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Pour une intensification de la production de riz dans la Vallée de l’Artibonite

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Gerard JEANTY Junior gjeantyjr@lenouvelliste.com
Deux centres communautaires agricoles ont été inaugurés, mardi 11 septembre 2012, respectivement dans les communes de Verrettes et de Desdunes. Plusieurs personnalités éminentes ont participé à la cérémonie inaugurale, dont le président de la République Joseph Michel Martelly, le ministre Jacques Thomas et les ambassadeurs du Venezuela et d’Espagne. Ces deux centres sont le fruit de la coopération haitiano-venezuelienne dans l’objectif d’intensifier la production du riz au niveau de la Vallée de l’Artibonite.

Chaque centre dispose de trois moulins. Deux y sont installés et un autre reste en réserve. Il s’agit de moulins neufs, capables de moudre environ trois tonnes de riz par heure. Chaque centre est équipé d’une dizaine de motoculteurs, de pelles et de pioche  se trouvant également à l’état neuf. Il y a aussi de l’engrais et des intrants agricoles. L’implantation de ces structures agricoles, généralement bien    perçue par les communautés, permettra aux cultivateurs de la Vallée de l’Artibonite d’obtenir d’autres produits, dont la farine de riz et la briquette de charbon. Le premier édile de Verrettes Raynold, Petit-Vil Raynold n’a pas caché sa satisfaction. « Les paysans ont grandement besoin de matériel agricole pour qu’ils puissent mieux exploiter la terre », a-t-il  souligné

« Avec l’installation de ces centres, notre riz sera plus compétitif. Car, ces infrastructures vont nous permettre d’augmenter la productivité et combattre l’importation du riz. Les centres sont équipés d’outils agricoles et de motoculteurs qui vont nous permettre de mieux labourer les terres en vue d’obtenir un riz de qualité», a déclaré le président de la République, Joseph Michel Martelly lors de son discours à Desdunes. Le chef de l’Etat, sur fond de polémique,  a ajouté plus loin : « Il n’y a pas de crise politique dans  le pays, ni de crise en ce qui concerne la mise en place du Conseil électoral permanent. La véritable crise qui sévit actuellement dans le pays est une crise de la faim. Il y a des gens qui crèvent de faim. Il faut résoudre ce problème», a a déclaré le chef de l’Etat, saluant au passage cette coopération active entre Haïti et le Venezuela.

Le titulaire du ministère de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement rural(MARNDR), l’agronome Thomas Jacques a rappelé la volonté de l’administration Martelly-Lamothe de doter toute la Vallée de l’Artibonite de moulins. Il souhaite une bonne gestion de ce matériel et une bonne orientation de l’Organisme de développement de la Vallée de l’Artibonite (ODVA). « Les moulins et les motoculteurs doivent être bien gérés par les communautés. Nous allons travailler pour rendre disponible sur le marché la farine de riz. De ce fait, je souhaite que l’ODVA devienne un outil au service de la population. C’est-à-dire un organisme engagé dans la réalisation de travaux de curage », a souhaité le ministre, tout en remerciant les représentants du Venezuela.

L’Ambassadeur du Venezuela, M.Pedro Antonio Canino Gonzales a précisé que les deux centres inaugurés, sur un total de 8, ont été réalisés grâce à un don de son paysdans le cadre de la coopération haïtiano-vénezuelienne.Au moins huit autre moulins seront pouvoir installer au moins huit autres moulins. « D’ici le mois de décembre, nous allons avoir i au moins huit moulins installés et inaugurés dans la Vallée de l’Artibonite. Et notre rêve, c’est d’arriver à un nombre de vingt moulins d’ici l’année prochaine. L’Objectif, c’est de construire un monde diffèrent afin de sauver la planète», a annoncé le diplomate vénézuélien estimant que son pays est fier de pouvoir apporter sa coopération à Haïti.

Le directeur l’Organisme de développement de la Vallée de l’Artibonite (ODVA), Kenel Francique situe cette phase de renforcement des structures agricoles au niveau de la Vallée de l’Artibonite dans le cadre des efforts déployés en vue de revaloriser la culture du riz. A noter que l’inauguration de ces deux centres communautaires de moulins porte à trois les structures agricoles de cette sorte  dans l’Artibonite.

Gerard JEANTY Junior gjeantyjr@lenouvelliste.com

Credit: Le Nouvelliste

Terrible accident de la circulation à Fonds-Parisien

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Le transport en commun constitue de plus en plus un casse-tête chinois en Haïti. Les «  madan sara » sont les véritables victimes de ce secteur.  Mardi, 8 h 05 du soir. Un accident mortel de la circulation s’est produit à Fonds-Parisien, route nationale# 4. Les chiffres officiels font état de 12 morts et 16 blessés. Mais le bilan peut s’alourdir, dans la mesure où la plupart des blessés sont dans un état très critique. Ils reçoivent pour l’instant des soins dans divers centres hospitaliers de la capitale.

Un camion Mark surchargé de marchandises et de passagers avait quitté Thiotte  à destination de Port-au-Prince.  La route est en très mauvais état. Marchandises et « madan-sara » y sont empilées.

Selon des témoins, le chauffeur a perdu le contrôle du camion qui a capoté sur la nationale 4.  Ayant la vie sauve, le chauffeur a trompé la vigilance de la population pour prendre la fuite. «  Nous avons sauvé la vie à pas mal de passagers. Sinon, le bilan de l’accident serait encore plus lourd ».

Janvic Polynice, le CASEC de Fonds-Parisien, plaide pour un autre regard sur le transport en commun dans le pays. « L’Etat, a-t-il  dit, doit prendre des décisions formelles pour régulariser le transport en commun. »  Polynice a remercié les autorités policières de la zone d’avoir volé au secours des victimes dans un temps record. Ce genre d’accident est monnaie courante dans la zone.

En moins de 24 heures, deux accidents de la circulation se sont produits sur la même route.  Ce mercredi encore, un camion de couleur verte, immatriculé 7A 12126, a capoté  dans la localité de Boen, à Ganthier. Nadia, c’est le prénom d’une jeune fille qui a perdu la vie dans cet accident.

Yvince HILAIRE
Credit: Le Nouvelliste

Première manifestation contre le pouvoir en place

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Gérard Maxineau gedemax@yahoo.fr Twitter : @gedemax
Des milliers de familles menacées de déguerpissement par la famille Jean-Pierre, détentrice de titres de propriété authentiques d’environ un tiers de la ville (de la rue 5 boulevard à Madeline) ; des sympathisants du régime « Tet Kale » fatigués d’attendre en vain les largesses du pouvoir ; le délégué départemental accusé par des militants proches du régime de jouer le jeu de Moise Jean-Charles, ennemi déclaré du pouvoir.

Le deuxième sénateur du Nord Moise Jean-Charles et l’activiste politique Pierrot Augustin ont organisé, ce mercredi, une manifestation anti gouvernementale, la première grande du genre, dans la cité christophienne, réputée pourtant pro Martelly, depuis son accession au pouvoir.

Les manifestants lançaient des slogans hostiles au chef de l’Etat et à son représentant dans le Nord, Yvon Altéon. Ils leur reprochaient d’être de mèche avec les Jean-Pierre et de rester indifférents face à la montée vertigineuse des prix des produits de première nécessité. Les manifestants, pour la plupart, des occupants des terres de la famille Jean-Pierre, ont drainé derrière eux, opposants, aigris et victimes du régime en place.

Test réussi. Les opposants au régime Martelly projette d’organiser un sit-in demain sur la place de la Cathédrale. Elusca Charles en est l’instigateur.

La frustration est grandissante au Cap-Haitien

Une mobilisation qui intervient au moment  où la frustration est à son comble dans le Nord, dans le camp Martelly. Des proches du régime reprochent au pouvoir de les laisser tomber. Dans l’œil du cyclone : le délégué départemental, qui, selon eux, jouent le jeu de Moise Jean-Charles, le plus farouche des opposants au régime Martelly.

« C’est Altéon qui a ouvert la campagne de Moise à St-Raphael, en 2008…C’est son ami personnel…et il travaille dans le sens de l’objectif visé par le sénateur Jean-Charles : porter le peuple à regretter son choix », expliquent-ils.

« Altéon est pris en otage par des hommes qui manipulent des membres influents du pouvoir central dans le seul objectif d’amasser de l’argent, d’humilier les militants de base du mouvement Tèt Kale et le peuple en général  plutôt que de travailler dans le sens des promesses de campagne du Président de la République », avance un des sympathisants du pouvoir en place au Cap-Haitien.

D’autres affirment que le délégué et son cousin chargé de mission prennent en otage l’administration publique.

Gérard Maxineau gedemax@yahoo.fr Twitter : @gedemax

Credit: Le Nouvelliste

Beaucoup d’inscrits, peu de places

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Valéry DAUDIER vdaudier@lenouvelliste.com

L’Université d’Etat d’Haïti a reçu cette année près de 30 000 inscrits dans ses différentes entités. La Faculté de médecine et de pharmacie (FMP), à elle seule, a enregistré un chiffre record, soit plus de 6 000 inscrits pour quelque 150 places disponibles.

Jeudi 6 septembre, 8h15 a.m. La cour du ministère de l’Education nationale est bondée de monde, en majorité des jeunes qui viennent de passer avec succès leurs examens de fin d’études secondaires. Leur présence au ministère est pour réclamer leurs certificats et/ou leurs relevés de notes. « Passez réclamer vos documents demain », indique un responsable à un jeune homme qui vient de payer 100 gourdes pour obtenir son certificat et son relevé de notes.

« Si je ne les trouve pas demain, je suis foutu », murmure un jeune homme, qui s’est déjà fait inscrire en ligne dans deux facultés de l’Université d’Etat d’Haïti. Il ne lui reste qu’à déposer les pièces requises, dont le certificat de fin d’études secondaires dans les facultés choisies au plus tard le vendredi 7 septembre. Mais le rectorat a finalement décidé de prolonger les inscriptions jusqu’à ce mardi 11 septembre.

Credit: le Nouvelliste

Le rêve de la majorité de ces jeunes réunis dans la cour du ministère est d’entrer à l’Université d’Etat d’Haïti (UEH). Obtenir une place dans l’une des 12 entités de l’UEH serait considéré comme un événement pour certains, le pourcentage de chance étant tellement faible.

A l’entrée de la Faculté de droit et des sciences économiques (FDSE), trois étudiants s’installent. Devant eux : des ouvrages destinés aux postulants pour préparer leurs concours d’admission dans différentes facultés. « Si tu ne participes pas aux séminaires que nous organisons ici pour les postulants, cet ouvrage peut t’aider, il se vend à 300 gourdes », dit un étudiant (marchand d’ouvrages) à une postulante qui jetait un coup d’œil.

Apparemment n’étant pas intéressée, elle se dirige dans une salle pour déposer ses pièces. Ils sont nombreux les candidats dans cette salle. « Moi, je me suis inscrit pour étudier le droit », tonne un jeune homme un peu frêle. « Je n’aime pas trop le droit, je vais étudier de préférence les sciences économiques », lui répond un ancien camarade qu’il n’a pas vu depuis belle lurette.

A quelques mètres, à la Faculté de médecine et de pharmacie (FMP) qui a enregistré 6 041 inscrits jusqu’à lundi soir, à 7 heures, c’est pratiquement la même ambiance. Pour gérer l’affluence, les responsables reçoivent les dépôts de pièce des candidats par ordre alphabétique. « J’adore la FMP. Si je ne réussis pas au concours d’admission ici, je me ferai inscrire dans un centre universitaire privé pour étudier la médecine. Je ne veux rien étudier d’autres », indique, Mélissa, 19 ans, une brune de grande taille.

A l’Inaghei les étudiants qui ont l’habitude d’organiser chaque année des séminaires-préfac ont été mis en garde. Le décanat leur a formellement interdit ces activités dans l’enceinte de l’institution. Des marchands d’ouvrages ne sont donc pas remarqués, mais l’affluence des candidats est tout aussi grande que dans les autres entités de l’UEH.

« Je ne sais pas si je serai avocat, gestionnaire ou communicateur social. Je me suis inscrit à trois facultés. Là où j’aurai réussi, j’y resterai », confie Richard, originaire des Cayes, qui n’a pas vraiment de choix à faire.

« Je suis optimiste. Je trouverai ma chance dans l’une des entités. Je ferai les sacrifices nécessaires.Mes parents ne peuvent pas se payer le luxe de m’intégrer dans un centre universitaire plus ou moins qualifié », ajoute-t-il.

En fait, ils sont plusieurs milliers de jeunes qui sautent de joie après avoir passé avec succès leurs examens de fin d’études secondaires. Mais, l’accès aux études supérieures reste cependant un défi pour nombre d’entre eux. Car, l’offre de l’Université d’Etat d’Haïti est nettement inférieure à la demande.

Selon le vice-recteur aux affaires académiques de l’Université d’Etat d’Haïti, Jean Poincy, l’UEH a enregistré, lundi soir, 27 156 postulants individuels pour un total de 37 992 inscrits dans ses différentes entités. Un postulant peut s’inscrire à trois facultés au maximum. De ces données encore provisoires, le campus de Limonade a enregistré 7 280 inscrits, la FMP 6 041, la FDSE 5 263…

Vu sa capacité d’accueil, l’UEH, a souligné le professeur Poincy, accueillera en moyenne 4 500 étudiants. Le campus de Limonade accueillera 1 500 et les 3 000 restants seront divisés dans les onze autres entités.

Valéry DAUDIER vdaudier@lenouvelliste.com

« Pour Jacmel, je peux faire n’importe quoi »

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Robenson Geffrard, rgeffrard@lenouvelliste.com
Le sénateur Edwin Zenny n’a pas voulu admettre clairement qu’il avait craché sur le juge de paix, Bob Simonis. En revanche, le parlementaire a déclaré qu’il peut tout faire pour chasser les corrompus de la commune de Jacmel, sa ville natale. Les deux hommes se sont affrontés verbalement, samedi dernier à Jacmel, lors d’une émission radiophonique.

« Dire que j’ai craché sur lui, je dirai non. Mais il y avait eu des altercations et des échanges de propos entre nous. En discutant, tout était possible. Je vous le dis sans mentir, pour Jacmel, je peux faire n’importe quoi », a déclaré le sénateur Edwin Zenny, lundi matin, sur Radio Magik 9. Le parlementaire a reconnu qu’il est en conflit direct le juge de paix Bob Simonis. La cause : la libération de quatre individus arrêtés par la police pour vole dans la zone de Cap Lamandou.

Selon le sénateur du Sud-Est, les présumés voleurs avaient en leur possession un téléviseur, un groupe électrogène, du matériel électronique et 15 000 dollars américains. « Le juge les ont libérés quand même », a-t-il dénoncé. « Je suis révolté face aux agissements de corruption du juge dans la ville de Jacmel. Edwin Zenny a fait savoir qu’il a déjà attiré l’attention des autorités compétentes sur les actions de Bob Simonis. Mais elles n’ont rien fait. »

« Je vois que nous avons affaire avec des lâches. Des gens qui ne peuvent pas assumer leurs actions », a rétorqué le juge de paix Bob Simonis, sur la même station de radio. « Il n’avait même pas été invité à l’émission. Le sénateur a dû supplier les responsables de la radio de lui accorder cinq minutes d’antenne. Une fois en studio, il n’arrêtait pas de m’injurier et de me traiter de voleur, de corrompu. Je lui ai rappelé qu’il est un sénateur et qu’il doit se ressaisir », a expliqué le juge.

Les échanges devenaient si virulents entre les deux hommes à un point tel que le sénateur Zenny a voulu frapper le juge si le personnel de la radio ne s’y était opposé, a souligné Edzer Pierre, l’animateur de l’émission d’actualité sur la Radio Bellevue internationale à Jacmel, le lieu de l’altercation.

« Retenu par plusieurs personnes, le sénateur a lancé un crachat qui est tombé sur mon visage et sur celui de Me Lucien Pierre, le coordonnateur de Mouvement chrétien pour une nouvelle Haïti ( MOCRHENHA ) qui participait aussi à l’émission », a précisé le juge Simonis.

Ce que le journaliste Edzer Pierre a confirmé sur Radio Magik 9. Selon lui, il y a eu des échanges de propos peu orthodoxes entre les deux hommes, mais c’est le sénateur Zenny qui avait donné l’assaut. A son émission ce jour là, il était question de faire le point sur la libération par le juge de quatre individus arrêtés par la police en flagrant délit de vol.

Interrogé sur la libération de ces quatre individus, le juge Simonis a souligné que ces derniers n’avaient en leur possession que deux sacs de charbon et une couverture usagée, contrairement à la déclaration du sénateur Zenny qui faisait mention de téléviseur, d’un groupe électrogène, du matériel électronique et de 15 000 dollars américains.

Selon le juge, il n’y avait que deux sacs de charbon et une couverture usagée. « Rien d’autres comme corps du délit », a-t-il souligné. Ce sont des policiers qui les ont amenés avec ces choses, a souligné Bob Simonis. « Je n’ai pas le droit de demander à la police s’il y avait d’autres choses comme corps du délit », a-t-il avancé.

Bob Simonis a annoncé qu’il va intenter contre le sénateur Zenny une action en justice pour diffamation et pour avoir craché sur son visage.

Robenson Geffrard, rgeffrard@lenouvelliste.com
Credit: le Nouvelliste

Les députés partent en vacances

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La Chambre basse est officiellement en vacances. Le projet de budget, objet d’un véritable va-et-vient entre les deux Chambres, n’a toujours pas reçu le vote définitif dans les mêmes termes. La désignation des représentants du parlement au CEP reste toujours dans l’impasse. Une idée du bilan des activités du Parlement…

Députés et sénateurs se sont, ce lundi, réunis en Assemblée nationale pour fermer la deuxième session ordinaire de l’année législative. L’appel nominal a signalé la présence de 19 sénateurs et de 73 députés. Alors que les députés partent en vacances, officiellement jusqu’au 2e lundi du mois de janvier 2013, la séance en Assemblée nationale, exigence constitutionnelle à cette fin, s’est déroulée sans l’insertion dans l’ordre du jour du point relatif à la représentation du Pouvoir législatif au Conseil électoral permanent.

Si la question du CEP n’a même pas été inscrite dans l’ordre du jour, c’était tout autrement dans le discours de circonstance prononcé par le président Desras. « Je dis sans nuance que c’est une gageure que d’installer le Conseil électoral permanent et d’ouvrir l’ère des réformes structurelles de l’Etat sans s’appuyer sur la mobilisation des forces démocratiques », a souligné le parlementaire. La mise en œuvre de cette formule volontariste et paraconstitutionnelle à l’exclusion du Parlement et des organisations de construction de la cité, a-t-il poursuivi, témoigne d’une témérité et d’une hardiesse qui repose sur le fameux adage « Fortuna et virtu ». Desras appelle le chef de l’Etat à « passer outre à ses considérations personnelles et à faire preuve de magnanimité pour sortir le pays de l’impasse politique actuelle.» Le sénateur invite l’exécutif à la raison. « L’objectif de vouloir établir un contrôle sur le CEP ne produira pas les résultats escomptés. »

Bilan des actions du pouvoir législatif

Le bureau de l’Assemblée nationale exprime sa satisfaction des différentes activités réalisées par les deux Chambres pour la session. « Du 11 juin au 10 septembre 2012, le Parlement a fait œuvre qui vaille », a déclaré le président de l’Assemblée nationale, soulignant qu’après avoir planifié l’agenda de la deuxième session ordinaire législative annuelle au cours de leur retraite au club Indigo, les parlementaires s’étaient mis au travail. Il a également rappelé que le bilan de la première session ordinaire a été un succès. Le grand Corps, a enchainé le sénateur Desras, avait assuré sa fonction de vigile de l’ordre constitutionnel, légal et démocratique de même qu’il a pu tenir le vote d’un paquet de lois indicatives de politiques sectorielles utilitaires applicables dans l’immédiat. « Le bilan de l’activité parlementaire des deux sessions ordinaires législatives annuelles a été d’un poids politique salutaire pour la sauvegarde de la démocratie, la sécurité des populations et la stabilité politique », a sans langue de bois indiqué le président de l’Assemblée nationale.

Pas moins de quatre séances plénières dont l’une en Assemblée nationale ont été tenues au grand Corps. Les sénateurs n’ont voté qu’une loi. Ils ont ratifié deux instruments internationaux. Quatre choix des hauts cadres de l’Etat ont été approuvés et cinq rapports de commission adoptés. Le sénat a de fait adopté plusieurs résolutions dont la résolution 66-261 sur les Nations unies. Il a ratifié 3 ambassadeurs extraordinaires et plénipotentiaires d’Haïti nommés près le Saint-Siège, au Japon, au Chili, puis un nouveau directeur général à la tête de la Police nationale d’Haïti.

Parallèlement, neuf séances plénières ont été réalisées à la Chambre basse. 11 projets et propositions de loi déposés. Trois projets de lois et deux instruments juridiques internationaux ont été votés. Deux commissions spéciales formées et 33 réunions de commission tenues.

Les députés ont aussi ratifié le projet de loi portant organisation et fonctionnement du Fonds national d’éducation. A cela s’ajoutent la proposition de loi fixant à cent mille gourdes le taux de compétence des tribunaux de paix en matière civile et commercial; l’accord de prêt relatif à la réhabilitation de la centrale hydroélectrique de Péligre; la Convention sur la protection des enfants et la coopération en matière d’adoption….

La séance en Assemblée nationale a débuté sur fonds de brûlantes discussions après une intervention du député Jean René Lochard, appuyée par plusieurs députés, demandant la suspension de la séance aux fins d’insérer dans le projet d’ordre du jour le vote du budget du prochain exercice fiscal .La majorité des parlementaires n’ont pas vu de bon œil cette demande. Le président du bureau de l’Assemblée nationale, Dieuseul Simon Desras, a en conséquence rejeté d’un revers de main ladite proposition. Cependant, le bureau confirme avoir reçu une lettre du barreau de l’ordre des avocats de Port-au-Prince qui demande de mettre en accusation M. Arnel Alexis Joseph, président de la Cour de cassation et du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire.

Yvince HILAIRE Twitter:@yvincehilaire
Credit: Le Nouvelliste

La fermeture de l’aéroport du Cap-Haitien ne tient qu’à un fil

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Fermer ou ne pas fermer à tout trafic aérien l’aéroport international du Cap-Haitien à partir de ce vendredi, et ce pour cinq semaines, tel est le dilemme des autorités de Port-au-Prince en charge du dossier de rénovation de cette infrastructure qui permet de relier la deuxième ville du pays au reste du monde par avion.

Au cœur du choix, d’un côté, la santé du secteur hôtelier du Cap-Haitien et celle des exploitants de lignes aériennes qui réclament une fermeture partielle de la piste d’atterrissage pendant les travaux. De l’autre côté, les autorités sont confrontées à l’urgence de respecter un délai au 15 octobre pour l’achèvement des dits travaux. La visite d’une grande personnalité est attendue au Cap-Haitien et à Caracol.

Au moment de mettre sous presse, aucune décision n’était prise en ce qui concerne la fermeture de l’aéroport. Aucune annonce officielle d’une visite de la Secrétaire d’Etat américain, Hillary Clinton, n’était disponible non plus.

« La note officielle pour déclarer fermé à toute circulation aérienne de l’aéroport international du Cap Haïtien est prête », a déclaré au Nouvelliste le directeur général de l’Office de l’Aviation civile (OFNAC).

« Il y a encore des discussions pour évaluer l’opportunité de fermer l’aéroport ce vendredi au moment où je vous parle », a indiqué de son côté le secrétaire d’Etat aux Travaux publics, Philippe Cinéas, interrogé lui aussi par le journal mercredi en soirée.

Les deux responsables reconnaissent que la décision sera lourde de conséquences.

Promis depuis des années par les différents gouvernements qui se sont succédé au pouvoir, les travaux d’agrandissement et de modernisation de l’aéroport de la deuxième ville du pays sont à chaque fois reportés à plus tard. Quand ce ne sont pas les fonds qui ne sont pas aux rendez-vous, ce sont les décisions techniques qui traînent.

La grande question : faut-il agrandir ou construire un nouvel aéroport plus éloigné de la ville ?

Pour le moment, le projet au coût de 33 millions de dollars vise à refaire et à allonger la piste pour permettre à des avions plus importants de desservir la région. Le réaménagement de l’aérogare fait aussi partie des plans.

« Pour finir le gros du chantier d’ici au 15 octobre la firme Alba et ses deux sous-contractants, Sotec et HT Béton, veulent une piste libre de toute circulation aérienne », a révélé au journal le secrétaire d’Etat Cinéas.

« Nous évaluons avec eux s’il n’est pas possible de fermer la piste une partie de la journée ou de ne permettre qu’une utilisation partielle. Cependant, il y a un bout de la piste qui devra être démoli. Toutes les options sont sur la table », selon Cinéas.

« Cinq semaines sans pouvoir utiliser l’aéroport cela peut tuer certaines entreprises, d’autant que les autorités ne proposent aucune alternative aux avions. Et qui dit cinq semaines sait que cela peut prendre plus de temps. Les interventions sur les infrastructures ne respectent jamais leur calendrier. Il y a toujours des imprévus. Le premier est que nous ne savons toujours pas si l’aéroport sera vraiment fermé ce vendredi », a dit au journal un responsable d’une agence de voyages.

« Sur demande de l’Autorité aéroportuaire nationale (AAN) la décision de fermer l’aéroport du Cap Haïtien pour tout trafic aérien, du vendredi 7 septembre à partir de 5 heures de l’après-midi jusqu’au lundi 15 octobre à la même heure, a été prise. Une note sera envoyée sous peu aux compagnies aériennes du monde entier », a indiqué mercredi soir au Nouvelliste Jean Marc Flambert, DG de l’Ofnac, régulateur du transport aérien en Haïti.

« Nous ne pouvons pas proposer d’alternative si l’aéroport est fermé. Les deux options les plus proches du Cap-Haitien ont des handicaps. La piste utilisée à Pignon par des missionnaires n’est pas réglementaire. Celle de Port-de-Paix non plus », regrette Flambert.

Fermé ou pas l’aéroport international du Cap-Haitien d’ici vendredi et pour les cinq semaines qui viennent ne tient qu’à un fil. Ou à quelques coups de fil.

Frantz Duval

Credit: Le Nouvelliste

 

 

Office des postes d’Haïti : Vers un changement de direction

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John Smith Sanon smithsanon@gmail.com Twitter: @smithsanon
L’office des postes d’Haïti (OPH) cherche à se forger une nouvelle image. L’institution vient de présenter son tout nouveau logo qui symbolise sa volonté d’offrir désormais un service rapide, efficace et de qualité. Ce logo a été conçu par Mme Pascale Blanchard, dans le cadre d’un concours lancé par l’OPH, en juillet dernier.

Le nouveau logo de l’OPH a été choisi par le conseil d’administration de l’institution de concert avec des professionnels du graphisme. La poste veut s’engager à satisfaire les besoins de la population en offrant de meilleurs services. « Tenant compte de la nouvelle vision que nous désirons concrétiser, Mme Pascale Blanchard nous a offert un logo qui explique notre nouvelle philosophie », souligne la directrice générale de l’OPH, Mme Régine Godefroy, qui estime que le renforcement institutionnel et la qualité des services de l’Etat passent obligatoirement par la création d’une identité visuelle adaptée.

Une prime symbolique de 25 000 gourdes a été remise à la gagnante du concours de logo organisé par l’OPH du 25 juillet au 8 août 2012. Graphiste de profession, Mme Pascale Blanchard a présenté un logo de couleur bleu et orange (un grand oiseau transportant une enveloppe) avec un slogan très bien accueilli par l’Office des postes : « Simplifiez votre vie ». « Nous avons voulu faire la différence; les anciens logos étaient toujours bleu et blanc, ce qui rappelle un poste de police », explique-t-elle, estimant que ce nouveau mélange apporte un appui visuel à ce que vise la poste : la dynamique et la modernité.

« Simplifiez votre vie »

C’est tout un plan de redressement que renferme le nouveau slogan de l’OPH. « Aujourd’hui est comme le premier jour d’existence de l’Office. Nous allons commencer à entamer les changements qu’il faut au niveau des infrastructures, des services et transmissions de documents », informe la directrice générale de l’OPH.

Le rêve de Mme Godefroy est non seulement d’opérer une véritable restructuration au niveau de la logistique et de l’acheminement des courriers et colis, mais aussi d’élargir les services de l’institution qu’elle dirige. La poste va se transformer prochainement en un véritable centre multiservices qui donnera la possibilité de payer plus facilement les services publics (EDH, ONA, etc.), d’acheter des minutes téléphoniques. L’OPH veut aussi contribuer à décentraliser les services des Archives nationales et à faciliter les échanges entre les institutions de l’Etat.

L’Office des postes d’Haïti a connu bien des déboires dans le temps qui l’ont empêché de remplir pleinement sa mission qui est la gestion et la distribution du courrier local et international. La situation s’est davantage aggravée après le tremblement de du 12 janvier 2010 qui a sapé ses bases. « Nous avons trouvé l’OPH dans une situation financière très délicate, mais avec le support du ministère du Commerce et celui des Finances, nous avons commencé à réaliser les changements que nous prônons », déclare celle qui a pris les rennes de l’Office des postes d’Haïti  le 9 juillet 2012 et qui a tout de suite lancé un concours pour changer de logo, se forger une nouvelle image.

Bientôt, des boîtes postales seront installées un peu partout à travers le pays avec des services de collecte journalière de courriers. Les bâtiments, véhicules et uniformes des facteurs porteront le nouveau logo. L’informatisation de la poste est aussi envisagée.

Pas moins de 500 employés dont environ 300 facteurs travaillent actuellement à l’Office des postes d’Haïti qui dispose pour l’année fiscale en cours d’un budjet de 18 millions de gourdes. Le budget pour le prochain exercice est de 28 millions de gourdes, cette augmentation est due aux démarches entreprises par la directrice générale auprès du Parlement.

John Smith Sanon smithsanon@gmail.com Twitter: @smithsanon
 Credit: Le Nouvelliste

Apaid écrit au président Martelly

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 André Michel Apaid
« Ceux qui vous connaissent respectent votre bravoure et votre témérité. Aujourd’hui, c’est à votre sagesse et à votre perspicacité que je fais un dernier appel public. » Dans une lettre adressée ce 5 septembre au Président de la République, André Michel Apaid, plus connu sous le nom d’André Apaid Junior, fait le point sur ses relations avec Michel Joseph Martelly, retrace une partie de l’histoire de sa famille et de notre pays. Ancienne tête d’affiche du Groupe des 184, Apaid, dans sa lettre, dont le journal a reçu une copie, amène sur le terrain politique l’interdiction de départ émise contre lui et d’autres hommes d’affaires pour une question de recouvrement de créances par la Direction Générale des Impôts (DGI). Nous publions l’intégralité de cette correspondance.

Monsieur le Président,

Tout d’abord je vous  prie d’excuser le ton de cette lettre que je crois justifié. A chacune des rares rencontres que nous avons eues j’ai toujours fait de mon mieux pour vous dire franchement et constructivement les choses. Cette fois-ci, pour des raisons évidentes, je me trouve dans l’obligation de vous adresser une lettre ouverte.

Quatre jours après que je vous ai  exprimé en public ma préoccupation de voir notre pays s’orienter vers une grave crise politique due à l’érosion de la confiance dans le processus électoral, j’ai été surpris de me retrouver bloqué à l’aéroport à l’occasion d’un voyage d’affaires important. En effet, le 30 aout, au Karibe, j’ai pris mon courage pour vous dire que la perception de l’implication de l’Exécutif dans la crise du CSPJ allait être à la base d’une détérioration de l’autorité morale de votre gouvernement et je vous invitais à rectifier ce qui aujourd’hui est évident pour tout le monde.  J’ai parlé durant 6 minutes, vous avez pris près de 20 minutes pour me répondre et pour m’exprimer de manière forte et passionnée votre désaccord.

Vu que je n’ai aucun doute que le Commissaire du gouvernement agit en votre nom et pour de multiples raisons politiques, je vais me permettre, tant pour la réputation de ma famille que par amour pour la patrie et le peuple haïtien qui sont en souffrance et en attente de solutions réelles à leurs problèmes, de vous inviter à une autre approche, si possible.

Mon père est connu pour avoir été un homme très courtois mais très courageux. Il a subi la prison au Fort Dimanche et un exil qui a duré 2 ans alors que 2 de ses enfants étaient retenus en otage en Haïti en 1962. Il a souffert cet exil à cause de son courage à amener au Sénateur Thomas Désulmé, alors en exil à la Jamaïque, ses 2 plus jeunes enfants ainsi que son épouse parce que ses 2 ainés venaient d’être tués par des membres du corps des VSN. Par la suite, M. Duvalier s’est excusé auprès de mon père au Palais, lui disant que son  exil était dû à une erreur des hommes en kaki. Mais le mal était fait. Durant ces 2 années d’exil et durant les années qui ont suivi cette période, alors que le monde entier s’ouvrait autour de nous, se démocratisait et se modernisait, j’ai observé ce que la peur avait fait aux plus pauvres, aux classes moyennes, aux élites économiques et intellectuelles de notre pays. J’ai constaté avec peine combien d’hommes et de femmes de caractère, après beaucoup d’années de souffrances, étaient amenés ou forcés à laisser le pays ou à faire des compromis avec leurs convictions et leurs rêves de bien faire pour contribuer à une Haïti qui soit bonne pour tous ses enfants. Je vous écris tout cela pour que vous compreniez que sans être nécessairement téméraire, j’ai toujours demandé à Dieu de m’aider à surmonter ma peur car ce constat dont j’ai parlé plus tôt m’a troublé et révolté. Je suis convaincu que tant qu’on ne surmontera pas cette peur, et tant que ceux qui nous gouvernent ne comprendront qu’ils ne doivent pas l’utiliser, on n’aura ni la démocratie, ni la créativité, ni la liberté, ni la confiance devant amener le niveau d’investissement nécessaire à changer la situation du peuple haïtien.

J’étais jeune mais j’ai bien vu et compris comment M. François Duvalier et son gouvernement, ayant besoin d’argent, avaient fait arrêter et attacher avec leurs ceintures de pantalon, les pères de plusieurs des jeunes commerçants d’aujourd’hui, beaucoup d’entre eux d’origine levantine ou de sang mêlé comme moi. Ils avaient été forcés de marcher à travers le marché de Croix des Bossales les pieds nus afin de les humilier, d’instaurer une peur bleue et d’obtenir les fonds qui nourrissaient la corruption du système d’alors. Je me suis confirmé à moi-même qu’un pouvoir qui intimide et fait peur à son secteur privé, ne facilite pas les investissements mais souvent prépare la soumission de quelques membres de ce secteur à rentrer par les portes arrières du Palais pour venir faire ensemble de l’argent. Tous les modèles passés et récents nous ont prouvés que ce type d’approche  n’amènera, ni à la démocratie, ni la créativité, ni la liberté, ni la confiance devant conduire au niveau d’investissement nécessaire à changer la situation du peuple haïtien.

En janvier de cette année, je me trouvais déjà en désaccord avec votre gouvernement sur certains changements et après la visite d’un de vos amis et conseillers à mon bureau me demandant de laisser tomber ce support à Monsieur Conille, j’ai vu mon nom écrit sur les murs de Bourdon à Port-au-Prince, me traitant de voleur et me disant « de laisser travailler le Président Martelly ». Il était clair, dès lors, que j’étais sur une liste spéciale, d’autant plus que d’autres fausses accusations plus graves venant de votre bureau m’ont été communiquées par plusieurs voies officielles.

Malheureusement Monsieur le Président, ce que je vous ai dit timidement déjà, je me sens obligé de vous le dire publiquement et clairement: on ne s’en sort pas si ce que vous sentez ou la satisfaction de vos émotions continuent à être pour vous le plus important. Ceux qui vous connaissent respectent votre bravoure et votre témérité. Aujourd’hui, c’est à votre sagesse et à votre perspicacité que je fais un dernier appel public.

Avec vous on peut beaucoup faire. Sans vous on va se perdre avant de se retrouver. Il y a 72 jours, à votre retour du Brésil, j’ai trouvé un membre de votre famille au téléphone pour demander une rencontre au cours de laquelle je voulais vous exprimer comment un groupe restreint et progressiste du secteur privé viendrait vous exposer un plan de création de 150,000 emplois sur 6 à 8 ans, pouvant amener 1.5 Milliard de dollars US d’exportation annuelle à notre Haïti. J’ai insisté et attendu pour vous le présenter, afin de vous faire rêver et  de mettre en place la machine; tout ceci, conditionné par votre volonté politique de réussir ce défi. J’étais confiant dans le moment et dans l’opportunité. Je dois vous dire, Monsieur le Président, que quand je sens la peur s’installer chez mes confrères, qu’ils ne sont pas mis à l’aise pour jouer leur rôle, que la peur et la flatterie commencent à s’installer de manière rampante dans les autres secteurs, je suis convaincu que tout va malheureusement mal se passer et que nous allons encore reculer pour le malheur du pays et de nos frères et sœurs. Sur ce chemin, vous n’amènerez pas le niveau d’investissement nécessaire à changer les conditions de vie du peuple haïtien surtout si la peur s’« institutionnalise ». Par contre, notre pays gagnera tout quand vous inspirerez la confiance et éventuellement l’admiration. Tant dans la constitution de

l’équipe du gouvernement que dans certains actes et certaines approches, il m’a semblé, à un moment donné, pouvoir espérer…

Il est tout à fait normal que votre gouvernement prenne des dispositions pour que les contribuables remplissent leurs devoirs et paient leurs taxes afin que se redistribuent équitablement les richesses créées. Lisez le projet de Contrat Social que nous avons aidé à rédiger après tant de consultations  et vous comprendrez que je suis sincère quand je le dis. Cependant, l’approche du Directeur de la DGI ainsi que celle du Commissaire du gouvernement sont arbitraires et à l’encontre de toutes vos intentions d’amener les investissements massifs nécessaires à créer la richesse et à changer la condition de vie de nos frères et sœurs haïtiens. Les paroles du Commissaire du gouvernement sur les ondes, la sortie malicieuse de la liste de commerçants et d’industriels, sa transmission orale et précipitée à l’immigration, me confirment qu’il y a des motifs ultérieurs.  Quant aux succès de la DGI ou de la Douane à rentrer plus d’argent, cela doit se produire correctement  ou ceci peut être considéré comme une rançon. Le renforcement de l’Etat et l’utilisation appropriée de son appareil coercitif sont nécessaires mais ils ne doivent, par des abus ciblés, amener une peur généralisée.

Il est tout à fait noble que vous créiez une fondation à vocation sociale. Cependant, Monsieur le Président, avec la peur qui s’installe dans le pays, aussi bien intentionné que vous puissiez l’être, il se développe aussi une perception que si, le mois prochain, cette fondation ou votre nouveau Parti devaient simplement appeler des individus à contribuer, les caisses de ces institutions se rempliraient en espèces plus vite que celles de la DGI ou de la Douane. Je suis certain que vous n’avez pas intérêt à renforcer cette perception.

Pour ma part, je prendrai des dispositions sous peu pour édifier le public sur les faits et les conséquences de cette affaire. Malheureusement pour moi, mon nom sur les murs ou passer la fin de votre mandat en prison ont le même effet sur ma personne, car, depuis longtemps, je me suis résigné à faire tous les sacrifices pour aider notre pays à sortir de sa situation.

Je ne vous demande pas de me rendre la faveur de vous pencher  sur le dossier qui aurait causé que mon nom soit mis sur la  liste d’interdiction de départ. Je vous prierais de préférence de trouver un moyen pour corriger le faux pas d’avoir mis plus de 60 hommes et femmes d’affaires sur une liste d’interdiction de départ, de manière indiscriminée, précipitée et selon une procédure sans précédent.

En attendant, j’ai prié mon conseil d’avocats de préparer une procédure judiciaire contre le gouvernement. Le geste posé à l’aéroport a des conséquences graves tant sur l’avenir de certaines de nos entreprises que sur la capacité de notre famille à continuer à créer des emplois dans un tel contexte.

Malgré mon angoisse pour le pays, recevez, Monsieur le Président, mes salutations en la Patrie,

 

André Michel Apaid
 Credit: Le Nouvelliste

La démolition du Palais national est imminente

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Ce jeudi, à partir de neuf heures du matin, quatre pelleteuses et des dizaines de techniciens et de manœuvres vont abattre les ruines du palais national, a appris Le Nouvelliste.

« Les dispositions techniques sont arrêtées. Les zones interdites d’accès délimitées. Les employés du palais savent où ils ne doivent pas passer. Les tracteurs entrent en action à neuf heures du matin»,  a confirmé un haut responsable du cabinet privé du président de la République, Michel Martelly, mercredi soir.

Sur place, mercredi, des dizaines d’employés de l’ONG de Sean Penn s’activaient à évacuer des ruines du palais des meubles et quelques boîtes abandonnées par l’intendance de la résidence officielle du chef de l’Etat, a constaté sur place une équipe du journal autorisée à faire un dernier reportage avant la démolition.

Quatre pelleteuses sont alignées de front devant ce qui reste du péristyle du palais. Des bandes jaunes restreignent la circulation. Le long des grilles en fer recouvertes d’une bâche verte, des dizaines de badauds discutent de l’orientation qu’ils souhaitent que prennent les travaux de la démolition de cet édifice mythique.

Comme pour de nombreux autres chantiers en cours dans le pays depuis des mois, il n’y a pas eu d’appels d’offres. Tout se passe dans l’opacité la plus totale, déplorent plusieurs observateurs.

« Ce gouvernement qui communique sur tout n’a pas présenté le plan des travaux ni indiqué ce qu’il adviendra du palais », se plaint un ingénieur.

« Il n’y a même pas le chapeau légal d’une loi d’urgence pour sauter les procédures de passation de marchés. Pressé, ce gouvernement ne se protège pas », regrette cet ingénieur qui déplore que la majorité des contrats, dont celui de la démolition du Palais national, échappent aux professionnels haïtiens.

Devant le Palais national, les curieux ne se posent pas de grandes questions, mais les pronostics vont bon train sur l’architecture, les délais et sur le coût de cette opération démolition/reconstruction.

« Martelly travaille pour nous donner un nouveau palais, ceux qui parlent peuvent continuer à le faire: sa caravane avance… », lâche un partisan du président interrogé par le journal. Un sentiment qui est encore celui de la majorité de la population peu intéressée, pour le moment, à se poser de questions.

 

Frantz Duval
Credit: Le Nouvelliste