

Saintia habite le flanc d’une colline avec sa famille et d’autres parents. Ils sont arrivés après le tremblement de terre de 2010. Dansl’espace qu’ils ont loué et aménagé, trois taudis s’élèvent. «Après la catastrophe, tout le monde cherchait à se refugier dans les montagnes pour se protéger d’un éventuel tsunami », raconte Saintia. Consciente du nombre croissant de gens qui investissent la zone, la jeune femme  redoute un glissement de terrain en cas de grosses averses. Elle redoute aussi la possibilité d’être  délogée par les autorités municipales.   

Enock Dorival habite Carang, zone avoisinante de Xavierville. Il y a grandi et hérité des terres de ses parents.  Il dit constater que la population de  ces localités augmente constamment depuis 2010. «Beaucoup de maisons ont été construites depuis janvier 2010 ». L’occupation massive et désordonnée des collines a récemment fait des victimes à Mariani après quelques averses.

Pour Jean Michelet Paul, maire adjoint de la commune de Gressier, ce phénomène qui s’aggrave jour après jour date de plusieurs années et résulte facteurs divers,  en plus des catastrophes naturelles dont sont victimes nombre de familles haïtiennes. Il dénonce  l’absence de plan d’urbanisation et l’incohérence qui existe  dans les actions des autorités de l’Etat. «S’installer sur des terres vierges de la commune est  devenu une option pratique pour les populations en difficulté à Port-au-Prince. La faiblesse de l’Etat leur rend la tâche plus facile et l’espace plus accessible», déclare  le responsable. La faiblesse de l’Etat central et le manque de moyens des institutions municipales sont  en effet des causes majeures de la dégradation de l’environnement, estime M. Paul.

« Pour avoir le droit de construire, les responsables de la mairie de Gressier exigent du particulier le droit de lotissement et le permis de construire approuvé par le ministère des Travaux publics Transports, Communication et Energie », fait savoir Jean Michelet Paul. Le maire adjoint déplore que des décisions prises par la mairie d’arrêter des travaux de construction  qui se font illégalement soient souvent contrecarrées  par des particuliers tout-puissants.  

Sans préciser les dispositions prises  à court terme en vue de freiner les constructions anarchiques qui augmentent dans la commune, le maire adjoint affirme que la mairie de Gressier travaille actuellement à l’élaboration d’un plan d’urbanisation. Le travail se réalise avec la collaboration de partenaires internationaux et rentre dans le projet d’aménagement du territoire pour la région des Palmes (Gressier, Léogâne, Grand-Goâve, Petit-Goâve). Le schéma d’aménagement permettra d’identifier les zones  résidentielles, les zones réservées et l’emplacement des institutions étatiques. Il est également prévu dans cette démarche de déloger et de dédommager des familles, ce qui aura des répercussions sur l’économie nationale.  

M. Paul estime que la lutte  contre les constructions anarchiques est une préoccupation nationale et nécessite de la cohésion dans les actions des différentes entités de l’Etat. Il appelle ainsi au renforcement des capacités des municipalités et à une action convergente des institutions impliquées.

Nathalie Verné
Credit: Le Nouvelliste

Le gouvernement fait la lumière sur l’utilisation du budget.

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Alors que le débat est ouvert après le  dépôt du projet de loi de finances 2012-2013 au Parlement, les députés veulent avoir des informations sur l’état d’avancement du budget 2011-2012, à environ trois mois de la fin de l’exercice fiscal. A cet effet, le Premier ministre Laurent Lamothe, accompagné de plusieurs membres de son gouvernement, dont la ministre de l’Economie et des Finances et celle de la Planification et de la Coopération externe, a fourni des explications ce mardi devant la commission permanente  de l’Economie , des Finances, du Commerce et  du Budget de la Chambre basse.

Comme c’était le cas au cours des séances de ratification de l’énoncé de politique générale, l’ambiance a été houleuse entre députés et  membres du gouvernement. Plus de deux heures de discussion. Du tac au tac, les parlementaires exigeaient des éclaircissements sur les petits projets qui se font dans certaines zones. « Le budget 2011-2012 est utilisé à bon escient », a assuré la ministre de l’Economie et des Finances, Marie Camelle Jean Marie. Le budget d’investissement, a-t-elle informé, sera exécuté à 70%  contre 100% pour le budget de fonctionnement.

Mme Jean Marie a annoncé, par ailleurs, un taux de croissance de 5,5%  avant le 30 septembre 2012. « L’augmentation du taux de croissance est due à l’augmentation des exportations notamment. Les produits de la sous-traitance, a-t-elle souligné ainsi que les investissements faits dans les domaines de la construction et du tourisme contribuent également à ce bond. »

Le projet de construction de parcs sportifs dans toutes les communes, le Fonds national de l’éducation, le programme de construction de lycées et de tronçons de routes constituent quelques-uns des points ayant été abordés au cours de la rencontre.

La convocation des membres du gouvernement Lamothe sur le budget de l’exercice fiscal 2011-2012 a été un prétexte pour certains parlementaires qui réclament des fonds au nom de leur circonscription dans le budget pour le prochain exercice fiscal. « Nous subissons les pressions de nos mandants pour l’exécution de certains projets », ont-ils avancé.

Bonne nouvelle pour les députés: «  le gouvernement met 10 millions de gourdes à la disposition de chaque commune », a déclaré le Premier ministre Laurent Lamothe. Visiblement, les parlementaires ont accueilli la nouvelle avec satisfaction. « La question des 10 millions de gourdes est très importante pour moi, a lâché le député Jean René Lochard. Je dois avoir ma part avant le 30 septembre 2012. Je ne viens pas tergiverser ici. » Dans le cas contraire, l’élu de la deuxième circonscription de Port-au-Prince a dit être prêt à taper du poing sur la table.

Le député de Gros –Morne a, de son côté, félicité le chef du gouvernement  de sa volonté et de sa capacité à travailler pour le bien-être du pays. Toutefois, l’ancien journaliste a estimé que le gouvernement doit poser des actions concrètes. « Le Premier ministre donne d’importantes précisions sur un ensemble de projets. Mais il faut passer de la parole aux actes le plus vite  possible », a-t-il martelé.

 Yvince HILAIRE

Credit: Le Nouvelliste

Etats-Unis: les républicains s’en prennent encore à la réforme sur la santé d’Obama

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Les républicains ont lancé d’âpres discussions mardi au Congrès américain, réaffirmant leur opposition viscérale à la réforme de la couverture maladie du président Barack Obama, contre laquelle ils voteront mercredi avec le ralliement probable de certains démocrates.

Ce vote à la Chambre des représentants intervient quelques jours seulement après que la Cour suprême eut confirmé la constitutionnalité du texte grâce au soutien surprise de son président conservateur.

La Cour a ainsi validé dans sa quasi-intégralité le 28 juin la réforme de la couverture santé adoptée et promulguée en 2010. Mais les conservateurs n’en ont pas pour autant changé leur fusil d’épaule: ils vont voter pour la 31e fois contre tout ou partie du texte, qui prévoit d’étendre la couverture maladie à 32 millions d’Américains.

“Ce n’est pas le moment que Washington ajoute 2.000 milliards de dollars de coûts fédéraux, alors que nous avons une dette énorme que nous ne pouvons déjà pas nous permettre”, a fustigé la républicaine Nan Hayward.

Les démocrates ont peu d’espoir de remporter ce vote: leurs rivaux sont majoritaires à la Chambre depuis novembre 2010 et certains démocrates sont prêts à rallier leur cause à l’approche des élections législatives de novembre.

“Nous allons perdre. Les républicains vont voter en bloc”, a indiqué mardi à la presse le numéro deux des démocrates de la Chambre, Steny Hoyer. L’élu a aussi reconnu que des démocrates feraient défection en votant en faveur de l’abrogation.

“Je pense que nous en perdrons quelques uns comme ce fut déjà le cas, (mais) pas beaucoup”, a-t-il dit, faisant référence à un vote similaire début 2011.

Les républicains, eux, veulent voir dans ces défections du bon sens politique. “Les démocrates entendent sur leurs terres que cette loi fait du tort aux petites entreprises”, a estimé Kevin McCarthy, élu républicain de Californie.

Selon eux, la réforme d’Obama fait peser un coût supplémentaire sur les entreprises, et dès l’annonce de la décision de la Cour suprême, ils avaient repris le combat.

“Si nous voulons nous débarrasser de la loi d’Obama, il faut remplacer le président Obama”, a plaidé M. Romney, qui a promis que s’il était élu il abrogerait la réforme dès le premier jour.

De son côté, le chef de la majorité républicaine à la Chambre des représentants, Eric Cantor, a écrit lundi sur son compte Twitter: “Il est temps de mettre fin aux promesses non tenues d’Obamacare (surnom péjoratif donné par les républicains à la loi du président, NDLR). Mercredi, la Chambre votera pour abroger la loi”.

Vote symbolique

La Chambre a déjà voté l’abolition du texte peu après la victoire des républicains aux législatives de novembre 2010. Mais le Sénat, où les démocrates ont conservé la majorité, n’a pas donné suite.

Outre le barrage de la chambre haute, les républicains se trouvent face à la menace d’un veto présidentiel, brandie lundi soir par la Maison Blanche. Annuler cette réforme “augmenterait le déficit et distrairait le Congrès du travail qu’il doit effectuer sur l’économie et les créations d’emplois”, a prévenu l’exécutif.

Seul un changement de président et de majorité au Sénat après les élections du 6 novembre pourraient produire le résultat escompté par le camp conservateur.

Les républicains font donc activement campagne pour regagner le Sénat. Dans un message à ses partisans, le sénateur Marco Rubio explique que les républicains –qui disposent de 47 sièges sur 100 à la chambre haute– ont besoin de “13 voix (soit 13 sièges de sénateurs) à travers le pays pour l’abrogation”.

En effet, il faut une majorité qualifiée de 60 sénateurs pour passer outre toute opposition. M. Rubio appelle ainsi à soutenir Josh Mandel, dans l’Ohio (nord), qui a “juré d’abroger la réforme santé s’il est élu”.

Lundi, le chef de la majorité démocrate du Sénat, Harry Reid, a qualifié le vote de mercredi de “vote spectacle”. “Le Sénat va adopter une attitude différente. Nous allons essayer d’être productifs, concentrés sur l’emploi”, a-t-il déclaré.

Credit AFP