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Fructueuse visite pour le chancelier taïwanais

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Le ministre des Affaires étrangères de la République de Chine (Taïwan), David Yung Lo Lin, a achevé mercredi sa visite officielle de deux jours en Haïti. Au cours de son séjour dans le pays, le chancelier taïwanais a rencontré le président de la République, Michel Joseph Martelly, le Premier ministre Laurent Salvador Lamothe et son homologue haïtien Pierre-Richard Casimir.

Cette visite effectuée du 5 au 6 février par le chef de la diplomatie taïwanaise s’est soldée par la volonté des gouvernements haïtien et taïwanais de  raffermir les liens d’amitié qui existent entre les deux pays. Au cours d’un tête-à-tête, le mercredi 6 février 2013, à la Primature, le Premier ministre Laurent Salvador Lamothe s’est dit satisfait  de la coopération fructueuse qui existe entre Taïwan et Haïti, suite aux échanges qu’il a eus avec le chancelier Lin.

Le débat entre le chancelier taïwanais et le Premier ministre haïtien a été enrichissant et fructueux. Au terme de cette rencontre, le chef de la Primature a fait mention de la forte volonté que partagent les deux pays pour donner une « nouvelle impulsion » à leurs relations bilatérales dans tous les domaines ».  Il a révélé que  Taïwan a déjà accordé 48 millions de dollars d’aide à Haïti sur une période de cinq ans.

« Nous apprécions cette coopération à sa juste valeur et remercions ce pays frère pour sa contribution dans l’effort de relèvement  d’Haïti, notamment après le séisme du 12 janvier  2010; c’est un partenaire sur lequel le gouvernement haïtien peut compter, a souligné M. Lamothe. Les Taïwanais sont  déjà à pied d’oeuvre dans la plaine des Cayes, notamment à Torbeck pour renforcer la production rizicole.»

Vantant la qualité et la solidité des relations entre les deux pays,  le Premier ministre dit vouloir renforcer sa coopération avec Taïwan dans le développement de l’agriculture, précisément dans la fourniture d’intrants et de semences améliorées destinés aux petits agriculteurs.

Le chef du gouvernement, également ministre de la Planification et de la Coopération externe, a aussi mis en relief la participation de Taïwan dans la reconstruction des bâtiments publics. Il ajoute que «  les Taïwanais ont contribué aux études pour reconstruire  six des 42 édifices publics qui se sont effondrés ou qui ont été fortement endommagés le 12 janvier 2010. Un des six bâtiments dont l’étude a été faite sera aussi reconstruit grâce à l’aide du gouvernement taïwanais ».

Parallèlement, le président de la République, Michel Joseph Martelly, qui avait rencontré, au palais national, le chancelier taïwanais, en présence de son homologue Pierre-Richard Casimir, s’est  dit persuadé que cette visite va dynamiser les relations de coopération entre les deux pays.

Par ailleurs, le chancelier chinois a aussi profité de sa présence en Haïti pour visiter le chantier des 4,5 km de route reliant le carrefour Gérald Bataille au boulevard du 15 Octobre(Tabarre), financé par le gouvernement taïwanais à hauteur de 9 millions de dollars américains.

Etablies en 1956, les relations diplomatiques entre les deux États n’ont cessé de se développer, notamment dans les domaines économique, agricole et des infrastructures. Taïwan a par exemple considérablement contribué au développement du réseau routier en Haïti.

Amos Cincir mcincir@lenouvelliste.com

Credit: le Nouvelliste

Pose de la première pierre de l’aéroport international des Cayes

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Le Premier ministre, Laurent Salvador Lamothe, a procédé le vendredi 1er février 2013, à la pose de la première pierre de l’aéroport international des Cayes. Cette cérémonie, qui s’est déroulée à l’aéroport Antoine Simon des Cayes, s’inscrit dans le cadre des efforts déployés par le gouvernement pour construire de nouvelles infrastructures dans le département du Sud et y établir, par la même occasion, un ensemble de conditions favorables au tourisme qui constitue l’un des secteurs porteurs, capables de créer des milliers d’emplois dans la région. Selon une note de la Primature, toutes les dispositions sont déjà prises pour que soient lancés prochainement, les travaux de construction d’un autre aéroport international à l’Ile-à-Vache dans le cadre du projet de développement des îles adjacentes. Les travaux d’agrandissement de l’aéroport des Cayes, construit sous le gouvernement de Jean-Bertrand Aristide, dureront deux ans et coûteront 26 millions de dollars. L’aéroport des Cayes, depuis sa mise en service, n’a jamais pu connaître un trafic important. Depuis dix-huit mois aucune ligne aérienne ne désert les Cayes régulièrement. La construction d’un aéroport à l’île à Vache située à quelques dizaines de kilomètres des Cayes est un souhait des hôteliers de l’île qui exploitent moins de cent chambres. Dans les deux cas, le gouvernement parie gros sur l’avenir du tourisme.

Credit : Le Nouvelliste

Déjà la fièvre au Cap-Haïtien

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Au Cap-Haïtien, où doit se dérouler le grand défilé du carnaval national les 10,11 et 12 février 2013, c’est déjà la grande mobilisation. Le long du boulevard, de la rue 5A à Carrenage, c’est le branle-bas, ce vendredi. Les professionnels de la construction se mettent en quatre pour délivrer les ouvrages avant l’échéance du week-end prochain. Certains sont déjà à un stade avancé, voire achevé. Les Capoises et les Capois sont impatients de voir arriver le jour J. Ils sont surexcités. Il faut entendre les conversations des gens pour comprendre. Dans les rues, et principalement au boulevard du Cap-Haïtien, on ne parle que du carnaval. Plusieurs visiteurs qui s’installent dans la ville depuis ce week-end s’amusent déjà à parcourir à pied, à moto ou en voiture l’itinéraire prévu pour les trois jours gras. L’Electricité d’Haïti (EDH) est à pied d’oeuvre dans l’installation de lampes solaires, de gros projecteurs le long du boulevard, haut lieu du carnaval national cette année. Des travaux de réfections de rues ont été constatés dans plusieurs artères de la ville. Les trottoirs ont droit au bétonnage. Au fur et à mesure que les jours passent, la deuxième ville d’Haïti offre un air festif. Comme si le carnaval va avoir lieu demain.
Dieudonné Joachim
Credit: Le Nouvelliste

Haïti respecte mieux la liberté de la presse…

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Haïti est le 49e pays – sur une liste de 179 – qui respecte le mieux la liberté de la presse, selon le classement mondial 2013 établi par Reporters sans frontières (Rsf). Notre pays avance ainsi de trois places dans le classement, malgré l’attitude jugée agressive du président Michel Martelly, note l’organisation de défense de la liberté de la presse.

Une diminution globale des violences envers les journalistes et des procédures défavorables à la liberté d’informer justifient la progression d’Haïti et de la République dominicaine dans le classement mondial de la liberté de la presse, estime Reporters sans frontières (Rsf). Haïti, en 49e position cette année, progresse de trois places dans ce classement par rapport à celui de l’année dernière. « La situation reste inchangée malgré l’attitude, parfois agressive, du président Michel Martelly, dont s’estiment victimes certains journalistes », note Reporters sans frontières dans le classement publié en début de semaine. Seulement sept pays des Amériques, dont la Jamaïque (13e), le Canada (20) et les États-Unis (32e), devancent Haïti dans le classement. Ce dernier devance largement son voisin, la République dominicaine, 80e cette année. Cuba (171e) est le pire pays pour les journalistes de toutes les Amériques dans ce baromètre de la liberté de la presse. Pas étonnant si la photo de son président, Raúl Castro, figure en bonne place dans la galerie des prédateurs de la liberté de la presse élaborée par Rsf. Depuis le second mandat de René Préval (mai 2006 – mai 2011), Haïti n’a cessé de progresser dans ce palmarès de la liberté de la presse. En 2004, le pays occupait la 125e place alors que l’année précédente, du temps que Jean-Bertrand Aristide était encore au pouvoir, il était 100e. Si globalement les violences envers les journalistes diminuent, l’accès à certaines sources d’information demeure toutefois inaccessible aux travailleurs de la presse en Haïti. En tête du classement, les trois pays européens qui occupaient les premières places l’an dernier composent à nouveau le trio de tête. Pour la troisième année consécutive, la Finlande se distingue comme le pays le plus respectueux en matière de liberté de la presse. Elle est suivie par les Pays-Bas et la Norvège. Tout en bas, trois pays vivant sous la dictature composent le “trio infernal”. Il s’agit des mêmes que de l’an dernier, le Turkménistan, la Corée du Nord et l’Érythrée.
Claude Gilles
Credit: Le Nouvelliste

La liste des groupes du défilé carnavalesque, un enjeu politique.

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A dix jours de la tenue du carnaval 2013 au Cap-Haïtien, la liste officielle des groupes musicaux qui seront habilités à prendre part au cortège motorisé n’est toujours pas divulguée. La constitution définitive de cette liste est un privilège du président de la République et, dans une moindre mesure, du comité d’organisation du carnaval. Derrière la participation de chaque groupe se joue tout un arbitrage politique. Le défilé est constitué d’une année à l’autre, d’un savant dosage des ennemis, des enquiquineurs et des bambocheurs. Si le sort de certains groupes semble décidé à l’avance, chaque année, certains se démarquent et s’imposent grâce à la popularité de leur meringue. Pour 2013, quatre groupes ayant des meringues carnavalesques de bonne tenue et, pour la majorité, une expérience avérée dans l’animation sur le parcours carnavalesque ne sont toujours pas fixés sur leur sort. Nou Krezi, un des ténors de la tendance compas; Ram, le groupe du musicien Richard Morse: Boukman Ekperyans, qui popularise la musique racine depuis les années 80, et Zatrap, un très jeune groupe qui s’est fait remarquer par son mélange des genres traditionnels de la musique haïtienne avec le rap; ne savent toujours pas s’ils seront retenus par le comité du carnaval pour prendre part au défilé sur un char sonorisé. Une telle incertitude empêche aux orchestres de chercher des sponsors, d’investir dans un vidéoclip, de se préparer pour le plus grand show de l’année qui est la participation au carnaval. Pas de carnaval ou un échec sur le parcours par manque de préparation se traduit par des mois de vaches maigres assurés. Souvent le retard mis par l’État pour confirmer la présence de certains participants est vécu par les musiciens comme une punition. Un rappel à l’ordre Où en est la liste? Intervenant mercredi sur les ondes de Magik 9 (100.9 FM), une station de radio de la capitale, Gilbert Bailly, président du comité du carnaval national a confirmé la participation de quatorze groupes sur les quinze initialement annoncés qui composeront le cortège musical du carnaval les 10, 11 et 12 février dans les rues de la deuxième ville du pays. « Pour le moment, je peux confirmer que les groupes suivants : T-Vice, Djakout # 1, Barikad Crew, Team Lobèy, Rockfam, Koudjay, Carimi, Vwadezil, Kreyòl La, T-Micky, Brothers Posse, et trois groupes originaires du Cap-Haïtien – Tropicana, Septentrional, Ambyans – feront partie du cortège. Cela fait quatorze groupes musicaux, il en reste un qui sera annoncé plus tard », selon Bailly. Interrogé pour savoir qui sera le quinzième groupe ou s’il y aura plus de quinze orchestres à prendre part au parcours,le président du comité a laconiquement répondu: « Cela ne dépend pas de moi », sans préciser de qui relève cette prérogative. Gilbert Bailly a aussi avoué sur les ondes de Magik 9 qu’il est assis « sur une chaise chaude », en référence aux pressions de toutes sortes que subit le comité d’organisation du carnaval. La ministre de la Culture, Josette Darguste, ordonateur des dépenses, a poliment évité de répondre à une question sur la composition de la liste. La ministre était au Cap, en tournée préparatoire du Carnaval. Qui seront les absents ? L’intervention de Gilbert Bailly a aussi permis d’éteindre une polémique qui enflait après que des rumeurs laissaient croire que le groupe Brother’s Posse avait perdu sa place dans la liste. Bailly a rassuré le maestro du groupe et les fans de cet orchestre : « oui, Brother’s Posse aura un char ». Le groupe de Don kato fait partie des orchestres très critiques envers le pouvoir en place cette année, comme l’an passé, où il avait été repêché in extremis. Sa méringue 2013 intitulée « Aloral » souligne que le gouvernement Martelly-Lamothe (sans le citer nommément) n’arrive pas à faire “atterrir” ses nombreuses promesses. Tout reste au stade oral, selon le texte de la chanson. Parmi les absents de marque de la liste des retenus il y a aussi Boukman Eksperyans avec sa méringue PioutPiout, et Ram avec Men bwa a. Kampèch, avec M p ap ka Matell (un jeu de mots qui signifie « je ne saurais être pour Martelly »), ne fait pas non plus partie des groupes qui participeront au défilé carnavalesque 2013 au Cap-Haïtien, sauf improbable miracle de dernière minute. Depuis des années, le carnaval est devenu un espace de revendications politiques et les gouvernements en profitent pour serrer la vis aux artistes qui la critique ou qui soulignent ses travers. Plus de six cents méringues carnavalesques sont produites pour l’occasion et rarement une vingtaine de groupes participent au défilé. Si dès les premiers jours de janvier les grands ténors de la musique haïtienne ont été discrètement avertis qu’ils sont retenus, les anciens amis du pouvoir, les artistes en rébellion et ceux qui ne peuvent compter que sur une belle composition carnavalesque attendent encore un appel libérateur.
Frantz Duval
Credit: Le Nouvelliste

Electricité : La solution dominicaine se précise

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Un premier accord pour l’interconnexion électrique entre Haïti et la République dominicaine a été signé mardi à Santo Domingo. Le ministre haïtien chargé de l’énergie, René Jean-Jumeau, qui a paraphé le document conjointement avec le directeur dominicain de la Commission nationale de l’énergie, Enrique Ramirez, a confié au Nouvelliste que cette entente vise à améliorer le système électrique du pays.

Le gouvernement cherche des voies et moyens pour ressusciter l’Electricité d’Haïti (ED’H). Seulement 30% de la population haïtienne a accès à l’énergie électrique. Alors que la République dominicaine dispose actuellement d’environ 3 000 mégawatts et elle continue de construire d’autres centrales électriques, Haïti ne dispose que des installations pouvant fournir 256 mégawatts. Trois fournisseurs privés ajoutent au total 88 mégawatts dans le réseau national. Il faut apprendre de la République voisine. C’est ce qu’ont compris les autorités haïtiennes en paraphant, mardi, à Santo Domingo, une entente visant à améliorer notre système d’électricité, a confié au Nouvelliste le coordonnateur du comité multisectoriel pour la sécurité alimentaire et ministre délégué auprès du Premier ministre chargé de l’énergie, René Jean-Jumeau. « Nous espérons que nous pouvons nous inspirer de leur développement dans le domaine afin d’améliorer notre situation », a-t-il dit. L’entente signée vise à créer une sous-commission en énergie dans la commission binationale pour travailler sur les questions liées à l’électricité, se positionner de manière synergique dans la région par rapport aux autres pays de la zone, a expliqué le ministre. M. Jean-Jumeau, qui n’a pas voulu préciser clairement si Haïti va acheter de l’électricité directement en République dominicaine. L’interconnexion des deux pays est en discussion depuis plusieurs années, a-t-il dit, soulignant que ce n’est pas quelque chose qui va se faire du jour au lendemain. « Mais cela reste une question ouverte», a-t-il ajouté. On a intérêt à calmement penser à cela afin que nous puissions trouver les meilleurs avantages pour les deux pays. » Selon les explications du ministre Jean-Jumeau, joint au téléphone par le journal depuis Santo Domingo, cette signature entre les deux pays permet d’arriver très bientôt à un véritable accord. Le document final est en préparation dans la section juridique de la Commission nationale de l’énergie (CNE) en République dominicaine. Il sera transmis aux autorités haïtiennes pour être sanctionné et modifié si nécessaire et ce n’est qu’après qu’il sera accepté par les deux pays et ratifié. Donc, pour l’instant, il s’agit d’une entente pour préparer l’accord, a-t-il souligné. Contacté par Le Nouvelliste sur la signature de cette entente, le directeur général adjoint de l’Electricité d’Haïti, Dukens Raphael, a fait savoir qu’il n’était pas au courant de ce dossier. Le journal a tenté en vain d’entrer en contact avec les Travaux publics, ministère de tutelle de l’ED’H. Réactions de certains connaisseurs dans le domaine de l’électricité Des voix autorisées dans le domaine ne voient pas très bien qu’Haïti entre dans la logique d’aller acheter de l’électricité en République dominicaine. « Je ne pense pas que c’est quelque chose de souhaitable pour le pays. Etant indépendant, Haïti ne doit pas dépendre d’un autre pays, surtout pour un produit aussi important que l’électricité », a réagi un franc connaisseur dans le domaine. « Va-t-on le faire sans appel d’offres ? Ce contrat sera basé sur quoi ? Les compagnies privées en Haïti peuvent fournir beaucoup plus que ce qu’elles offrent aujourd’hui. Pourquoi ne pas leur demander d’augmenter leur capacité ? Il faut permettre à ces entreprises de se développer », poursuit un autre connaisseur interrogé par Le Nouvelliste. Les fournisseurs privés de l’ED’H ne devraient pas avoir d’inquiétude en ce sens, a garanti René Jean-Jumeau, soulignant qu’un fournisseur de plus ne devrait pas paniquer ceux qui travaillent déjà sur le terrain. En revanche, a-t-il souligné, cela augmentera la compétition et permettra d’améliorer le prix de l’électricité. Selon lui, le problème que le pays a au niveau de la sécurité énergétique, notamment de l’électricité, c’est tout d’abord la disponibilité. Il faut une plus grande capacité, ensuite rendre accessible le produit avec un réseau qui couvre le territoire. « Il faut un meilleur coût pour que la population puisse bénéficier d’un meilleur prix. Puis, il faut une meilleure structure tarifaire afin de promouvoir l’investissement et la création d’emplois », a-t-il dit dans une interview accordée au journal la semaine dernière. Il ne s’agit pas d’être totalement dépendant de nos voisins en énergie électrique, a souligné le ministre. Stratégiquement, ce ne serait pas correct… L’Etat haïtien n’a pas encore établi la quantité de mégawatts qu’il compte acheter de l’autre côté de l’île. Mais, selon M. Jean-Jumeau, cette proportion devrait se situer entre 10 et 20% de notre consommation. Et il faudra construire une ligne à haute tension traversant la frontière et dont le coût, qui peut être élevé, reste à déterminer. En 1998, les Dominicains ont opéré une importante réforme dans leur système d’électricité, ce qui leur a permis d’avoir un secteur mixte public-privé à ce niveau. Aujourd’hui, ils ont une capacité d’environ 3 000 mégawatts et ils sont en train de construire d’autres centrales éoliennes. D’ailleurs, le ministre René Jean-Jumeau prendra part mercredi à l’inauguration d’une première partie d’un parc éoliene en République voisine. C’est pour bénéficier de ces grandes réformes en énergie que l’entente entre les deux pays a été signée. Il y a tout un ensemble d’avancées en énergie qu’Haïti doit s’inspirer des Dominicains, comme le développement du gaz propane et l’énergie éolienne, a soulignè le ministre. Rien que l’année dernière, le Trésor public a injecté 200 millions de dollars dans l’Electricité d’Haïti (ED’H). Un chiffre qui fait peur, a reconnu le ministre Jean-Jumeau. Selon lui, la solution, c’est de produire plus d’électricité pour moins d’argent afin de réduire les coûts de production. Ce qui, a-t-il dit, permettra d’attirer l’investissement et de favoriser la croissance économique du pays, ce que cherche le gouvernement. En République dominicaine, c’est à hauteur de 1 milliard de dollars que se chiffre annuellement la subvention accordée par l’Etat dominicain au secteur de l’énergie. L’Electricité d’Haïti (ED’H) paye chaque mois entre 10 à 12 millions de dollars pour l’achat d’électricité à ses trois fournisseurs privés alors que l’ED’H perçoit mensuellement moins de 5 millions de dollars de ses clients. C’est pourquoi Andress Appolon, la directrice générale de cette entreprise publique, a fait savoir que les autorités veulent revoir les contrats signés avec ces firmes.
Robenson Geffrard, rgeffrard@lenouvelliste, Twitter: @robbygeff
Credit: Le Nouvelliste

Bande et puissance

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Rien d’érotique ou de suggestif. Juste un entretien avec le maestro et le responsable d’une bande à pied dans le cadre des activités précarnavalesques, en vue de confirmer quelque chose que j’ai entendu hier. Ils m’ont confirmé qu’effectivement aucune bande (à pied s’entend) ne sort sans avoir effectué ce rituel qui consiste à placer un bûcher (ou plus) sur le trajet du groupe. Ledit bûcher est constitué de bois (évidemment) sur lequel celui qui a la charge de l’allumer doit lancer du poivre, du piment, du sel et verser quelques gouttes de lotion Florida, du rhum ou du clairin… Le flambeau (tel qu’ils l’appellent) sera allumé avec du bwapen ou une bougie, et au son de la musique, la bande en fera sept fois le tour avant que le cortège commence son parcours. Est-ce un rituel à des fins mystiques? Nullement, affirme le maestro souriant et sympathique. C’est juste pour donner du punch et de l’énergie au groupe et pour assurer à la bande de la puissance et de la flamme sur tout le trajet jusqu’au retour à leur base…
Sister M*
Credit: le Nouvelliste

Les pinceaux de Frankétienne

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Une visite chez cet homme de lettres, ce chanteur, cet enseignant, ce comédien, ce dramaturge, ce peintre – en un mot, ce grand artiste – permet de constater que l’art, non seulement réside chez Frank Étienne, mais est Frankétienne!

Après le séisme du 12 janvier 2010, Frank Étienne, dit Frankétienne, a changé radicalement le lieu qu’il appelle son « chez lui » pour le transformer en une véritable galerie d’art. Sur les piliers de béton qui soutiennent sa grande maison de Delmas 31, des têtes hurlent leur désespoir. Visages d’épouvante, ces portraits expriment le regard muet, la peur, les cris, les pleurs, la tragédie… « Il y a de ces portraits qui sont grimaçants, c’est pour expliquer les terreurs que vivent les gens », indique l’artiste en me faisant visiter sa maison-musée. L’épouvante et l’enfer des hommes, la crise internationale qui nous affecte, le tremblement de terre dévastateur, les pleurs… Il n’est pas question pour moi de peindre de gentilles et belles dames alors que la crise nous ronge tous ! » Le rêve de ce grand artiste serait qu’après sa mort, des personnes de partout puissent continuer à visiter ce lieu, afin de comprendre l’essence de son oeuvre. « J’aurais aimé que des gens continuent à visiter ma maison même après ma mort, pour qu’ils se rappellent surtout ce tremblement de terre qui a laissé à tous les Haïtiens de partout une tristesse noire », confie-t-il. « Que ce lieu soit comme un patrimoine culturel pour le pays car, de toute façon, je ne pourrai ni vendre ni partir avec ces murs. » Pour ceux qui connaissent le pinceau du peintre, ils diraient que ses oeuvres picturales ont adopté d’autres formats, passant de l’abstrait au portrait figuratif. Les merveilles de la vieillesse apportent d’autres aspirations et inspirations, remarque le peintre à l’approche de ses soixante-dix-sept ans. Pour les amateurs d’oeuvres picturales qui, d’un premier regard, poseront les yeux sur ces peintures, ce ne seront peut-être que des images reflétant un ensemble de dessins à la fois merveilleux et enfantins. Mais l’observateur éclairé y verra tout de suite le symbolisme profond. « Mes dernières oeuvres ressemblent à des portraits, alors que j’ai été connu comme un peintre abstrait, fait-il remarquer. A la fin de ma vie, je me rends compte de la physionomie et du visage des êtres humains qui sont des miroirs. Les yeux sont l’endroit où l’on peut tout retrouver, où l’on découvre l’essence profonde des êtres. Un visage dit tout ! ». Ces oeuvres picturales seront présentées ce jeudi 31 janvier à l’Organisation internationale de la francophonie.
Samanda Leroy
Credit: Le Nouvelliste

Magalie Racine prend les commandes

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Installée à la tête du ministère à la Jeunesse, aux sports et à l’action civique, jeudi, la ministre Magalie Racine a entamé son administration par une visite aux sélections nationales de jeunes logées au Centre Goal Sepp Blatter et les apprentis footballeurs de l’Académie de football « Camp Nou », construit par la chaîne de Télévision allemande SAT après le séisme du 12 janvier 2010.

Le ministre de l’Intérieur, David Bazile, a procédé, jeudi, à l’installation de la nouvelle ministre à la Jeunesse,aux sports et à l’action civique, Magalie Racine, à son poste au ranch de la Croix – des – Bouquets. Prévue à 10 h du matin, la cérémonie à dû être retardée afin de faciliter un huis clos entre le ministre sortant et le ministre rentrant. « Remerciant tous les cadres, employés et membres du personnel qui lui ont permis d’exercer sa mission, le ministre sortant, Jean-René Roosevelt, a fait un bref rappel de ce qu’a réalisé le ministère sous son administration tout en manifestant le regret de partir sans avoir eu le temps de finaliser les grands chantiers auxquels il avait rêvé, tels que la loi-cadre sur le sport, la loi sur la jeunesse, la loi sur le volontariat, la loi sur le civisme, l’institution d’une politique publique du ministère. « Je suis sûr que Magalie (si vous me permettez de vous appeler ainsi) va continuer dans cette voie », a-t-il conclu avant de souhaiter « Bonne chance », a la ministre rentrante. « Je suis heureuse aujourd’hui de me voir entourer de tous ces visages connus venus me soutenir. Je vous en remercie », a commencé la ministre rentrante, dans son allocution de circonstance. « Je remercie le président de la République, Joseph Michel Martelly, pour la confiance qu’il a placée en moi. Mes plus vifs remerciements vont aussi à l’endroit du Premier ministre, son excellence Laurent Salvador Lamothe, qui n’a pas hésité un seul instant à me compter parmi ses collaborateurs» a-t-elle continué. « Je profite du moment pour promettre à tous mes collègues du gouvernement mon entière et franche collaboration. A vous chers directeurs, cadres et employés du ministère, que je dirige dorénavant, merci pour votre chaleureux accueil, ce qui augure déjà une entière et franche collaboration. « Mwen konte sou nou nou met konte sou mwen », a-t-elle ajouté sous les applaudissements nourris du public. « Une tâche difficile nous attend, mais l’amour de la patrie n’est-il pas le levier qui permet de franchir tous les obstacles ? Ministère de la Jeunesse, des sports et de l’action civique, c’est tout un programme. En tant que mère de famille, je suis d’autant plus consciente de la noble tâche qui m’incombe. C’est d’apporter un soutien juste et solidaire à la jeunesse de mon pays. Soyez rassurés , mes enfants, comme je vous considère déjà, que vous aurez une oreille attentive à vos desiderata. Quant à la communauté sportive, vous n’êtes pas sans savoir que la base de l’éducation sportive est « mensana incorpore sano » « une âme sainte dans un corps saint » c’est notre devise. Le sport n’est-il pas la vitrine de toute communauté responsable ? Je serai attentive a vos besoins, attentive a vos suggestions, et je serai la porte -parole de vos revendications » Actions civiques, venons-en. Ou sont passées les valeurs d’antans, l’amour du drapeau, l’amour de la patrie, le respect mutuel des pères fondateurs de la patrie? C’est vrai que l’éducation commence dans la cellule familiale, mais nous, citoyens, citoyennes nous avons une responsabilité énorme envers nos enfants. « L’éducation doit être une tâche collective au sein de la quelle tout un chacun devra apporter sa pierre en vue de la construction de cet édifice gigantesque qu’est la nation haïtienne. Pour ce qui me connaisse un tant soit peu, Je ne suis pas versée dans les grands discours, les grandes envolées rhétoriques, mais je suis une femme d’action. Attendez moi sur le terrain et l’on verra. Ann trouse manch chemiz nou, ann mete granmoun sou nou ann mete kanson fer nou pou nou bay rezilta tèt kale » a-t-elle conclu sous de chauds applaudissements. Quelques minutes après son installation, la nouvelle ministre a rendu visite à la sélection nationale haïtienne des moins de vingt ans qui se prépare à quitter le pays le 26 janvier à destination du Mexique pour un stage en altitude en vue de la dernière phase des éliminatoires de la Coupe du Monde des moins de vingt-ans. « L’Etat est avec vous, il vous appartient de vous concentrer sur la qualification », a-t-elle dit aux jeunes joueurs avant de poser avec eux. Elle a eu ensuite un entretien avec la sélection nationale des moins de 17 ans qui doit disputer, elle aussi, la dernière phase des éliminatoires de la Coupe du Monde U17. Ensuite, elle a rencontré la sélection féminine , des moins de 15 ans avant de faire une tournée d’inspection de l’Académie de football Camp Nou construit par SAT qui sert aussi d’école classique primaire pour les enfants de la région, mais surtout d’école de football pour les jeunes recrutés en football par les responsables techniques de la Fédération. Si Madame la Ministre n’a pas eu le temps de visiter les locaux flambant neuf construit par la FIFA et qui hébergent le bureau fédéral, elle a quand même promis aux jeunes footballeurs d’être cette oreille attentive à afin qu’ils puissent mieux se consacrer au football et devenir les vitrines du pays à l’avenir.
Enock Néré nereenock@gmail.com twitter : @nenock
Credit: le Nouvelliste

Jean-Marie Guillaume, pour un secteur des télécommunications mieux ordonné

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Le directeur du Conseil national des télécommunications (Conatel), Jean-Marie Guillaume, souhaite que le Parlement se penche sur le vote de la nouvelle loi portant sur la régulation du secteur. Selon lui, cela permettra, entre autres, de renforcer la capacité du régulateur qui a déjà prélevé environ 41 millions de dollars de taxes sur les appels internationaux pour le “Fonds national d’éducation” mis sur pied par le président Michel Martelly.

Pour mieux gérer le secteur des télécommunications, Jean-Marie Guillaume, qui dirige le Conatel depuis quinze mois, estime qu’une nouvelle loi est très importante. Un projet de loi à cet effet a donc été acheminé au Sénat de la République depuis le 18 décembre 2012, a confié le directeur du Conatel. « La loi que nous avons actuellement est désuète. A l’époque, il n’y avait pas de compétition sur le marché. Il y a beaucoup de mesures que le régulateur pourrait prendre, mais la loi ne le lui permet pas », explique le directeur du Conatel dans un entretien avec Le Nouvelliste. En ce qui a trait au contenu des médias audiovisuels qui ne cesse de susciter des débats dans l’opinion publique, le Conatel ne peut pas prendre des décisions là-dessus. Mais le directeur de l’institution se montre conscient de cet aspect qui mérite d’être ordonné.« Nous allons travailler sur ce domaine avec le ministère de la Culture. Nous allons devoir créer un organisme pour gérer la question de contenu du programme des médias. Mais, en réalité, le CONATEL n’est pas vraiment concerné par cette question », a indiqué Jean-Marie Guillaume. Il estime qu’il est important que le Conatel travaille en partenariat avec d’autres ministères sur cet aspect. L’un des chantiers importants que le Conatel doit gérer actuellement, c’est la transition de la télévision analogique à la télévision digitale. A en croire le directeur, d’ici mai 2015, la télévision en Haïti devrait passer complètement en mode digital. Autre chantier du numéro un de l’institution régulatrice des télécommunications:comment aider les collectivités à se développer technologiquement. Si les parlementaires votent la nouvelle loi, les différents opérateurs auront à contribuer à 2% dans le « fonds de service universel ». « Cet argent permettra de développer la technologie dans les zones reculées. Nous n’avons jamais développé le fonds de service universel. Il permet de subventionner le développement technologique », a expliqué Jean-Marie Guillaume, qui évalue à environ 500 millions de dollars le marché des télécommunications en Haïti. Il se réjouit aujourd’hui d’avoir lutté contre le by-pass et se félicite aussi des résultats obtenus. « Il y a une nette amélioration à ce niveau », soutient M. Guillaume, qui veut un secteur beaucoup plus ordonné avec le respect des normes sur le droit à l’image, le tarif des appels téléphoniques, l’obtention de la licence pour la radio, entre autres. « Je dois surveiller l’équilibre du marché dans le secteur », dit-il. Concernant les difficultés liées à la communication téléphonique ces dernières semaines, dues notamment avec la fusion des compagnies Digicel et Voilà, le directeur du Conatel a déclaré que des mesures seront prises à l’encontre des opérateurs au cas où une telle situation se produirait à nouveau. Par ailleurs, Jean-Marie Guillaume, qui a été questionné sur différents points, a confié qu’environ 41 millions de dollars ont été déjà prélevés sur les appels internationaux pour le Fonds national d’éducation, mis sur pied par le président Michel Martelly. « Il y en a qui affirment que le Conatel est riche, nous précisons pour dire que l’argent est transféré au ministère des Finances. L’argent est bien géré et il est utilisé dans des programmes d’éducation », a précisé Jean-Marie Guillaume.
Valéry Daudier
Credit: Le Nouvelliste