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BelO vers le haut.

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Un chanteur de Port-au-Prince peut-il déborder le cadre communautaire de la diaspora haïtienne lorsqu’il se produit à l’étranger? BelO est de ces rares artistes s’exprimant surtout en créole haïtien qui puissent réaliser l’exploit.

Pendant que ses compatriotes viennent généralement triompher au complexe Christina de Saint-Léonard, un lieu fréquenté par des Haïtiens de notre île lorsque s’y produisent des Haïtiens de la grande île, BelO s’affaire à conquérir un public mixte via la tribune qui lui offre le festival Nuits d’Afrique. Avec succès? Dimanche soir, en tout cas, le Cabaret du Mile-End était rempli de spectateurs aux origines diverses, de surcroît ravis.

L’auteur, compositeur, guitariste et chanteur exerce un véritable ascendant sur cet auditoire mixte venu à sa rencontre. On a senti chez cet homme l’honnêteté, l’intelligence, la bonté, la conviction, la passion pour ses sujets. Sujets essentiellement en orbite autour des préoccupations fondamentales d’Haïti : reconstruction du pays après le terrible tremblement de terre survenu en 2010, criantes inégalités sociales et économiques, enfants pauvres tentés par le banditisme armé pour supporter financièrement leur famille, mais aussi… amour sur les plages de Jacmel.

Pour la première partie de ce récital, BelO a enchaîné des titres extraits de ses albums : Ti moun yo, Mizik a Jah, Banda, Pari nan malem, Istwa dwol, Diore, Wozo, Lakou trankil, Ti Jean, Match. Pour la seconde partie, c’est-à-dire pendant qu’on assistait à la performance de Spoek Mathambo à la SAT, on rapporte qu’il a fait Kote moun yo, Love pou love, Lewa, Deblozay, Pitit deyo, Timitant nan wout, Jasmine.

Pari gagné? Enfin, presque. Le public a certes apprécié, le plancher de danse s’est progressivement rempli, on a senti clairement cet enthousiasme qui se manifeste pour les artistes en pleine ascension.

La suite des choses? Jean Belony Murat, alias BelO, a tout pour devenir une star internationale : son chant est contagieux, ses racines haïtiennes sont profondes, ses inflexions vocales ne sont pas sans rappeler les grands reggaemen (on pense d’abord à Bob), son charme opère sans problème, ses mélanges de genres (folk, rara, vaudou, reggae, soul, etc.) sont équilibrés. Cependant…

Il manque encore à BélO des moyens à la hauteur de son talent. On le sait contraint de se produire avec des formations locales haïtiennes ou caribéennes, qu’il soit en France, aux États-Unis ou au Québec. Dimanche à Montréal, la résultante était loin d’être vilaine, on aurait néanmoins souhaité retrouver cette coloration sonore plus antillaise de son noyau de Port-au-Prince, avec qui il devra tôt ou tard tourner systématiquement s’il veut accéder aux grandes ligues. Quelques répétitions avec d’honnêtes professionnels locaux ne suffisent pas au stade où BélO est rendu.

Hormis le magnétisme du personnage, la pertinence de son propos, la qualité de son répertoire, il devra souscrire à des standards de réalisation plus élevés (et plus singuliers) en studio et une machine à spectacles plus aguerrie, plus percutante sur scène. Voilà la prochaine étape à laquelle BelO devra se soumettre. 

Alain Brunet

La Presse 

Le camp Obama met Mitt Romney en difficulté sur sa fortune

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IRWIN, Pennsylvanie (Reuters) – Mitt Romney s’est efforcé mardi de se sortir de la polémique sur l’ampleur et la nature de ses placements financiers alors que l’équipe de campagne de Barack Obama s’emploie à le dépeindre comme un riche homme d’affaires déconnecté de la réalité des Américains ordinaires.

Le probable candidat républicain à l’élection présidentielle du 6 novembre aux Etats-Unis a affirmé qu’il ne céderait pas aux appels de plus en plus pressants, y compris de son propre camp, lui demandant de rendre publiques ses déclarations de revenus avant 2010.

“Dans l’environnement politique actuel, l’équipe de campagne d’Obama essaie de trouver n’importe quoi pour détourner l’attention de l’échec du président à relancer notre économie” a déclaré Mitt Romney au site internet conservateur National Review.

“Je ne suis tout simplement pas enthousiaste à l’idée de leur donner des centaines de milliers de pages supplémentaires à éplucher, à déformer et au sujet desquelles mentir”, a-t-il dit à National Review, qui a par la suite publié un éditorial l’exhortant tout de même à publier davantage de déclarations fiscales.

Dans un nouveau message télévisé diffusé en Pennsylvanie, l’un des Etats jugés stratégiques pour le scrutin du 6 novembre, le camp démocrate s’interroge sur les raisons qui poussent Mitt Romney, ancien dirigeant du fonds d’investissement Bain Capital, à refuser de rendre publics ses revenus d’avant 2010.

“Paradis fiscaux, comptes offshore, intéressement différé… Mitt Romney a utilisé toutes les ficelles possibles”, dit une voix dans ce spot. “Romney admet que ces deux dernières années, il a payé moins de 15% d’impôts sur 43 millions de dollars de revenus. C’est à se demander si certaines années il n’a tout simplement pas payé d’impôts”, poursuit cette publicité, avant de conclure: “Que cache Mitt Romney?”

L’ancien gouverneur du Massachusetts a riposté en attaquant une nouvelle fois le bilan économique du président démocrate, auquel il reproche un taux de chômage à 8,2%. Il a aussi accusé Barack Obama d’être foncièrement hostile à la libre entreprise.

INSINUATION RÉPUBLICAINE SUR L’ORIGINE D’OBAMA

“Le président Obama attaque la réussite et c’est pourquoi sous le président Obama, il y a moins de réussite. Et je changerai cela”, a dit Mitt Romney lors d’un déplacement en Pennsylvanie.

En campagne dans le Texas, Barack Obama a pour sa part affirmé que son adversaire avait “gagné de l’argent en investissant dans des sociétés qui ont été qualifiées de ‘pionnières’ en matière de délocalisation. Je ne veux pas de pionnier de la délocalisation à la Maison blanche.”

Des salariés d’une usine appartenant à Bain sont venus fournir un appui concret aux accusations du camp démocrate en demandant à Mitt Romney d’intervenir auprès des dirigeants du fonds d’investissement pour empêcher la fermeture programmée de leur site, délocalisé en Chine.

Les salariés de cette usine Sensata Technologies, société contrôlée par Bain, ont signé en pétition en ce sens et le conseil municipal de Freeport, la localité de l’Illinois où se trouve l’usine, a voté lundi une motion sollicitant l’aide de Mitt Romney.

Les collaborateurs de ce dernier soulignent qu’il n’y est absolument pour rien dans cette fermeture d’usine, même s’il possède toujours des millions de dollars dans Bain.

Signe que la campagne prend une tonalité plus agressive à moins de quatre mois du vote, l’un des principaux animateurs de la campagne de Mitt Romney a remis en cause mardi la légitimité de Barack Obama en insinuant que le président n’était pas vraiment un Américain.

L’origine prétendument douteuse de Barack Obama, premier président noir des Etats-Unis, est une thèse récurrente avancée par certains conservateurs pour remettre en cause sa légitimité, mais Mitt Romney s’est jusqu’à présent attaché à ne pas utiliser cet argument.

Au cours d’une conférence téléphonique avec des journalistes organisée par l’équipe de campagne républicaine, John Sununu, ancien gouverneur du New Hampshire, a qualifié ses adversaires démocrates de “bande de menteurs”, avant d’ajouter: “J’aimerais que le président apprenne à devenir américain.”

John Sununu est rapidement revenu sur ses propos et il a par la suite présenté des excuses sur CNN, en disant avoir “commis une erreur”.

Porte-parole de l’équipe de campagne de Barack Obama, Lis Smith a cependant jugé que le camp Romney avait “touché le fond”.

Sous la pression des républicains, Barack Obama a déjà dû publier un certificat de naissance prouvant qu’il est né à Hawaï.

Avec Corrie MacLaggan et Jeff Mason au Texas; Andy Sullivan, Bertrand Boucey pour le service français

Jacques Stephen Alexis, L’écrivain pour l’éternité…

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C’est de ce titre que la Fokal a choisi de nommer la “semaine Jacques Stephen Alexis” pour commémorer ses 90 ans de naissance et qui s’est tenue au cours du mois d’avril.   Autour de toute une série de manifestations, la vie de Jacques Stephen Alexis a été livrée au public qui en a pris connaissance à travers ses écrits. Que ce soit par ses romans, ses poésies ou sa fameuse lettre au président à vie François Duvalier, dans laquelle il dénonçait les actes d’intimidation dont il faisait les frais,  Jacques Stephen Alexis apparaît comme un homme d’action, de conviction et de profond patriotisme. 

 Cependant, bien que l’homme n’ait pas eu le temps d’être un écrivain prolifique, les quelques œuvres qu’il a produites font partie des grands classiques de la littérature haïtienne. D’ailleurs, cette passion qui a guidé Jacques Stephen Alexis tout au long de sa courte existence, sans lui faire perdre son sens des responsabilités tant comme patriote convaincu que comme auteur écrivain engagé, est bien illustrée par la définition qu’il se donne en tant que créateur d’œuvres : « Un romancier qui respecte son art ne peut être un homme de nulle part, une véritable création ne peut non plus se concevoir en  cabinet, mais en plongeant dans les tréfonds de la vie de son peuple. L’écrivain authentique ne peut se passer du contact journalier des gens… »  Ce principe, Jacques Stephen Alexis l’a inoculé à tous ses écrits. Et comme de fait, les histoires sont farcies de réalisme et sont encore d’actualité.

 Ainsi, les plus fameux: « Compère Général Soleil », « L’espace d’un cillement » et « Romancero aux Etoiles » sont des chefs- d’œuvre qui valent la peine d’être lus.

 « Compère Général Soleil » est un roman qui retrace les convictions communistes de l’auteur.  C’est l’histoire de la vie du héros, Hilarion Hilarius.  Quand ce dernier est arrêté pour avoir commis un petit larcin, il rencontre en prison Pierre Roumel, un communiste notoire incarcéré pour ses convictions, avec lequel il se lie d’amitié.  A la sortie d’Hilarion de prison, c’est avec un regard neuf qu’il découvre la mentalité de son pays et son environnement.  Quand il rencontre Claire-Heureuse qui va devenir son épouse, Hilarion est bien blasé.  Ils décident de s’enfuir pour la République dominicaine à la recherche d’un mieux-être et d’une autre qualité de vie.  Devenu coupeur de canne dans les bateys, pourchassé, blessé par la garde dominicaine qui exécute à vue d’œil tous les Haïtiens, il retourne au pays pour y mourir et laisse un héritage symbolique à son épouse.

 Avec « L’espace d’un cillement, » c’est un tout autre écrivain qui se fait remarquer.  Plein de sentimentalisme, de poésie et de sensualité, « L’espace d’un cillement » entraîne le lecteur dans un monde nouveau où, à travers les cinq sens de la nature,  il découvre le pouvoir de l’amour.   Les héros sont vivants, humains, dotés de cette force de caractère et de personnalité qui les rendent attachants et sympathiques. En effet, dans  le « Sensation Bar », un bordel situé sur le bord de mer, vit une prostituée, belle, fougueuse et très sollicitée, la Niña Estrellita. Or, voilà que cette dernière tombe éperdument amoureuse d’un homme, El Caucho, qui lui semble différent de tous ceux qu’elle a connus, et étrange par le fait même qu’il n’a jamais manifesté d’intérêt pour son corps et sollicité ses faveurs.   Pourtant, tout porte à croire que lui aussi est intéressé.  C’est alors que La Niña Estrellita, pour gagner et mériter le respect, l’amour d’El Caucho, est déterminée à changer de vie.

 Quand on lit Jacques Stephen Alexis, on ne peut s’empêcher d’être transporté.  Son style, sa manière franche et directe d’exprimer sa pensée et ses sentiments dans une parfaite maîtrise du langage nous laisse l’impression de lire continuellement une poésie. Ses sujets sont captivants, traités de main de maître avec beaucoup de rigueur.  Quand ils ne dénoncent pas les avatars d’une époque, c’est qu’ils transmettent alors un message humain, patriotique.  Les œuvres  étalent les sentiments de l’auteur, qui sont liés à l’honneur, au patriotisme, à autrui, à la beauté de la vie et de la nature, mais surtout à l’amour de son pays : Haïti. 

 Dans cette même perspective, « Romancero aux étoiles » est un recueil qui regroupe un ensemble de nouvelles qui abordent tous les sujets d’actualité.  Depuis Bouqui et Malice, en passant par la « Fable de Tatez’o-Flando », « Le sous-lieutenant enchanté » ou « La chronique d’un faux amour », pour ne citer que cela. 

 Les jeunes découvriront avec joie ces courtes histoires; car, si pour Jacques Stephen Alexis, « Le roman n’est pas seulement […] témoignage, description, [il est surtout] action, une action au service de l’homme, une contribution, une marche en avant de l’humanité 1», c’est donc dire qu’il a su insuffler à toutes ses œuvres cette once d’émotion qui rend tout livre poignant, attachant et désireux d’être relu.

   Rachel Vorbe

Credit: Le Nouvelliste

« Un grand jeté » à l’Institut de danse Lynn Williams Rouzier.

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L’institut de danse Lynn Williams Rouzier a présenté, les 29 et 30 juin dernier, un ballet comédie intitulé « La fille mal gardée », au cercle Bellevue. Le spectacle a eu du succès et Lynn Williams Rouzier compte le rejouer sous peu. Le nouvelliste l’a rencontrée.

LN : Parlez-nous un peu de l’institut de danse Lynn Williams Rouzier.

LWR : C’est une école qui a formé plusieurs générations de danseurs. Dans notre politique d’intégration, depuis quelques temps, beaucoup d’enfants orphelins ou défavorisés prennent gratuitement des cours de danse avec moi. Défavorisés ou pas, ils ont tous droit aux mêmes égards. Les danseurs sortent de l’institut de danse Lynn Williams Rouzier avec de bonnes bases et sont excellents dans d’autres écoles ou compagnies, ici ou ailleurs. Nous tenons ce succès de notre discipline. De toute façon, on ne peut enseigner le ballet sans rigueur.

LN : Une rigueur qui aide les autres danses?

LWR : Bien sûr, le ballet est la base de toutes les danses. Un danseur de ballet peut danser le jazz, le modern, le bal room ou le folklore, mais le contraire n’est pas évident.

LN : Vous avez proposé un spectacle de ballet, les 29 et 30 juin, pouvez-vous nous parler de ce spectacle ?

LWR : J’ai remarqué que depuis quelques temps les gens, particulièrement les hommes, manifestent de moins en moins de l’intérêt pour la danse classique. C’est le cas même pour certains parents qui veulent que  leurs enfants prennent des cours de danse. J’ai donc choisi de jouer « La fille mal gardée » qui est une comédie, une histoire à la portée de tous et qui est surtout amusante. C’est l’histoire d’une belle paysanne dont les parents voulaient qu’elle épouse un riche et sot héritier alors qu’elle était déjà amoureuse de quelqu’un d’autre. Un spectacle simple et plaisant.

LN : Avez-vous obtenu les résultats souhaités ?

LWR : Oui, les spectateurs ont fait le déplacement et ont apprécié. Je pense qu’on va reprendre le spectacle prochainement. Pour ceux qui voudraient le revoir, ceux-là qui n’ont pas eu la possibilité d’assister à la dernière représentation mais surtout parce que ce spectacle est coûteux et ce serait dommage de ne pas l’exploiter au maximum.

LN : Les sponsors ont répondu positivement ou vous aviez eu recours à vos propres fonds?

LWR : Nous avons trouvé du financement, mais c’est nous qui avons couvert soixante-dix pour cent du budget.

LN : C’est vous qui faites la conception de vos costumes?

LWR : Oui, c’est ma fille et moi qui choisissons les modèles et nos costumes sont  confectionnés à la main ici dans notre atelier; L’atelier Laure et Edmond Bailly.

LN : Combien de temps vous a-t-il fallu pour préparer un spectacle comme « la fille mal gardée » ? Combien de temps vous faut-il pour monter un spectacle habituellement ?

LWR : Pour ce spectacle-ci, nous avions commencé au mois de mars. Il nous a fallu  quatre mois. Généralement, il nous faut trois à quatre mois, pas plus.

LN : Que pensez-vous des écoles qui mélangent le ballet et le jazz ou le folklore et le contemporain ? Vous avez des chorégraphies  composites aussi ? Vous utilisez quelle méthode de travail ?

LWR : Ecoutez, si je fais du jazz je fais du jazz, si je fais du folklore je reste dans le folklore, autrement dit, je suis contre le fait d’apporter, sur une scène internationale, une chorégraphie folklorique qui a perdu toute son identité. Non plus je n’aime pas proposer une chorégraphie ballet qui au final n’en est pas une. A l’institut de danse Lynn William Rouzier, nous proposons tout ce qu’il y a de plus classique ou traditionnel, nous ne les mélangeons pas. Nous utilisons  la technique russe et cubaine pour le ballet classique.

LN : Vous mettez l’accent beaucoup plus sur le classique, mais avez-vous déjà monté des spectacles de danse classique sur des musique de chez nous ?

LWR : Oui, quand nous avions présenté le spectacle Wongol, nos chorégraphies étaient faites sur des musiques de chez nous, notamment celles de Ludovic Lamothe et de Raoul Guillaume pour ne citer que ceux-là. 

LN : Vous enseignez la danse folklorique ?

LWR : Oui, et c’est une classe obligatoire.

LN : Faisons un petit devoir de mémoire: comment compensez-vous  l’absence d’edmond Bailly qui qui vous accompagne dans vos travaux ?

LWR. : Edmond Bailly a été un frère et un mentor pour ma fille, qui en ce moment enseigne la danse et qui est une excellente danseuse d’ailleurs ! Nous ressentons fortement en nous le vide laissé son absence. Je peux toujours trouver d’autres professeurs pour enseigner, mais je crains de ne pas pouvoir compenser l’absence d’Edmond Bailly, tellement son implication dans l’école était immense. Pour ce spectacle réalisé dernièrement, il y avait un peu de sa touche. Edmond a laissé des traces indélébiles.

LN : Que pouvez-vous nous dire par rapport à votre contribution à la danse en Haïti, Mme Rouzier ?

LWR : Moi, j’enseigne depuis tellement longtemps que serai incapable de dire avec exactitude depuis quand. Et comme je l’ai dit tantôt, j’ai formé plusieurs générations de danseurs et la compagnie a représenté le pays un peu partout dans le monde. J’ai ouvert ma porte à des enfants qui n’ont pas les moyens de payer alors que je ne reçois aucun financement pour cela. Ici, ce n’est pas qu’une école de danse, c’est une grande famille. A l’institut de danse Lynn Williams Rouzier, on apprend plus que de la danse.

Propos recueillis par Gaëlle Bien-aimé

Credit: Le Nouvelliste

A Caracol, Martelly joue au pompier

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 Sitôt descendu de son hélicoptère, le président de la République, en visite à Caracol, ce mardi, se rend dans l’entrepôt qui logera bientôt les installations de Peintures Caraïbes, première entreprise haïtienne locataire du parc industriel de Caracol. L’accueil est chaleureux. Tout le monde veut toucher le chef de l’Etat haïtien.  Certains scandent même dans la foule : « Nou avè w Tèt kale ».  D’autres, la grande majorité, se plaignent du bas salaire : 150 gourdes par jour. C’est la grogne. Personne n’ose parler à haute voix,  pourtant le malaise est perceptible. Les ouvriers récemment recrutés par S&H Global S.A. ne sont pas contents. Les patrons le savent bien.

 La visite de Michel Joseph Martelly se poursuit le plus ordinairement du monde. Des accolades par ci, des poignées de mains par là; des prises de photos à répétition  avec les ouvriers qui sont aux anges de pouvoir serrer la main de leur idole. Dans les haut-parleurs de l’entreprise S&H Global S.A. où les travailleurs confectionnent des maillots, on ne diffuse que des succès de Sweet-Micky.  Le problème reste toujours entier. Une grande partie des ouvriers qui reviennent de la pause cherchent une occasion pour faire connaître au chef de l’Etat haïtien leur insatisfaction. Puis, tout à coup, on entend un vacarme au fond de l’entrepôt. Les ouvriers courent vers le président, qui fait demi-tour.

 Aucune menace pour la sécurité des uns et des autres. Les agents de l’Unité de la sécurité et de la garde du palais national (USGPN) s’interposent avec assurance entre la foule et la meute de journalistes qui suivent le président de la République. Un des responsables de S&H Global S.A. pose deux chaises par terre. Michel J. Martelly monte sur les chaises pour mieux s’adresser à la foule.  Les gens sont confiants. Ils écoutent le président : « Je suis fier de vous. Vous êtes des modèles. Je sais que vous n’êtes pas satisfaits, mais certains d’entre vous étaient au chômage avant. Tout ne peut pas aller vite d’un coup, prenez patience pour avoir le meilleur ». Et le silence s’installe peu à peu.

 Les ouvriers, qui s’attendaient à un autre discours, sont dégonflés. Et les patrons sont apparemment soulagés. Le travail peut continuer sans problème. Martelly prend la route pour continuer son voyage. Au sol, les engins lourds poursuivent leur va-et-vient pour achever le parc industriel.  Le ministre du Commerce et de l’Industrie, Wilson Laleau, est heureux de constater que les travaux avancent rapidement. Il est fier d’accueillir la première usine haïtienne. Wilson Laleau s’est dit conscient qu’il reste beaucoup à faire pour remplir le parc de Caracol.  

 Le ministre du Commerce et de l’Industrie rappelle qu’Haïti, en tant que signataire des accords « Better work »,  exige de meilleures conditions de travail pour les ouvriers du parc industriel de Caracol. « Nous avons déjà signé avec le gouvernement coréen un accord pour la construction à l’intérieur du parc d’une école  professionnelle. D’autres facilités sont prévues dans le transport et la restauration des employés du parc », explique le ministre, qui déclare que tout ne sera pas parfait au premier moment.

La visite du président prend fin après qu’il ait adressé des mots d’encouragement aux ouvriers. Le chef de l’Etat ne tarit pas d’éloges envers les chefs d’entreprise qui viennent s’établir au parc, à l’instar de Peintures Caraïbes. Mais les  ouvriers resteront-ils aussi calmes qu’ ils l’ont paru après le message du chef de l’Etat ?

Dieudonné Joachim djoachim@lenouvelliste.com
Credit: Le Nouvelliste

Le Mont Carmel attire de plus en plus de pèlerins

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Comme à l’accoutumée, la traditionnelle fête patronale du Mont Carmel de Saut-d’Eau s’achève le 16 juillet avec la célébration eucharistique qui se déroule dans la paroisse de la commune pour honorer la “Vierge-Miracle”.  Le couple présidentiel a assisté à la messe en compagnie de plusieurs autorités.

L’affluence a été plus forte que d’habitude, d’autant plus que l’accès a été plus facile grâce à une route toute neuve en voie d’achèvement. La capacité d’accueil de la commune  n’y a pas répondu. En dehors de ceux qui ont eu la possibilité de louer une chambre d’hôtel ou de se rendre à Mirebalais pour dormir, les visiteurs, de plus en plus nombreux à  l’approche de la fête, ont dormi partout. On a pu les remarquer sous des galeries, à l’intérieur de leur voiture, sous les arbres, par terre en pleine rue…

Implorer le secours  de la Vierge

Dès que le visiteur foule cette terre de pèlerinage, à l’entrée même de la ville, une atmosphère vaudouesque le saisit. Sous les arbres, dans les “lakou”, catholiques et vaudouisants, dans un syncrétisme religieux, évoquent les saints et les ‘’lwa’’. Des bougies sont allumées au pied des arbres,  l’éternelle bouteille de “tafia” arrose les cérémonies où les cabris sont sacrifiés. Des dizaines de pèlerins s’assemblent autour de l’immense mapou, situé à l’entrée du bourg pour “implorer le secours  de la Vierge. Là, ils viennent «déposer» leurs problèmes quotidiens, disent-ils. Les pèlerins chantent en dansant, djakout en bandoulière, vêtus de chapeaux de paille, de robes Karabella et de bijoux locaux.

Une grande partie des visiteurs sont à Saut-d’Eau pour la première fois et s’empressent de découvrir le mystère de la chute d’eau. Bougies, savons, feuilles, cigarettes, allumettes, tafia, chapelets, images de saints et mouchoirs de toutes les couleurs, tout ce dont on peut avoir besoin pour entamer le pèlerinage sont étalés aux coins de la route. Tout ce qu’il faut pour manger également.

Les airs de vaudou joués un peu partout rappellent aux visiteurs qu’ils sont là pour se familiariser avec leur culture qui, selon plus d’un, est en voie de disparition. Ce qui n’empêche pas aux autres activités comme les animations musicales des chars de DJ, d’attirer la grande foule. De temps en temps, la ville se trouve complètement bloquée par  le déferlement des véhicules qui arrivent et repartent. L’arrivée du cortège présidentiel, dans la soirée, n’a pas arrangé la situation.

Les pèlerins se sont défoulés, vendredi soir, dans une commune bouillonnante d’activités et complètement éclairée par un système électrique à peine établi. Entre les groupes de “rara” qui sillonnent les rues, les animations musicales de DJ et les bals des artistes invités, ils ont choisi leur lieu de détente en fonction de leurs besoins et de leurs goûts. Le groupe Racine Mapou de Azor a satisfait ses fans par de belles compositions, même en l’absence d’Azor, décédé l’année dernière.  La relève a été assurée par Wilbert Joseph, Nickel Jasmin et Belfort André, qui ont beaucoup travaillé avec le défunt. Un hommage spécial a été rendu à Azor, qui était très attaché à cette fête. C’est la première fois depuis 18 ans qu’il y est  absent.

Le chef de l’Etat a distribué des enveloppes

Samedi à  3h 45, les pèlerins ont été ravis d’accueillir le couple présidentiel qui a visité la chute d’eau. Martelly en maillot à col blanc avec “manman lavyèj tande rèl nou” inscrit dessus, et sa femme, vêtue d’un corsage léger et bariolé ont encouragé le tourisme local. Ensuite, le président a eu un bref tête-à-tête avec les membres du corps de surveillance du ministère de l’Environnement, qui avaient la mission de réaliser une journée de reboisement aux environs de la chute d’eau. Mission réussie, la veille, le chef de l’Etat a distribué des enveloppes contenant la somme de 250 gourdes à la population, selon le témoignage de certains bénéficiaires.

Plusieurs autres autorités et membres du gouvernement, dont des sénateurs, des députés et le chef de la police nationale, Mario Andrésol, ont fait le déplacement. Leur présence a rendu la circulation plus difficile. Ni cet embouteillage monstre ni les averses n’ont empêché à la commune de Saut-d’Eau de s’embraser durant les trois jours.

Kako, accompagné de T-Micky, a tenu un public restreint en haleine durant toute la soirée du samedi dans son habituel “Bingo Night”, en dehors de la tension des rues. 

Dimanche, les pèlerins ont été tellement nombreux qu’ils ont dû faire la queue pour aller vers la chute. Chacun y est allé pour une raison particulière, sinon par simple curiosité. Certains en ont profité pour prier, chanter ou se baigner à tue-tête, tandis que d’autres n’ont fait qu’explorer les lieux ou regarder les autres. Beaucoup d’étrangers ont également été de la partie.

Dimanche soir, ils ont eu pendant toute la soirée, sur le vaste terrain aménagé pour les recevoir: Boukman Eksperyans, T-Micky, Koudjay et Ram. Plus d’un croit que “la fête patronale la plus populaire du pays” n’a jamais été aussi grandiose que cette année.  Lundi matin de bonne heure, sans même assister à la messe traditionnelle, la majorité des visiteurs se sont empressés de rentrer à Port-au-Prince avec la même affluence qu’à l’aller.

 

John Smith Sanon smithsanon@gmail.com
Credit: Le Nouvelliste

América des Cayes creuse l’écart

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En dominant le Violette 1-0 dimanche au Land des Gabions, l’América profite du nul 0-0 concédé par le FICA dans le derby capois pour porter son avance à 4 points sur le FICA et 5 points sur l’Aigle Noir qui reste un match à disputer le 25 juillet contre le Valencia. Quant au Don Bosco, il enregistre son premier succès depuis les matches retour en battant le Victory 1-0 dimanche soir au stade Sylvio Cator.
Après les 2 succès du Violette face aux deux clubs du Nord, (FICA, 1-0 et l’AS Capoise 3-2), il importait de voir comment il allait gérer son voyage dans le Sud pour défier le leader, l’America, qui cette saison vient du Sud.
Battu 1-0, en milieu de semaine par le Tempête à Saint-Marc, le leader n’avait pas attiré la grande foule dans son antre du Land des Gabions, dimanche. Donc, le Violette n’a pas débarqué dans le chaudron qu’il craignait. Toutefois, les Cayens connaissent la philosophie de l’entraîneur du Violette, Kesnel Thomas, qui avait travaillé avec eux et qu’ils avaient d’ailleurs limogé pour insuffisance de résultats. Et pour Kesnel Thomas, il importait de s’imposer pour montrer à ses anciens protégés qu’ils avaient tort de le virer.
Pour la circonstance, James Morisset, fait confiance à une formation composée de : Decossa – Dimitry Edouard, Jean Garry Ruben (capt), Ricardy Jean-Baptiste – Harold Espérance, Gassendy Sauveur – Wilde Donald Guerrier, Pierre Ronald Saint-Vil, Charles Pierre Ronald – Jocelyn Cénat et Kenz Germain.
Côté Violette, Kesnel Thomas lui oppose un 3-5-2 composé de Henri Philogène – Karl Edwin Vallon, Dupiton Anderson, Junior Eve – Wilberne Augusma – Demas Fernander, Bertrand Séide, Alexandre Bourcicaut, Jeff Narcisse – Frantz Pierre et Lucksène Elistin.
Sous l’arbitrage de Adzer Arismat, le coup d’envoi de la partie est donné à 16h 05 et d’entrée de jeu, les locaux manifestent leur ambition de marquer la rencontre de leur empreinte. Le Violette résiste, mais une résistance de très courte durée. Car, en cinq minutes, l’America fait le tour de la question pour obtenir l’ouverture du score par Kenz Germain. Un petit but de raccroc et le tour est joué. Le Violette a beau mettre son empreinte sur le reste de la mi-temps, mettre à contribution le gardien de l’America, Decossa à plusieurs reprises dont cette frappe de Lucsène Elistin à la 16e minute déviée en corner par le talon involontaire d’un défenseur, les deux formations rentrent aux vestiaires avec cette maigre avance de l’America.
En seconde période, le Violette a longtemps dominé son adversaire avant de bénéficier miraculeusement de la maladresse de Wilde Donald Guerrier à deux reprises en fin de rencontre. D’abord sur un contre mené à la 85e minute, le buteur cayen efface son adversaire d’un coup de rein pour s’ouvrir les portes des buts de Philogène et tirer du pied gauche. La frappe du Cayen manque complètement le cadre provoquant un « houuuuuuuuuuuu » du public. 4 minutes après la situation est pratiquement identique mais là encore, Wilde Donald manque le cadre et au coup de sifflet final, l’America s’impose 1-0 et creuse l’écart en tête du classement.
Le coup d’éclat du Don Bosco
Un but de Yveson Etienne en fin de match a permis au Don Bosco de dominer le Victory 1-0 au stade Sylvio Cator pour améliorer son nombre de points à la dernière place. Le Don Bosco compte désormais 13 points et n’est plus qu’à 5 points du Violette et 4 de l’ASC respectivement 10e et 11e au classement.
Un derby sans but
Le derby capois mettant aux prises l’Association Sportive Capoise (ASC) au Football Inter Club Association (FICA) n’a accouché que d’un nul sans but dimanche soir au parc Saint-Victor. Grâce à ce point grappillé dans cette rencontre, le FICA devient, avec 26 pts, l’unique 2e au classement derrière l’America qui en a 30. Il reste quand même sous la menace de l’Aigle Noir qui a un match à jouer contre le Valencia qui a deux matches en retard contre le Victory et l’Aigle Noir.
Résultats complets des matches disputés et comptant pour la 17e journée
Dimanche 15 juillet
Au parc Levelt de Saint-Marc
Baltimore bat Cavaly 1-0, but de Junior Alexandre pour le Baltimore
AS Capoise et FICA 0-0
Don Bosco bat Victory 1-0, but de Yveson Etienne pour Don Bosco
AS Mirebalais bat Tempête 1-0, but de Wings Pierre-Louis
Au Land des Gabions des Cayes
America bat Violette 1-0, but de Kenz Germain (5e)
Valencia – Aigle Noir
Enock Néré

Credit: Le Nouvelliste

112 956 candidats au bac I

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Midi 30, les candidats aux examens de rhéto viennent de finir l’épreuve de littérature. Aux alentours du centre du lycée Alexandre Pétion qui accueille 576 élèves pour la session ordinaire du baccalauréat première partie, les postulants se mettent par petits groupes, bavardent, mangent ou commentent l’examen qu’ils viennent de subir. Dans cette foule de jeunes excités, David révise une dernière fois ses notions de physique. D’un air sérieux, d’un regard perçant et insistant, il fouille seul dans son bouquin. Il est déterminé à passer le cap. « Je vais réussir et aller en classe supérieure»,  lance-t-il laconiquement, satisfait de sa prestation à la première épreuve qui, selon lui, faisait appel au bon sens des candidats. David espère que l’examen de physique soit aussi  à sa portée.

La deuxième participation de Joilème Joseph aux examens de rhéto ne s’annonce pas aussi prometteuse. «Le texte d’examen a été au-delà de ce que j’ai préparé et j’ai décidé de ne pas plagier », dit-il souriant. Elève du lycée Fabre Nicolas Geffrard aux Gonaïves, ce jeune homme de 20 ans  n’abandonne pourtant pas sa détermination d’être admis en philo et se promet de travailler mieux. Il affirme être satisfait des dispositions prises par les responsables pour éviter des dérapages dans le cadre du déroulement des examens.

Les responsables du centre d’examen au lycée Alexandre Pétion ne cachent pas leur satisfaction du premier jour des épreuves. Les consignes concernant les horaires et le port de téléphone sont jusqu’ici respectées. Ils se réjouissent même de la coopération des élèves qui ne s’en sont pas débarrassés, à remettre leurs cellulaires aux surveillants sans grande résistance. Les responsables de ce centre, Nicolas Mathurin et Dory Paul Julio, donnent la garantie  que les rapports entre surveillants et élèves sont convenables et contribuent à la réussite de cette journée. «Nous avons commencé et terminé à l’heure prévue. Aucune difficulté ni contrariété majeure, je trouve que les examens ont bien débuté », déclare Nicolas Mathurin. Il déplore toutefois l’absence de candidats qu’il estime à 7%.

Parallèlement, au centre de Saint-Louis de Gonzague à la rue du Centre,  les examens se sont déroulés avec près d’une heure de retard. Midi passé, pas un seul postulant n’a  terminé son texte. Selon Marie Suze Philippe, responsable du centre, ce contretemps a été enregistré à cause du retard de certains surveillants. Déplorant la mauvaise répartition des tâches dans la  planification des examens du baccalauréat, Mme Philippe fait état de légèreté de la part des responsables. Elle se réjouit cependant d’avoir réussi à prendre toutes les dispositions pour le bon déroulement des examens au centre qu’elle administre. La présence des agents de sécurité et les superviseurs sillonnant les périmètres de l’établissement et identifiant ceux qui investissent les lieux est visible.  Dans les 12 salles accommodées à recevoir 384 candidats, la surveillance est de taille et les postulants travaillent calmement.

 Philippe Marie Suze apprécie la décision des responsables d’interdire les téléphones portables dans les centres d’examens, ce qui, selon elle, réduira le taux de fraude et contribuera à crédibiliser les épreuves.  

112 956 candidats participent aux examens du baccalauréat de 2012, dont 85 056 dans l’Ouest. Le directeur de l’enseignement secondaire, Jackson Pléteau, présente un bilan positif de la première journée et soutient qu’aucun incident majeur n’est signalé, sauf la panique et le retard causés par le bref passage de la cellule orageuse accompagné de forts vents sur le département de l’Ouest.

Nathalie Verné
Credit: Le Nouvelliste

Le choléra en nette régression

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Les responsables du Ministère de la santé publique et de la population (MSPP) ont présenté, lors d’un point de presse tenu ce lundi au local dudit ministère, l’état de l’évolution de l’épidémie de choléra en Haïti.

 

L’épidémie de choléra, depuis son apparition en Haïti le 19 octobre 2012, n’a cessé de faire des victimes. Elle a évolué de façon sinusoïdale.

 

D’après de docteur Rock Magloire, directeur de l’épidémiologie au ministère de la santé publique, depuis la découverte de l’épidémie, près de 700 mille individus ont été frappés de ses effets néfastes. Selon des chiffres du MSPP, pas moins de sept mille quatre cent dix-huit personnes ont déjà perdu la vie des suites de cette maladie dont quatre mille sept cent trois sont décédées à l’intérieur des hôpitaux.

 

Pendant l’année 2012, les responsables disent avoir bien suivi l’évolution de l’épidémie. Au cours de la quinzième semaine de cette année, mille deux cent quarante-huit cas ont été recensés. L’épidémie allait connaitre une pique, a expliqué le docteur Magloire, à partir de la 21è semaine avec un montant de trois mille sept cent quarante-huit cas. Et pendant ces dernières semaines, elle est sur une pente descendante avec mille quatre cent dix-huit cas.

 

En ce sens, le docteur Magloire établit un certain rapport entre la recrudescence du choléra et la saison pluvieuse car, dit-il, le choléra atteint généralement sa pique durant les moments pluvieux. C’est la raison pour laquelle il a invité la population à être plus vigilante durant ces périodes.

 

Dans la même veine, le docteur Jacques Boncy, directeur du laboratoire national de santé publique, a expliqué, après différentes études réalisées sur des spécimens venant de zones diverses, qu’il s’agissait de la même souche découverte en octobre 2010 avec de légères mutations. Il entend ainsi continuer les investigations afin de vérifier s’il n’y a pas de nouveaux foyers de choléra pour qu’en conséquence des mesures appropriées soient prises.

 

Des mesures de prévention

 

De l’avis de Madame Jocelyne Pierre-Louis, responsable de la direction de promotion de la santé, les principaux cas de choléra sont dus aux mauvaises conditions hygiéniques dans lesquelles évolue la population. Notamment, la mauvaise qualité de l’eau utilisée par les individus.

 

Pour juguler ce fléau, dit-elle, le MSPP de concert avec la Direction nationale de l’eau potable et de l’assainissement (Dinepa), a déjà mis en place un programme de traitement de l’eau à domicile. Dans cette même perspective, ajoute-t-elle, des personnes sont disponibles, dans les institutions sanitaires, pour contrôler non seulement la qualité de l’eau, mais aussi pour la traiter.

 

Dans la même lignée, le docteur Donald François, responsable du choléra au MSPP, encourage tout individu frappé d’un cas de diarrhée à venir dans les centres pour recevoir les soins nécessaires. Il dit disposer actuellement plus de 220 Unités de traitement de choléra (UTC) à travers le pays et beaucoup de Points de réhydratation orale (PRO). Quant aux Centres de traitement de choléra (CTC), ils sont ouverts seulement lorsque les cas de cholera sont en croissants.

 

Madame Marie Guirlaine Raymond Charite, directrice générale du MSPP, pour sa part, a annoncé que le choléra constituait toujours une priorité pour le gouvernement. En ce sens, informe-t-elle, le MSPP l’a déjà intégré dans son système de prise en charge. Pour cela, des stratégies telles que le renforcement du système d’alerte, l’augmentation des Points de réhydratation orale (PRO) dans les zones reculées seront mises en place en vue de l’éradiquer.

 

Aussi, dit-elle, Haïti a paraphé conjointement avec la République dominicaine un plan d’élimination du choléra sur l’ile sur une période de dix ans.

 

Malgré cette baisse constatée, les départements Nord, Nord-Est, Centre, Sud et la zone métropolitaine de Port-au-Prince demeurent fragiles et sont considérés comme les départements où le choléra risque de rester encore longtemps.

Noclès Débréus

nonohaiti2007@yahoo.fr

 

Moubarak doit retourner en prison

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Le procureur égyptien a ordonné le retour de l’ex-président égyptien Hosni Moubarak en prison après l’amélioration de son état de santé, près d’un mois après son transfert dans un hôpital militaire du Caire à la suite d’une attaque cérébrale, a annoncé un communiqué officiel. Le procureur Abdel Meguid Mahmoud a “ordonné le transfert de l’ex-président Hosni Moubarak de l’hôpital militaire de Maadi à la prison de Tora après l’amélioration de son état de santé”, a indiqué ce communiqué.

Le 19 juin, des sources médicale et militaire avaient indiqué que le président déchu, âgé de 84 ans, se trouvait dans le coma et avait dû être placé sous assistance respiratoire. Il avait alors été transféré à l’hôpital des forces armées à Maadi dans la banlieue de la capitale. L’état de M. Moubarak avait fortement décliné après son incarcération le 2 juin à la suite de sa condamnation à la prison à vie pour la mort de manifestants lors de la révolte qui l’a poussé à démissionner. Des sources de sécurité avaient alors fait état de dépression aiguë, de difficultés respiratoires et d’hypertension.

M. Mahmoud avait décidé le 4 juillet de former un comité d’experts médicaux pour statuer sur l’évolution de l’état de santé du raïs et celui-ci a conclu qu’il était “stable et considéré comme bon compte tenu de son âge, ce qui implique son retour en prison”, selon le procureur général adjoint Adel al-Saïd. Lepoint.fr