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Saut-d’Eau, entre bitume et terre battue

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Les pèlerins accourus de partout pour vénérer la Vierge Miracle à Saut-d’Eau n’ont pas cheminé dans la poussière cette année. Plusieurs kilomètres de route ont été asphaltés. Les arbres et les massifs de plantes, bordant le long ruban de voie goudronnée d’habitude, sont couverts de poussière. Pour la première fois, pour une patronale, ils étaient d’un bel éclat vert.

Rodeline qui vient pour la première fois dans la commune du département du Centre, dans l’arrondissement de Mirebalais, était tout à fait étonnée de voir le visage acceuillant de Ville-Bonheur. « Ma mère m’avait dit que j’allais être couverte de poussière et que je devais porter bonnet et chapeau; je suis tout à fait surprise de la ville. Je ne l’imaginais pas verdoyante. »

Le gouvernement Martelly-Lamothe a continué le travail enclenché par l’ex-président René Préval. Le pèlerin a le choix entre la route de Titanyen en terre battue (24.5 kms de route relie Titanyen à Ville-Bonheur) et celle de Mirebalais. De toute façon, les routes sont carrossables et mènent à destination sans grande fatigue.

Les épines de Ville-Bonheur

En dépit des gros efforts consentis pour répondre aux attentes de la Vierge, les épines de Ville-Bonheur se montrent sur le chemin du pèlerinage. L’asphalte n’arrive pas encore à la route du Saut, laquelle est pentue et très inclinée. Les motocyclettes et les véhicules gravissent difficilement ce calvaire. Plusieurs visiteurs voulant se rendre à la cascade ont mordu la poussière. Avant d’atteindre la chute d’eau sortie des entrailles de Montagne-Terrible, hommes et femmes ont chuté. Un facteur qui a provoqué des heurts entre passagers et chauffeurs de taxi-moto. Assis au bord de la route, une coupure au niveau de l’arcade sourcillère, un chauffeur de moto se fait engueuler par une bonne dame couverte de poussière, les bras égratignés.

En dépit de la difficulté de ce tronçon de route, des bandes à pied l’avaient envahie, ce qui a cassé l’élan des moteurs de véhicule. Les Polaris étaient les véritables rois de la route du Saut.

Dans une maison au pied de la route menant à la cascade, l’ex-président d’Haïti, Jean-Claude Duvalier, s’attablaient avec des amis. Vodoula, une bande à pied composée uniquement de femmes, a donné un récital en faveur de Duvalier.

Le pèlerinage à Saut-d’Eau a attiré cette année le président Michel Martelly. Il a assisté à la messe à l’église Notre-Dame-du-Mont-Carmel. L’église était pleine comme un œuf. Aux abords de l’édifice, pèlerins et supporters du chef de l’État s’étaient massés.

Remarquons que beaucoup de personnalités politiques avaient fait le déplacement. Le sénateur du Centre, Simon Dieuseul Desras, avait pris part à la cérémonie eucharistique à côté du président de la République ; l’ex-candidat à la présidence Leslie Voltaire  était également à Saut d’Eau.

Le bain de bénédiction appelé ”bain de chance” a attiré des milliers de pèlerins sur la route. Gallons et bouteilles remplis d’eau bénite étaient transportés par les pèlerins avec foi. Aussi, quand le précieux liquide se renversait à la suite d’une maladresse d’un chauffeur de taxi-moto, celui-ci était carrément maudit par le pèlerin. Pour les catholiques et les vaudouisants, une eau qui chasse les mauvais esprits, guérit les malades, ne doit pas être renversée sur la route, aussi glissante et raide soit-elle.

Le meilleur moyen de se déplacer au cœur de cette ville devenue une véritable plaque tournante pour le tourisme religieux est la marche. Ainsi, on protège mieux sa bouteille et son gallon d’eau bénite.

Sur le long filet de bitume, un embouteillage monstre attendait les véhicules dans le grand carnaval de pèlerinage, où bandes à pied, pèlerins, mendiants, désoeuvrés, bambocheurs, marchands ambulants occupaient la chaussée. Cette année, à quelques mètres de l’entrée de la ville, un parking a été aménagé. Un repère qui ne tempère pas l’élan du chauffeur qui n’entend pas faire une bonne partie du trajet à pied ou en taxi-moto.

Claude Bernard Sérant serantclaudebernard@yahoo.fr
Credit: Le Nouvelliste

Malpasse, l’un des fronts de la bataille contre la contrebande

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Jeantal Clervil revient en territoire connu : la direction de la douane de Malpasse. 21 ans d’expérience au compteur, cet irréductible embrasse à bras le corps la lutte de l’administration Martelly/Lamothe contre la contrebande. « C’est la première fois que je vois autant de volonté de lutter contre la contrebande », confie Jeantal Clervil, assis derrière un bureau sans confort dans une grande salle avec des collaborateurs absorbés par le boulot.

Son diagnostic est aiguisé. « Pour les importateurs formels, on peut trouver des cas de glissements tarifaires mais pas de contrebande. L’importateur formel soumet en général son quitus fiscal, la facture de sa marchandise et la certification SGS établissant la quantité, la qualité et la valeur de sa marchandise », explique le douanier qui ne se trompe pas de cibles : les importateurs informels et les pratiques de milliers de marchands, des passeurs haïtiens durant les deux jours du marché binational, lundi et jeudi.

Agacé par l’appellation « marché binational », Jeantal Clervil indique qu’il n’y a pas d’échanges. « Ce sont uniquement les Dominicains qui vendent des produits. Cela crée un sérieux problème pour notre économie, pour les importateurs formels », explique-t-il, sans omettre de souligner que l’Etat ne perçoit aucune taxe sur ces produits entrant en petite quantité dans des tap-tap, sur des motos, à dos d’homme, dans des camions de faibles tonnages. « La contrebande fourmi est difficile à combattre », ajoute Jeantal Clervil, appelé à redresser la barre en vue de revenir à la moyenne des 170 millions de gourdes de recettes mensuelles par mois à la douane de Malpasse, le deuxième bureau d’importance en termes de perception de taxes.

Capable de critiquer ses pairs, Jeantal Clervil reconnaît cependant que l’absence de rigueur, de constance dans la lutte contre la contrebande par le passé a fini par encourager des importateurs formels  à ” se greffer” sur l’informel. « Certains passent parfois par l’informel. Et l’informel est étroitement lié à la corruption », confie-t-il, sans cacher aussi que des douaniers sont dans certains cas soudoyés pour sous-facturer des marchandises.  

« Quand la responsabilité de mauvaises pratiques d’un douanier est établie, il est sanctionné », garantit Jeantal Clervil, qui veut que l’Etat rentre ses redevances, que tous les importateurs respectent les règles du jeu définies par la loi. « J’insiste et je souhaite que cela soit compris », soutient-il, sans savoir peut-être qu’en face d’un poste de la douane, à Ganthier, plus d’une dizaine de personnes hostiles à la lutte contre la contrebande gueulent leur colère.

Cela décoiffe

« C’est le travail des bourgeois, on veut tuer les pauvres», crie un conducteur furieux du fait que des camions avec les marchandises de plusieurs détaillants aient été interceptés la veille par un task force composé de policiers de l’UDMO, de douaniers et d’autres entités de l’Etat engagées dans la bataille contre la contrebande.  

« C’est l’Etat qui a institué le marché binational. Comment voulez-vous qu’un commerçant dominicain me donne une fiche pour l’achat de deux sacs de sucre ?», s’interroge un jeune homme en sueur. « Si l’on veut fermer ce marché, l’Etat doit nous donner des alternatives. Des emplois, d’autres sources d’approvisionnement, mais le plus important, les moyens pour cultiver nos terres et ne plus avoir à acheter même le citron chez les Dominicains », exige-t-il sous les yeux du longiligne Wilguens Noel dont le camion a été intercepté et conduit à ce poste de la douane la veille au soir, en dépit, dit-il, d’une panne de pneu.

« La population n’a pas voulu que l’on m’arrête. Elle a lancé des pierres et les policiers de l’UDMO ont tiré des coups de feu», explique Wilguens Noel qui fait le pied de grue dans l’espoir de récupérer son camion. « J’avais mon bordereau de douane », assure-t-il, reconnaissant toutefois avoir bénéficié « d’une mainlevée » du douanier dans la facturation. « J’avais 70 sacs et j’ai déclaré 60 », avoue-t-il, favorable malgré tout à des mouvements de protestations pour que « l’on permette aux pauvres de survivre ».

Si les douaniers rencontrés n’ont pas voulu s’exprimer sans autorisation de la direction générale de la douane, le directeur général des douanes, Fritzner Jean-Baptiste, quelques heures plus tôt, sur les ondes de Magik 9, assurait qu’il est courant que des gens ajoutent des marchandises sur le volume d’une cargaison préalablement déclarée.

Fritzner Jean-Baptiste, engagé à fond dans la lutte contre la contrebande, indique que les douaniers sont devenus plus méticuleux dans leur travail car ils savent qu’ils sont contrôlés un peu plus ces derniers temps. Assurant que les critères de taxation de produit sont valables pour tous, Fritzner Jean-Baptiste est revenu dans la foulée sur un dossier de « facturation frauduleuse » de fer ayant fait des remous fin 2011.    

Petit problème d’interprétation

« On ne peut pas parler de cas de contrebande avéré  mais de problème d’interprétation d’imposition tarifaire », selon Fritzner Jean-Baptiste, directeur général de l’AGD. « Chaque groupe a interprété le tarif de manière différente. Dès qu’il s’agit de loi, il y a toujours matière à interprétation », indique-t-il, ajoutant que « pour résoudre le problème, il y a eu une loi de finances en application ce mois-ci ». « Je ne veux pas parler de magouilles. C’est une solution technique qui a été trouvée », soutient Fritzner Jean-Baptiste.

Si Fritzner Jean-Baptiste n’insiste pas et souligne avec précaution qu’il n’a pas travaillé sur ce dossier « traité techniquement au niveau des ministères », le désaveu de l’analyse de l’administration de  Francel Saint-Hillien est pourtant patent. L’Etat haïtien a subi un manque à gagner de quatre cent millions de gourdes au cours de l’exercice fiscal écoulé et continue de perdre de l’argent sur les importations de ronds à béton appelés couramment « fer ½ , fer ¼ , fer 3/8 », selon une note de l’Administration générale des douanes rendue publique le 18 octobre 2011 alors que  Francel Saint-Hillien dirigeait l’AGD.

D’après cette note, « ces ronds à béton importés en rouleau sont depuis plusieurs années déclarés à une position tarifaire les assimilant aux matières premières utilisées dans l’industrie de la quincaillerie, dans le but de les soustraire au paiement régulier des droits de douane. »

« Ce détournement, effectué en dépit du fait que ces produits font l’objet d’une correcte classification tarifaire dans le pays d’exportation, prive annuellement le Trésor public de plusieurs centaines de millions de gourdes. Pour l’exercice fiscal 2010 – 2011, le manque à gagner dû à ce glissement est d’environ quatre cent millions de gourdes  ( 400, 000,000.00 gourdes)», avait indiqué la note de presse, la première du genre.

Le pari du président Martelly

 Le président Michel Joseph Martelly, qui pousse les institutions étatiques à poursuivre la lutte  contre la contrebande, veut que le Trésor public capte plus de 700 millions de dollars américains l’an. L’important, c’est de trouver dans la lutte contre la contrebande à la frontière de l’argent pour construire des maisons et mettre sur pied d’autres programmes pour le peuple, avait-il dit en juin dernier. « Le rôle du président, c’est de gérer les crises, les difficultés », avait ajouté Michel Joseph Martelly qui ne craint pas la déstabilisation de son pouvoir, comme c’est le cas par le passé des pourfendeurs de contrebandiers.

Cependant, sans être un devin, l’un des manifestants de Ganthier prédit que le chef de l’Etat perdra le soutien de la population si celle-ci n’obtient pas une alternative économique au moment où cette bataille est menée contre la contrebande…

 

Roberson Alphonse ralphonse@lenouvelliste.com roberson_alphonse@yahoo.fr
Credit: le Nouvelliste

Foot: le Mondial-2014 est “sous contrôle”, selon les organisateurs

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Le Mondial-2014 football organisé par le Brésil est “sous contrôle” et sera “fantastique”, a affirmé mercredi à l’AFP le directeur général du Comité organisateur local, Ricardo Trade, exprimant sa confiance dans l’avancement des travaux, très critiqué pour ses retards.

“Je suis très optimiste, tout est sous contrôle et je suis sûr que nous allons organiser une Coupe du monde fantastique”, a déclaré l’homme fort du COL du Mondial-2014.

“Nous suivons les travaux 24 heures sur 24 et je peux vous assurer que les stades seront prêts à temps”, a-t-il affirmé lors d’un entretien au siège du COL à Rio.

Depuis que le Brésil a été désigné pays-hôte du Mondial en juillet 2006, les relations entre la Fédération internationale du football (Fifa) et les organisateurs locaux ont connu des moments de forte tension.

Le Brésil, qui a prévu d’investir 13,7 milliards de dollars, a garanti que toutes les installations sportives seront livrées à temps, mais 40% des travaux d’infrastructures n’ont pas encore commencé, selon un document officiel publié en mai.

“A présent, nous avons déjà d’autres priorités. Nous continuons à surveiller les travaux des stades, mais la question n’est plus de savoir s’ils seront ou non terminés dans les délais. Nous pensons déjà à l’aspect opérationnel, à la manière dont sera organisée la circulation autour des stades, où les officiels et la presse seront logés”, a dit M. Trade.

Selon la presse locale, le gouvernement a retiré des projets de la Coupe du monde quelques travaux qui ne seront pas prêts en 2014, comme un tramway à Brasilia.

La Fifa a récemment abaissé ses attentes et admis qu’il n’y avait pas besoin d’un “pays complètement neuf” pour le Mondial.

Depuis mai dernier, le gouvernement brésilien a repris les choses en main, intégrant la direction du COL, ce qui “resserre encore plus une relation de longue date”, selon M. Trade.

“Le gouvernement est maintenant plus proche de nous (le COL), ce qui est fondamental pour financer la plus grande partie des travaux. Cela a amélioré le quotidien de notre relation”, a-t-il ajouté.

La Maison blanche estime qu’Assad perd le contrôle de la Syrie

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WASHINGTON (Reuters) – La Maison blanche a estimé mercredi que Bachar al Assad perdait le contrôle de la Syrie et a pressé la communauté internationale, et plus particulièrement la Russie, de travailler urgemment à une transition politique.

“Il y a un réel élan contre Assad, avec de plus en plus de défections, et une opposition plus forte et plus unie qui opère à travers le pays”, a déclaré le porte-parole de la Maison blanche, Tommy Vietor, après l’attentat de Damas qui a coûté la vie à plusieurs hauts responsables du pouvoir syrien.

“Alors que le régime d’Assad est en train de perdre le contrôle, c’est le moment pour les Syriens et la communauté internationale de se concentrer sur ce qui vient après”, a-t-il ajouté.

“Nous travaillons instamment avec nos partenaires internationaux afin de faire pression pour une transition politique en Syrie. La communauté internationale, incluant l’opposition, s’est réunie plusieurs fois pour entamer ce processus, qui doit se poursuivre”, a-t-il indiqué.

Le président américain Barack Obama a téléphoné à son homologue russe Vladimir Poutine, principal allié international de Bachar al Assad.

“La fenêtre se referme. Nous devons agir d’une façon unifiée pour aider à faire advenir la transition que les Syriens méritent tant”, a déclaré à la presse le porte-parole de la Maison blanche, Jay Carney.

De son côté, le Kremlin a fait savoir que même si les deux dirigeants partageaient l’objectif de mettre un terme à l’escalade de la violence en Syrie, ils restaient divisés sur la façon de l’atteindre.

“Des différences d’approches concernant les moyens pratiques d’atteindre un règlement (de la violence) existent toujours”, a déclaré le Kremlin dans un communiqué paru à la suite de l’entretien entre les deux chefs d’Etat.

Le Conseil de sécurité de l’Onu a reporté à jeudi le vote d’un projet de résolution, soutenu par les Occidentaux, qui menace le pouvoir syrien de sanctions, laissant peu d’espoir quant à une réduction des différends qui ont paralysé jusqu’à présent la réponse internationale à la crise syrienne.

INQUIÉTUDES SUR LES ARMES CHIMIQUES

Le secrétaire américain à la Défense, Leon Panetta, a par ailleurs exprimé, à l’occasion d’une conférence de presse au Pentagone, des inquiétudes sur le sort des armes chimiques dont dispose le pouvoir syrien.

Le gouvernement de Bachar al Assad semble déplacer en toute discrétion certaines armes chimiques depuis des lieux de stockage, ont indiqué des responsables occidentaux et israéliens.

Il n’est cependant pas possible de dire si cette opération relève de la simple précaution de sécurité à l’heure où la guerre civile syrienne connaît une escalade sans précédent.

Le gouvernement syrien dément mener une telle opération. Les stocks secrets d’armements syriens, considérés comme les plus importants de cette sorte au Moyen-Orient, incluraient du sarin, des gaz moutarde et du cyanure.

“Nous leur avons signifié clairement qu’ils avaient la responsabilité de préserver leurs sites chimiques et que nous les tiendrions responsables si la moindre chose devait se produire en rapport avec ces sites”, a ajouté Leon Panetta, précisant que les Etats-Unis travaillaient en étroite collaboration avec leurs alliés sur ces questions.

Phil Stewart; Juliette Rabat pour le service français

Deux morts dans un hold-up à Pétion-ville

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Au moment où les autorités s’engagent à changer l’image d’Haïti, l’insécurité constitue l’un des grands obstacles à abattre. Les hommes armés ne l’entendent pas cette oreille. Ils ont pour la énième fois semé le deuil sur leur passage. Chéry Pierre Zamor et Rébert Moïse sont les dernières victimes de cette recrudescence.

Ce mercredi 18 juillet 2012, tôt dans la matinée, Chéry Pierre Zamor et Rébert Moïse, deux agents de sécurité affectés au bureau de transfert « CAM », ont été assassinés par des hommes armés qui tentaient de rentrer de force dans le bureau, à Pétion ville (angle rue Grégoire et Louverture).

Ces derniers, armés voulaient rançonner le bureau. Les agents de sécurité s’y sont opposés, selon témoignages. Après une opposition héroïque, les deux agents de sécurité sont tombés sous les balles assassines des malfrats. Au nombre de six, les bandits avaient selon toute vraisemblance, bien préparé leur coup. En effet, 4 sont restés hors du bâtiment, qui loge le CAM transfert pour sécuriser les lieux, afin que les deux autres puissent opérer en toute tranquillité.

Sous le couvert de l’anonymat, un des témoins trouvé sur le théâtre des opérations a avoué qu’une ambulance aurait transporté Rebert Moise à l’hôpital. Il serait, selon les dernières informations, décédé des suites de ses blessures sur le chemin avant d’y parvenir.

L’un des responsables dudit bureau a, pour sa part, informé que grâce au concours des autres agents, les malfaiteurs ont dû rebrousser chemin. Ils seraient repartis bredouille.

Reynold Aris

arisreynold@yahoo.fr 

Pressions Américaines !

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CEP permanent : Silence du Parlement à l’expiration du délai de huit jours de la Présidence, pressions américaines

Si le Sénateur Moïse Jean-Charles combat le projet de Michel Martelly et réclame la formation d’un CEP provisoire, en revanche, le président du Sénat, Dieuseul Simon Desras, encore plus agacé par la paralysie de l’assemblée après une rencontre mardi avec Cheryl Mills, la chef de cabinet de la Secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, agite la menace d’une réduction du quorum afin de contourner l’obstacle de la majorité des deux tiers nécessaire pour que le corps législatif choisisse ses trois conseillers électoraux

Le délai de huit jours que le Président Michel Martelly avait accordé au Parlement pour désigner ses trois représentants au Conseil électoral permanent a expiré mardi sans aucune réponse du corps législatif sur ce dossier controversé et en pleine crise au Sénat dont les travaux sont ajournés à cause de graves divergences politiques.

Profondément divisée, l’assemblée des Sénateurs, réduite à 20 depuis le départ en mai dernier d’un tiers de ses membres, est dans l’incapacité de tenir séance et d’envisager de se réunir en assemblée nationale avec la Chambre basse en vue de plancher sur la formation du CEP.

Pour le Sénateur du nord, Moïse Jean-Charles, il est absolument hors de question de franchir cette étape dans les conditions actuelles car, l’institution électorale serait un instrument qui permettrait au chef de l’Etat de faire main basse sur les prochaines législatives partielles, municipales et locales.

Le parlementaire de Inite, qui se situe résolument dans l’opposition, se déclare favorable à la mise en place d’un conseil électoral provisoire de consensus dans lequel différents secteurs de la vie nationale seraient représentés.

Cependant, le président du Grand Corps, Dieuseul Simon Desras, est loin de partager ce point de vue et a même brandi mardi la menace d’une réduction du quorum afin de surmonter le blocage politique constaté depuis la ratification de la déclaration de politique générale du Premier ministre Laurent Lamothe suivie de la promulgation de la constitution amendée au cœur d’une vive controverse.

« Il y a des provisions légales et une jurisprudence pour baisser le quorum », a argumenté le Sénateur Desras qui, dans une menace à peine voilée à l’endroit des élus déterminés à boycotter les séances plénières, affirme qu’aucun texte de loi ne fixe à 20 la majorité des deux tiers au Sénat.

Or, c’est justement l’impossibilité pour le Grand Corps d’atteindre ce nombre qui éloigne la perspective de la tenue d’une séance en assemblée nationale consacrée au choix de trois des futurs conseillers électoraux.

Les propos du président du Sénat ont été tenus quelques minutes seulement après une rencontre avec Cheryl Mills, la chef de cabinet de la patronne du Département d’Etat, Hillary Clinton, consacrée notamment à la mise en place du Conseil électoral permanent et à l’organisation des élections. M. Desras avoue avoir été embarrassé lorsque la représentante de l’administration Obama a demandé aux Sénateurs présents s’ils se sentaient prêts à assumer la responsabilité de bloquer le processus de formation de l’organisme électoral au cas où l’exécutif et le judiciaire auraient désigné six des neuf conseillers.

Une question que d’aucuns pourraient assimiler à une forme de pression directe exercée sur les élus haïtiens.

 

Radio Kiskeya

BelO vers le haut.

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Un chanteur de Port-au-Prince peut-il déborder le cadre communautaire de la diaspora haïtienne lorsqu’il se produit à l’étranger? BelO est de ces rares artistes s’exprimant surtout en créole haïtien qui puissent réaliser l’exploit.

Pendant que ses compatriotes viennent généralement triompher au complexe Christina de Saint-Léonard, un lieu fréquenté par des Haïtiens de notre île lorsque s’y produisent des Haïtiens de la grande île, BelO s’affaire à conquérir un public mixte via la tribune qui lui offre le festival Nuits d’Afrique. Avec succès? Dimanche soir, en tout cas, le Cabaret du Mile-End était rempli de spectateurs aux origines diverses, de surcroît ravis.

L’auteur, compositeur, guitariste et chanteur exerce un véritable ascendant sur cet auditoire mixte venu à sa rencontre. On a senti chez cet homme l’honnêteté, l’intelligence, la bonté, la conviction, la passion pour ses sujets. Sujets essentiellement en orbite autour des préoccupations fondamentales d’Haïti : reconstruction du pays après le terrible tremblement de terre survenu en 2010, criantes inégalités sociales et économiques, enfants pauvres tentés par le banditisme armé pour supporter financièrement leur famille, mais aussi… amour sur les plages de Jacmel.

Pour la première partie de ce récital, BelO a enchaîné des titres extraits de ses albums : Ti moun yo, Mizik a Jah, Banda, Pari nan malem, Istwa dwol, Diore, Wozo, Lakou trankil, Ti Jean, Match. Pour la seconde partie, c’est-à-dire pendant qu’on assistait à la performance de Spoek Mathambo à la SAT, on rapporte qu’il a fait Kote moun yo, Love pou love, Lewa, Deblozay, Pitit deyo, Timitant nan wout, Jasmine.

Pari gagné? Enfin, presque. Le public a certes apprécié, le plancher de danse s’est progressivement rempli, on a senti clairement cet enthousiasme qui se manifeste pour les artistes en pleine ascension.

La suite des choses? Jean Belony Murat, alias BelO, a tout pour devenir une star internationale : son chant est contagieux, ses racines haïtiennes sont profondes, ses inflexions vocales ne sont pas sans rappeler les grands reggaemen (on pense d’abord à Bob), son charme opère sans problème, ses mélanges de genres (folk, rara, vaudou, reggae, soul, etc.) sont équilibrés. Cependant…

Il manque encore à BélO des moyens à la hauteur de son talent. On le sait contraint de se produire avec des formations locales haïtiennes ou caribéennes, qu’il soit en France, aux États-Unis ou au Québec. Dimanche à Montréal, la résultante était loin d’être vilaine, on aurait néanmoins souhaité retrouver cette coloration sonore plus antillaise de son noyau de Port-au-Prince, avec qui il devra tôt ou tard tourner systématiquement s’il veut accéder aux grandes ligues. Quelques répétitions avec d’honnêtes professionnels locaux ne suffisent pas au stade où BélO est rendu.

Hormis le magnétisme du personnage, la pertinence de son propos, la qualité de son répertoire, il devra souscrire à des standards de réalisation plus élevés (et plus singuliers) en studio et une machine à spectacles plus aguerrie, plus percutante sur scène. Voilà la prochaine étape à laquelle BelO devra se soumettre. 

Alain Brunet

La Presse 

Le camp Obama met Mitt Romney en difficulté sur sa fortune

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IRWIN, Pennsylvanie (Reuters) – Mitt Romney s’est efforcé mardi de se sortir de la polémique sur l’ampleur et la nature de ses placements financiers alors que l’équipe de campagne de Barack Obama s’emploie à le dépeindre comme un riche homme d’affaires déconnecté de la réalité des Américains ordinaires.

Le probable candidat républicain à l’élection présidentielle du 6 novembre aux Etats-Unis a affirmé qu’il ne céderait pas aux appels de plus en plus pressants, y compris de son propre camp, lui demandant de rendre publiques ses déclarations de revenus avant 2010.

“Dans l’environnement politique actuel, l’équipe de campagne d’Obama essaie de trouver n’importe quoi pour détourner l’attention de l’échec du président à relancer notre économie” a déclaré Mitt Romney au site internet conservateur National Review.

“Je ne suis tout simplement pas enthousiaste à l’idée de leur donner des centaines de milliers de pages supplémentaires à éplucher, à déformer et au sujet desquelles mentir”, a-t-il dit à National Review, qui a par la suite publié un éditorial l’exhortant tout de même à publier davantage de déclarations fiscales.

Dans un nouveau message télévisé diffusé en Pennsylvanie, l’un des Etats jugés stratégiques pour le scrutin du 6 novembre, le camp démocrate s’interroge sur les raisons qui poussent Mitt Romney, ancien dirigeant du fonds d’investissement Bain Capital, à refuser de rendre publics ses revenus d’avant 2010.

“Paradis fiscaux, comptes offshore, intéressement différé… Mitt Romney a utilisé toutes les ficelles possibles”, dit une voix dans ce spot. “Romney admet que ces deux dernières années, il a payé moins de 15% d’impôts sur 43 millions de dollars de revenus. C’est à se demander si certaines années il n’a tout simplement pas payé d’impôts”, poursuit cette publicité, avant de conclure: “Que cache Mitt Romney?”

L’ancien gouverneur du Massachusetts a riposté en attaquant une nouvelle fois le bilan économique du président démocrate, auquel il reproche un taux de chômage à 8,2%. Il a aussi accusé Barack Obama d’être foncièrement hostile à la libre entreprise.

INSINUATION RÉPUBLICAINE SUR L’ORIGINE D’OBAMA

“Le président Obama attaque la réussite et c’est pourquoi sous le président Obama, il y a moins de réussite. Et je changerai cela”, a dit Mitt Romney lors d’un déplacement en Pennsylvanie.

En campagne dans le Texas, Barack Obama a pour sa part affirmé que son adversaire avait “gagné de l’argent en investissant dans des sociétés qui ont été qualifiées de ‘pionnières’ en matière de délocalisation. Je ne veux pas de pionnier de la délocalisation à la Maison blanche.”

Des salariés d’une usine appartenant à Bain sont venus fournir un appui concret aux accusations du camp démocrate en demandant à Mitt Romney d’intervenir auprès des dirigeants du fonds d’investissement pour empêcher la fermeture programmée de leur site, délocalisé en Chine.

Les salariés de cette usine Sensata Technologies, société contrôlée par Bain, ont signé en pétition en ce sens et le conseil municipal de Freeport, la localité de l’Illinois où se trouve l’usine, a voté lundi une motion sollicitant l’aide de Mitt Romney.

Les collaborateurs de ce dernier soulignent qu’il n’y est absolument pour rien dans cette fermeture d’usine, même s’il possède toujours des millions de dollars dans Bain.

Signe que la campagne prend une tonalité plus agressive à moins de quatre mois du vote, l’un des principaux animateurs de la campagne de Mitt Romney a remis en cause mardi la légitimité de Barack Obama en insinuant que le président n’était pas vraiment un Américain.

L’origine prétendument douteuse de Barack Obama, premier président noir des Etats-Unis, est une thèse récurrente avancée par certains conservateurs pour remettre en cause sa légitimité, mais Mitt Romney s’est jusqu’à présent attaché à ne pas utiliser cet argument.

Au cours d’une conférence téléphonique avec des journalistes organisée par l’équipe de campagne républicaine, John Sununu, ancien gouverneur du New Hampshire, a qualifié ses adversaires démocrates de “bande de menteurs”, avant d’ajouter: “J’aimerais que le président apprenne à devenir américain.”

John Sununu est rapidement revenu sur ses propos et il a par la suite présenté des excuses sur CNN, en disant avoir “commis une erreur”.

Porte-parole de l’équipe de campagne de Barack Obama, Lis Smith a cependant jugé que le camp Romney avait “touché le fond”.

Sous la pression des républicains, Barack Obama a déjà dû publier un certificat de naissance prouvant qu’il est né à Hawaï.

Avec Corrie MacLaggan et Jeff Mason au Texas; Andy Sullivan, Bertrand Boucey pour le service français

Jacques Stephen Alexis, L’écrivain pour l’éternité…

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C’est de ce titre que la Fokal a choisi de nommer la “semaine Jacques Stephen Alexis” pour commémorer ses 90 ans de naissance et qui s’est tenue au cours du mois d’avril.   Autour de toute une série de manifestations, la vie de Jacques Stephen Alexis a été livrée au public qui en a pris connaissance à travers ses écrits. Que ce soit par ses romans, ses poésies ou sa fameuse lettre au président à vie François Duvalier, dans laquelle il dénonçait les actes d’intimidation dont il faisait les frais,  Jacques Stephen Alexis apparaît comme un homme d’action, de conviction et de profond patriotisme. 

 Cependant, bien que l’homme n’ait pas eu le temps d’être un écrivain prolifique, les quelques œuvres qu’il a produites font partie des grands classiques de la littérature haïtienne. D’ailleurs, cette passion qui a guidé Jacques Stephen Alexis tout au long de sa courte existence, sans lui faire perdre son sens des responsabilités tant comme patriote convaincu que comme auteur écrivain engagé, est bien illustrée par la définition qu’il se donne en tant que créateur d’œuvres : « Un romancier qui respecte son art ne peut être un homme de nulle part, une véritable création ne peut non plus se concevoir en  cabinet, mais en plongeant dans les tréfonds de la vie de son peuple. L’écrivain authentique ne peut se passer du contact journalier des gens… »  Ce principe, Jacques Stephen Alexis l’a inoculé à tous ses écrits. Et comme de fait, les histoires sont farcies de réalisme et sont encore d’actualité.

 Ainsi, les plus fameux: « Compère Général Soleil », « L’espace d’un cillement » et « Romancero aux Etoiles » sont des chefs- d’œuvre qui valent la peine d’être lus.

 « Compère Général Soleil » est un roman qui retrace les convictions communistes de l’auteur.  C’est l’histoire de la vie du héros, Hilarion Hilarius.  Quand ce dernier est arrêté pour avoir commis un petit larcin, il rencontre en prison Pierre Roumel, un communiste notoire incarcéré pour ses convictions, avec lequel il se lie d’amitié.  A la sortie d’Hilarion de prison, c’est avec un regard neuf qu’il découvre la mentalité de son pays et son environnement.  Quand il rencontre Claire-Heureuse qui va devenir son épouse, Hilarion est bien blasé.  Ils décident de s’enfuir pour la République dominicaine à la recherche d’un mieux-être et d’une autre qualité de vie.  Devenu coupeur de canne dans les bateys, pourchassé, blessé par la garde dominicaine qui exécute à vue d’œil tous les Haïtiens, il retourne au pays pour y mourir et laisse un héritage symbolique à son épouse.

 Avec « L’espace d’un cillement, » c’est un tout autre écrivain qui se fait remarquer.  Plein de sentimentalisme, de poésie et de sensualité, « L’espace d’un cillement » entraîne le lecteur dans un monde nouveau où, à travers les cinq sens de la nature,  il découvre le pouvoir de l’amour.   Les héros sont vivants, humains, dotés de cette force de caractère et de personnalité qui les rendent attachants et sympathiques. En effet, dans  le « Sensation Bar », un bordel situé sur le bord de mer, vit une prostituée, belle, fougueuse et très sollicitée, la Niña Estrellita. Or, voilà que cette dernière tombe éperdument amoureuse d’un homme, El Caucho, qui lui semble différent de tous ceux qu’elle a connus, et étrange par le fait même qu’il n’a jamais manifesté d’intérêt pour son corps et sollicité ses faveurs.   Pourtant, tout porte à croire que lui aussi est intéressé.  C’est alors que La Niña Estrellita, pour gagner et mériter le respect, l’amour d’El Caucho, est déterminée à changer de vie.

 Quand on lit Jacques Stephen Alexis, on ne peut s’empêcher d’être transporté.  Son style, sa manière franche et directe d’exprimer sa pensée et ses sentiments dans une parfaite maîtrise du langage nous laisse l’impression de lire continuellement une poésie. Ses sujets sont captivants, traités de main de maître avec beaucoup de rigueur.  Quand ils ne dénoncent pas les avatars d’une époque, c’est qu’ils transmettent alors un message humain, patriotique.  Les œuvres  étalent les sentiments de l’auteur, qui sont liés à l’honneur, au patriotisme, à autrui, à la beauté de la vie et de la nature, mais surtout à l’amour de son pays : Haïti. 

 Dans cette même perspective, « Romancero aux étoiles » est un recueil qui regroupe un ensemble de nouvelles qui abordent tous les sujets d’actualité.  Depuis Bouqui et Malice, en passant par la « Fable de Tatez’o-Flando », « Le sous-lieutenant enchanté » ou « La chronique d’un faux amour », pour ne citer que cela. 

 Les jeunes découvriront avec joie ces courtes histoires; car, si pour Jacques Stephen Alexis, « Le roman n’est pas seulement […] témoignage, description, [il est surtout] action, une action au service de l’homme, une contribution, une marche en avant de l’humanité 1», c’est donc dire qu’il a su insuffler à toutes ses œuvres cette once d’émotion qui rend tout livre poignant, attachant et désireux d’être relu.

   Rachel Vorbe

Credit: Le Nouvelliste

« Un grand jeté » à l’Institut de danse Lynn Williams Rouzier.

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L’institut de danse Lynn Williams Rouzier a présenté, les 29 et 30 juin dernier, un ballet comédie intitulé « La fille mal gardée », au cercle Bellevue. Le spectacle a eu du succès et Lynn Williams Rouzier compte le rejouer sous peu. Le nouvelliste l’a rencontrée.

LN : Parlez-nous un peu de l’institut de danse Lynn Williams Rouzier.

LWR : C’est une école qui a formé plusieurs générations de danseurs. Dans notre politique d’intégration, depuis quelques temps, beaucoup d’enfants orphelins ou défavorisés prennent gratuitement des cours de danse avec moi. Défavorisés ou pas, ils ont tous droit aux mêmes égards. Les danseurs sortent de l’institut de danse Lynn Williams Rouzier avec de bonnes bases et sont excellents dans d’autres écoles ou compagnies, ici ou ailleurs. Nous tenons ce succès de notre discipline. De toute façon, on ne peut enseigner le ballet sans rigueur.

LN : Une rigueur qui aide les autres danses?

LWR : Bien sûr, le ballet est la base de toutes les danses. Un danseur de ballet peut danser le jazz, le modern, le bal room ou le folklore, mais le contraire n’est pas évident.

LN : Vous avez proposé un spectacle de ballet, les 29 et 30 juin, pouvez-vous nous parler de ce spectacle ?

LWR : J’ai remarqué que depuis quelques temps les gens, particulièrement les hommes, manifestent de moins en moins de l’intérêt pour la danse classique. C’est le cas même pour certains parents qui veulent que  leurs enfants prennent des cours de danse. J’ai donc choisi de jouer « La fille mal gardée » qui est une comédie, une histoire à la portée de tous et qui est surtout amusante. C’est l’histoire d’une belle paysanne dont les parents voulaient qu’elle épouse un riche et sot héritier alors qu’elle était déjà amoureuse de quelqu’un d’autre. Un spectacle simple et plaisant.

LN : Avez-vous obtenu les résultats souhaités ?

LWR : Oui, les spectateurs ont fait le déplacement et ont apprécié. Je pense qu’on va reprendre le spectacle prochainement. Pour ceux qui voudraient le revoir, ceux-là qui n’ont pas eu la possibilité d’assister à la dernière représentation mais surtout parce que ce spectacle est coûteux et ce serait dommage de ne pas l’exploiter au maximum.

LN : Les sponsors ont répondu positivement ou vous aviez eu recours à vos propres fonds?

LWR : Nous avons trouvé du financement, mais c’est nous qui avons couvert soixante-dix pour cent du budget.

LN : C’est vous qui faites la conception de vos costumes?

LWR : Oui, c’est ma fille et moi qui choisissons les modèles et nos costumes sont  confectionnés à la main ici dans notre atelier; L’atelier Laure et Edmond Bailly.

LN : Combien de temps vous a-t-il fallu pour préparer un spectacle comme « la fille mal gardée » ? Combien de temps vous faut-il pour monter un spectacle habituellement ?

LWR : Pour ce spectacle-ci, nous avions commencé au mois de mars. Il nous a fallu  quatre mois. Généralement, il nous faut trois à quatre mois, pas plus.

LN : Que pensez-vous des écoles qui mélangent le ballet et le jazz ou le folklore et le contemporain ? Vous avez des chorégraphies  composites aussi ? Vous utilisez quelle méthode de travail ?

LWR : Ecoutez, si je fais du jazz je fais du jazz, si je fais du folklore je reste dans le folklore, autrement dit, je suis contre le fait d’apporter, sur une scène internationale, une chorégraphie folklorique qui a perdu toute son identité. Non plus je n’aime pas proposer une chorégraphie ballet qui au final n’en est pas une. A l’institut de danse Lynn William Rouzier, nous proposons tout ce qu’il y a de plus classique ou traditionnel, nous ne les mélangeons pas. Nous utilisons  la technique russe et cubaine pour le ballet classique.

LN : Vous mettez l’accent beaucoup plus sur le classique, mais avez-vous déjà monté des spectacles de danse classique sur des musique de chez nous ?

LWR : Oui, quand nous avions présenté le spectacle Wongol, nos chorégraphies étaient faites sur des musiques de chez nous, notamment celles de Ludovic Lamothe et de Raoul Guillaume pour ne citer que ceux-là. 

LN : Vous enseignez la danse folklorique ?

LWR : Oui, et c’est une classe obligatoire.

LN : Faisons un petit devoir de mémoire: comment compensez-vous  l’absence d’edmond Bailly qui qui vous accompagne dans vos travaux ?

LWR. : Edmond Bailly a été un frère et un mentor pour ma fille, qui en ce moment enseigne la danse et qui est une excellente danseuse d’ailleurs ! Nous ressentons fortement en nous le vide laissé son absence. Je peux toujours trouver d’autres professeurs pour enseigner, mais je crains de ne pas pouvoir compenser l’absence d’Edmond Bailly, tellement son implication dans l’école était immense. Pour ce spectacle réalisé dernièrement, il y avait un peu de sa touche. Edmond a laissé des traces indélébiles.

LN : Que pouvez-vous nous dire par rapport à votre contribution à la danse en Haïti, Mme Rouzier ?

LWR : Moi, j’enseigne depuis tellement longtemps que serai incapable de dire avec exactitude depuis quand. Et comme je l’ai dit tantôt, j’ai formé plusieurs générations de danseurs et la compagnie a représenté le pays un peu partout dans le monde. J’ai ouvert ma porte à des enfants qui n’ont pas les moyens de payer alors que je ne reçois aucun financement pour cela. Ici, ce n’est pas qu’une école de danse, c’est une grande famille. A l’institut de danse Lynn Williams Rouzier, on apprend plus que de la danse.

Propos recueillis par Gaëlle Bien-aimé

Credit: Le Nouvelliste