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Olivier Duret n’a pas quitté Kon’Beat

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Kon’Beat existe bel et bien. Nous avons juste pris une pause, et Olivier Duret n’a pas quitté le groupe ! », affirme Mikaben.
En effet, depuis plus de trois semaines, Kon’Beat fait parler de lui suite aux rumeurs du départ d’Olivier Duret du groupe. Et le chanteur avait même reconnu qu’il y avait un malaise entre lui et certains responsables. Il avait aussi évoqué la possibilité de la tenue d’une conférence de presse pour tout éclaircir. Entre-temps, des informations avaient fait croire qu’Oli était sur le point de retourner à T-Vice. Contacté à ce sujet, l’artiste avait choisi de ne pas en parler.
De son côté, l’équipe de Kon’Beat n’avait jamais réagi dans la presse locale sur le dossier du supposé désistement de leur chanteur.
Finalement, dans une interview qu’il nous a accordée cette semaine, Mika nie qu’il y aurait des problèmes au sein de Kon’Beat. « Il y a eu beaucoup de rumeurs, mais Olivier Duret n’a pas quitté le groupe. Kon’Beat existe encore. Nous avons seulement pris une pause parce que nous avons beaucoup de projets importants qui prennent le dessus. On reviendra quand il le faudra », a déclaré Mikaben.
En ce qui a trait à une éventuelle réintégration d’Oli Duret au sein de  T-Vice, Michaël Benjamin affirme ne pas en être informé. Naïveté ou diplomatie ?
Enfin la vidéo de « Ayiti Se… » !
Mikaben. Est-ce le nouveau projet de groupe musical de Mika ? En tout cas, pendant que Kon’Beat, dit-il, est en pause, Mikaben lance lui-même ce mercredi 5 décembre 2012, dès 7 h pm, à Garden Studios, à Pétion-Ville la vidéo de sa chanson «Ayiti Se…»
Le visionnage de ce clip sera suivi d’un cocktail et d’une courte prestation live de Mikaben.
«Haïti est un diamant à l’état brut dont les éclats doivent être reconnus d’abord par son propre peuple…», dixit Michael Benjamin.

Gilles Freslet (gillesfreslet@yahoo.fr)
Credit: Le Nouvelliste

Ils ont réveillé le maestro Nemours Jean-Baptiste

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 Nemours Jean-Baptiste  sombrait déjà dans l’oubli. Cette nouvelle génération d’Haïtiens ne connaît pas le père du « Compas direct » ou du moins, elle en a entendu parler de façon sporadique  au cours de certaines  émissions « retro » . Très peu de signes manifestes ont aidé à conserver les souvenirs de ce grand chef d’orchestre qui a marqué son époque . Les jeunes animateurs de musique populaire en parlent  très peu , parce que, sans doute, ils ne disposent pas d’informations . Les pouvoirs publics n’ont pas fait assez d’efforts pour hisser Nemours Jean-Baptiste au tableau d’honneur .

               Il paraît pourtant que tout espoir n’est pas perdu pour la sauvegarde du patrimoine et de la culture nationale . Richard Devil a frappé fort sur la table en annonçant une conférence-débat sur Nemours Jean-Baptiste à l’auberge de la Radio télévision nationale d’Haïti le dimanche 23 septembre 2012 à 4h p.m. C’est une initiative très louable qui mérite d’être encouragée . C’est un geste de grandeur et de revalorisation fait à l’égard d’un des plus grands musiciens du siècle passé.

« Et Cetera marketing» et la RTNH ont fait de leur mieux pour arracher  le maestro de son profond sommeil en confiant la tâche  à des panélistes dont la réputation n’est plus à faire pour enseigner la leçon « Nemours Jean-Baptiste » aux apprenants qui ont fait le  déplacement. Nous apprécions à sa juste valeur l’effort qui a été fait ; cependant certaines corrections sont nécessaires pour parler d’un homme aussi important, nous parlons du maestro Nemours Jean-Baptiste.

Influences  de Nemours Jean-Baptiste sur l’économie du pays

Pour répondre à une invitation de l’orchestre  Nemours Jean-Baptiste à Cabane Choucoune à Pétion-Ville, il fallait faire beaucoup d’efforts, chacun des efforts produits par le mélomane  alimente un secteur d’activités. Nous n’allons pas les énumérer tous, mais nous pouvons prendre quelques exemples juste pour soutenir notre argumentation:-on envoie son costume chez le nettoyeur,-on s’assure que la voiture est en bon état de fonctionnement avec de l’essence,-on paie les billets d’entrée; puis on consomme et on donne des pourboires pour le service, pour la surveillance de la voiture. Chacun de ces gestes va dans des secteurs spécifiques. Peut-être qu’on ne prend pas assez de temps pour réfléchir sur la question.

           Une soirée dansante comme activité principale crée autour d’elle des activités  secondaires génératrices de revenus. Tout le monde vibre. Plus il y a des gens à faire le même mouvement, plus cela renforce et stabilise les secteurs. Lorsque cela se produit avec une certaine fréquence, l’argent change de main facilement et rapidement, il y a une grande circulation monétaire qui rend tout le monde joyeux.

              L’activité principale est la soirée dansante qui est la variable indépendante ou la proposition principale. On ne peut  pas avoir de propositions subordonnées sans proposition principale. Celui qui multiplie ces activités est un agent économique important. On parle très souvent du musicien  lorsqu’on se réfère au maestro, mais on néglige trop souvent l’aspect économique de la soirée dansante.

       Un homme qui a fait circuler tant d’argent, créé autant d’ouvertures et stabilisé tant de secteurs, ne trouve pas d’institutions de renom pour sponsoriser une conférence-débat  donnée  en son nom. On oublie vite. On oublie trop vite. Ne rêvez pas. Nous parlons de Nemours Jean-Baptiste.

             Nous disons un grand merci à la Croix-Rouge haïtienne, une institution qui n’a tiré aucun bénéfice direct de l’orchestre Nemours Jean-Baptiste, de nous avoir permis de vivre ce moment mémorable en l’honneur du maestro. M.  Devil a travaillé avec les moyens du bord. Nous avons vu le pamphlet, Nemours mérite mieux que cela ! M. Devil, ne vous arrêtez pas en si bon chemin, c’est sûr que vous aurez toujours le soutien de ces intervenants qui l’ont connu de même que l’appui du DG de la RTNH, persévérez, la victoire n’appartient  qu’à ceux qui luttent.

        L’organisation du panel

Les panélistes sont des instructeurs, c’est-à-dire des gens qui détiennent l’information et qui sont décidés de la communiquer. Le maestro étant un personnage à plusieurs casquettes , il faudrait:

 1)- un panel aussi diversifié que le maestro lui-même;

2)- donner plus de temps aux panélistes pour qu’ils  développent leurs moyens;

3)- parler autant du citoyen Nemours Jean-Baptiste que du maestro;

4)- Pour un sujet aussi important, un dimanche 4 h de l’après-midi ne représente ni l’heure, ni le moment idéal pour une invitation de cette envergure;

5)- présenter le maestro en images avec son équipe, en pleine répétition et  sur scène;

6)- tourner la musique de l’orchestre pendant les temps morts;

7)- respecter les invités en commençant à l’heure;

8)- inviter les médias à couvrir la conférence et la considérer comme un évènement culturel sans précédent ;

9)-présenter des propositions concrètes pour faire connaître le maestro de toutes les générations d’Haïtiens;

10)- décorer la salle avec les couleurs de l’orchestre;

11)- parler surtout de la vie du maestro après sa retraite;

12)- exposer tout ce qu’on trouve sur la vie de l’orchestre et sur l’homme avant la conférence ;

13)- pour parler d’un agent économique  aussi influent, il faut des sponsors importants pour  vendre l’image de l’institution et le produit Nemours Jean-Baptiste.

Les intervenants ont promis de donner une suite favorable à cette grande première . Sponsors, à vous de jouer !

 islamlouisetienne@yahoo.fr

Credit: le Nouvelliste

Solitude ( Beegens)

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Saaaa se timoun Leyogann kap evolue nan Canada. Ann apresye videyo saaaa.

Kraze brize ( Don Beegens) Wikinson D’Haiti

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Fe yo we-w/Gabel

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3 nouveaux musiciens ont intégré le groupe karizma, découvrez qui ils sont.

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Le groupe Karizma vient de faire peau neuve. Daniel Pierre Paul, Jodany Petit-Frère et Davidson Bastien remplacent trois musiciens dont le maestro Roody Delpe ayant fait défection au sein du groupe.

 

Daniel Pierre Paul et Jodany Petit-Frère sont les nouveaux « keybordistes de cette formation musicale alors que Davidson Bastien s’est vu confier le poste de « gongiste ».

 

Les responsables disent prendre la décision de recruter ces nouveaux musiciens en vue de combler l’attente de leurs mélomanes. Ils en ont profité pour féliciter les nouveaux recrus qui, selon eux, sont très talentueux.

 

Pour sa part, le chanteur du groupe Emery, s’est félicité et se dit satisfait du professionnalisme dont ces musiciens font montre. Il dit espérer que ces derniers vont mettre leurs talents et leur savoir musical au service du groupe pour rehausser le compas direct.

 

Issus chacun de familles chrétiennes, les nouveaux venus ont saisi l’occasion pour remercier les responsables du groupe, disant être disposé à donner le meilleur d’eux-mêmes.

 

« Nous allons travailler très dur. Nous allons faire preuve de beaucoup de discipline en vue satisfaire non seulement nos fans mais aussi tous les amants du compas direct », ont-ils promis.

 

aajovani005@yahoo.fr

James Jovin

Ralph Condé, pour le respect des aînés

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L’exceptionnel Ralph Condé a signé, le mercredi 29 août 2012, son quatrième album solo titré « Respè » à Garden Studio, la nouvelle coqueluche de la rue Grégoire, à Pétion-Ville. Ce dernier opus se veut un hommage bien mérité aux monstres du compas qui ont marqué toute l’histoire de la musique haïtienne durant ces trente dernières années.

Le talentueux guitariste vedette de la formation musicale Nu-Look, sinon l’un des meilleurs de la nouvelle génération, a transformé les salons du Garden encombrés de divans chics en une soirée chaude, bien moussée et inoubliable. Un public timide composé de musiciens, d’animateurs de radio et de télé a vogué à travers l’univers musical de Ralph.

Le premier plat a été servi par notre rocker haïtien, Yohann Doré, fils du réalisateur Joe Doré. Ce leune leader d’un mouvement musical jusqu’ici incompris du public haïtien nous a encore une fois impressionnés par son talent et son style qui n’ont rien à envier aux autres musiciens de sa génération. Avec sa voix unique secondée des cordes magiques de sa guitare, il a interprété plusieurs titres gravés sur son tout premier disque, « Ayiti men rock ».

11 h 30. Un entracte d’une dizaine de minutes laisserait deviner qu’on est prêt à assister à un beau spectacle. Entre-temps, on rit entre copains et amis. Les verres, à moitié remplis du rhum des connaisseurs, se trinquent. Jusqu’au moment où Ralph, simple, sympa et élégant, entraîne les spectateurs avec sa première interprétation, une composition de Skah Shah #1 titrée « Haïti » dans une ambiance surchauffée. Les spectateurs, visiblement friands de bonne musique, s’en sont délectés. Cette soirée s’est fait l’écho des notes enivrantes de sa guitare qui rappellent non seulement « Papach », mais les heures de gloire qu’a connues la musique haïtienne ici comme ailleurs.

Sur scène avec Ralph, des musiciens connus et respectés de l’industrie musicale en Haïti (le bassiste de Tabou Combo, Yves Albert Abel ; le batteur Ruddy Nau, fils de Herman Nau ; le tambourineur Serge Laguerre, Sergo ; Robert Martino ; sans oublier le pianiste Edgar Grand-Pierre) ont amusé le public avec des titres comme « Tu peux mettre » de l’immortel Coupé Cloué, « Bebe Paramount » de Tabou Combo, « Bouki ak Malice ».

Cette soirée a été aussi l’occasion de découvrir un jeune musicien qui, jusqu’ici, était dans l’ombre : le keybordiste Pascal, originaire de Ouanaminthe. Un moment haletant, où le public a pu apprécier ce talent qui se confirme et qu’il faut suivre de près.

Cette vente-signature, reportée à cause de la tempête Isaac, s’est déroulée dans une ambiance chaleureuse, un air de famille. Les lèvres des spectateurs suspendus aux derniers mots de Ralph semblent encore dire : « Si tu t’en vas, je ne pourrai plus chanter. » Mais il promet de revenir dans nos murs bientôt.

« Respè », une conception différente de la musique

Ralph est à son quatrième album solo. Ce véritable coup de maître est salué tant par les professionnels de la musique que par les aimateurs de médias. Cet album quasiment en version instrumentale comprend dix titres. Un opus qui se veut un hommage à l’ancienne génération. Mais le projet était surtout d’inviter le public en général à apprécier la qualité d’une bonne musique de par sa conception et de son approche artistique. Cet album est révélateur d’un Condé plus créatif, en quête de nouveauté et désireux d’offrir au public haïtien un bien meilleur produit. On y retrouve des interprétations comme « Latibonit-ô » et « La vie musicien » en version salsa.  Plusieurs autres artsites ont participé à sa réalisation comme Tico Pasquet, T-Fanfan, François Sergo Décius, Ralph Blanchard, Touko Bouzie et Dadou Pasquet. Des sonorités qui dévoilent le nec plus ultra du konpa, et qui présentent même un bel aspect de la musique latine. La démarche artistique de Ralph Condé traduit son intention de ne plus vouloir se limiter au kompa. Son dessein est de s’ouvrir au monde pour qu’enfin la musique haïtienne devienne une référence en matière musicale dans la Caraïbe, les pays latino-américains… comme c’était le cas dans les années 70-80.

Rosny ladouceur rosnyladouceur@gmail.com ladouceur@lenouvelliste.com
Credit: Le Nouvelliste

Giordany Joseph un génie vivant dans l’oubli

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Jacques Louis Etienne

Le Tropicana night-club était plein à craquer, ce qui est tout à fait normal pour un bal d’anniversaire. La chaleur était intense et le public attendait avec impatience le début des festivités. Un groupe de jeunes danseurs débuta le spectacle et le moment tant attendu arriva: thème musical de l’orchestre et pour tout le monde la surprise de la soirée: l’apparition de Giordany Joseph comme chanteur-vedette pour commencer les festivités avec la composition « belle fête ». A ce moment des gens s’approchèrent de l’orchestre pour prendre Giordany en photo, utilisant même leur téléphone portable pour immortaliser ce moment.

                Le temps est une arme à double tranchant. Il fait grandir les hommes et les institutions, guérit les malades et console les affligés. Il détruit aussi les étoiles, met au rancart certains professionnels, fait disparaître des valeurs et des habitudes. Il fait aussi oublier des grands artistes qui ont bercé notre jeunesse  et marqué notre époque. Radiographie d’une des figures de proue de l’orchestre Tropicana, un homme qui a associé sa voix depuis longtemps déjà aux différentes compositions de ce groupe mythique. Une légende qui sombre déjà dans l’oubli. Il s’agit de l’ex chanteur vedette de l’orchestre Tropicana Giordany Joseph, alias « Gros monsieur », surnom donné par les Capois.

                Né Pierre Féquière Joseph, le 17 Octobre 1937 à Terrier- Rouge, « Gros Monsieur » adopta le nom de Giordany donné par son parrain, Jolicoeur Joseph. Il en fit son nom de scène, son nom d’artiste. Comme beaucoup d’étoiles, il exerça son talent dans la chorale de l’église et brilla dans une représentation théâtrale comme acteur principal dans le rôle de sentinelle.

                A l’âge de 15 ans, il rentra au Cap-Haitïen pour  poursuivre ses études et continua à chanter dans la chorale de son église. Un peu plus tard, il rejoint l’orchestre Citadelle du Nord sous la direction de Jacques Montpremier et Jean Martel Dorsainvil. C’est dans ce groupe qu’il rencontra son ami Hervé Casséus, qui avait l’habitude de jouer avec l’orchestre Tropicana quand il avait besoin d’un accordéoniste. A la disparition de l’orchestre Citadelle du Nord, Hervé rejoignit définitivement l’orchestre Tropicana. Il invita par la suite Giordany  à le rejoindre.  Celui-ci hésita. Charlemagne Pierre Noël et Emmanuel Turenne, respectivement directeur musical et maestro à l’époque, arrivèrent à le convaincre.

                C’est ainsi qu’en mars 1968, Giordany Joseph fit son entrée  au sein de l’orchestre Tropicana d’Haïti et se distingua avec les chansonnettes françaises, les boléros et spécialement les pots-pourris. Son premier pot-pourri  était « solamente una vez ». Parmi les grands chanteurs capois, Giordany était une référence sûre, sa  voix remplissait l’orchestre dans tous ses compartiments. Il était devenu un chanteur de charme avec les chansonnettes françaises et ses boléros, dont lui seul avait le secret. Dans son style, il était unique. L’artiste était un parolier extraordinaire. Il a ajouté au répertoire de Tropicana des textes mémorables comme: « Rosemarie », « Marie Madelaine »,  « Rosie » et « Philomise » que Charlemagne et Larivière avaient orchestrés. Son texte de prédilection était « Le Nègre », arrangé par le professeur Jean Janvier Muselaire.

                Une institution ne vaut rien sans les hommes. Sa renommée et son existence sont conditionnées par la discipline, la performance et l’expérience de ses membres. Au fil des ans, elle est appelée à renouveler ses cadres pour conserver un certain standing, lutter contre la concurrence et améliorer la qualité de ses services à la population. Aucune institution ne saurait traverser deux générations avec la même équipe. Certains changements s’imposent de fait ; d’autres sont occasionnés par les décès, la maladie et aussi par  intime conviction.

                On ne connaît pas une institution si on ne connaît pas son histoire. On ne connaît pas cette dernière si on ne connaît pas celle des hommes qui la composent ou qui lui ont donné naissance. Il faut revenir de façon permanente sur ce passé glorieux pour camper ces différents acteurs, qui font la fierté de la population du Nord, et des fanatiques de Tropic en particulier.

                Pour avoir 50 ans aujourd’hui, l’orchestre a commencé à partir de rien avec des gens n’ayant aucune expérience, mais animés du désir d’apprendre et la volonté de servir. Chemin faisant, ils se sont révélés des élèves studieux et performants jusqu’à devenir des étoiles qui brillent partout. L’interchangeabilité des acteurs n’a rien modifié à l’ossature et à la force de frappe de l’orchestre Tropicana, qui se veut l’Orchestre de toutes les générations.

                Ses pionniers qui ont commencé et qui par la force des choses ne sont plus aux commandes, il faut parler d’eux. Il ne faut pas consommer le jus sans parler du fruit. Cette jeunesse qui court après l’orchestre Tropicana doit connaître ceux qui ont commencé, ceux qui ont posé la première pierre de cette citadelle que nous vénérons tous. Tropic a une histoire, il faut qu’elle soit écrite. L’histoire de ses étoiles qui ont brillé les unes après les autres jusqu’à leur disparition doit être aussi écrite.

                Personne n’est personne sans personne. Cette publication a été possible grâce aux efforts conjugués de plusieurs personnalités, dont la plaque tournante Mme Emila Hilaire, qui a harmonisé les rapports malgré les difficultés; l’infatigable ingénieur Joubert Constant, qui n’a rien ménagé pour atteindre cet objectif; notre ami Rilou Hilaire, qui a mis toute une logistique à notre disposition avec ses conseils techniques et le « Phébé » (pièce d’importance) boss Paul Pierre mon très cher parrain, un homme de terrain à qui rien n’échappe et qui a fait toutes les coordinations.

                Et enfin à l’artiste lui-même qui, spontanément, a coopéré à la réalisation de ce texte. Nous lui disons merci d’avoir prêté sa voix pendant toutes ces années à nous raconter des scènes de la vie quotidienne qui  ont fait de l’orchestre Tropicana l’un des tous premiers de la ville du Cap, et d’avoir aidé à l’émancipation de l’art haïtien. Giordany Joseph, tu mérites de la patrie. Que ton nom soit gravé en lettres  d’or dans les annales de l’orchestre Tropicana d’Haïti et sur ce patrimoine culturel, qui est aussi ton œuvre et que les générations à venir sachent que tu as été l’une des colonnes de cette œuvre colossale qu’est l’Orchestre Tropicana qui a survécu deux  générations avec honneur, fierté et mérite et qui se prépare à en affronter bien d’autres!

                A tout ce monde qui nous a permis de mettre en relief, d’une part, l’orchestre Tropicana qui se produit sans relâche depuis 50 ans et qui a atteint une certaine notoriété dans la musique  haïtienne et,  d’autre part, à l’artiste Giordany Joseph, un monument qu’on a tendance à oublier, qui jouit de notre estime et qui représente l’une des anciennes gloires qui fait la fierté de l’orchestre, nous leur disons merci. Qu’ils trouvent ici l’expression de notre profonde gratitude!

 Jacques Louis Etienne

Pas d’âge pour aimer Tabou-Kassav

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J’ai leurs DVD, je connais leurs textes par coeur, je suis un mordu de leur musique… Mais je n’avais jamais été à un de leurs concerts, jusqu’à vendredi dernier. Deux ténors caribéens, deux bands qui me tiennent toujours en haleine… Cette fois sur une même scène, pour un moment unique, le groupe Kassav de la Guadeloupe et notre Tabou Combo national.

J’arrive au Parc historique en pleine prestation de Kassav. Zut ! ils ont déjà commencé… « Kay manman latè te tranble. » En effet, je tremble d’impatience dans la longue file d’attente qui présage de la foule qu’il y a à l’intérieur. Sans retenue, je l’avoue, je passe devant plusieurs personnes et je pénètre dans l’enceinte attrayante et grouillante de bonne humeur.

En deux pas je me mélange à la masse en liesse, et en un souffle l’euphorie m’envahit. M vin danse pou tout kòb mwen ! Jocelyne Béroard, la diva de Kassav, me le rend bien avec « Solèy », « Tim tim », « Siwo », interprétés avec toute la ferveur d’il y a vingt ans… Jean-Philippe Marthély, à la fois calme et alerte, ne fait qu’en rajouter avec « Rete » et « Madjana » ; et surtout avec ses impressionnants talents d’animateur qui devraient bien faire des émules parmi nos musiciens. La foule devient rapidement « la bande à Pipo ». Jacob Desvarieux, quant à lui, toujours en cerise sur le gâteau, avec son indescriptible voix, finit de créer le délire avec « Soulaje yo » et le célèbre « Zouk la se sèl medikaman nou ni ».

L’entracte est assuré par notre bon vieux Valmix (je ne l’ai pas vu sur le carton d’invitation, a-t-il encore changé de nom ?). Mon adrénaline n’a pas fini de monter… Du house, un peu de rabòday, Fanorah et Daphney qui me rejoignent pour pump it up, et Tabou qui se prépare ! Hum… tonight gonna be a good night!

Et arriva le moment que j’attendais tant, depuis quand je me transformais en Shoubou, Herman, Fanfan Ti Bòt, Ti Kapi… devant ma télé ; depuis quand je dansais chez moi un concert entier de Tabou… Ils sont là devant moi, en vrai ! Les musiciens de Tabou Combo investissent la scène l’un après l’autre. Je ne sais pas pour les autres, mais je sens l’effet magnétique de leur aura de génie, de leur œuvre de 44 ans. Et quand Shoubou entonne les premières notes de « Bese ba », ma voix se perd dans les décibels, mes mains balaient le néant et mes pieds ne touchent plus le sol. Pour mes 23 ans, quelques messieurs et dames d’âge mûr s’étonnent du fait que je chante sans hésiter et danse comme un habitué « Boléro jouk li jou », « Zap Zap », « Bebe Paramount », « Aux Antilles »… Mais, chers aînés, sachez que, pire que vous, je suis un malade de Tabou ! Mes amies de ma génération en restent baba. Mwen menm, m vin pou sa, « se Tabou, sa se Tabou ! »

Michel Martelly monte sur scène pour chanter « Lakay » ! Il ne manquait que ça pour l’apothéose. Foul la dechire. A ma droite, une dame est en larmes, tellement elle crie. Feux d’artifice, ciel étoilé, sentiment de fraternité, trois ou quatre générations s’entremêlent pour donner son aspect magique à la fête. Albert Chancy, Jean-Philippe Marthély, Yvon Jérôme, Shabba, Roberto Martino… tous sur une même scène, improvisant, émouvant un seul public conquis. Tout se résume au Fenomèn Tabou !

Michel Martelly reste. Il est tantôt choriste, tantôt lead. Il tourne presque le spectacle en un show à la Sweet Micky ! Moi, je ne demande que ça ! Mon groupe, mon président, mon pays ! « Ayiti cheri, m renmem w pou lavi ! »  Quand Tabou entame « New York City », c’est là que l’on devient littéralement fou, et l’on joue volontiers le p’tit jeu. Je me sens proche de la fin du show. Alors je fais comme tout le monde, m bay tout ti rès ki rete a. Light is coming ‘’my’’ way ! J’oublie mes amies (désolé !) Je me surprends à « danse kou mabouya », pour ensuite crier, comme le sont mes sens, « the roof is on fire ». Pye m pa ret atè ditou, et ma chemise a besoin d’être essorée… deux fois.

 Oh, que j’ai sué, que j’ai kiffé ! Merci, DG, pour ce cadeau. Tu as sacrifié pour une fois ton groupe préféré pour le baptême de feu d’un novice qui en est le premier fan. Ah, s ak pa t la yo rate wi ! Pour moi, ce n’était pas un match, un challenge ou un affrontement. C’était la démonstration d’un Kassav dont le professionnalisme devrait inspirer nos groupes, d’un Tabou qui devrait faire la leçon à TOUS nos djaz.

Tabou-Kassav, un must. Tabou-Kassav, la communion entre toutes les générations. Tabou-Kassav, mon premier grand concert ! Tabou-Kassav, mon kif !

 Jean-Philippe Étienne etiennejeanphilippe08@gmail.com

Credit: le Nouvelliste

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