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125 dollars par mois en moyenne par transfert, la plus faible de la région

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Carlin Michel michelcarlin@yahoo.fr
Dans les pays de l’Amérique latine et de la Caraïbe, il y a eu, en 2011, 61 milliards de dollars américains venant des transferts. Si le Mexique a reçu plus de 37% de ces transactions, Haïti a eu 2 milliards de dollars de sa diaspora, un montant qui a excédé l’aide internationale et les investissements directs étrangers combinés.

« Les Haïtiens de la diaspora ont un niveau d’éducation relativement faible et des emplois mal rémunérés, donc leur capacité d’envoyer de l’argent est beaucoup plus faible, en comparant la diaspora haïtienne à la diaspora jamaïcaine ou à celle de la République dominicaine », a indiqué le vice-président exécutif de la Sogexpress, Franck Lanoix, qui intervenait ce vendredi à une émission sur Radio Métropole. M. Lanoix a fait remarquer que la moyenne de transfert de personne à personne est de 125 dollars américains. « C’est la plus faible de la région », a-t-il indiqué.

Il a cependant montré l’importance des transferts de la diaspora dans l’économie du pays. « C’est peut-être l’activité qui a le plus d’impact sur la vie quotidienne du citoyen haïtien. Partons du principe que 800 000 personnes reçoivent un transfert chaque mois; si dans une famille il y a quatre ou cinq personnes, ça fait à peu près quatre millions de personnes qui vivent de transferts », a expliqué le vice-président exécutif de la Sogexpress, ajoutant que près de la moitié de la population haïtienne, aujourd’hui, est dépendante des transferts.

Le dirigeant de la Sogexpress a toutefois regretté que, du fait que les transferts de la diaspora haïtienne sont relativement faibles, l’argent des transferts aille en grande partie vers la consommation de base. M. Lanoix a  indiqué qu’il faut voir comment on peut stimuler d’autres types de transferts vers les investissements et la production.

Selon une enquête spéciale de la Banque interaméricaine de développement (BID) réalisée en 2006, 23% des montants des transferts ont été utilisés pour l’investissement. « Cela a favorisé la création d’emplois et a servi de filet de sécurité sociale », a fait savoir, pour sa part, James Fils-Aimé, un cadre de la BID, qui a également participé à cette émission.

En 2011, le montant des transferts de la diaspora a atteint les 2,057 milliards de dollars. « Ce montant est très important pour le pays », a admis Franck Lanoix, qui a montré que les 2 milliards ont largement excédé l’aide internationale et les investissements directs étrangers pris ensemble. Pour l’année 2011, le directeur exécutif a fait remarquer que l’aide internationale a été d’un peu plus de 600 millions de dollars, alors que les investissements directs étrangers n’ont pas dépassé 170 millions.

Marché des transferts proche de saturation

Les trois grandes maisons de transferts qui opèrent dans le pays représentent, selon M. Lanoix, 76% du marché – Sogexpress, 32%, Cam transfert, 24% et la Unitransfert 20%. « Le réseau de ces trois institutions est assez impressionnant avec plus de 1 200 agents à travers le pays », a mentionné M. Lanoix, qui a fait savoir que le marché des transferts est proche de son niveau de saturation.

Le marché des transferts a des défis importants à relever pour pouvoir tenir le coup. Mentionnons la réduction des coûts des transactions pour les entreprises de transferts et les consommateurs ; le développement de nouveaux produits financiers pour pouvoir faciliter la démocratie financière ; l’exploitation du potentiel que représente la diaspora pour le développement socioéconomique du pays.

A rappeler qu’en un peu plus de dix ans, le marché des transferts a fait un bond en Haïti. Avant les années 2000, les transferts transitaient par le secteur informel. Les rares compagnies de transferts qui opéraient sur le marché offraient un service extrêmement inefficace et coûteux. Avec les services des banques commerciales dans ce domaine, ce marché s’est formalisé avec le temps.

Carlin Michel michelcarlin@yahoo.fr
Credit: Le Nouvelliste

Lamothe préfère-t-il « Ti manman cheri » au Parlement ?

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Le Premier ministre Laurent Lamothe n’a pas répondu pour la deuxième fois consécutive à une convocation de la Chambre des députés qui entend l’interroger sur la situation socio-économique globale du pays et l’enveloppe de 10 millions de gourdes allouée à chacune des communes du pays pour des projets de développement.

« Le Premier ministre regrette profondément de ne pouvoir répondre à cette convocation à la date indiquée, compte tenu d’engagements antérieurement souscrits », s’est excusé le directeur du cabinet du Premier ministre, Dimitri Nau, dans une correspondance adressée au président de la Chambre des députés. Le chef du gouvernement apprécierait, selon la correspondance datée du 12 septembre 2012, que le rendez-vous soit reporté.

Dans la matinée de ce vendredi – jour de la convocation différée – Laurent Lamothe s’était rendu à Carrefour-Feuilles, pour présenter officiellement le programme « Ti Manman cheri » à la population de ce quartier populeux de Port-au-Prince. La veille, plusieurs dizaines de personnes avaient manifesté devant le bureau du Premier ministre pour dénoncer la hausse du coût de la vie et le chômage qui sévit dans le pays. Les manifestants ont jugé sans effet les divers programmes gouvernementaux,  notamment « Aba grangou », « Katye pa m poze » et « Ti Manman cheri ».

Ce vendredi, le chef du gouvernement s’est également entretenu avec Ivan Simonovic, secrétaire général adjoint aux droits de l’homme de l’Organisation des Nations unies. Le renforcement de la capacité de la police nationale, la réforme de la justice haïtienne ont été les principaux points discutés entre le chef de la Primature et le secrétaire général adjoint aux droits de l’homme de l’ONU.

La convocation du Premier ministre à la Chambre basse, fixée préalablement au 6 septembre 2012, a été reportée à la demande de M. Lamothe. Ce qui n’étonne pas Patrick Joseph, un des députés convocateurs. Le représentant de la circonscription de Marmelade/Saint-Michel de l’Attalaye met ce nouveau report sur le compte d’une retraite organisée sur la Côte des Arcadins par certains de ses collègues pro-Martelly. « Le Premier ministre est, plus intéressé à la retraite qu’aux problèmes cruciaux auquels le pays est confronté, notamment la hausse du coût de la vie et l’insécurité », a expliqué le député Joseph.

Vice-président du bloc Parlementaire pour le renforcement institutionnel (PRI), Patrick Joseph entend utiliser de nouvelles stratégies pour forcer le Premier ministre à répondre à la convocation formulée par une vingtaine de ses collègues. Ce n’est pas Sadrac Dieudonné, président du PRI, qui dira le contraire. « Aucune raison valable n’a été évoquée dans la lettre du chef du cabinet du Premier ministre que nous avons reçue très tard dans la journée du jeudi 13 septembre », s’est indigné l’élu des Gonaïves. Au début de la semaine prochaine, dit-il, le chef du gouvernement recevra une nouvelle invitation. La Chambre étant en vacances, a nuancé le député Dieudonné, nous ne pouvons pas interpeller le Premier ministre. Chose certaine, a-t-il juré, « nous utiliserons tous les moyens que la Constitution met à notre disposition pour forcer le chef du gouvernement à répondre aux questions des parlementaires. »

Yvince Hilaire et Claude Gilles

« Je n’ai de redevances envers quiconque », dixit le président du CEP

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Robenson Geffrard, rgeffrard@lenouvelliste.com
Le Conseil électoral permanent (CEP) de six membres multiplie les rencontres en vue de la réalisation des prochaines compétitions électorales. Même s’il a été choisi par le chef de l’Etat, le président de cette institution – contestée par des parlementaires, des leaders politiques et des acteurs de la société civile veut que tout le monde sache qu’il n’a de redevances envers personne. Me Josué Pierre-Louis se confie en exclusivité au Nouvelliste.

Sa première interview. Vendredi, 11h 20 du matin. Me Josué Pierre-Louis, récemment installé à la tête du Conseil électoral permanent (CEP), paraît un peu stressé. Il veut que tout soit parfait. Tiré à quatre épingles, l’ancien ministre de la Justice demande à l’une de ses secrétaires de nous conduire dans son bureau après quelques minutes d’attente sur la cour de l’institution électorale. Pour être sûr que toutes les questions du Nouvelliste soient bien répondues, il sollicite la présence de la directrice générale, Gabrielle Hyacinthe.

Après un moment de décompression, on entre dans le vif du sujet. Les premières questions brise-glace sont répondues par Gabrielle Hyacinthe. C’est surtout sur le renforcement institutionnel à tous les niveaux que la direction générale travaille. « Pour les opérations électorales, nous mettons en place toutes les structures qui permettront la réalisation des compétitions électorales », dit-elle pendant que Me Josué Pierre-Louis se concentre sur les réponses qu’il va donner à son tour.

« C’est le président de la République qui doit convoquer le peuple en ses comices. Au niveau du Conseil, on fait un travail technique…On n’est pas encore au stade de présenter un calendrier électoral pour aborder les élections proprement dites », renchérit le président du CEP. Il souligne que le CEP a déjà rencontré des institutions publiques concernées directement par les élections telles que le ministère de l’Intérieur et des Collectivités territoriales, le ministère de la Justice, la police nationale, l’Office national d’identification, entre autres.

Les questions qui fâchent commencent à arriver, vous sentez-vous confortable de travailler dans une institution contestée? demande Le Nouvelliste à Me Pierre-Louis. « Contestations ! Il y en aura toujours. Dès qu’on dit élections, c’est une lutte partisane. C’est un moment de division. Maintenant, c’est à nous au CEP de faire montre de la confiance placée en nous », répond le président de l’institution électorale.

« Je n’étais pas demandeur d’emploi quand le chef de l’Etat a fait choix de moi. J’étais le secrétaire général de la présidence avec rang de ministre. Ma carrière est derrière moi. Dans mes fonctions de juge, j’ai toujours agi avec équité et impartialité dans le respect de la loi. En tant que membre du CEP, une institution indépendante, je suis un arbitre qui n’a pas d’intérêt dans le jeu, mais qui est là pour organiser des élections indépendantes et impartiales. C’est pourquoi j’ai dit, si vous jugez avant, c’est un préjugé. Attendez d’abord que les élections aient lieu, par la suite tout le monde pourraît se prononcer », conseille-t-il.

Même s’il a été tour à tour, sous le gouvernement de Michel Martelly, ministre de la Justice, secrétaire général de la présidence, et maintenant représentant du chef de l’Etat au CEP, Me Josué Pierre-Louis estime qu’il n’a aucune redevance envers quiconque. Pas même envers vous, Monsieur le Président de la République. A la population, il dit ceci : « Je vous promets, je vous assure que mon objectif, c’est d’organiser de bonnes élections. »

Du haut de ses 25 ans dans la fonction publique, Me Josué Pierre-Louis estime qu’il a la capacité de faire son travail sans diktat. « J’ai prêté serment pour organiser de bonnes élections », soutient-il. Quelqu’un dirait que Gaillot Dorsainvil avait lui aussi prêté serment pour organiser de bonnes élections. Bref !

A ce moment de l’interview, entrecoupée par des interventions de sauvetage de Gabrielle Hyacinthe, on sent monter la tension dans la salle. Pour les parlementaires qui réclament le départ de Me Pierre-Louis du CEP, ce dernier indique qu’il a déjà entendu mieux. « J’ai entendu un bon nombre de parlementaires qui estiment que Josué Pierre-Louis à la tête du Conseil est totalement qualifié pour organiser de très bonnes élections. Ce n’est pas parce qu’un ou deux sénateurs expriment un point de vue que cela devient une opinion générale », martèle-t-il.

Aux questions “est-ce la réalisation des élections est possible avant la fin de l’année ? ” “ou encore dans combien de mois le CEP pourra-t-il les organiser? ” Me Josué Pierre-Louis ne veut pas s’aventurer à donner des réponses. « L’organisation des élections ne concerne pas seulement le CEP, dit-il. Actuellement, nous sommes en train de faire un travail d’évaluation de l’institution électorale. L’objectif que nous nous sommes fixé maintenant, c’est de rencontrer l’ensemble des partenaires du Conseil électoral permanent. Je veux parler des partis politiques, des organisations de la société civile, des bailleurs internationaux. »

L’ancien ministre de la Justice rappelle aussi au Nouvelliste que le CEP a déjà rencontré des ambassades étrangères accréditées en Haïti. Les ambassadeurs ont exprimé leurs inquiétudes et ce qu’ils pensent du Conseil. Si l’on croit les explications de Me Josué Pierre-Louis, les ambassadeurs étrangers souhaitent que les trois autres membres manquants du CEP soient nommés et installés aussi.

Josué Pierre-Louis paraît conscient de la nécessité de ces trois membres pour le bon fonctionnement de l’institution. « On doit tenir compte qu’il y a des négociations qui sont en cours. On attend les trois autres membres », dit-il, soulignant que le Conseil va quand même poursuivre avec les préparatifs pour les prochaines élections.

Il rappelle en passant que l’organisation des élections est très importante pour l’instauration de l’Etat de droit en Haïti et pour faire vivre la démocratie. « Il faut que le CEP soit en mesure d’organiser de bonnes élections, des élections acceptables », avance-t-il.

L’affaire du député Arnel Bélizaire est classée, selon Josué Pierre-Louis

« 25 ans dans l’administration publique. J’ai exercé toutes les fonctions au niveau de l’Etat. Je mets quiconque en défi de venir avec un fait pour remettre en question mon impartialité, ma compétence et mon honnêteté. Si vous voulez, je peux même vous passer une copie du rapport de la Chambre des députés sur le dossier Arnel Bélizaire », dit-il en haussant un peu le ton. Selon Me Pierre-Louis, ce rapport a été élogieux envers lui. « Je crois que cette question est close », indique l’ancien ministre de la Justice. Dans cette affaire il veut faire comprendre qu’il avait remis volontairement sa démission.

Questionné, par ailleurs, sur la possibilité de mettre ses compétences au service d’un Conseil électoral provisoire, Me Josué Pierre-Louis n’est pas certain. Pour le moment, dit-il, il a prêté serment pour servir au sein d’un Conseil électoral permanent. Cela s’arrête là!

Pour les questions auxquelles le président du CEP ne peut pas répondre immédiatement, il promet au Nouvelliste une autre rencontre dans 15 jours. Il veut, dit-il, inspirer confiance au sein du CEP tout en promettant que tous les recrutements pour renouveler les cadres de l’institution seront faits sur concours. « On n’est pas là pour faire plaisir à X ou à Y. Je mesure la responsabilité de ma tâche. Je mesure la responsabilité de ce qui m’attend », indique-t-il.

La directrice générale du CEP poursuit son état des lieux dans les onze bureaux départementaux et les 140 bureaux communaux de l’institution électorale, revoit la flotte de véhicules. Son équipe et elle travaillent aussi sur le nouveau budget de fonctionnement. Selon Gabrielle Hyacinthe, elle est arrivée à la tête d’un CEP qui, neuf mois avant elle, était en dysfonctionnement.

Tous les jours, la directrice générale et le président du CEP se rencontrent pour discuter des réalisations en cours et celles à venir au sein de l’institution électorale. Les six membres du CEP et la direction générale se rencontrent tous les lundis. Personne ne sait avec certitude ni la date ni quel Conseil électoral organisera les prochaines élections en Haïti. Le chef de l’Etat campe sur sa position, le respect de la Constitution, qui passe, selon lui, par un Conseil électoral permanent, alors que des parlementaires, des leaders politiques et des acteurs de la société civile exigent un Conseil électoral provisoire.

Robenson Geffrard, rgeffrard@lenouvelliste.com
Credit: Le Nouvelliste

Laurent Lamothe rencontre le sous-secrétaire général aux droits de l’homme de l’ONU

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Le Premier ministre,  Laurent Salvador Lamothe, s’est entretenu ce vendredi 14 septembre avec le sous-secrétaire général aux droits de l’homme de l’ONU, Ivan Simonovic en mission de quatre jours dans le pays pour évaluer l’état d’avancement de la situation des droits de l’homme.

Les deux hommes ont  traité des questions relatives au renforcement de la capacité de la Police dans le but de consolider une force qui garantit la sécurité des citoyens et leur permet d’exercer leurs droits de citoyen. Ils ont aussi discuté de la réforme de la justice, de la nécessité d’inclure une section visant à promouvoir les droits humains dans la stratégie nationale sur l’état de droit.

Le chef du gouvernement a informé M. Simonovic de l’avancée de son équipe dans la mise en place de l’Institution nationale des droits de l’homme avec la création du Bureau de la Ministre déléguée chargée des Droits Humains et de la Lutte Contre la Pauvreté Extrême. Ce bureau travaille déjà à l’idée de la création d’un observatoire national des droits de la personne.

Les conditions de détention, la lutte contre la corruption, les politiques publiques ont été également au menu de l’entretien entre le Premier ministre haïtien et le sous-secrétaire général aux droits de l’homme de l’ONU.

Durant sa visite en Haiti, M. Ivan Simonovic doit,  entre autres, s’entretenir avec la ministre déléguée auprès du Premier ministre chargée des Droits humains et de la Lutte contre la pauvreté Extrême, les présidents des deux Chambres du Parlement, les responsables de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah) ainsi que des représentants du corps diplomatique.

Credit: Le Nouvelliste

Laurent Lamothe a porté plainte contre Haïti Observateur

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Le Premier ministre haïtien, Laurent Lamothe, a porté plainte lundi à Miami contre l’hebdomadaire Haïti-Observateur pour diffamation.  Dans un récent article publié début septembre sous la plume de Léo Joseph, le journal avait fait état de l’acquisition de la compagnie téléphonie Haïtel par Laurent Lamothe et un homme d’affaires.

Dans cette plainte déposée devant un tribunal fédéral de Miami, rapporte Associated Press, le Premier ministre haïtien Laurent Lamothe et un homme d’affaires qui s’établit au sud de la Floride, Patrice Baker, estiment que les informations de Haïti-Observateur sur la vente de Haitel sont «outrageantes et scandaleuses».

Dans l’article publié début septembre par  Léo Joseph, dans Haïti-Observateur, il est rapporté que M. Lamothe et l’homme d’affaires en questiion Patrice Baker, ont orchestré la vente de Haitel pour un montant de  25 millions de dollars et que le Premier ministre pourrait recevoir la “part du lion” du produit.

«  Le journal publie de fausses informations sur le Premier ministre et nous prenons des mesures juridiques pour exiger des excuses ou des réparations appropriées», a déclaré Salim Succar, conseiller spécial de Laurent  Lamothe. Les autorités haïtiennes avaient également démenti les informations de Haïti-Observateur.

Credit: Le Nouvelliste

Martelly courtise les étudiants de l’UEH

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Valéry DAUDIER vdaudier@lenouvelliste.com
A partir de la prochaine année académique, chaque étudiant de l’Université d’Etat d’Haïti (UEH) recevra annuellement une allocation de 18 000 gourdes de l’Etat haïtien, a fait savoir le président Michel Martelly après une journée de causerie avec des étudiants de l’UEH, au palais municipal de Delmas. Le chef de l’Etat a annoncé des jours meilleurs pour les étudiants en créant, entre autres, un bureau d’appui pour encadrer ceux d’entre eux qui préparent leur mémoire de sortie.

Mercredi 12 août, 9h 50 a.m. Différentes unités de la police nationale sont déjà sur place dans les parages du palais municipal de Delmas. 20 minutes après, un véhicule des agents du Swat Team (une unité de la police rarement remarquée dans les rues) vient stationner à quelques mètres dudit palais construit par le maire Wilson Jeudy. A la barrière, des agents de sécurité de la mairie s’occupent de l’identité des différents visiteurs. En tenue protocolaire pour la plupart, ils sont des étudiants de l’Université d’Etat d’Haïti. Ils étudient en grande majorité dans les universités publiques des villes de province. Le but de leur présence : ils ont été invités par le chef de l’Etat pour discuter des différents problèmes de l’UEH et les solutions à y apporter. Ils sont conduits vers la salle de conférence.

La presse est fortement mobilisée. L’événement sera même diffusé en direct par deux chaînes de télévision. Les minutes s’égrènent. Des journalistes sont impatients. Des étudiants continuent d’arriver, mais la salle est déjà remplie.

Un quart d’heure après, les anciens sénateurs Youri Latortue et Joseph Lambert, tous deux conseillers du président, marquent leur présence dans la salle. Des jeunes filles qui, apparemment, étudient à l’université publique des Gonaïves se font prendre en photo avec l’ancien sénateur de l’Artibonite. L’homme fort du Sud-Est, a droit, lui aussi, à quelques clichés avec des jeunes de sa région.

11h. Le président n’est toujours pas arrivé. Près de 30 minutes après, un cadre du Palais national confie qu’il sera là dans quelques instants. Effectivement, Michel Martelly, en chemise bleu ciel, est arrivé. Il est accompagné, entre autres, des ministres de l’Education nationale, de la Culture, du Commerce, des Finances et de la Communication.

Dans ses premiers mots de circonstance, le président se félicite de participer à une telle rencontre pour débattre les problèmes auxquels est confrontée l’UEH. « En inscrivant l’éducation au rang des priorités des pouvoirs publics, je veux offrir à la génération montante les moyens leur permettant de mieux s’insérer dans la société de demain. Je crois qu’il est important aussi de mettre l’accent sur l’enseignement supérieur en envoyant un signal clair à la jeunesse universitaire », indique Michel Martelly.

« Je suis persuadé que l’Etat a pour devoir de contribuer significativement à la formation des élites dont la nation a besoin pour assurer son avenir », dit-il.  « A partir de l’année prochaine, l’Etat va augmenter la part du budget consacré à l’enseignement supérieur », assure le président Michel Martelly.

Son administration, souligne le président, encourage la participation et entend faire émerger significativement  des pôles d’excellence universitaire dans le pays. « A ce titre, je plaide pour la création de quatre pôles : Grand Nord (Campus de Limonade), Grand Sud, Centre et l’Ouest. Des fonds seront mobilisés pour commencer les études du campus de l’Ouest », promet Michel Martelly.

A la rentrée parlementaire en janvier 2013, confie-t-il, huit avant-projets de loi pour la modernisation du secteur de l’éducation seront déposés au Parlement. Trois de ces huit textes ont rapport avec l’enseignement supérieur, notamment : l’avant-projet de loi portant organisation de l’enseignement supérieur ; l’avant-projet de loi portant création d’une agence nationale de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique  et l’avant-projet de loi réformant l’Université d’Etat d’Haïti.

« Au cours de ces 25 dernières années, la faiblesse des structures de gouvernance a facilité la création de 200 institutions d’enseignement supérieur qui n’ont pas rempli toutes les conditions requises pour délivrer des diplômes d’enseignement supérieur, déplore le président de la République. Je veux la normalisation de cette situation. »

Son allocution terminée, la parole maintenant aux étudiants. Place aux doléances. Rien de nouveau sous le soleil. Les mêmes problèmes : infrastructures physiques, laboratoires, bibliothèques, transports…Comme le font les parlementaires au cours des rencontres avec un Premier ministre qui présente la déclaration de sa politique générale, les étudiants posent les problèmes de l’université de leurs régions respectives.

Certains étudiants déçoivent par la qualité de leur intervention en passant à côté du sujet principal ou en posant des problèmes banals, d’autres parlent sans langue de bois. La salle est de plus en plus bouillonnante. Un groupe d’étudiants, assis au fond de la salle, commencent à lancer des propos critiques à l’encontre des ministres de la Culture, Mario Dupuy (ancien porte-parole du président Jean-Bertrand Aristide), et du Commerce, Wilson Laleau (ex-vice-recteur aux affaires académiques de l’Université d’Etat d’Haïti).

Des étudiants continuent de faire part de leurs doléances. A certains moments, l’événement prend l’allure d’une vraie pièce de comédie. Par son humour, le président participe en bon acteur à cette séance.

6h25 p.m. L’événement doit prendre fin. Le Premier ministre Laurent Lamothe vient retrouver le président. M. Lamothe donne l’assurance aux étudiants que « son gouvernement travaille pour eux ». Il se félicite d’ailleurs que le gouvernement soit composé de beaucoup de jeunes. « Je suis le deuxième Premier ministre le plus jeune au monde », se réjouit Laurent Lamothe.

Après avoir écouté les différentes interventions, le chef de l’Etat, de son côté, décide de prendre une résolution visant à apporter des solutions aux différents problèmes soulevés par les étudiants. « Une bourse de dix-huit mille gourdes sera octroyée à chacun des vingt-deux mille étudiants (régulièrement inscrit et muni d’une carte d’étudiant valide) de l’UEH ; un arrêté sera pris pour créer un service social, rémunéré et obligatoire, pour tout finissant de l’UEH ; l’État s’engage à accorder des bourses aux lauréats dans les domaines d’études prioritaires ; un bureau, pour encadrer dans la préparation de leur mémoire les étudiants finissants, sera mis sur pied », indique le président.

Par ailleurs, le recteur de l’UEH, Jean Vernet Henry, qui n’a pas pris part à cette rencontre, a confié qu’il avait reçu un email du Palais national lui annonçant qu’il va y avoir une rencontre avec des étudiants. « On m’a demandé de soumettre les noms des responsables des comités d’étudiants dans les facultés. J’avais transmis l’email aux doyens des facultés. J’avais reçu quatre ou cinq noms d’étudiants,  j’ai donc transmis à la personne qui m’avait envoyé l’email », a expliqué le recteur, contacté par le journal.

« Je ne savais pas trop de la rencontre. J’ai reçu aujourd’hui beaucoup d’appels de journalistes pour avoir mon opinion. Je ne pouvais rien répondre. Je ne peux pas commenter ce qui a été dit, car je n’ai pas suivi la rencontre. J’étais en réunion toute la journée », a ajouté le professeur, qui a confirmé des discussions en cours avec le Premier ministre Laurent Lamothe sur la construction de résidences au campus de Limonade.

Valéry DAUDIER vdaudier@lenouvelliste.com
 Credit: Le Nouvelliste

Pour une intensification de la production de riz dans la Vallée de l’Artibonite

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Gerard JEANTY Junior gjeantyjr@lenouvelliste.com
Deux centres communautaires agricoles ont été inaugurés, mardi 11 septembre 2012, respectivement dans les communes de Verrettes et de Desdunes. Plusieurs personnalités éminentes ont participé à la cérémonie inaugurale, dont le président de la République Joseph Michel Martelly, le ministre Jacques Thomas et les ambassadeurs du Venezuela et d’Espagne. Ces deux centres sont le fruit de la coopération haitiano-venezuelienne dans l’objectif d’intensifier la production du riz au niveau de la Vallée de l’Artibonite.

Chaque centre dispose de trois moulins. Deux y sont installés et un autre reste en réserve. Il s’agit de moulins neufs, capables de moudre environ trois tonnes de riz par heure. Chaque centre est équipé d’une dizaine de motoculteurs, de pelles et de pioche  se trouvant également à l’état neuf. Il y a aussi de l’engrais et des intrants agricoles. L’implantation de ces structures agricoles, généralement bien    perçue par les communautés, permettra aux cultivateurs de la Vallée de l’Artibonite d’obtenir d’autres produits, dont la farine de riz et la briquette de charbon. Le premier édile de Verrettes Raynold, Petit-Vil Raynold n’a pas caché sa satisfaction. « Les paysans ont grandement besoin de matériel agricole pour qu’ils puissent mieux exploiter la terre », a-t-il  souligné

« Avec l’installation de ces centres, notre riz sera plus compétitif. Car, ces infrastructures vont nous permettre d’augmenter la productivité et combattre l’importation du riz. Les centres sont équipés d’outils agricoles et de motoculteurs qui vont nous permettre de mieux labourer les terres en vue d’obtenir un riz de qualité», a déclaré le président de la République, Joseph Michel Martelly lors de son discours à Desdunes. Le chef de l’Etat, sur fond de polémique,  a ajouté plus loin : « Il n’y a pas de crise politique dans  le pays, ni de crise en ce qui concerne la mise en place du Conseil électoral permanent. La véritable crise qui sévit actuellement dans le pays est une crise de la faim. Il y a des gens qui crèvent de faim. Il faut résoudre ce problème», a a déclaré le chef de l’Etat, saluant au passage cette coopération active entre Haïti et le Venezuela.

Le titulaire du ministère de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement rural(MARNDR), l’agronome Thomas Jacques a rappelé la volonté de l’administration Martelly-Lamothe de doter toute la Vallée de l’Artibonite de moulins. Il souhaite une bonne gestion de ce matériel et une bonne orientation de l’Organisme de développement de la Vallée de l’Artibonite (ODVA). « Les moulins et les motoculteurs doivent être bien gérés par les communautés. Nous allons travailler pour rendre disponible sur le marché la farine de riz. De ce fait, je souhaite que l’ODVA devienne un outil au service de la population. C’est-à-dire un organisme engagé dans la réalisation de travaux de curage », a souhaité le ministre, tout en remerciant les représentants du Venezuela.

L’Ambassadeur du Venezuela, M.Pedro Antonio Canino Gonzales a précisé que les deux centres inaugurés, sur un total de 8, ont été réalisés grâce à un don de son paysdans le cadre de la coopération haïtiano-vénezuelienne.Au moins huit autre moulins seront pouvoir installer au moins huit autres moulins. « D’ici le mois de décembre, nous allons avoir i au moins huit moulins installés et inaugurés dans la Vallée de l’Artibonite. Et notre rêve, c’est d’arriver à un nombre de vingt moulins d’ici l’année prochaine. L’Objectif, c’est de construire un monde diffèrent afin de sauver la planète», a annoncé le diplomate vénézuélien estimant que son pays est fier de pouvoir apporter sa coopération à Haïti.

Le directeur l’Organisme de développement de la Vallée de l’Artibonite (ODVA), Kenel Francique situe cette phase de renforcement des structures agricoles au niveau de la Vallée de l’Artibonite dans le cadre des efforts déployés en vue de revaloriser la culture du riz. A noter que l’inauguration de ces deux centres communautaires de moulins porte à trois les structures agricoles de cette sorte  dans l’Artibonite.

Gerard JEANTY Junior gjeantyjr@lenouvelliste.com

Credit: Le Nouvelliste

Terrible accident de la circulation à Fonds-Parisien

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Le transport en commun constitue de plus en plus un casse-tête chinois en Haïti. Les «  madan sara » sont les véritables victimes de ce secteur.  Mardi, 8 h 05 du soir. Un accident mortel de la circulation s’est produit à Fonds-Parisien, route nationale# 4. Les chiffres officiels font état de 12 morts et 16 blessés. Mais le bilan peut s’alourdir, dans la mesure où la plupart des blessés sont dans un état très critique. Ils reçoivent pour l’instant des soins dans divers centres hospitaliers de la capitale.

Un camion Mark surchargé de marchandises et de passagers avait quitté Thiotte  à destination de Port-au-Prince.  La route est en très mauvais état. Marchandises et « madan-sara » y sont empilées.

Selon des témoins, le chauffeur a perdu le contrôle du camion qui a capoté sur la nationale 4.  Ayant la vie sauve, le chauffeur a trompé la vigilance de la population pour prendre la fuite. «  Nous avons sauvé la vie à pas mal de passagers. Sinon, le bilan de l’accident serait encore plus lourd ».

Janvic Polynice, le CASEC de Fonds-Parisien, plaide pour un autre regard sur le transport en commun dans le pays. « L’Etat, a-t-il  dit, doit prendre des décisions formelles pour régulariser le transport en commun. »  Polynice a remercié les autorités policières de la zone d’avoir volé au secours des victimes dans un temps record. Ce genre d’accident est monnaie courante dans la zone.

En moins de 24 heures, deux accidents de la circulation se sont produits sur la même route.  Ce mercredi encore, un camion de couleur verte, immatriculé 7A 12126, a capoté  dans la localité de Boen, à Ganthier. Nadia, c’est le prénom d’une jeune fille qui a perdu la vie dans cet accident.

Yvince HILAIRE
Credit: Le Nouvelliste

Première manifestation contre le pouvoir en place

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Gérard Maxineau gedemax@yahoo.fr Twitter : @gedemax
Des milliers de familles menacées de déguerpissement par la famille Jean-Pierre, détentrice de titres de propriété authentiques d’environ un tiers de la ville (de la rue 5 boulevard à Madeline) ; des sympathisants du régime « Tet Kale » fatigués d’attendre en vain les largesses du pouvoir ; le délégué départemental accusé par des militants proches du régime de jouer le jeu de Moise Jean-Charles, ennemi déclaré du pouvoir.

Le deuxième sénateur du Nord Moise Jean-Charles et l’activiste politique Pierrot Augustin ont organisé, ce mercredi, une manifestation anti gouvernementale, la première grande du genre, dans la cité christophienne, réputée pourtant pro Martelly, depuis son accession au pouvoir.

Les manifestants lançaient des slogans hostiles au chef de l’Etat et à son représentant dans le Nord, Yvon Altéon. Ils leur reprochaient d’être de mèche avec les Jean-Pierre et de rester indifférents face à la montée vertigineuse des prix des produits de première nécessité. Les manifestants, pour la plupart, des occupants des terres de la famille Jean-Pierre, ont drainé derrière eux, opposants, aigris et victimes du régime en place.

Test réussi. Les opposants au régime Martelly projette d’organiser un sit-in demain sur la place de la Cathédrale. Elusca Charles en est l’instigateur.

La frustration est grandissante au Cap-Haitien

Une mobilisation qui intervient au moment  où la frustration est à son comble dans le Nord, dans le camp Martelly. Des proches du régime reprochent au pouvoir de les laisser tomber. Dans l’œil du cyclone : le délégué départemental, qui, selon eux, jouent le jeu de Moise Jean-Charles, le plus farouche des opposants au régime Martelly.

« C’est Altéon qui a ouvert la campagne de Moise à St-Raphael, en 2008…C’est son ami personnel…et il travaille dans le sens de l’objectif visé par le sénateur Jean-Charles : porter le peuple à regretter son choix », expliquent-ils.

« Altéon est pris en otage par des hommes qui manipulent des membres influents du pouvoir central dans le seul objectif d’amasser de l’argent, d’humilier les militants de base du mouvement Tèt Kale et le peuple en général  plutôt que de travailler dans le sens des promesses de campagne du Président de la République », avance un des sympathisants du pouvoir en place au Cap-Haitien.

D’autres affirment que le délégué et son cousin chargé de mission prennent en otage l’administration publique.

Gérard Maxineau gedemax@yahoo.fr Twitter : @gedemax

Credit: Le Nouvelliste

Beaucoup d’inscrits, peu de places

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Valéry DAUDIER vdaudier@lenouvelliste.com

L’Université d’Etat d’Haïti a reçu cette année près de 30 000 inscrits dans ses différentes entités. La Faculté de médecine et de pharmacie (FMP), à elle seule, a enregistré un chiffre record, soit plus de 6 000 inscrits pour quelque 150 places disponibles.

Jeudi 6 septembre, 8h15 a.m. La cour du ministère de l’Education nationale est bondée de monde, en majorité des jeunes qui viennent de passer avec succès leurs examens de fin d’études secondaires. Leur présence au ministère est pour réclamer leurs certificats et/ou leurs relevés de notes. « Passez réclamer vos documents demain », indique un responsable à un jeune homme qui vient de payer 100 gourdes pour obtenir son certificat et son relevé de notes.

« Si je ne les trouve pas demain, je suis foutu », murmure un jeune homme, qui s’est déjà fait inscrire en ligne dans deux facultés de l’Université d’Etat d’Haïti. Il ne lui reste qu’à déposer les pièces requises, dont le certificat de fin d’études secondaires dans les facultés choisies au plus tard le vendredi 7 septembre. Mais le rectorat a finalement décidé de prolonger les inscriptions jusqu’à ce mardi 11 septembre.

Credit: le Nouvelliste

Le rêve de la majorité de ces jeunes réunis dans la cour du ministère est d’entrer à l’Université d’Etat d’Haïti (UEH). Obtenir une place dans l’une des 12 entités de l’UEH serait considéré comme un événement pour certains, le pourcentage de chance étant tellement faible.

A l’entrée de la Faculté de droit et des sciences économiques (FDSE), trois étudiants s’installent. Devant eux : des ouvrages destinés aux postulants pour préparer leurs concours d’admission dans différentes facultés. « Si tu ne participes pas aux séminaires que nous organisons ici pour les postulants, cet ouvrage peut t’aider, il se vend à 300 gourdes », dit un étudiant (marchand d’ouvrages) à une postulante qui jetait un coup d’œil.

Apparemment n’étant pas intéressée, elle se dirige dans une salle pour déposer ses pièces. Ils sont nombreux les candidats dans cette salle. « Moi, je me suis inscrit pour étudier le droit », tonne un jeune homme un peu frêle. « Je n’aime pas trop le droit, je vais étudier de préférence les sciences économiques », lui répond un ancien camarade qu’il n’a pas vu depuis belle lurette.

A quelques mètres, à la Faculté de médecine et de pharmacie (FMP) qui a enregistré 6 041 inscrits jusqu’à lundi soir, à 7 heures, c’est pratiquement la même ambiance. Pour gérer l’affluence, les responsables reçoivent les dépôts de pièce des candidats par ordre alphabétique. « J’adore la FMP. Si je ne réussis pas au concours d’admission ici, je me ferai inscrire dans un centre universitaire privé pour étudier la médecine. Je ne veux rien étudier d’autres », indique, Mélissa, 19 ans, une brune de grande taille.

A l’Inaghei les étudiants qui ont l’habitude d’organiser chaque année des séminaires-préfac ont été mis en garde. Le décanat leur a formellement interdit ces activités dans l’enceinte de l’institution. Des marchands d’ouvrages ne sont donc pas remarqués, mais l’affluence des candidats est tout aussi grande que dans les autres entités de l’UEH.

« Je ne sais pas si je serai avocat, gestionnaire ou communicateur social. Je me suis inscrit à trois facultés. Là où j’aurai réussi, j’y resterai », confie Richard, originaire des Cayes, qui n’a pas vraiment de choix à faire.

« Je suis optimiste. Je trouverai ma chance dans l’une des entités. Je ferai les sacrifices nécessaires.Mes parents ne peuvent pas se payer le luxe de m’intégrer dans un centre universitaire plus ou moins qualifié », ajoute-t-il.

En fait, ils sont plusieurs milliers de jeunes qui sautent de joie après avoir passé avec succès leurs examens de fin d’études secondaires. Mais, l’accès aux études supérieures reste cependant un défi pour nombre d’entre eux. Car, l’offre de l’Université d’Etat d’Haïti est nettement inférieure à la demande.

Selon le vice-recteur aux affaires académiques de l’Université d’Etat d’Haïti, Jean Poincy, l’UEH a enregistré, lundi soir, 27 156 postulants individuels pour un total de 37 992 inscrits dans ses différentes entités. Un postulant peut s’inscrire à trois facultés au maximum. De ces données encore provisoires, le campus de Limonade a enregistré 7 280 inscrits, la FMP 6 041, la FDSE 5 263…

Vu sa capacité d’accueil, l’UEH, a souligné le professeur Poincy, accueillera en moyenne 4 500 étudiants. Le campus de Limonade accueillera 1 500 et les 3 000 restants seront divisés dans les onze autres entités.

Valéry DAUDIER vdaudier@lenouvelliste.com