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Déjà la fièvre au Cap-Haïtien

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Au Cap-Haïtien, où doit se dérouler le grand défilé du carnaval national les 10,11 et 12 février 2013, c’est déjà la grande mobilisation. Le long du boulevard, de la rue 5A à Carrenage, c’est le branle-bas, ce vendredi. Les professionnels de la construction se mettent en quatre pour délivrer les ouvrages avant l’échéance du week-end prochain. Certains sont déjà à un stade avancé, voire achevé. Les Capoises et les Capois sont impatients de voir arriver le jour J. Ils sont surexcités. Il faut entendre les conversations des gens pour comprendre. Dans les rues, et principalement au boulevard du Cap-Haïtien, on ne parle que du carnaval. Plusieurs visiteurs qui s’installent dans la ville depuis ce week-end s’amusent déjà à parcourir à pied, à moto ou en voiture l’itinéraire prévu pour les trois jours gras. L’Electricité d’Haïti (EDH) est à pied d’oeuvre dans l’installation de lampes solaires, de gros projecteurs le long du boulevard, haut lieu du carnaval national cette année. Des travaux de réfections de rues ont été constatés dans plusieurs artères de la ville. Les trottoirs ont droit au bétonnage. Au fur et à mesure que les jours passent, la deuxième ville d’Haïti offre un air festif. Comme si le carnaval va avoir lieu demain.
Dieudonné Joachim
Credit: Le Nouvelliste

Haïti respecte mieux la liberté de la presse…

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Haïti est le 49e pays – sur une liste de 179 – qui respecte le mieux la liberté de la presse, selon le classement mondial 2013 établi par Reporters sans frontières (Rsf). Notre pays avance ainsi de trois places dans le classement, malgré l’attitude jugée agressive du président Michel Martelly, note l’organisation de défense de la liberté de la presse.

Une diminution globale des violences envers les journalistes et des procédures défavorables à la liberté d’informer justifient la progression d’Haïti et de la République dominicaine dans le classement mondial de la liberté de la presse, estime Reporters sans frontières (Rsf). Haïti, en 49e position cette année, progresse de trois places dans ce classement par rapport à celui de l’année dernière. « La situation reste inchangée malgré l’attitude, parfois agressive, du président Michel Martelly, dont s’estiment victimes certains journalistes », note Reporters sans frontières dans le classement publié en début de semaine. Seulement sept pays des Amériques, dont la Jamaïque (13e), le Canada (20) et les États-Unis (32e), devancent Haïti dans le classement. Ce dernier devance largement son voisin, la République dominicaine, 80e cette année. Cuba (171e) est le pire pays pour les journalistes de toutes les Amériques dans ce baromètre de la liberté de la presse. Pas étonnant si la photo de son président, Raúl Castro, figure en bonne place dans la galerie des prédateurs de la liberté de la presse élaborée par Rsf. Depuis le second mandat de René Préval (mai 2006 – mai 2011), Haïti n’a cessé de progresser dans ce palmarès de la liberté de la presse. En 2004, le pays occupait la 125e place alors que l’année précédente, du temps que Jean-Bertrand Aristide était encore au pouvoir, il était 100e. Si globalement les violences envers les journalistes diminuent, l’accès à certaines sources d’information demeure toutefois inaccessible aux travailleurs de la presse en Haïti. En tête du classement, les trois pays européens qui occupaient les premières places l’an dernier composent à nouveau le trio de tête. Pour la troisième année consécutive, la Finlande se distingue comme le pays le plus respectueux en matière de liberté de la presse. Elle est suivie par les Pays-Bas et la Norvège. Tout en bas, trois pays vivant sous la dictature composent le “trio infernal”. Il s’agit des mêmes que de l’an dernier, le Turkménistan, la Corée du Nord et l’Érythrée.
Claude Gilles
Credit: Le Nouvelliste

La liste des groupes du défilé carnavalesque, un enjeu politique.

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A dix jours de la tenue du carnaval 2013 au Cap-Haïtien, la liste officielle des groupes musicaux qui seront habilités à prendre part au cortège motorisé n’est toujours pas divulguée. La constitution définitive de cette liste est un privilège du président de la République et, dans une moindre mesure, du comité d’organisation du carnaval. Derrière la participation de chaque groupe se joue tout un arbitrage politique. Le défilé est constitué d’une année à l’autre, d’un savant dosage des ennemis, des enquiquineurs et des bambocheurs. Si le sort de certains groupes semble décidé à l’avance, chaque année, certains se démarquent et s’imposent grâce à la popularité de leur meringue. Pour 2013, quatre groupes ayant des meringues carnavalesques de bonne tenue et, pour la majorité, une expérience avérée dans l’animation sur le parcours carnavalesque ne sont toujours pas fixés sur leur sort. Nou Krezi, un des ténors de la tendance compas; Ram, le groupe du musicien Richard Morse: Boukman Ekperyans, qui popularise la musique racine depuis les années 80, et Zatrap, un très jeune groupe qui s’est fait remarquer par son mélange des genres traditionnels de la musique haïtienne avec le rap; ne savent toujours pas s’ils seront retenus par le comité du carnaval pour prendre part au défilé sur un char sonorisé. Une telle incertitude empêche aux orchestres de chercher des sponsors, d’investir dans un vidéoclip, de se préparer pour le plus grand show de l’année qui est la participation au carnaval. Pas de carnaval ou un échec sur le parcours par manque de préparation se traduit par des mois de vaches maigres assurés. Souvent le retard mis par l’État pour confirmer la présence de certains participants est vécu par les musiciens comme une punition. Un rappel à l’ordre Où en est la liste? Intervenant mercredi sur les ondes de Magik 9 (100.9 FM), une station de radio de la capitale, Gilbert Bailly, président du comité du carnaval national a confirmé la participation de quatorze groupes sur les quinze initialement annoncés qui composeront le cortège musical du carnaval les 10, 11 et 12 février dans les rues de la deuxième ville du pays. « Pour le moment, je peux confirmer que les groupes suivants : T-Vice, Djakout # 1, Barikad Crew, Team Lobèy, Rockfam, Koudjay, Carimi, Vwadezil, Kreyòl La, T-Micky, Brothers Posse, et trois groupes originaires du Cap-Haïtien – Tropicana, Septentrional, Ambyans – feront partie du cortège. Cela fait quatorze groupes musicaux, il en reste un qui sera annoncé plus tard », selon Bailly. Interrogé pour savoir qui sera le quinzième groupe ou s’il y aura plus de quinze orchestres à prendre part au parcours,le président du comité a laconiquement répondu: « Cela ne dépend pas de moi », sans préciser de qui relève cette prérogative. Gilbert Bailly a aussi avoué sur les ondes de Magik 9 qu’il est assis « sur une chaise chaude », en référence aux pressions de toutes sortes que subit le comité d’organisation du carnaval. La ministre de la Culture, Josette Darguste, ordonateur des dépenses, a poliment évité de répondre à une question sur la composition de la liste. La ministre était au Cap, en tournée préparatoire du Carnaval. Qui seront les absents ? L’intervention de Gilbert Bailly a aussi permis d’éteindre une polémique qui enflait après que des rumeurs laissaient croire que le groupe Brother’s Posse avait perdu sa place dans la liste. Bailly a rassuré le maestro du groupe et les fans de cet orchestre : « oui, Brother’s Posse aura un char ». Le groupe de Don kato fait partie des orchestres très critiques envers le pouvoir en place cette année, comme l’an passé, où il avait été repêché in extremis. Sa méringue 2013 intitulée « Aloral » souligne que le gouvernement Martelly-Lamothe (sans le citer nommément) n’arrive pas à faire “atterrir” ses nombreuses promesses. Tout reste au stade oral, selon le texte de la chanson. Parmi les absents de marque de la liste des retenus il y a aussi Boukman Eksperyans avec sa méringue PioutPiout, et Ram avec Men bwa a. Kampèch, avec M p ap ka Matell (un jeu de mots qui signifie « je ne saurais être pour Martelly »), ne fait pas non plus partie des groupes qui participeront au défilé carnavalesque 2013 au Cap-Haïtien, sauf improbable miracle de dernière minute. Depuis des années, le carnaval est devenu un espace de revendications politiques et les gouvernements en profitent pour serrer la vis aux artistes qui la critique ou qui soulignent ses travers. Plus de six cents méringues carnavalesques sont produites pour l’occasion et rarement une vingtaine de groupes participent au défilé. Si dès les premiers jours de janvier les grands ténors de la musique haïtienne ont été discrètement avertis qu’ils sont retenus, les anciens amis du pouvoir, les artistes en rébellion et ceux qui ne peuvent compter que sur une belle composition carnavalesque attendent encore un appel libérateur.
Frantz Duval
Credit: Le Nouvelliste

Electricité : La solution dominicaine se précise

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Un premier accord pour l’interconnexion électrique entre Haïti et la République dominicaine a été signé mardi à Santo Domingo. Le ministre haïtien chargé de l’énergie, René Jean-Jumeau, qui a paraphé le document conjointement avec le directeur dominicain de la Commission nationale de l’énergie, Enrique Ramirez, a confié au Nouvelliste que cette entente vise à améliorer le système électrique du pays.

Le gouvernement cherche des voies et moyens pour ressusciter l’Electricité d’Haïti (ED’H). Seulement 30% de la population haïtienne a accès à l’énergie électrique. Alors que la République dominicaine dispose actuellement d’environ 3 000 mégawatts et elle continue de construire d’autres centrales électriques, Haïti ne dispose que des installations pouvant fournir 256 mégawatts. Trois fournisseurs privés ajoutent au total 88 mégawatts dans le réseau national. Il faut apprendre de la République voisine. C’est ce qu’ont compris les autorités haïtiennes en paraphant, mardi, à Santo Domingo, une entente visant à améliorer notre système d’électricité, a confié au Nouvelliste le coordonnateur du comité multisectoriel pour la sécurité alimentaire et ministre délégué auprès du Premier ministre chargé de l’énergie, René Jean-Jumeau. « Nous espérons que nous pouvons nous inspirer de leur développement dans le domaine afin d’améliorer notre situation », a-t-il dit. L’entente signée vise à créer une sous-commission en énergie dans la commission binationale pour travailler sur les questions liées à l’électricité, se positionner de manière synergique dans la région par rapport aux autres pays de la zone, a expliqué le ministre. M. Jean-Jumeau, qui n’a pas voulu préciser clairement si Haïti va acheter de l’électricité directement en République dominicaine. L’interconnexion des deux pays est en discussion depuis plusieurs années, a-t-il dit, soulignant que ce n’est pas quelque chose qui va se faire du jour au lendemain. « Mais cela reste une question ouverte», a-t-il ajouté. On a intérêt à calmement penser à cela afin que nous puissions trouver les meilleurs avantages pour les deux pays. » Selon les explications du ministre Jean-Jumeau, joint au téléphone par le journal depuis Santo Domingo, cette signature entre les deux pays permet d’arriver très bientôt à un véritable accord. Le document final est en préparation dans la section juridique de la Commission nationale de l’énergie (CNE) en République dominicaine. Il sera transmis aux autorités haïtiennes pour être sanctionné et modifié si nécessaire et ce n’est qu’après qu’il sera accepté par les deux pays et ratifié. Donc, pour l’instant, il s’agit d’une entente pour préparer l’accord, a-t-il souligné. Contacté par Le Nouvelliste sur la signature de cette entente, le directeur général adjoint de l’Electricité d’Haïti, Dukens Raphael, a fait savoir qu’il n’était pas au courant de ce dossier. Le journal a tenté en vain d’entrer en contact avec les Travaux publics, ministère de tutelle de l’ED’H. Réactions de certains connaisseurs dans le domaine de l’électricité Des voix autorisées dans le domaine ne voient pas très bien qu’Haïti entre dans la logique d’aller acheter de l’électricité en République dominicaine. « Je ne pense pas que c’est quelque chose de souhaitable pour le pays. Etant indépendant, Haïti ne doit pas dépendre d’un autre pays, surtout pour un produit aussi important que l’électricité », a réagi un franc connaisseur dans le domaine. « Va-t-on le faire sans appel d’offres ? Ce contrat sera basé sur quoi ? Les compagnies privées en Haïti peuvent fournir beaucoup plus que ce qu’elles offrent aujourd’hui. Pourquoi ne pas leur demander d’augmenter leur capacité ? Il faut permettre à ces entreprises de se développer », poursuit un autre connaisseur interrogé par Le Nouvelliste. Les fournisseurs privés de l’ED’H ne devraient pas avoir d’inquiétude en ce sens, a garanti René Jean-Jumeau, soulignant qu’un fournisseur de plus ne devrait pas paniquer ceux qui travaillent déjà sur le terrain. En revanche, a-t-il souligné, cela augmentera la compétition et permettra d’améliorer le prix de l’électricité. Selon lui, le problème que le pays a au niveau de la sécurité énergétique, notamment de l’électricité, c’est tout d’abord la disponibilité. Il faut une plus grande capacité, ensuite rendre accessible le produit avec un réseau qui couvre le territoire. « Il faut un meilleur coût pour que la population puisse bénéficier d’un meilleur prix. Puis, il faut une meilleure structure tarifaire afin de promouvoir l’investissement et la création d’emplois », a-t-il dit dans une interview accordée au journal la semaine dernière. Il ne s’agit pas d’être totalement dépendant de nos voisins en énergie électrique, a souligné le ministre. Stratégiquement, ce ne serait pas correct… L’Etat haïtien n’a pas encore établi la quantité de mégawatts qu’il compte acheter de l’autre côté de l’île. Mais, selon M. Jean-Jumeau, cette proportion devrait se situer entre 10 et 20% de notre consommation. Et il faudra construire une ligne à haute tension traversant la frontière et dont le coût, qui peut être élevé, reste à déterminer. En 1998, les Dominicains ont opéré une importante réforme dans leur système d’électricité, ce qui leur a permis d’avoir un secteur mixte public-privé à ce niveau. Aujourd’hui, ils ont une capacité d’environ 3 000 mégawatts et ils sont en train de construire d’autres centrales éoliennes. D’ailleurs, le ministre René Jean-Jumeau prendra part mercredi à l’inauguration d’une première partie d’un parc éoliene en République voisine. C’est pour bénéficier de ces grandes réformes en énergie que l’entente entre les deux pays a été signée. Il y a tout un ensemble d’avancées en énergie qu’Haïti doit s’inspirer des Dominicains, comme le développement du gaz propane et l’énergie éolienne, a soulignè le ministre. Rien que l’année dernière, le Trésor public a injecté 200 millions de dollars dans l’Electricité d’Haïti (ED’H). Un chiffre qui fait peur, a reconnu le ministre Jean-Jumeau. Selon lui, la solution, c’est de produire plus d’électricité pour moins d’argent afin de réduire les coûts de production. Ce qui, a-t-il dit, permettra d’attirer l’investissement et de favoriser la croissance économique du pays, ce que cherche le gouvernement. En République dominicaine, c’est à hauteur de 1 milliard de dollars que se chiffre annuellement la subvention accordée par l’Etat dominicain au secteur de l’énergie. L’Electricité d’Haïti (ED’H) paye chaque mois entre 10 à 12 millions de dollars pour l’achat d’électricité à ses trois fournisseurs privés alors que l’ED’H perçoit mensuellement moins de 5 millions de dollars de ses clients. C’est pourquoi Andress Appolon, la directrice générale de cette entreprise publique, a fait savoir que les autorités veulent revoir les contrats signés avec ces firmes.
Robenson Geffrard, rgeffrard@lenouvelliste, Twitter: @robbygeff
Credit: Le Nouvelliste

Bande et puissance

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Rien d’érotique ou de suggestif. Juste un entretien avec le maestro et le responsable d’une bande à pied dans le cadre des activités précarnavalesques, en vue de confirmer quelque chose que j’ai entendu hier. Ils m’ont confirmé qu’effectivement aucune bande (à pied s’entend) ne sort sans avoir effectué ce rituel qui consiste à placer un bûcher (ou plus) sur le trajet du groupe. Ledit bûcher est constitué de bois (évidemment) sur lequel celui qui a la charge de l’allumer doit lancer du poivre, du piment, du sel et verser quelques gouttes de lotion Florida, du rhum ou du clairin… Le flambeau (tel qu’ils l’appellent) sera allumé avec du bwapen ou une bougie, et au son de la musique, la bande en fera sept fois le tour avant que le cortège commence son parcours. Est-ce un rituel à des fins mystiques? Nullement, affirme le maestro souriant et sympathique. C’est juste pour donner du punch et de l’énergie au groupe et pour assurer à la bande de la puissance et de la flamme sur tout le trajet jusqu’au retour à leur base…
Sister M*
Credit: le Nouvelliste

Jean-Marie Guillaume, pour un secteur des télécommunications mieux ordonné

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Le directeur du Conseil national des télécommunications (Conatel), Jean-Marie Guillaume, souhaite que le Parlement se penche sur le vote de la nouvelle loi portant sur la régulation du secteur. Selon lui, cela permettra, entre autres, de renforcer la capacité du régulateur qui a déjà prélevé environ 41 millions de dollars de taxes sur les appels internationaux pour le “Fonds national d’éducation” mis sur pied par le président Michel Martelly.

Pour mieux gérer le secteur des télécommunications, Jean-Marie Guillaume, qui dirige le Conatel depuis quinze mois, estime qu’une nouvelle loi est très importante. Un projet de loi à cet effet a donc été acheminé au Sénat de la République depuis le 18 décembre 2012, a confié le directeur du Conatel. « La loi que nous avons actuellement est désuète. A l’époque, il n’y avait pas de compétition sur le marché. Il y a beaucoup de mesures que le régulateur pourrait prendre, mais la loi ne le lui permet pas », explique le directeur du Conatel dans un entretien avec Le Nouvelliste. En ce qui a trait au contenu des médias audiovisuels qui ne cesse de susciter des débats dans l’opinion publique, le Conatel ne peut pas prendre des décisions là-dessus. Mais le directeur de l’institution se montre conscient de cet aspect qui mérite d’être ordonné.« Nous allons travailler sur ce domaine avec le ministère de la Culture. Nous allons devoir créer un organisme pour gérer la question de contenu du programme des médias. Mais, en réalité, le CONATEL n’est pas vraiment concerné par cette question », a indiqué Jean-Marie Guillaume. Il estime qu’il est important que le Conatel travaille en partenariat avec d’autres ministères sur cet aspect. L’un des chantiers importants que le Conatel doit gérer actuellement, c’est la transition de la télévision analogique à la télévision digitale. A en croire le directeur, d’ici mai 2015, la télévision en Haïti devrait passer complètement en mode digital. Autre chantier du numéro un de l’institution régulatrice des télécommunications:comment aider les collectivités à se développer technologiquement. Si les parlementaires votent la nouvelle loi, les différents opérateurs auront à contribuer à 2% dans le « fonds de service universel ». « Cet argent permettra de développer la technologie dans les zones reculées. Nous n’avons jamais développé le fonds de service universel. Il permet de subventionner le développement technologique », a expliqué Jean-Marie Guillaume, qui évalue à environ 500 millions de dollars le marché des télécommunications en Haïti. Il se réjouit aujourd’hui d’avoir lutté contre le by-pass et se félicite aussi des résultats obtenus. « Il y a une nette amélioration à ce niveau », soutient M. Guillaume, qui veut un secteur beaucoup plus ordonné avec le respect des normes sur le droit à l’image, le tarif des appels téléphoniques, l’obtention de la licence pour la radio, entre autres. « Je dois surveiller l’équilibre du marché dans le secteur », dit-il. Concernant les difficultés liées à la communication téléphonique ces dernières semaines, dues notamment avec la fusion des compagnies Digicel et Voilà, le directeur du Conatel a déclaré que des mesures seront prises à l’encontre des opérateurs au cas où une telle situation se produirait à nouveau. Par ailleurs, Jean-Marie Guillaume, qui a été questionné sur différents points, a confié qu’environ 41 millions de dollars ont été déjà prélevés sur les appels internationaux pour le Fonds national d’éducation, mis sur pied par le président Michel Martelly. « Il y en a qui affirment que le Conatel est riche, nous précisons pour dire que l’argent est transféré au ministère des Finances. L’argent est bien géré et il est utilisé dans des programmes d’éducation », a précisé Jean-Marie Guillaume.
Valéry Daudier
Credit: Le Nouvelliste

Martelly et Lamothe ont les deux pieds dans un seul soulier

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Ne demandez pas à qui appartient le soulier. Ni à qui sont les deux pieds. Ne cherchez pas à savoir s’il s’agit de deux ripatons droits ou deux panards gauches. La question n’est pas à ce niveau. Et même si c’est le temps du carnaval, deux pieds dans un seul soulier, ce n’est pas une posture pour faire rire, ni une contorsion d’acrobate. Le Premier ministre Laurent Lamothe et le président Martelly ont les deux pieds dans l’étroite chaussure des élections. Et ce n’est pas drôle. Ce n’est certes pas la première fois que des responsables politiques haïtiens sont aux prises avec les tourments d’impossibles élections. Le retard organisationnel et l’allergie électorale sont des pathologies saisonnières pour les gros chefs en Haïti, comme la grippe. Des fois, cela se soigne vite, comme tous les retards. D’autres fois, on laisse faire le temps et cela accouche de catastrophes en série. Comme tous leurs devanciers, Martelly et Lamothe auront beau argumenter que le temps perdu à ne pas mettre en place les institutions adéquates ne leur est pas imputable. Comme leurs prédécesseurs, ils auront le blâme comme ils auraient eu le mérite et les bravos s’ils avaient pu faire avancer au pas de course la cause de la démocratisation. Martelly et Lamothe auraient pu mener leur voyage peinard, passer, de Jacmel au Cap-Haïtien, de joyeux carnavals, rester assis sur un nuage. C’est le retrait de Religions pour la paix annoncé vendredi qui habille l’impasse autour de la formation du Conseil électoral (provisoire, permanent ou transitoire) des couleurs de l’échec. Le gris pâle domine. Le gris des horizons bouchés. Le gris des ciels bas aux nuages chargés d’incertitudes. Des élections manquent au bilan, votre mandat se ternit. Vous passez de la colonne des bons élèves à la rangée des prédateurs de la démocratie. Dans une déclaration faite lundi, le président du Conseil de sécurité de l’organisation des Nations unies (ONU), l’ambassadeur Masood Khan, a « pressé tous les acteurs politiques en Haïti à redoubler leurs efforts en vue de consolider la stabilité et le progrès réalisés ces dernières années ». Un pays ne peut pas avancer si sa stabilité est compromise, les deux pieds dans un seul soulier… La déclaration du Conseil de sécurité de l’ONU, intervenue lundi, alors que le représentant spécial du secrétaire général, Mariano Fernandez, effectue sa tournée d’adieu, n’arrange pas les choses. Les Haïtiens ne sont pas pressés de réaliser des élections. L’ONU l’a compris et le déplore. Entendez par ”Haïtiens” le gouvernement et l’opposition. L’un pense gagner du temps pour s’organiser et rafler la mise, l’autre veut faire passer le temps et coincer au fond de son petit trou un pouvoir qui n’a pas l’allure d’aimer la passation des pouvoirs par les urnes. Les élections sont au fond d’une vieille chaussure. Ce n’est pas la première fois. Pas la dernière. Elles s’en sortent toujours. Ce n’est qu’une question de temps. Deux pieds ne peuvent pas rester indéfiniment dans un même soulier, n’est-ce pas ?
Frantz Duval
Credit: Le Nouvelliste

Josué Pierre-Louis retrouve son sommeil sans passer devant la justice

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L’accusatrice de Me Josué Pierre-Louis, président du Conseil électoral permanent (CEP), renonce à ses poursuites judiciaires contre ce dernier. Les raisons de cet abandon sont multiples, mais elles sont pour la plupart liées à des menaces proférées contre Marie-Danielle Bernadin et sa famille.

L’affaire Marie-Danielle Bernadin/Josué Pierre-Louis aura duré deux mois. Comme un feuilleton. Marie-Danielle Bernadin, qui a accusé le président du Conseil électoral permanent (CEP), Josué Pierre-Louis, de viol sur sa personne, le 26 novembre 2012, a renoncé aux poursuites le lundi 28 janvier. « J’ai décidé d’abandonner les poursuites quant à présent, tout en apportant un démenti formel aux rumeurs faisant croire que j’ai été manipulée par des gens et des organisations ayant un agenda politique, et en réaffirmant que j’ai été battue et violée par Josué Pierre-Louis le 26 novembre 2012 », indique la plaignante dans une déclaration rendue publique. Mme Bernandin évoque des menaces proférées contre différents acteurs dans ce dossier et n’a pas apprécié la manière par laquelle la justice haïtienne a traité son cas. « Le système judiciaire haïtien me traite en bourreau alors que je suis la victime », déplore Marie-Danielle Bernadin, qui n’a pas compris non plus la décision « illégale » des autorités judiciaires de désigner un nouveau juge d’instruction dans ce dossier. Car, en cas d’empêchement d’un juge initialement désigné sur un dossier, rappelle la plaignante dans sa déclaration, c’est l’Assemblée générale des juges qui doit en choisir un autre. Autre motif de l’abandon : des partisans zélés de l’accusé qui ont envahi, dans la matinée du mercredi 23 janvier l’espace conduisant au bureau du juge alors qu’une confrontation était prévue au cabinet d’instruction. « Ils ont proféré des menaces contre moi et mes avocats, injurié les membres des organisations féministes qui ont appuyé ma démarche consistant à porter plainte aux fins d’obtenir justice pour cet acte odieux », se désole Marie-Danielle Bernadin. Elle déplore également le fait que, sa sécurité n’a jamais été prise en charge par les autorités haïtiennes conformément aux conventions internationales ratifiées par Haïti sur la protection des victimes. « L’inculpé bénéficie de toutes sortes de protections. Une situation qui me contraint à adopter le nomadisme comme mode de vie et qui brise mes liens familiaux », raconte l’ex-collaboratrice de Josué Pierre-Louis. « Il en infère que ce dossier suscite des intérêts majeurs susceptibles de mettre en péril ma vie et celle de ma famille », soutient la plaignante, soulignant que ses parents ont dû « fuir le pays pour échapper aux menaces d’assassinat dont ils étaient l’objet ». Le pardon et la justice divine ! Marie-Danielle Bernadin ainsi que les organisations féministes qui la supportaient n’ont pas apprécié non plus la déclaration du chef de l’Etat en date du 27 septembre 2012 qui, rappelle la plaignante, avait assimilé sa plainte à « un montage politique contribuant ainsi à influencer l’appareil judiciaire ». « Vu ma foi chrétienne, je me réfère à 1 Corinthien 6 : 1-8 et à Matthieu 5 : 21-26 et m’accroche au pardon et à la justice divine », déclare Marie-Danielle Bernadin, qui remercie ses avocats, les organismes de défense des droits humains qui l’ont beaucoup supportée. Contacté par le journal, l’un des avocats du président du CEP, Me Reynold Georges, n’a pas (encore) voulu donner trop de détails sur la décision de Mme Bernadin. « Effectivement, elle a renoncé à ses poursuites, et ce, volontairement. Elle nous a appelés pour nous faire part de sa décision », s’est réjoui Me Georges.
Valéry Daudier
 Credit: Le Nouvelliste

Kita Nago à Ouanaminthe : pari gagné

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Des milliers de personnes ont accueilli, dimanche dernier, à Ouanaminthe (Kita), « Kita Nago », ce ”bois” de 500 kilos, d’une longueur de 3,16 m. 27 jours après avoir quitté Les Irois (Nago) et parcouru 700 kilomètres, traversant 45 communes et 7 départements, “bwa a”est arrivé à destination.

Un pari gagné pour Harry Nicolas,dit « Mèt Fèy Vèt », le principal initiateur de ce mouvement, qui affirme caresser ce rêve depuis trente ans. Au cours d’une cérémonie symbolique,en présence d’une pléiade de personnalités dont les sénateurs Jean-Baptiste Bien-Aimé, Francisco de la Cruz, du représentant de l’exécutif, Gonzague Day, de l’économiste Nesmy Manigat et de l’artiste Barbara Guillaume, Harry Nicolas a été déclaré « Citoyen d’honneur » de cette ville frontalière par la municipalité de Ouanaminthe. Accueilli aux portes de la ville par monseigneur Pierre André Dumas et la mambo Euvonie Georges Auguste, Mèt Fèy Vèt estime que l’arrivée de Kita Nago à sa destination finale prouve que « les Haïtiens peuvent s’unir pour changer le pays », invitant ses compatriotes à « converger leurs forces pour une seule Haïti ». Un discours repris par l’archevêque Dumas, l’un des premiers supporteurs déclarés du mouvement, et la mambo Evonie Georges Auguste. « Haïti ne peut sortir de là où elle est qu’en dialoguant… qu’en se donnant la main », a conclu monseigneur Pierre André Dumas. « Nous devons nous mettre ensemble pour que ce pays puisse continuer d’exister, parce que « se ansanm nou fò», a pour sa part souhaité Mme Georges Auguste. De son côté, l’économiste Nesmy Manigat estime qu’ « aujourd’hui, la suite de cette longue marche non partisane de 700 km pour l’unité nous interpelle tous comme collectif et également à titre individuel ». Par ailleurs, Harry Nicolas annonce pour les prochains mois la publication d’un livre retraçant l’histoire de Kita Nago et la construction d’un musée devant loger ce tronc d’arbre. rassembleur.
Gerard Maxineau gedemax@yahoo.fr Twitter: @gedemax
Credit: Le Nouvelliste

KITA NAGO, pou fè nou sonje ki moun nou ye

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Nan yon peyi kote ki gen tout kalite pwoblèm, nan yon peyi kote sa yo rele chen manje chen an ap vale teren, nan yon peyi kote mo ki rele fratènite pa egziste, nan yon peyi kote se chak koukouy klere pou je yo, depi premye Janvye 2013 gen you fenomèn, yon lide, yon evènman, yon KITA, yon NAGO ki ta sanble pi popilè nan moman an pase tout lòt bagay.

KITA NAGO se lide youn nan gwo pitit peyi Dayiti, tout moun rele l Mèt Fèy Vèt e li jwenn kolaborasyon anpil lòt gwo moun tankou Smoye Noisy pou m site sa sèlman. Se yon bout bwa akajou ki peze apeprè  500 kilo. Lide a, se kisa li ye ekzakteman? Se pote l ak men soti nan pwent Sid e rive nan pwent Nò peyi a. Pou nou pi klè, li soti Lèziwa ki se KITA a pou l rive Wanament ki se Nago a.  Nan moman n ap ekri tèks sa-a KITA NAGO nan wout pou l rive nan site Endepandans la ki se Gonayiv.

Nou toujou tande granmoun lontan repete fraz sa-a souvan sitou lè yo move: « mwen pap fè yon pa KITA, yon pa NAGO », sa vle di yo pap fè wonn pòt. Pou lide  Mèt Fèy Vèt la , pwovèb sa-a, konsèp sa-a ap chanje, paske se yon Bwa ayisyen ap pote soti nan yon zòn pou ale nan yon lòt zòn, anviwon 700 kilomèt.

Depi kote yo demare ak pwojè sa-a se kontantman toupatou e chak kote li pase se tout moun, granmoun kou timoun, pè, pastè, vodouyizan, pik kou mawon, zannanna kou pengwen ki bezwen wè l e ki bezwen touche l oubyen pote li. Jan Mèt Fèy Vèt di l la si li menm li fou, lide a pa fou. Nou tande anpil moun ki pale, ki apresye sa k ap fèt la e genyen anpe moun menm ki di se yon zafè Vodou. Ou ta menm poze kesyon pou ou di èske oubyen depi kilè Ayisyen te pè zafè Vodou  konsa? Gen de kote nou wè gen moun k ap goumen  pou yo pote KITA NAGO e moun monte sou tout pyebwa e menm sou pilòn elektrik pou yo ka wè li. Nan zòn Akayè nou te kontan pou nou te wè yon timoun ki bo bwa sa-a de fwa. Gen de kote se ak kout tanbou, vaksin yo resevwa li. Èske nou poze tèt nou kesyon pou kisa? Èske nou mande tèt nou pou ki sa-a KITA NAGO trennen tout pil pakèt moun sa-yo deyè li?

Anvan mwen tante reponn kesyon sa-a mwen pa kwè mèt lide a, Mèt Fèy te kwè inisyativ li a t ap reyisi konsa. Lakay nou depi you moun gen yon lide oubyen yon pwojè nan menm estil KITA NAGO a, yo di li fou oubyen yo di li anvi fè politik. Mezanmi si m manti di mwen manti: si KITA NAGO se yon bout bwa, jan yo di a, ki soti nan Grandans pou l ale nan Nò e Ayisyen aksepte l e akeyi l ak kout tanbou, banbou, sa vle di, yo wè tèt yo ladan l. Yo konprann, inite posib e reyalizab, yo konprann lè yo mete tèt yo ansanm gen anpil anpil bagay ki ka fèt, yo konprann gen de bagay yon grenn moun pa ka reyalize. Mezanmi, nou wè depite, majistra, senatè ki kore mouvman sa-a, e menm prezidan an ak premye minis la vin sipète mouvman an. Sa vle di KITA NAGO se yon kòmansman, yon entwodiksyon pou fè nou pran men nou.

Malgre nou pòv, malgre yo mete nou pami peyi ki pa bon ditou yo,  nou ka fè sa-a ki bon. Nou bliye si nou te mete youn nan pi gwo lame nan moman an deyò pou nou te ka pran endepandans nou, nou bliye pafwa si nou se premye ti peyi nèg nwa ki te premye pran endepandans, nou bliye twò fasil.

KITA NAGO ta sipoze yon boustè, yon antidòt, yon medikaman, yon bouyon ki  gen tout kalite fèy ladann, yon manje lèzanj, yon rasanbleman, yon kòve, yon kout vaksin banbou, yon kout lanbi pou fè nou sonje ki moun nou ye. Ayiti rive nan yon bout tout moun pè paske yo panse yon bon maten bato sa-a ap koule. Pou ou menm k ap dirije, pou ou menm ki senatè, depite azèk, kazèk, majistra elatriye, pou ou menm ki Ayisyen KITA NAGO pote pou ou yon mesaj ki di: sispann panse pou tèt ou, sispann kraze brize, sispann vòlè, sispann rayi ayisyen kibò kote w, sispann chen manje chen sa-a. Li lè li tan pou nou mete tèt nou ansanm pou nou sove Ayiti, ki se manman nou tout; e si nou pa fè l, nou genyen pou nou kriye e lè sa-a pa genyen moun k ap ka ede nou.

Se pou lide KITA NAGO a travèse tout ayisyen san distenksyon, se pou l fòtifye nou e fè nou sonje lè nou mete tèt nou ansanm nou ka fè sa-a okenn nasyon nan mond lan poko janm fè.

Gerald Toussaint