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La Citadelle, un trésor fragile

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Le président Michel Martelly s’est fâché tout rose, récemment à la citadelle. Il s’en est pris aux employés de la direction régionale de l’Institut de sauvegarde du patrimoine national (ISPAN) qui n’entretiennent pas correctement la forteresse léguée à la nation par le roi Henri Ier.

Des arbustes en bonne santé, des murs végétalisés, un nettoyage aléatoire du plus imposant site patrimonial d’Haïti, tout à la citadelle a alimenté le courroux du chef de l’Etat. Le savon que le président a passé à l’ISPAN vous pouvez le revoir en vidéo sur le site du Nouvelliste. Une belle sortie contre l’incurie.

Tout s’est déroulé en présence du ministre de la Culture, de la ministre du Tourisme, du directeur général de l’Ispan et de la presse. Un bain sans se cacher le nombril.

Ceux qui ont une petite connaissance de la gestion de nos monuments historiques sourient encore de la scène qui se déroule au beau milieu de cette citadelle de toutes les légendes. Le président peut répéter son discours dans chacun de nos lieux chargés d’histoire et laissés à l’abandon. Ils le sont tous.

Notre histoire, nos adresses mythiques, les forts et les tombes, la mémoire de nos hommes et femmes illustres sont en déshérence. Les visiteurs réguliers et les millions de dollars investis à la citadelle par exemple n’ont pas changé grand-chose au destin de ce navire abandonné. Il erre. Trop solide pour sombrer. Mais fragile comme un esquif.

Marc Bazin avait ressuscité le Palais des 365 portes de la Petite Rivière de l’Artibonite, le temps d’en chasser les cabris pour y tenir un Conseil des ministres. Les bêtes à cornes et autres hôtes indésirables y ont depuis repris logement. Ça va, ça vient, le palais est en état de siège, s’asphyxie avec la ville en expansion.

Un tapis de plantes ou de poussière recouvre maints sites historiques. Les protège, disent ceux qui craignent encore plus les feux de l’attention ou d’une utilisation intensive maladroite.

Pour revenir aux arbustes de la citadelle, il faut les arracher avec précaution, recommande un expert.. Utiliser des désherbants spécialisés. Un arbre a des racines. Une pierre peut sauter sous les assauts d’un nettoyage inadéquat. Un éclat, un sillon, une fissure, de petites averses en ruissellement, on peut détruire la vieille dame en voulant la rendre belle.

La citadelle est chargée d’histoire et son âge en fait un joyau fragile. Très fragile.

L’ISPAN a du travail sur ses échafauds. Déjà que l’on parle de croisiéristes par centaines en visite à la citadelle d’ici quelques années avec le port de Labadie en développement.

La vocation touristique des lieux historiques devra apprendre à cohabiter avec le statut de monument historique. Belle bataille pour ce fort qui n’en a encore vue aucune depuis son érection au sommet du Bonnet à l’Evêque.

Frantz Duval
Credit: Le Nouvelliste

Quand Haïti et le Rwanda fraternisent

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Le Rwanda a été l’un des premiers pays africains qui, malgré ses maigres moyens, a apporté son plein soutien au peuple haïtien après le séisme du 12 janvier 2010. Une aide financière symbolique estimée à 100 000 dollars américains a été fournie pour venir au secours des victimes. Le Rwanda a donc immédiatement exprimé sa solidarité active et son soutien à Haïti, considéré  comme un pays frère.

Le chef de la mission rwandaise en Haïti, Pierre Emmanuel Ubalijoro, interviewé récemment par Le Nouvelliste, a réitéré la volonté de son pays d’œuvrer au renforcement et à la diversification des relations haïtiano-rwandaises. Ces relations s’inscrivent dans le cadre des objectifs communs de développement et privilégient la solidarité entre les deux États.  Ainsi,  les autorités rwandaises ont accordé 7 bourses d’études à de jeunes Haïtiens qui ont été accueillis à  Butare (sud du Rwanda) – pays modèle du continent africain-, sans oublier la commission haïtiano-rwandaise mise sur pied récemment.  Cette commission a pour mission de faciliter de meilleurs échanges entre le Rwanda et Haïti.

D’un autre côté, le représentant du Rwanda en Haïti a rappelé que le président Michel Martelly avait rencontré, en 2011 à New York, le président Paul Kagamé. Il a soutenu que ce sont deux leaders éclairés.  « Les relations haïtiano-rwandaises vont se renforcer davantage à  travers les relations d’amitié qui existent entre les deux chefs d’Etat à la suite de leur rencontre à New York. Après les échanges, le président Martelly a souhaité s’inspirer du modèle économique rwandais pour le progrès d’Haïti vu les similarités qui existent entre les deux peuples », a dit M. Ubalijoro, qui a précisé qu’aujourd’hui dans une vision positive, Kigali offre à Port-au-Prince un modèle solide de reconstruction  post-tragédie. Une « success story » africaine qui attire l’attention de tous les Haïtiens.

Par ailleurs, le représentant du Rwanda en Haïti a ajouté  que son pays a connu en 1994 un génocide qui a coûté la vie à des centaines de milliers de Rwandais, entre 800 000 et un million.  M. Ubalijoro a aussi fait remarquer que le 4 juillet 1994 est le jour où le massacre fut arrêté et ceci avec les efforts du Front patriotique rwandais (FPR), dirigé par l’actuel président, le Dr Paul Kagamé, qui a permis de mettre en déroute les forces armées rwandaises d’alors et leur milice meurtrière. « C’était un grand défi pour nous car nous devions repartir à zéro. Il a fallu tout reconstruire. C’était aussi un grand défi pour Haïti: à cette époque-là, ce pays était sous embargo », a confié M. Ubalijoro.

Le Rwanda: un modèle pour les pays en voie de développement

Pour sa part, le Dr Kathy Kantengwa, une haute personnalité rwandaise en Haïti, estime que pour faire du Rwanda ce qu’il est aujourd’hui,  le gouvernement a dû sévir avec rigueur contre les crimes de vengeance afin d’imposer l’État de droit. Et ensuite, il s’est attaqué aux problèmes de base : l’éducation, la santé, l’environnement, les infrastructures, etc.

Plus loin, le Dr Kathy Kantengwa a avancé des chiffres pour montrer les progrès réalisés par son pays: l’accès à l’eau potable est passé de 41 à 80% aujourd’hui, l’accès à l’électricité de 4 à 13%, l’accès à l’éducation a augmenté de près de 20 %, l’accès à l’assurance-maladie est de 96%, et celui aux antiviraux de 81% aujourd’hui. « Le plus grand secret de ce succès reste l’engagement et la détermination d’un bon nombre de Rwandais à donner le meilleur d’eux-mêmes pour qu’il n’y ait jamais plus de génocide ni au Rwanda ni ailleurs », a-t-elle conclu.

Pour l’instant, les routes sont goudronnées, le paysage est soigné et le gouvernement a lancé une campagne ambitieuse pour préserver le peu de forêts subsistant au Rwanda. Mais la démocratie Rwandaise se cherche encore, faute d’alternance véritable.

Une amitié grandissante

Des délégations composées de membres de l’exécutif, du législatif ainsi que des membres du secteur privé ont visité le pays des mille collines afin de voir ce qu’il a pu réaliser et s’en inspirer. En juin 2012, le  ministère de la Santé publique et de la Population avait  envoyé une équipe pour observer le  système de santé rwandais qui a été cité comme un modèle pour les pays en voie de développement.

«  En ce qui a trait à la coopération Sud-Sud, nous pouvons beaucoup apprendre d’Haïti. Le  secteur privé est très développé. Nous constatons que les artisans haïtiens ont beaucoup de talents. Ce sont des choses que les Rwandais pourraient bien apprécier. Ce pays a d’énormes potentialités.  Nous sommes vraiment contents de cette amitié grandissante entre les deux pays. Nous espérons qu’à l’avenir beaucoup plus de Rwandais viendront visiter ce pays. C’est un coin de terre très charmant avec une population très accueillante», a renchéri  le président de la communauté rwandaise en Haïti, qui croit que l’amitié entre le Rwanda et Haïti se renforcera au fil des années et que cela sera dans l’intérêt des deux peuples.

Amos Cincir mcincir@lenouvelliste.com Dominique Domerçant succes33@yahoo.fr
L’économie du Rwanda est principalement marquée par sa forte dépendance de l’agriculture (40 % du PIB, 87 % de l’activité nationale), une croissance annuelle de plus de 6 %, un développement des services, une faible industrialisation et une très forte densité démographique (300 hab./km²). L’inflation est d’environ 4 %, et si le PIBpar habitant est d’environ 243 dollars par an, le PIB PPA (pondéré par le pouvoir d’achat) annuel moyen par habitant est de 945 dollars. Son indice de développement humain était de 0,460 en 2007 et la variation de cet indice par rapport à l’année précédente est de +0,005. Le PIB par secteurs est constitué ainsi : Agriculture ( 42,6 %); Industrie (22,2 %) et Services (35,2 %). Les principaux partenaires d’exportation du Rwanda sont : la Chine (9,1 %), la Thaïlande (8,6 %), l’Allemagne (7,3 %), les États-Unis (4,5 %) et la Belgique (4,1 %). L’inflation du Rwanda était de 5,5 % en 2011. Le montant des exportations était de 293 millions de dollars en 2011 et les importations de 1, 307 billion à la même année.
En forme longue, la République du Rwanda, en kinyarwanda (langue rwandaise) Repubulika yu Rwanda, autrefois Ruanda ou Rouanda en français avant l’indépendance en 1962, surnommé le « Pays des mille collines », est un pays d’Afrique centrale. Il partage des frontières avec, au nord, l’Ouganda, à l’est, la Tanzanie, au sud, le Burundi, et à l’ouest, la République démocratique du Congo. Sa capitale, Kigali, est située au centre du pays. Les Rwandais vivent dans les collines qui constituent la localisation de référence des habitats. Le Rwanda est membre de l’Organisation des Nations unies (ONU), de l’Union africaine (UA), depuis juin 2007, de la Communauté d’Afrique de l’Est, de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), et depuis le 29 novembre 2009, du Commonwealth of Nations.

Le quorum, nerf de la guerre au Sénat

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Le président du Sénat, Simon Dieuseul Desras, ne renonce pas à son plan de réduire le quorum au Grand Corps profondément divisé sur la formation d’un Conseil électoral permanant (CEP) sous l’égide de la Constitution amendée. « Le Sénat doit assumer ses responsabilités », a estimé le président de la Chambre haute en allusion aux écueils à surmonter pour désigner les trois représentants du Parlement à l’institution électorale permanente.

Depuis que le Sénat a perdu un tiers de ses membres, le quorum devient le nerf de la guerre entre les pères conscrits. « La proposition de réduire le quorum sera discutée en conférence des présidents des commissions permanentes. Il revient à cette structure et à l’Assemblée de trancher », a fait savoir le sénateur Desras, qui reste sur un double camouflet de ses collègues qui refusent de siéger dans une commission bicamérale.

Des trois membres désignés par le président du Sénat, seul le sénateur Jocelerme Privert accepte de faire partie de la commission bicamérale spéciale chargée d’examiner les dossiers de candidature pour le Conseil électoral permanent. Ses collègues Jean-Baptiste Bien-Aimé et John Joël Joseph ont boudé, lundi dernier, la première réunion finalement avortée de la commission dont font partie quatre députés.

Les sénateurs Bien-Aimé et Joseph ont tour à tour refusé la commission pour ne pas violer, disent-ils, le règlement interne du Grand Corps. Le président du Sénat doit convoquer l’Assemblée pour procéder à la formation des commissions spéciales, a mis en avant Jean-Baptiste Bien-Aimé déjà hostile à la publication controversée de la Constitution amendée.

Un tantinet dépité par le camouflet que ses collègues lui ont infligé, Simon Dieuseul Desras n’entend pas désigner de nouveaux membres pour siéger à la commission bicamérale. « Nous attendons des volontaires », a tranché le président du Sénat tout en rappelant que le pays attend depuis 25 ans la mise en place d’une institution électorale permanente.

Les dossiers de candidats à l’éventuel Conseil électoral permanent pullulent, entre-temps, au secrétariat du Parlement. Le député des Gonaïves, Sadrac Dieudonné, dit attendre la première réunion de la commission dont il fait partie pour le dépouillement des dossiers déposés suite à l’appel à la candidatures des deux Chambres.

Dans une menace à peine voilée, le remuant sénateur Moïse Jean-Charles a appellé le numéro un de la Chambre haute à la raison, en renonçant à la formation du Conseil électoral permanent. « La solution de Desras est là. Celle de Michel Martelly aussi ! », s’exclame le sénateur Jean-Charles optant pour un Collège électoral provisoire et consensuel.

Le député de l’Estère, Jules Lyonel Anélus, a lui aussi suggéré la formation d’un Conseil électoral provisoire au mandat limité pour sortir de l’impasse. Un groupe de députés, dit-il, s’apprête à proposer au président de la Chambre basse et à celui du Sénat la formation d’une institution électorale au mandat limité pour dénouer la crise. Dix des trente sièges sont toujours vacants au Sénat en raison des retards accumulés pour la tenue des sénatoriales partielles alors que le vote de deux tiers de l’Assemblée est nécessaire pour désigner les représentants du pouvoir législatif au CEP.

Claude Gilles
Credit: Le Nouvelliste

Palais national, tout dépend de l’Ispan

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« La présidence est en attente d’une décision finale de l’Institut de sauvegarde du patrimoine national (ISPAN) pour savoir ce qu’il en sera du palais national », a confié au Nouvelliste un haut responsable de la présidence.

« L’ISPAN avait commandité des études auprès d’experts qui ont conclu que les fondations du bâtiment ne peuvent pas supporter une nouvelle construction. Il faudra, sans doute, tout raser, mais il revient à l’Institut de sauvegarde du patrimoine national de faire des recommandations finales que la présidence suivra. Nous sommes au stade des dernières consultations», a poursuivi notre source.

Il y a des réunions prévues dans les prochains jours avec les responsables de l’ISPAN, selon les informations recueillies par le journal.

« Pour le moment, vu la qualité du sol et les ravages subis par la structure du bâtiment on ne peut que récupérer des petites parties du palais national pour les conserver dans un musée ou un mémorial et penser à ériger un nouveau Palais, mais c’est l’ISPAN qui doit donner les indications », précise notre source.

Le palais national est un monument historique et toutes les interventions majeures qui en modifient la structure doivent recevoir l’aval de l’ISPAN; le tremblement de terre n’a pas changé la donne, selon un architecte haïtien.

« Ne me laissez pas de message ». Tel est le message laconique de la boîte vocale du téléphone portable du directeur général de l’ISPAN, Henri Robert Jolibois, injoignable jeudi soir pour de plus amples informations sur l’avenir du Palais national.

Reconstruire ou raser

Si on ne peut pas ou on ne veut pas le reconstruire dans l’immédiat, il faut le raser, plaident beaucoup d’observateurs dont certains ont dû mal à contempler la splendeur ravagée du palais symbolisant toute l’ampleur de la catastrophe du 12 janvier 2010.

Durant les trois jours du carnaval des Fleurs à Port-au-Prince, l’image du palais national au Champ de Mars a contrasté avec celle d’une ville qui renaît. Symbole de la plus haute instance de l’Etat, le palais continue de projeter une image affreuse aux yeux de plus d’un. Deux ans et demi après le séisme, si la coupole, qui menaçait de s’écrouler, a été démantelée, aucune avancée n’est  cependant constatée depuis; Ni réparation ni démolition.

Lors de la célébration du deuxième anniversaire du tremblement de terre, le gouvernement avait consacré l’année 2012 comme l’année de la reconstruction. Cependant, la machine de cette reconstruction tarde à démarrer. Ou du moins elle avance beaucoup trop lentement. L’urbanisme demeure à l’état sauvage quoiqu’il y ait quelques projets d’investissements privés.

Le palais n’est pas la priorité

En fait, si les autorités envisagent de reconstruire les bâtiments publics, le palais national semble ne pas être inclus dans ce plan. Plusieurs mois de cela, lors d’une rencontre avec les journalistes, le président Michel Martelly avait affirmé que le projet de reconstruction du palais national ne figurait pas parmi ses principales priorités.

En fait, les avis divergent sur le sort de ce patrimoine national. Certains estiment qu’il faut penser à effacer de notre mémoire cette tragédie qui a frappé le pays ; d’autres soutiennent que la priorité du pays n’est pas la reconstruction du siège de la présidence. « Je ne suis pas pour la reconstruction du palais. On peut le laisser ainsi et le transformer en un musée », estime un collaborateur.

« Un musée, ça se visite. Or, ce n’est pas le cas »,  rétorque un de ses camarades.

De son côté, Christine, une sexagénaire qui a perdu des membres de sa famille lors de la tragédie, attend que les autorités prennent une décision avec le palais. « J’ai vraiment du mal à contempler le palais dans son état actuel. L’image est trop forte. En regardant l’édifice, on a l’impression que la catastrophe s’est produite hier », indique-t-elle.

« Si on n’envisage pas de le reconstruire dans l’immédiat, pourquoi ne pas le raser ? », se demande la sexagénaire.

En attendant une décision des autorités,  des étrangers continuent à longueur de journée de prendre le bâtiment en photo… les restes de ce qu’il en reste.

Valéry Daudier
Credit: Le Nouvelliste

États-Unis : l’ombre de la ségrégation

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Il est encore possible en 2012 aux États-Unis de se voir refuser son mariage du fait de sa couleur de peau. C’est pour dénoncer cette triste réalité que Charles et Te’Andrea Wilson, Afro-Américains, enchaînent les plateaux de télévision. La veille de la cérémonie, le pasteur Stan Weatherford leur a annoncé qu’il ne pouvait pas célébrer leur union dans l’église baptiste de Crystal Spring (Mississippi). La raison ? Des fidèles l’ont menacé de le remplacer s’il acceptait. Et de justifier cette décision par cette phrase sidérante : “L’église n’avait jamais eu de mariage de Noirs depuis sa création en 1883.” Charles et Te’Andrea Wilson se sont finalement mariés dans une autre église proche, fréquentée majoritairement par des Afro-Américains.

Depuis l’annonce de cette affaire dans les médias américains, la polémique enfle. Sur la page Facebook de l’église, les internautes s’insurgent contre cette décision qui donne, selon eux, une “mauvaise image des chrétiens”, fait “une mauvaise réputation aux baptistes et au Mississippi”, certains la comparant même à “une affiche de pin-up pour les racistes du monde entier”. Des représentants officiels de l’Église baptiste ont tenu à s’en démarquer. Jim Futral, responsable de la Convention baptiste du Mississippi, a réaffirmé qu’il “rejet(ait) la discrimination raciale”, mais a expliqué que les églises étaient “autonomes pour régler les problèmes et difficultés rencontrés”.

Lobbying d’une poignée de fidèles

Plusieurs membres de l’église de Crystal Spring ont tenu à s’excuser, à l’image de Ralph Miley devant les caméras de WLBT : “À titre personnel, je présente mes excuses aux Wilson, à leur famille et à l’ensemble de la communauté noire pour ce qui s’est passé.” D’autres se sont offusqués de l’image donnée de leur église : “Nous avons été présentés comme une église raciste, nous ne le sommes pas. Toute personne est la bienvenue chez nous”, a expliqué à Reuters Barbara Mack, une paroissienne de longue date.

Toute personne est la bienvenue ? On en doute quand elle poursuit en soutenant le pasteur, rejetant au passage la faute sur le couple : “Les Wilson étaient d’accord pour changer d’église, ils ont dit comprendre la situation et l’ont acceptée. Le révérend était loin de penser qu’ils provoqueraient un problème.” Certains ont prétexté avoir découvert l’affaire dans les médias et mettent en avant un lobbying exercé par une poignée de fidèles non représentatifs de la majorité. “S’il s’agissait d’une minorité, pourquoi la majorité ne s’est-elle pas levée pour s’opposer à cette décision et dire : Dans la maison de Dieu, nous ne pouvons pas faire ça ?” interroge alors Charles Wilson sur CNN.

Ancien État esclavagiste

Charles et Te’Andrea Wilson fréquentaient de temps en temps l’église et ils avaient l’intention d’en devenir pleinement membres après leur mariage. L’oncle de Te’Andrea Wilson y travaillait, son père en était membre et le pasteur était un ami de la famille. Le choc a donc été immense. Aujourd’hui, ils envisagent de changer de quartier. “Comment peut-on expliquer à une fillette de neuf ans qu’on ne peut pas se marier ici, parce que, devine quoi, ma chérie, on est noirs”, a réagi Charles Wilson sur une filiale locale d’ABC, en parlant de sa fille.

Ancien État esclavagiste au XIXe siècle, le Mississippi a vu sévir sur son territoire l’un des plus violents groupes du Ku Klux Klan, les White Knights, dans les années soixante. Certains Américains semblent toujours marqués par cette époque. Malgré l’élection de Barack Obama, qui avait suscité un espoir immense dans la communauté noire, les Afro-Américains sont toujours confrontés au racisme quotidien.

Les rythmes haïtiens s’essouflent

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Les méringues ont beau réjouir les milliers de festivaliers durant ces trois jours gras, la musique haïtienne fait aujourd’hui face à un défi de taille : la jeunesse est de moins en moins intéressée aux rythmes locaux.  « Aujourd’hui, dans les night-clubs, il est plus facile de faire salle comble avec une soirée de dj qu’avec un bal de compas », a analysé Lyonel « Ti Lion » Guillaume, animateur vedette de l’émission Plateforme Magik. Le compas est en train de s’écrouler sous son propre poids “, avait déploré aussi, le mois dernier, Clément « Keke » Bélzaire, guitariste de Mizik Mizik. Et à entendre les récentes complaintes de pas mal de musiciens du compas, cette situation semble, depuis quelques années, faire la part belle aux musiques étrangères, au grand dam de l’héritage de Nemours Jean-Baptiste.

Résultats : changement de goût des consommateurs, mais aussi déclin du secteur. Et le compas n’est pas le seul. «  C’est toute l’industrie musicale haïtienne qui est en crise », a observé « Ti Lion », intervenant ce mercredi à l’émission Panel Magik. Pour preuve, le Racine, style de musique prisé des défilés carnavalesques dans les années 90, ne suscite plus autant de ferveur, selon le chroniqueur. Même considération pour le dernier-né de l’industrie,  le « Hip-hop kreyòl » qui, selon des analystes, n’est jusqu’à présent, pas encore à la hauteur de ses promesses.

Pour le très expérmenté “Keke” Bélizaire, les essoufflements du compas sont surtout dûs à une absence de relève inter-générationelle. « Au cours des dix dernières années, aucun groupe musical ténor n’a émergé après Carimi », a-t-il fait remarquer. Le manque de créativité de plus en plus patent de la plupart des chanteurs et musiciens est aussi à regretter, d’après Ti Lion. ” Les mêmes slogans reviennent chaque année et perdent de leur originalité “, a-t-il noté dans l’animation musicale du carnaval des Fleurs. Les mauvaises pratiques existent, toutefois, dans toute la filière musicale. Et, pour inverser la tendance, la formation des musiciens, la critique musicale, le professionalisme des studios d’enregistrement et des promoteurs et la culture musicale des Haïtiens seraient autant d’aspects à revisiter.

Au centre du carnaval et des fêtes champêtres, la musique représente aujourd’hui l’un des rares divertissements encore à la portée de la jeunesse, privée de salle de cinéma, de théâtre et de centre athlétique. « Port-au-Prince est peut-être à présent la capitale la plus ennuyeuse du monde », a lâché Tilion, dégoûté par la faiblesse de l’offre de loisirs dans la région métropoliaine. C’est, selon ce dernier, ce contexte qui a provoqué le développement des activités de divertissement peu recommandées, dénommées “zokiki”. A cet égard, l’économiste Kesner Pharel plaide, quant à lui, pour une plus grande attention de l’Université à l’industrie des loisirs, dont il reconnaît les opportunités pour le développement national.

Champ de Mars, fraîchement libéré de ses camps de déplacés à la suite du séisme de 2010, a repris sur une bonne note son rôle de réceptacle des grandes manifestations socioculturelles : le pays y a célébré la musique. « Pari réussi », note le président Martelly, avant d’annoncer pour bientôt des festivals nationaux de musique dédiés aux troubadours et aux dj. En juin dernier, il avait par ailleurs lancé le projet de l’Institut National de Musique d’Haïti (INAMUH) et du Système des Orchestres Symphoniques d’Haïti.

Musicien de carrière et grand animateur de festivités populaires, le chef de l’Etat veut-il prendre soin de son ancienne chapelle ?

Carl-Henry CADET aloccarlo@hotmail.com
Credit: Le Nouvelliste

Fin du phénomène “Anba tant” à Jacmel

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Pinchinat et Wolf sont les deux derniers des 36 camps de déplacés à être fermés définitivement dans la ville de Jacmel. Les autorités locales, de concert avec l’Organisation internationale de la migration, ont octroyé une enveloppe de 21 000 gourdes à chacune des 360 familles qui y vivaient pour leur permettre de louer une maison.

Les équipes de l’OIM ont  débuté la dernière phase de l’opération de relogement par la sensibilisation des familles de déplacés en juin dernier, suite à la demande d’assistance des autorités locales à la communauté humanitaire, selon ce qu’a révélé l’un des responsables du projet. « L’OIM va continuer à apporter son soutien aux autorités locales et surtout à la population sinistrée », a confié à la presse la directrice régionale de l’OIM pour le département du Sud-Est, Fanette Blanc.

Plusieurs déplacés du camp de Pinchinat interrogés estiment qu’il était grand temps pour eux de quitter les camps où ils ont vécu dans des  conditions de vie vraiment difficiles. Les employés de la mairie de Jacmel ont déjà détruit toutes les tentes des sites en question. Les camps Pinchinat et Wolf sont désormais deux immenses terrains déserts. Des  projets sont d’ailleurs déjà à l’étude pour occuper l’espace de ces camps, à en croire les propos du délégué départemental du Sud-Est, Pierre Michel Lafontant.

Les T-Shelters, abris provisoires ou permanents ?

« Nous sommes arrivés ici depuis le 16 juin 2011 », confie Mme Claudine, qui a dû arrêter une partie de domino pour accorder cette interview.  Assise autour d’une petite table posée sur la galerie de son T-Shelters en compagnie de trois autres voisins, Claudine fait passer le temps en s’adonnant à son jeu favori. Questions d’oublier un peu ses soucis. « Il y avait à notre arrivée ici 4 latrines communautaires  qui étaient construites pour trois mois selon les prévisions, mais voilà que plus d’un an après, aucun réaménagement n’y a été réalisé »,  s’indigne-t-elle. « Le comité du camp a fini par les détruire toutes, parce qu’elles puaient et nous empêchaient même de respirer, ajoute l’un de ses compagnons de jeu. Maintenant notre plus grand embarras, c’est que nous n’avons aucun endroit où faire nos besoins ».

Ces citoyens déduisent qu’ils sont là pour une durée indéterminée. « Les responsables ne nous ont donné aucune explication à ce sujet », s’attriste Claudine, qui habitait dans la ville de Jacmel avant le séisme dévastateur de janvier 2010 qui a détruit sa maison où elle et ses quatre enfants ont failli laisser leur peau.

Plus de 350 autres T-Shelters pareils à celui de Claudine sont érigés sur ce grand espace appelé “Village Beaudouin”.  Les familles qui y vivent sont issues des camps Pinchinat, Wolf, Sainte-Hélène, etc. Elles ont été relogées en août 2011 dans ces abris provisoires construits par l’OIM, dans le cadre d’un vaste programme national d’abris financé à hauteur de 13 millions de dollars.

L’un des représentants du village, Mme Sœurette, regrette que près de 2000  personnes soient installées sur ce site sans accompagnement. « Les autorités ont promis de nous fournir de la nourriture et du travail, mais aucune de ces promesses n’a été tenue. A l’heure qu’il est, il n’y a pas d’eau potable ni accès à des soins de santé pour les gens à faibles moyens que nous sommes », se plaint-elle.

Notons que la mairie de Jacmel est, elle-même, logée dans un local provisoire, jusqu’à présent. Le gouvernement haïtien projete d’investir 40 millions de dollars pour rendre la ville de Jacmel plus accessible et améliorer ses infrastructures, afin de la transformer en l’une des destinations touristiques les plus en vue du pays.

John Smith Sanon smithsanon@gmail.com Twitter: @smithsanon
Credit: Le Nouvelliste

Carnaval des Fleurs :entre réussite populaire et échec artistique

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Le Champs de Mars,a été le théâtre d’un déferlement populaire. Visiblement, les habitants de la capitale et des zones avoisinantes avaient soif de plaisir et de défoulement. Ils étaient des dizaines de milliers qui ont dansé, chanté et fêté à tue-tête pendant les trois jours du carnaval des Fleurs. Une réussite incontestable pour le gouvernement, très critiqué pour son choix d’organiser un carnaval en plein milieu de l’année. « C’est un succès populaire considérable », a éclaté Mario Dupuy, ministre de la Culture admettant qu’il a eu de petites failles.

 « Dans ces genres d’activités, il y aura toujours des choses à corriger », a reconnu le ministre. Ceux qui croyaient, parce qu’il s’agissait d’un carnaval des Fleurs, que tout le parcours allait se dérouler sur un  tapis de fleurs se méprennent tout simplement, a souligné M. Dupuy. «  L’expression carnaval des Fleurs se réfère plus à un aspect saisonnier qu’à la promotion de fleurs proprement dite »,a-t-il dit dans une interview bilan accordée au Nouvelliste.

 Pour le ministre, « c’était un moment de célébration, de retour à la vie comme le printemps l’annonce. Une thérapie psychosociale collective  pour la population deux ans après le séisme. Une possibilité pour elle de faire son deuil. »

 Selon Mario Dupuy, entre les traditionnels trois jours gras et le carnaval des Fleurs, il y a une  grande différence. Le carnaval des Fleurs est caractérisé par son côté artistique. « C’est évident, tout le monde a pu le constater. Même si nous avons eu des difficultés structurelles qui ont gêné la pleine dimension de ce théâtre à ciel ouvert », a-t-il avancé

 Les limitations du carnaval des Fleurs

 D’abord, il y a eu l’exiguïté du parcours réservé aux festivités.  Les organisateurs ne sont pas arrivés à relever le défi d’empêcher les participants d’occuper l’espace où évoluaient les artistes. Ce qui a tué la beauté du spectacle. « Le succès populaire a un peu dérangé le côté artistique. Nous en avons pris note pour une prochaine édition », a reconnu le ministre de la Culture.

 Le président du comité organisateur du carnaval des Fleurs est plus tranchant sur ce point. Il a reconnu que son équipe a tout simplement échoué de ce côté-là. « Les performances  des artistes ont été noyées par  la foule », a regretté Jean Dany Pierre François. « Je m’en sors avec un sentiment d’insatisfaction, le cœur serré. On avait mis la barre très haute, on avait des ambitions qu’on n’a pas pu atteindre pour plusieurs raisons. »

 La mission du comité était de présenter un produit pouvant attirer les touristes et vendre une autre image du pays à l’extérieur tout en permettant à la population de se distraire, de se récréer. Mais, mettre toute la machine en branle dans l’espace d’un mois, ce n’était pas une chose facile pour Jean Dany Pierre François et son équipe.

Le comité devait réaliser ce carnaval en deux parties. Une partie artistique, culturelle et l’autre avec les groupes musicaux. Il voulait avoir un spectacle mobile. « On n’a pas réussi parce qu’on n’est pas arrivé à isoler les spectateurs des artistes, exposé les beaux costumes, mettre en évidence les chorégraphies, les couleurs, les fleurs en structures métalliques », a regretté M. Pierre François. Tout se mélangeait, a-t-il dit. Le ministre de la Culture est plutôt d’accord avec ce constat.

Pour la deuxième partie du carnaval qui consistait en la participation de groupes musicaux, M. Pierre François a estimé que les musiciens n’ont pas compris la philosophie de ce carnaval. Encore une fois, ils se sont affrontés à coup de décibels, de slogans sur tout le parcours. « C’était ridicule et débile », a-t-il confié.

 Le prochain comité fera mieux

Le président du comité du carnaval des Fleurs a estimé qu’étant donné que les manquements ont été identifiés, la prochaine équipe qui va réaliser les prochains carnavals devra s’en servir pour corriger et faire mieux qu’eux. Il a promis de laisser un document avec tous ce qui mérite d’être corrigé. Il pense qu’il doit y avoir beaucoup de réflexions sur le carnaval en Haïti

A la question est-ce que le carnaval des Fleurs va devenir définitivement un  rendez-vous annuel, le ministre de la Culture a indiqué que c’est le gouvernement qui va en décider. « Ce qui est certain, on va avoir l’institutionnalisation, la mise en place du comité permanent pour l’organisation du carnaval qui aura à apporter des solutions aux limitations enregistrées », a annoncé Mario Dupuy.

Plus que 30 millions de gourdes déboursés

Il y a d’abord un budget de 65 millions de gourdes dans lequel, les responsables ont liquidé une dette de 35 millions laissé par le carnaval des Cayes. Grâce à la participation du secteur privé, cela a permis de compléter le budget des trois jours de festivités à environ 35 millions de gourdes de plus soit au total 65 millions pour la réalisation du carnaval des Fleurs, selon des explications de M. Dupuy. Toutefois, le ministre a souligné qu’il n’est pas en mesure de fournir des chiffres exacts, parce qu’il ne dispose pas encore de toutes les données.

« Ce qui est certain, nous n’allons pas nous retrouver avec des dettes après le carnaval », a-t-il dit

Le président du comité organisateur des trois jours de festivités ne voulait pas non plus avancer de chiffres pour le moment. « On fera un rapport avec tous les détails », a-t-il dit au Nouvelliste, soulignant qu’en plus de 30 millions de gourdes décaissées par le gouvernement, ils ont aussi collecté l’argent des places vendues au Champs de mars, l’argent des sponsors… en toute transparence on fera savoir au public combien le carnaval a coûté », a indiqué  Jean Dany Pierre François. Comme le ministre Dupuy, il dit espérer qu’il n’y aura pas de dettes.

 Les satisfactions personnelles

 Hormis,  la participation massive de la population au carnaval des Fleurs, le ministre de la Culture a estimé que le succès se trouve aussi dans « les améliorations qu’on  a pu constater du point de vue logistique et de l’organisation de l’événement en général. Pour la première fois on  a eu la mise en place et  le respect de la programmation « line up » par l’ensemble des intervenants. La distance entre les groupes musicaux, les placements des intervenants… », s’est réjoui  Mario Dupuy.

 Le ministre s’est félicité également de la performance des DJ sur les stands qui, dans le passé, couvraient les bandes à pied à coup de décibels. « Il y a une bonne communion entre les bandes à pied et les DJ », a-t-il dit. Chaque partie avait la possibilité de satisfaire son public sans frustration.

 Jean Dany Pierre François a reconnu, cependant, que le public a répondu positivement à l’appel du chef de l’Etat en participant massivement aux trois jours de défilés. Le comité avait des inquiétudes sur la participation du public, il ne les a pas cachées. « On a eu bien plus qu’espéré. C’est un motif de satisfaction », a-t-il dit.

 L’initiative de la Première Dame

 Encore une fois, la Première Dame a pris l’initiative de mettre sur pied un centre d’urgence  pour apporter les premiers soins aux blessés du carnaval.

 L’équipe médical composée, le premier jour, de cinq médecins, douze infirmières, six secouristes, et des étudiants en sciences infirmières de l’Université Notre Dame, tous des volontaires, a considérablement augmenté pour un service plus dynamique durant les deux autres jours. Trois  ambulances, dont une servant de mini-pharmacie puisqu’équipée pour un tel service, étaient disponibles pour l’évacuation des blessés

 La PNH a bien joué son rôle, Martelly aux anges

Les agents de la police nationale ont bien joué leur partition sur tout le parcours du carnaval des Fleurs à Port-au-Prince. Pendant les trois jours des festivités, ils ont enregistré trois cas de mortalités, une centaine de blessés, et ont procédé à une trentaine d’arrestations. Une victoire, selon le président Michel Martelly et une démonstration de professionnalisme.

Le chef de l’Etat est plus que satisfait de la prestation des agents de force de l’ordre et surtout du bon comportement de la population. Accompagné du directeur général de la police nationale, Michel Martelly a inspecté les différents points clés du parcours. « Il est important pour nous d’assurer la sécurité de la population et de la rendre confortable. Il est aussi important de dire aux gens malintentionnés que nous sommes là et c’est nous qui avons le contrôle », a déclaré le locataire du Palais national au troisième jour des festivités.

Pour le président de la République, c’est un message clair que la population a envoyé au monde entier pour lui dire qu’effectivement le pays est prêt à accueillir des investissements étrangers. M. Martelly s’est aussi félicité du déplacement massif des Haïtiens de la diaspora et aussi la visite d’autres touristes étrangers. « L’événement a tiré beaucoup de personnes, même par la République dominicaine il n’est pas facile de rentrer au pays tellement les lignes aériennes sont saturées. Nous allons continuer à vendre Haïti sur d’autres angles », a-t-il dit.

Pour sa part, Mario Andresol, le chef de la police n’a pas caché sa satisfaction pour le travail des ses troupes. « Nous avons procédé à l’arrestation de plusieurs évadés de prison. Il y a des blessés légers

Au moins deux agents de la PNH ont été mis aux arrêts pour avoir porté des armes à feu alors qu’ils n’étaient pas de service pour les trois jours du carnaval. « Nous avions passé des instructions à tous les policiers. Ils n’avaient pas le droit de venir au carnaval en civil », a-t-il dit.

Le porte-parole de la police nationale d’Haïti, Frantz Lerebours a fait savoir que le bilan partiel a fait état de 8 morts et de 350 blessés.

La PNH a procédé à l’arrestation d’au moins 38 personnes dont deux agents de police en civil. Parmi les personnes arrêtées figurent des évadés de prison, précise monsieur Lerebours cité par radio Métropole.

Les amants de spectacle, d’ambiance populaire, de défoulement seront servis à nouveau. Avant la fin de l’année, ils auront droit à deux autres activités de réjouissances. « Il va y avoir l’organisation d’un festival national de Troubadour », a annoncé le Mario Dupuy sans toutefois donner de date précise. « Août ou début septembre…De toute façon, ce sera avant la rentrée des classes », a-t-il précisé. Un autre rendez-vous culturel ce sera avec les DJ du pays. Mais le ministre de la Culture ne voulait pas donner plus de détails. « Laissez-nous un peu de temps », a-t-il conclu séchement.

Robenson Geffrard, rgeffrard@lenouvelliste.com
Credit: le Nouvelliste

Martelly a gagné son pari, T-Vice aussi

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Ils étaient là. Par dizaines de milliers, des carnavaliers ont répondu présent à l’appel du plaisir. Au Champ de Mars, vidé de ses tentes, ils se sont éclatés, mêlés et ont pété les barrières sociales. Le plaisir a soudé, donné l’impression d’un partage de citoyenneté. Michel Martelly, « président du compas » et président de la République, a gagné son pari. La capitale n’a rien à envier aux Cayes. Elle a eu son carnaval, de l’argent a circulé dans l’économie.

Dans le sillage de la plus grande fête populaire qui s’est tenue en plein été, le débat a enflé à la radio. On prétend que T-Vice a surclassé Djakout number one et tous les autres groupes, que BC était meilleur que Rockfam, que Team Lòbèy est la révélation et que les autres groupes compas, en panne d’inspiration, ont été des flops. Moins pire en tout cas que les groupes racines, complètement surannés, sans âme, sans combat.

Le débriefing d’après carnaval met en lumière les petites ratées logistiques, les déceptions esthétiques. Rien de trop grave par rapport aux morts et blessés de l’exercice ayant coûté à l’Etat quelque 30 millions de gourdes, mobilisé plus de 5 000 policiers. Quoi qu’on dise sur le sens des priorités en Haïti où tout est urgent, tout est prioritaire, le président Michel Joseph Martelly est partant dès qu’il s’agit  de bamboche populaire. Le bonheur national brut est-il devenu un indicateur  en Haïti ? Cela en a tout l’air car d’autres rendez-vous sont arrêtés : un festival pour les troubadours et une journée pour les DJ, les grands absents du carnaval des Fleurs.

Si, entre-temps, certains croient qu’il faut désormais avoir des rendez-vous arrêtés dans un agenda national d’activités culturelles pour apporter de la valeur ajoutée aux fêtes champêtres drainant des centaines de milliers de croyants, de festivaliers, d’autres s’inquiètent du contenu. Est-ce que la culture et ses différentes filières sont pensées afin de fournir des productions originales, attractives ? Est-ce qu’il y a des troupes de danse, des créateurs capables de faire la scénographie de nos grandes conquêtes militaires ? Est-ce que le rara, dans toute sa diversité, aura un jour droit de cité à la radio ou à la télé ? Est-ce que les radios vont finalement avoir un quota de diffusion en vue de faciliter l’essor des artistes haïtiens sans desservir les éclectiques ? C’est souhaitable. Autant que des ressources pour le ministère de la Culture, rachitique avec moins de 1% du budget de la République.  

Si le président Michel Joseph Martelly, satisfait du déroulement de ce carnaval, s’est attiré les faveurs des fêtards, il est cependant attendu au tournant. Après les festivités, les brûlants dossiers de la République ne cesseront pas de l’être. La cherté de la vie, plus que les autres dossiers, provoquera quelques soucis. Certains espèrent que l’on ne tombera pas dans les répliques dignes de la fable de La Fontaine « La cigale et la fourmi »…

Roberson Alphonse roberson_alphonse@yahoo.com ralphonse@lenouvelliste.com
Credit: Le Nouvelliste

Etats-Unis: à cent jours de l’élection, Obama légèrement devant mais vulnérable

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A cent jours du grand rendez-vous électoral de l’automne aux Etats-Unis, Barack Obama paraît légèrement favori face au républicain Mitt Romney, mais le président sortant reste à la merci d’un ralentissement de l’économie sur lequel il n’a que peu de prise.

Les sondages montrent pour la plupart un resserrement de l’écart entre les deux candidats qui se disputeront la Maison Blanche le 6 novembre, et une érosion du soutien au dirigeant démocrate sur des dossiers décisifs, alors que les projections économiques restent maussades.

Selon une enquête Wall Street Journal/NBC publiée cette semaine, seuls 36% des Américains font confiance à M. Obama pour améliorer l’économie, tandis qu’ils sont 43% à préférer M. Romney, un ancien entrepreneur de capital-risque multimillionnaire.

M. Obama et son équipe pilonnent les arguments de M. Romney selon lesquels son expérience dans les affaires ferait de lui un bon président pour l’emploi des Américains.

Mais ces attaques paraissent avoir moins d’influence sur les électeurs que leur pessimisme. Le chômage stagne à 8,2% et ne devrait baisser qu’à 7,9% d’ici à la fin de l’année, a prévu vendredi la Maison Blanche. Soixante pour cent des Américains estiment que leur pays est “sur la mauvaise voie” selon WSJ/NBC.

Le site RealClearPolitics, dans sa moyenne des sondages nationaux, attribue 46,4% des intentions de vote à M. Obama et 45,1% à M. Romney. Une avance de 1,3 point à comparer aux 3,6 points de début juillet, même si le spécialiste des sondages Nate Silver, sur le site du New York Times, accorde à M. Obama 65% de chances d’être réélu grâce à l’avance qu’il maintient dans certains Etats décisifs.

A longueur de discours, le président sortant appelle ses troupes à se mobiliser en prévenant que l’élection sera “serrée”. De fait, selon WSJ/NBC, seuls 8% des électeurs restent indécis.

Parmi les grands rendez-vous de la campagne à venir, dont le rythme devrait s’accélérer en août, M. Romney doit encore divulguer le nom de son colistier ; les deux partis organiseront leurs conventions présidentielles fin août et début septembre ; trois débats télévisés sont en outre prévus les 3, 16 et 22 octobre.

Publicités agressives

Mais pour Thomas Mann, de l’institut Brookings, “ce seront les nouvelles de l’économie qui seront les plus importantes ces cent prochains jours”. “Tous les gouvernements du monde ont beaucoup de mal à se faire réélire en cette période difficile pour l’économie”, explique-t-il à l’AFP.

Cet expert en sciences politiques affirme toutefois avoir été “impressionné que M. Obama se soit maintenu légèrement devant M. Romney, et que sa cote de confiance reste juste en dessous des 50% malgré l’état de l’économie”.

M. Obama a toutefois subi récemment une chute de sa cote de popularité personnelle : 43% des électeurs ont une opinion négative (dont 32% “très négative”) de leur président, selon WSJ/NBC.

Cette baisse intervient alors que les démocrates ont eu recours depuis fin mai à un torrent de publicités télévisées agressives, visant les placements de M. Romney à l’étranger et le bilan social selon eux désastreux des entreprises contrôlées par l’ancienne société du candidat républicain.

Les deux camps se rendent coup pour coup, sur les thèmes de la politique étrangère ou de la défense des PME. M. Romney accuse M. Obama de professer une conception de l’économie “étrangère à l’expérience américaine”.

De son côté, la Maison Blanche a monté une impeccable contre-programmation de la tournée actuelle de M. Romney à l’étranger, en glorifiant jeudi la “relation privilégiée” avec le Royaume-Uni au moment où le républicain y effectuait un faux pas, puis en promulguant une loi qui renforce la coopération avec Israël, pays dont l’adversaire de M. Obama rencontrera dimanche les dirigeants à Jérusalem.

Sur le terrain, M. Obama reste fidèle à sa stratégie de défense de la classe moyenne et qualifie son adversaire de “pionnier des délocalisations”. Il laboure avec constance les Etats qui pourraient faire la différence le 6 novembre, comme l’Ohio (nord) et la Floride (sud-est) où il se rendra encore la semaine prochaine.