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Haïti qualifiée pour le second tour mais la route sera longue

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Enock Néré nereenock@gmail.com

En dominant respectivement Saint-Martin 7-0 vendredi et Bermudes 3-1 dimanche, la sélection nationale haïtienne de football s’est qualifiée pour le second tour des éliminatoires de la Digicel Cup des Nations caribéennes. Il ne lui reste désormais qu’à vaincre la sélection porto ricaine pour s’offrir la première place du groupe I et aller chercher son billet pour Antigua et Barbuda à Saint-Georges en Grenade dans le groupe VI du 20 au 24 octobre 2012.

Un triplé de Péguero Jean-Philippe plus une réalisation de Kevin Lafrance, une autre de Monuma Constant jr et un doublé de Monuma Constant jr et le compte est bon. Haïti s’impose 7-0 aux dépens de Saint-Martin et fait une intéressante entrée dans le groupe I après la victoire difficile 2-1 de Porto Rico aux dépens des Bermudes. Le 4-2-3-1 (Johnny Placide – Réginald Goreux, Jean-Jacques Pierre, Kevin Lafrance, Olrich Saurel – Alain Vubert, Monuma Constant jr – Jean Eudes Maurice, Jeff Louis, Peterson Joseph – Peguero Jean-Philippe) adopté par le sélectionneur Blake Cantero plaît, et Péguero Jean-Philippe rappelle à tous qu’il est un attaquant racé en dépit du fait que sa grave blessure l’ait sérieusement handicapé.

Modification du coach dans la formation de dimanche pour affronter Bermudes. Si Johnny Placide garde encore les buts, Aveska remplace Jean-Jacques en défense centrale, Jean Marc Alexandre remplace Alain Vubert à la récupération, mais le 4-2-3-1 persiste (Johnny Placide – Réginald Goreux, Judelain Aveska, Kevin Lafrance, Olrich Saurel – Peterson Joseph, Monuma Constant jr – Jean Eudes Maurice, Jeff Louis, Jean Marc Alexandre – Péguero Jean-Philippe). A l’arrivée, un penalty de Olrich Saurel plus une réalisation de Jean Eudes Maurice plus le 4e but de la compétition de Péguero Jean-Philippe permet à Haïti de mener 3-0 à la mi-temps et de s’imposer, enfin, 3-1 face aux Bermudes pour s’offrir un des deux billets qualificatifs du groupe. Le premier objectif est atteint. On peut espérer.

Que reste-t-il à faire ?

Les 9 buts inscrits par Porto Rico contre Saint-Martin lui offre non seulement un billet qualificatif pour le second tour mais aussi, provisoirement, la première place du groupe I. Donc il faut battre Porto Rico pour remporter le groupe. Les Porto ricains sont leaders provisoirement si et seulement si, Haïti parvient mardi à avoir l’avantage sur la plus petite ile des Grandes Antilles caribéennes. Sinon ils seront les vainqueur du Groupe I, ce qui pourrait compliquer la suite des éliminatoires.

Qu’arriverait-il si Haïti perdait ou concèderait le nul ?

Si les coéquipiers de Péguero Jean-Philippe parviennent à s’imposer, mardi,ils rappelleront aux Portoricains ce que Haïti représente dans la Caraïbe en matière de football. Ils iront ensuite à Grenade disputer l’un des deux billets qualificatifs du groupe VI en compagnie de Grenade, du vainqueur du groupe II qui peut-être Curaçao, Guyana, Sainte-Lucie ou Saint-Vincent et Grenadines, du meilleur 2e des groupes 4 et 5 qui logiquement devrait être soit la Barbade ou la République Dominicaine, soit la Guyane Française ou Trinidad and Tobago.

Mais si Haïti perd ou concède le nul face à Porto Rico, elle se trouvera dans l’obligation de disputer le second tour des éliminatoires dans le groupe VII en Guadeloupe entre le 23 et le 27 octobre 2012. Un groupe VII qui sera assez relevé avec la Guadeloupe, le vainqueur du groupe III (Martinique ou Suriname), le 2e du Groupe I et le vainqueur du groupe IV (Aruba, Barbade ou République Dominicaine). Deux billets qualificatifs pour la phase finale de la Digicel Cup des Nations caribéennes en décembre seront en jeu dans ce groupe.

Quand l’arbitre sifflera la fin de la partie qui mettra en face Haïti et Porto Rico, mardi soir, au stade Stade Sylvio Cator, le public saura à quoi s’attendre. A noter que la phase finale de la Digicel Cup des Nations opposera 8 nations réparties en deux groupes, du 3 au 15 décembre 2012, à Antigua et Barbuda.

Enock Néré nereenock@gmail.com

Beaucoup d’inscrits, peu de places

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Valéry DAUDIER vdaudier@lenouvelliste.com

L’Université d’Etat d’Haïti a reçu cette année près de 30 000 inscrits dans ses différentes entités. La Faculté de médecine et de pharmacie (FMP), à elle seule, a enregistré un chiffre record, soit plus de 6 000 inscrits pour quelque 150 places disponibles.

Jeudi 6 septembre, 8h15 a.m. La cour du ministère de l’Education nationale est bondée de monde, en majorité des jeunes qui viennent de passer avec succès leurs examens de fin d’études secondaires. Leur présence au ministère est pour réclamer leurs certificats et/ou leurs relevés de notes. « Passez réclamer vos documents demain », indique un responsable à un jeune homme qui vient de payer 100 gourdes pour obtenir son certificat et son relevé de notes.

« Si je ne les trouve pas demain, je suis foutu », murmure un jeune homme, qui s’est déjà fait inscrire en ligne dans deux facultés de l’Université d’Etat d’Haïti. Il ne lui reste qu’à déposer les pièces requises, dont le certificat de fin d’études secondaires dans les facultés choisies au plus tard le vendredi 7 septembre. Mais le rectorat a finalement décidé de prolonger les inscriptions jusqu’à ce mardi 11 septembre.

Credit: le Nouvelliste

Le rêve de la majorité de ces jeunes réunis dans la cour du ministère est d’entrer à l’Université d’Etat d’Haïti (UEH). Obtenir une place dans l’une des 12 entités de l’UEH serait considéré comme un événement pour certains, le pourcentage de chance étant tellement faible.

A l’entrée de la Faculté de droit et des sciences économiques (FDSE), trois étudiants s’installent. Devant eux : des ouvrages destinés aux postulants pour préparer leurs concours d’admission dans différentes facultés. « Si tu ne participes pas aux séminaires que nous organisons ici pour les postulants, cet ouvrage peut t’aider, il se vend à 300 gourdes », dit un étudiant (marchand d’ouvrages) à une postulante qui jetait un coup d’œil.

Apparemment n’étant pas intéressée, elle se dirige dans une salle pour déposer ses pièces. Ils sont nombreux les candidats dans cette salle. « Moi, je me suis inscrit pour étudier le droit », tonne un jeune homme un peu frêle. « Je n’aime pas trop le droit, je vais étudier de préférence les sciences économiques », lui répond un ancien camarade qu’il n’a pas vu depuis belle lurette.

A quelques mètres, à la Faculté de médecine et de pharmacie (FMP) qui a enregistré 6 041 inscrits jusqu’à lundi soir, à 7 heures, c’est pratiquement la même ambiance. Pour gérer l’affluence, les responsables reçoivent les dépôts de pièce des candidats par ordre alphabétique. « J’adore la FMP. Si je ne réussis pas au concours d’admission ici, je me ferai inscrire dans un centre universitaire privé pour étudier la médecine. Je ne veux rien étudier d’autres », indique, Mélissa, 19 ans, une brune de grande taille.

A l’Inaghei les étudiants qui ont l’habitude d’organiser chaque année des séminaires-préfac ont été mis en garde. Le décanat leur a formellement interdit ces activités dans l’enceinte de l’institution. Des marchands d’ouvrages ne sont donc pas remarqués, mais l’affluence des candidats est tout aussi grande que dans les autres entités de l’UEH.

« Je ne sais pas si je serai avocat, gestionnaire ou communicateur social. Je me suis inscrit à trois facultés. Là où j’aurai réussi, j’y resterai », confie Richard, originaire des Cayes, qui n’a pas vraiment de choix à faire.

« Je suis optimiste. Je trouverai ma chance dans l’une des entités. Je ferai les sacrifices nécessaires.Mes parents ne peuvent pas se payer le luxe de m’intégrer dans un centre universitaire plus ou moins qualifié », ajoute-t-il.

En fait, ils sont plusieurs milliers de jeunes qui sautent de joie après avoir passé avec succès leurs examens de fin d’études secondaires. Mais, l’accès aux études supérieures reste cependant un défi pour nombre d’entre eux. Car, l’offre de l’Université d’Etat d’Haïti est nettement inférieure à la demande.

Selon le vice-recteur aux affaires académiques de l’Université d’Etat d’Haïti, Jean Poincy, l’UEH a enregistré, lundi soir, 27 156 postulants individuels pour un total de 37 992 inscrits dans ses différentes entités. Un postulant peut s’inscrire à trois facultés au maximum. De ces données encore provisoires, le campus de Limonade a enregistré 7 280 inscrits, la FMP 6 041, la FDSE 5 263…

Vu sa capacité d’accueil, l’UEH, a souligné le professeur Poincy, accueillera en moyenne 4 500 étudiants. Le campus de Limonade accueillera 1 500 et les 3 000 restants seront divisés dans les onze autres entités.

Valéry DAUDIER vdaudier@lenouvelliste.com

« Pour Jacmel, je peux faire n’importe quoi »

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Robenson Geffrard, rgeffrard@lenouvelliste.com
Le sénateur Edwin Zenny n’a pas voulu admettre clairement qu’il avait craché sur le juge de paix, Bob Simonis. En revanche, le parlementaire a déclaré qu’il peut tout faire pour chasser les corrompus de la commune de Jacmel, sa ville natale. Les deux hommes se sont affrontés verbalement, samedi dernier à Jacmel, lors d’une émission radiophonique.

« Dire que j’ai craché sur lui, je dirai non. Mais il y avait eu des altercations et des échanges de propos entre nous. En discutant, tout était possible. Je vous le dis sans mentir, pour Jacmel, je peux faire n’importe quoi », a déclaré le sénateur Edwin Zenny, lundi matin, sur Radio Magik 9. Le parlementaire a reconnu qu’il est en conflit direct le juge de paix Bob Simonis. La cause : la libération de quatre individus arrêtés par la police pour vole dans la zone de Cap Lamandou.

Selon le sénateur du Sud-Est, les présumés voleurs avaient en leur possession un téléviseur, un groupe électrogène, du matériel électronique et 15 000 dollars américains. « Le juge les ont libérés quand même », a-t-il dénoncé. « Je suis révolté face aux agissements de corruption du juge dans la ville de Jacmel. Edwin Zenny a fait savoir qu’il a déjà attiré l’attention des autorités compétentes sur les actions de Bob Simonis. Mais elles n’ont rien fait. »

« Je vois que nous avons affaire avec des lâches. Des gens qui ne peuvent pas assumer leurs actions », a rétorqué le juge de paix Bob Simonis, sur la même station de radio. « Il n’avait même pas été invité à l’émission. Le sénateur a dû supplier les responsables de la radio de lui accorder cinq minutes d’antenne. Une fois en studio, il n’arrêtait pas de m’injurier et de me traiter de voleur, de corrompu. Je lui ai rappelé qu’il est un sénateur et qu’il doit se ressaisir », a expliqué le juge.

Les échanges devenaient si virulents entre les deux hommes à un point tel que le sénateur Zenny a voulu frapper le juge si le personnel de la radio ne s’y était opposé, a souligné Edzer Pierre, l’animateur de l’émission d’actualité sur la Radio Bellevue internationale à Jacmel, le lieu de l’altercation.

« Retenu par plusieurs personnes, le sénateur a lancé un crachat qui est tombé sur mon visage et sur celui de Me Lucien Pierre, le coordonnateur de Mouvement chrétien pour une nouvelle Haïti ( MOCRHENHA ) qui participait aussi à l’émission », a précisé le juge Simonis.

Ce que le journaliste Edzer Pierre a confirmé sur Radio Magik 9. Selon lui, il y a eu des échanges de propos peu orthodoxes entre les deux hommes, mais c’est le sénateur Zenny qui avait donné l’assaut. A son émission ce jour là, il était question de faire le point sur la libération par le juge de quatre individus arrêtés par la police en flagrant délit de vol.

Interrogé sur la libération de ces quatre individus, le juge Simonis a souligné que ces derniers n’avaient en leur possession que deux sacs de charbon et une couverture usagée, contrairement à la déclaration du sénateur Zenny qui faisait mention de téléviseur, d’un groupe électrogène, du matériel électronique et de 15 000 dollars américains.

Selon le juge, il n’y avait que deux sacs de charbon et une couverture usagée. « Rien d’autres comme corps du délit », a-t-il souligné. Ce sont des policiers qui les ont amenés avec ces choses, a souligné Bob Simonis. « Je n’ai pas le droit de demander à la police s’il y avait d’autres choses comme corps du délit », a-t-il avancé.

Bob Simonis a annoncé qu’il va intenter contre le sénateur Zenny une action en justice pour diffamation et pour avoir craché sur son visage.

Robenson Geffrard, rgeffrard@lenouvelliste.com
Credit: le Nouvelliste

Les députés partent en vacances

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La Chambre basse est officiellement en vacances. Le projet de budget, objet d’un véritable va-et-vient entre les deux Chambres, n’a toujours pas reçu le vote définitif dans les mêmes termes. La désignation des représentants du parlement au CEP reste toujours dans l’impasse. Une idée du bilan des activités du Parlement…

Députés et sénateurs se sont, ce lundi, réunis en Assemblée nationale pour fermer la deuxième session ordinaire de l’année législative. L’appel nominal a signalé la présence de 19 sénateurs et de 73 députés. Alors que les députés partent en vacances, officiellement jusqu’au 2e lundi du mois de janvier 2013, la séance en Assemblée nationale, exigence constitutionnelle à cette fin, s’est déroulée sans l’insertion dans l’ordre du jour du point relatif à la représentation du Pouvoir législatif au Conseil électoral permanent.

Si la question du CEP n’a même pas été inscrite dans l’ordre du jour, c’était tout autrement dans le discours de circonstance prononcé par le président Desras. « Je dis sans nuance que c’est une gageure que d’installer le Conseil électoral permanent et d’ouvrir l’ère des réformes structurelles de l’Etat sans s’appuyer sur la mobilisation des forces démocratiques », a souligné le parlementaire. La mise en œuvre de cette formule volontariste et paraconstitutionnelle à l’exclusion du Parlement et des organisations de construction de la cité, a-t-il poursuivi, témoigne d’une témérité et d’une hardiesse qui repose sur le fameux adage « Fortuna et virtu ». Desras appelle le chef de l’Etat à « passer outre à ses considérations personnelles et à faire preuve de magnanimité pour sortir le pays de l’impasse politique actuelle.» Le sénateur invite l’exécutif à la raison. « L’objectif de vouloir établir un contrôle sur le CEP ne produira pas les résultats escomptés. »

Bilan des actions du pouvoir législatif

Le bureau de l’Assemblée nationale exprime sa satisfaction des différentes activités réalisées par les deux Chambres pour la session. « Du 11 juin au 10 septembre 2012, le Parlement a fait œuvre qui vaille », a déclaré le président de l’Assemblée nationale, soulignant qu’après avoir planifié l’agenda de la deuxième session ordinaire législative annuelle au cours de leur retraite au club Indigo, les parlementaires s’étaient mis au travail. Il a également rappelé que le bilan de la première session ordinaire a été un succès. Le grand Corps, a enchainé le sénateur Desras, avait assuré sa fonction de vigile de l’ordre constitutionnel, légal et démocratique de même qu’il a pu tenir le vote d’un paquet de lois indicatives de politiques sectorielles utilitaires applicables dans l’immédiat. « Le bilan de l’activité parlementaire des deux sessions ordinaires législatives annuelles a été d’un poids politique salutaire pour la sauvegarde de la démocratie, la sécurité des populations et la stabilité politique », a sans langue de bois indiqué le président de l’Assemblée nationale.

Pas moins de quatre séances plénières dont l’une en Assemblée nationale ont été tenues au grand Corps. Les sénateurs n’ont voté qu’une loi. Ils ont ratifié deux instruments internationaux. Quatre choix des hauts cadres de l’Etat ont été approuvés et cinq rapports de commission adoptés. Le sénat a de fait adopté plusieurs résolutions dont la résolution 66-261 sur les Nations unies. Il a ratifié 3 ambassadeurs extraordinaires et plénipotentiaires d’Haïti nommés près le Saint-Siège, au Japon, au Chili, puis un nouveau directeur général à la tête de la Police nationale d’Haïti.

Parallèlement, neuf séances plénières ont été réalisées à la Chambre basse. 11 projets et propositions de loi déposés. Trois projets de lois et deux instruments juridiques internationaux ont été votés. Deux commissions spéciales formées et 33 réunions de commission tenues.

Les députés ont aussi ratifié le projet de loi portant organisation et fonctionnement du Fonds national d’éducation. A cela s’ajoutent la proposition de loi fixant à cent mille gourdes le taux de compétence des tribunaux de paix en matière civile et commercial; l’accord de prêt relatif à la réhabilitation de la centrale hydroélectrique de Péligre; la Convention sur la protection des enfants et la coopération en matière d’adoption….

La séance en Assemblée nationale a débuté sur fonds de brûlantes discussions après une intervention du député Jean René Lochard, appuyée par plusieurs députés, demandant la suspension de la séance aux fins d’insérer dans le projet d’ordre du jour le vote du budget du prochain exercice fiscal .La majorité des parlementaires n’ont pas vu de bon œil cette demande. Le président du bureau de l’Assemblée nationale, Dieuseul Simon Desras, a en conséquence rejeté d’un revers de main ladite proposition. Cependant, le bureau confirme avoir reçu une lettre du barreau de l’ordre des avocats de Port-au-Prince qui demande de mettre en accusation M. Arnel Alexis Joseph, président de la Cour de cassation et du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire.

Yvince HILAIRE Twitter:@yvincehilaire
Credit: Le Nouvelliste

Michelle Obama bat le rappel pour son mari

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CHARLOTTE, Caroline du Nord (Reuters) – Michelle Obama a reconnu mardi que le changement promis par son mari il y a quatre ans avait mis du temps à se concrétiser mais elle a exhorté les Américains à accorder au chef de la Maison blanche un nouveau mandat pour relancer l’économie américaine.

“Il me rappelle que nous sommes engagés dans une course de longue haleine et que le changement est difficile, que le changement est lent et qu’il n’arrive jamais immédiatement”, a déclaré la Première dame des Etats-Unis devant la convention démocrate à Charlotte, en Caroline du Nord. “Mais nous y arriverons, nous y arrivons toujours.”

La populaire épouse de Barack Obama était la principale oratrice de cette première journée de la convention démocrate, dont le point d’orgue sera jeudi le discours du président sortant.

Barack Obama espère que ce grand rassemblement démocrate en Caroline du Nord lui permettra de réveiller la ferveur qui avait marqué sa campagne victorieuse de 2008 malgré la persistance des difficultés économiques aux Etats-Unis, avec notamment un taux de chômage à 8,3%.

Cette première journée a permis aux démocrates de mettre en scène leur avantage sur les républicains auprès de différentes parties de l’électorat jugées cruciales pour l’issue du scrutin présidentiel du 6 novembre: les femmes, les Hispaniques et les Afro-Américains.

Tous les intervenants ont pris pour cible Mitt Romney. Michelle Obama elle-même a paru décocher, sans toutefois le nommer, des petites piques au candidat républicain, notamment sur son patrimoine.

“Pour Barack, le succès n’est pas ce que vous gagnez, mais la différence que vous faites dans la vie des gens”, a-t-elle dit.

La First Lady s’exprimait une semaine après la femme de Mitt Romney, Ann, qui a tenté lors de la convention républicaine de dévoiler une facette plus humaine de son mari, décrit par ses détracteurs comme un multimillionnaire déconnecté des réalités ().

SOIRÉE DES FEMMES

L’un des intervenants les plus offensifs envers Mitt Romney a été Harry Reid. Le chef de file de la majorité démocrate au Sénat a une nouvelle fois reproché au candidat républicain son refus de publier davantage de déclarations de patrimoine.

“Mitt Romney dit que nous devons le croire sur parole quand il dit qu’il a payé sa juste part? Sa parole? La confiance naît de la transparence et Mitt Romney n’est pas à la hauteur sur ces deux plans”, a lancé Harry Reid.

La soirée a été en grande partie consacrée aux femmes, un électorat largement favorable aux démocrates, d’autant plus après les propos du républicain Todd Akin au sujet du “viol véritable”.

Le camp républicain a riposté en accusant les démocrates de mettre en avant ces thèmes de société afin de détourner l’attention de la situation économique.

“Lors de la première soirée de la convention du président Obama, pas un seul intervenant n’a prononcé les mots: ‘la situation des Américains est meilleure qu’il y a quatre ans'”, a dit Andrea Saul, porte-parole de Mitt Romney.

Les démocrates se sont pourtant employés mardi à défendre le bilan du président sortant, marqué notamment par la mort d’Oussama ben Laden ou encore le sauvetage de l’industrie automobile. La tâche est en particulier revenue à l’une des étoiles montantes du parti, Julian Castro, maire de San Antonio.

“Il y a quatre ans, l’Amérique était au bord de la crise”, a dit Julian Castro. “Malgré des écueils incroyables et une opposition républicaine unie, notre président a agi. Et aujourd’hui, nous avons assisté à la création de 4,5 millions d’emplois.”

Alors que dans le camp démocrate les inquiétudes grandissent face à ce qui s’annonce comme un scrutin serré entre Mitt Romney et le chef de la Maison blanche, Michelle Obama a exhorté les militants à se rassembler derrière son mari.

“Nous devons travailler comme jamais auparavant et nous devons une fois encore nous rassembler et nous dresser pour l’homme en lequel nous pouvons croire pour faire avancer ce pays, mon mari, notre président, Barack Obama”, a-t-elle déclaré.

La vedette de la journée de mercredi à Charlotte sera l’ancien président Bill Clinton, incarnation de la vigueur économique des années 1990.

Marine Pennetier et Bertrand Boucey pour le service français

Bill Clinton, grand maître et enchanteur

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LE 6 SEPTEMBRE 2012 9H24 | PAR 

PHILIPPE COSTE

Pour ce bonheur là, la foule s’entassait déjà trois heures avant dans les coursives de la Time Warner Arena de Charlotte, tandis que les pompiers bloquaient un moment l’entrée principale, de crainte que la marée du public ne compromette la sécurité des gradins. Nostalgie des années fastes et de cette voix de confident savamment éraillée par l’expérience… Fascination pour le dernier grand conteur d’histoire de la nomenklatura démocrate.

Bill, aminci depuis son triple pontage,  toison blanche de notable, peut encore,  tout statufié qu’il est,  poser depuis la tribune sa grosse patte chaleureuse dans le dos de chacun de ses millions d’admirateurs, et d’autant d’électeurs angoissés par l’issue de novembre, pour rassurer, réchauffer, revigorer; pour décrypter la stratégie ennemie, accomplir enfin ce qu’aucun lieutenant d’Obama, pas même le Président lui-même, n’a encore réussi : expliquer, lancer l’offensive des résultats et des données chiffrées, égrainer en pédagogue roué les réponses au feu nourri des accusations républicaines.   »Il est le seul à pouvoir rendre la substance exaltante » confirme Paul Begala, l’un des stratèges des élections de 1992.

Et certes :  Le chômage, décrit par Romney comme la faute de démocrates ignares ou hostiles au business ? Clinton rappelle que depuis 1961, deux fois plus d’emplois (42 millions) ont été créés sous les présidences démocrates que durant celles de républicains. Obama, en quatre ans, a vu, effectivement, l’économie générer 4,5 millions de nouvelles embauches. Le projet fiscal ? Le tuteur en chef s’en tient à « l’arithmétique », confirmée par les experts de Businessweek : Les 5 000 milliards de dégrèvements fiscaux pour les plus hauts revenus promis par le candidat républicains ne peuvent être compensés par la suppression de niches fiscales sans résulter par une augmentation des impôts de l’Américain moyen.

Clinton passe en revue les doubles jeux et les incantations de Romney, les menaces pour l’assurance santé des personnes agées, et la couverture des plus faibles et des handicapés., et les acquis évidents, comme la couverture de millions de jeunes par l’assurance de leurs parents. Un démocrate convainc enfin, martèle le bon droit et les vérités d’un électorat longtemps sur la défensive. Le miracle se produit.

Mais pour amener sur scène l’enchanteur, Obama a du lui offrir ce qu’il n’avait pas même concédé à sa femme Michelle mardi soir : Le président vient à sa rencontre à la fin du discours, et leur accolade scelle une réconciliation propice au ralliement des électeurs indépendants en novembre.

A entendre Clinton décrire Obama « comme « cool » au dehors, mais enflammé pour l’Amérique à l’intérieur », à voir l’un l’ égo le plus radiant de l’histoire politique reconnaître « qu’aucun président, pas même moi, n’aurait pu réparer une économie aussi dégradée en si peu de temps », on ne peut qu’admirer le chemin parcouru depuis 2008 par les deux ennemis d’hier.

Depuis ses débuts en politique, dans les années 90, Barack Obama n’avait cessé de critiquer les compromis de Clinton avec les républicains sur la question de l’assistance sociale. Sa rancœur s’expliquait aussi par le soutien de Bill, en 2000, à son adversaire démocrate lors des primaires pour les élections locales du South Side de Chicago. L’ex président, pour sa part, avait réagi avec fureur aux attaques du jeune sénateur d’Illinois contre Hillary lors des primaires de 2008. Mais ce Président a embauché des anciens de son administration, et même sa femme comme secrétaire d’Etat, dès son entrée en fonction. Et mieux, il a prêté allégeance, invitant en septembre 2011 celui qu’il décrivait comme un démocrate de droite, à lui prodiguer ses conseils lors d’une partie de golf  près de la base aérienne d’Andrews.

Bill a depuis participé à près d’une dizaine de galas de levée de fonds pour Obama, accepté d’accoler sa marque infaillible et sa popularité incomparable à celle d’un Président menacé. Espère t-il ainsi, damer le chemin pour une élection d’Hillary Clinton en 2016 ? Son message, ce soir était, en tout cas, simple, fut-il paternel et un rien impérieux : « Je veux que Barack Obama soit le prochain président des Etats-Unis »

Le groupe d’Haïti enfin complet

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Avec l’Arrivée de Jean Eudes Maurice ce mercredi, le groupe de joueurs retenus par le sélectionneur cubain pour disputer le premier tour des éliminatoires de la Digicel Cup des Nations de la Caraïbe est enfin complet. James Marcelin, Jean Sony Alcénat, Charles Hérold Junior, Gassendy Sauveur et surtout Belfort Kervens Fils seront les principaux absents de cette équipe haïtienne.

3 gardiens, 6 défenseurs, 7 milieux de terrain et 4 attaquants composent le groupe retenu par Israël Blake Cantero pour disputer les éliminatoires de la Digicel Cup des Nations de la Caraïbe à Port-au-Prince contre Saint-Marteen, Bermudes et Porto-Rico dans le Groupe I, du 7 au 11 septembre.

Johnny Placide, Guerry Romond(Tempête de Saint-Marc) et Frandzy Montrévil (Valencia) sont les trois portiers retenus. Yves Mary Clervain, après avoir été de toutes les sélections sans pourtant avoir été titularisé, n’a été retenu.

Au sein d’une défense qui sera privée des services de Frantz Bertin et de Kim Jaggy, Olrich Saurel fait son retour et disputera les éliminatoires aux côtés de l’expérimenté Pierre Jean-Jacques mais aussi de Kevin Lafrance, de Réginald Goreux, de Judelain Aveska, d’Olrich Saurel et du jeune défenseur central de l’América des Cayes, Jean Garry Rubin. De quoi promettre une certaine stabilité devant les buts que devrait logiquement garder Johnny Placide

Peterson Joseph, Jeff Louis, Alain Vubert, Peter Germain, Geraldy Joseph, Monuma Constant Jr et Jean Marc Alexandre composent un milieu de terrain dense. Unique représentant de la seconde division du championnat national haïtien de football, Monuma Constant Jr, pourrait pourtant être titularisé. La forme actuelle de Geraldy Joseph est intéressante, mais que dire de Jeff Louis qui est d’ailleurs le seul représentant de la Ligue 1 française dans le groupe. De quoi former une équipe équilibrée en dépit de l’absence des Jean-Sony Alcénat, James Marcelin, Gassendy Sauveur, Charles Hérold Jr et Wilde Donald Guerrier.

En attaque, Jean-Eudes Maurice, Louis Fritznel,  James Jean-François  et surtout le revenant Peguerro Jean-Philippe composeront une ligne offensive obligée de se passer des services de Belfort Kervens Fils, Walson Augustin serait blessé d’après ce qui est raconté sur son profil BBM. James Pierre et Wedson Anselme, qui sont les meilleurs buteurs actuels du championnat national, sont en méforme. D’où la nécessité de ressusciter l’ancien joueur de Colorado Rapid.

Le choix tactique de Blake Cantero n’est pas encore clairement défini. De toute façon, lorsque l’arbitre central sifflera le coup d’envoi du match Haïti – Saint-Marteen vendredi, il aura eu le temps de sortir cette carte de sa manche pour surprendre son monde.

La liste au complet

Gardiens :

Johnny Placide   ( Le Havre)

Romondt Guerry (Tempête de Saint-Marc)

Frandzy Montrévil (Valencia de Léogâne)

Défenseurs :

Jean Jacques Pierre  (Stade Malherbe de Caen en France)

Jean Garry Ruben (America des Cayes)

Kevin Lafrance (Priiibram en République Tchèque)

Réginald Goreux (Standard de Liège en Belgique)

Judelain Aveska (Independiente Rivadavia en Argentine)

Olrich Saurel  (Victory Sportif Club)

Milieux :

Peterson Joseph (Sporting Kansas aux Etats-Unis)

Jeff Louis (AS Nancy Lorraine en France)

Alain Vubert (Baltimore de Saint-Marc)

Peter Germain (Baltimore de Saint-Marc)

Geraldy Joseph (Valencia de Léogâne)

Monuma Constant Jr (Racing Club Haïtien)

Jean Marc Alexandre (Orlando City)

Attaquants :

Jean Eudes Maurice (Le Mans)

Louis Fritznel (Baltimore de Saint-Marc)

Peguerro Jean-Philippe (Sans Club après un dernier passage à Striker de Fort Lauderdale)

James Jean-François (Le Mans)

Sélectionneur : Israël Blake Cantero

Assistant : Pierre Roland Saint-Jean

Préparateur physique : Gregorio Modesto Broche Gomez

Médecin : Jean-Mary Fritz Henry

Enock Néré nereenock@gmail.com
5 groupes de 4 sélections disputant les éliminatoires de la Digicel Cup des Nations. Des groupes I à 3 sortiront deux qualifiés. Seulement le 1er de chacun des groupes IV et V se qualifieront pour la suite de la compétition. Le groupe d’Haïti est composé de Bermudes, Haïti, Porto-Rico et Saint-Martin, le groupe II est composée de Curaçao, Guyane, Sainte-Lucie et Saint-vincent. Dans le groupe III figurent : Les Iles Vierges Britanniques, Martinique, Montsérrat et Suriname. Le groupe IV est composé d’Aruba, de la Barbade, de la Dominique et de la République Dominicaine et enfin le groupe V est composé de Anguilla, Guyane Française, Saint-Kitts et Nevis et Trinidad and Tobago.
Credit: Le Nouvelliste

Office des postes d’Haïti : Vers un changement de direction

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John Smith Sanon smithsanon@gmail.com Twitter: @smithsanon
L’office des postes d’Haïti (OPH) cherche à se forger une nouvelle image. L’institution vient de présenter son tout nouveau logo qui symbolise sa volonté d’offrir désormais un service rapide, efficace et de qualité. Ce logo a été conçu par Mme Pascale Blanchard, dans le cadre d’un concours lancé par l’OPH, en juillet dernier.

Le nouveau logo de l’OPH a été choisi par le conseil d’administration de l’institution de concert avec des professionnels du graphisme. La poste veut s’engager à satisfaire les besoins de la population en offrant de meilleurs services. « Tenant compte de la nouvelle vision que nous désirons concrétiser, Mme Pascale Blanchard nous a offert un logo qui explique notre nouvelle philosophie », souligne la directrice générale de l’OPH, Mme Régine Godefroy, qui estime que le renforcement institutionnel et la qualité des services de l’Etat passent obligatoirement par la création d’une identité visuelle adaptée.

Une prime symbolique de 25 000 gourdes a été remise à la gagnante du concours de logo organisé par l’OPH du 25 juillet au 8 août 2012. Graphiste de profession, Mme Pascale Blanchard a présenté un logo de couleur bleu et orange (un grand oiseau transportant une enveloppe) avec un slogan très bien accueilli par l’Office des postes : « Simplifiez votre vie ». « Nous avons voulu faire la différence; les anciens logos étaient toujours bleu et blanc, ce qui rappelle un poste de police », explique-t-elle, estimant que ce nouveau mélange apporte un appui visuel à ce que vise la poste : la dynamique et la modernité.

« Simplifiez votre vie »

C’est tout un plan de redressement que renferme le nouveau slogan de l’OPH. « Aujourd’hui est comme le premier jour d’existence de l’Office. Nous allons commencer à entamer les changements qu’il faut au niveau des infrastructures, des services et transmissions de documents », informe la directrice générale de l’OPH.

Le rêve de Mme Godefroy est non seulement d’opérer une véritable restructuration au niveau de la logistique et de l’acheminement des courriers et colis, mais aussi d’élargir les services de l’institution qu’elle dirige. La poste va se transformer prochainement en un véritable centre multiservices qui donnera la possibilité de payer plus facilement les services publics (EDH, ONA, etc.), d’acheter des minutes téléphoniques. L’OPH veut aussi contribuer à décentraliser les services des Archives nationales et à faciliter les échanges entre les institutions de l’Etat.

L’Office des postes d’Haïti a connu bien des déboires dans le temps qui l’ont empêché de remplir pleinement sa mission qui est la gestion et la distribution du courrier local et international. La situation s’est davantage aggravée après le tremblement de du 12 janvier 2010 qui a sapé ses bases. « Nous avons trouvé l’OPH dans une situation financière très délicate, mais avec le support du ministère du Commerce et celui des Finances, nous avons commencé à réaliser les changements que nous prônons », déclare celle qui a pris les rennes de l’Office des postes d’Haïti  le 9 juillet 2012 et qui a tout de suite lancé un concours pour changer de logo, se forger une nouvelle image.

Bientôt, des boîtes postales seront installées un peu partout à travers le pays avec des services de collecte journalière de courriers. Les bâtiments, véhicules et uniformes des facteurs porteront le nouveau logo. L’informatisation de la poste est aussi envisagée.

Pas moins de 500 employés dont environ 300 facteurs travaillent actuellement à l’Office des postes d’Haïti qui dispose pour l’année fiscale en cours d’un budjet de 18 millions de gourdes. Le budget pour le prochain exercice est de 28 millions de gourdes, cette augmentation est due aux démarches entreprises par la directrice générale auprès du Parlement.

John Smith Sanon smithsanon@gmail.com Twitter: @smithsanon
 Credit: Le Nouvelliste

Apaid écrit au président Martelly

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 André Michel Apaid
« Ceux qui vous connaissent respectent votre bravoure et votre témérité. Aujourd’hui, c’est à votre sagesse et à votre perspicacité que je fais un dernier appel public. » Dans une lettre adressée ce 5 septembre au Président de la République, André Michel Apaid, plus connu sous le nom d’André Apaid Junior, fait le point sur ses relations avec Michel Joseph Martelly, retrace une partie de l’histoire de sa famille et de notre pays. Ancienne tête d’affiche du Groupe des 184, Apaid, dans sa lettre, dont le journal a reçu une copie, amène sur le terrain politique l’interdiction de départ émise contre lui et d’autres hommes d’affaires pour une question de recouvrement de créances par la Direction Générale des Impôts (DGI). Nous publions l’intégralité de cette correspondance.

Monsieur le Président,

Tout d’abord je vous  prie d’excuser le ton de cette lettre que je crois justifié. A chacune des rares rencontres que nous avons eues j’ai toujours fait de mon mieux pour vous dire franchement et constructivement les choses. Cette fois-ci, pour des raisons évidentes, je me trouve dans l’obligation de vous adresser une lettre ouverte.

Quatre jours après que je vous ai  exprimé en public ma préoccupation de voir notre pays s’orienter vers une grave crise politique due à l’érosion de la confiance dans le processus électoral, j’ai été surpris de me retrouver bloqué à l’aéroport à l’occasion d’un voyage d’affaires important. En effet, le 30 aout, au Karibe, j’ai pris mon courage pour vous dire que la perception de l’implication de l’Exécutif dans la crise du CSPJ allait être à la base d’une détérioration de l’autorité morale de votre gouvernement et je vous invitais à rectifier ce qui aujourd’hui est évident pour tout le monde.  J’ai parlé durant 6 minutes, vous avez pris près de 20 minutes pour me répondre et pour m’exprimer de manière forte et passionnée votre désaccord.

Vu que je n’ai aucun doute que le Commissaire du gouvernement agit en votre nom et pour de multiples raisons politiques, je vais me permettre, tant pour la réputation de ma famille que par amour pour la patrie et le peuple haïtien qui sont en souffrance et en attente de solutions réelles à leurs problèmes, de vous inviter à une autre approche, si possible.

Mon père est connu pour avoir été un homme très courtois mais très courageux. Il a subi la prison au Fort Dimanche et un exil qui a duré 2 ans alors que 2 de ses enfants étaient retenus en otage en Haïti en 1962. Il a souffert cet exil à cause de son courage à amener au Sénateur Thomas Désulmé, alors en exil à la Jamaïque, ses 2 plus jeunes enfants ainsi que son épouse parce que ses 2 ainés venaient d’être tués par des membres du corps des VSN. Par la suite, M. Duvalier s’est excusé auprès de mon père au Palais, lui disant que son  exil était dû à une erreur des hommes en kaki. Mais le mal était fait. Durant ces 2 années d’exil et durant les années qui ont suivi cette période, alors que le monde entier s’ouvrait autour de nous, se démocratisait et se modernisait, j’ai observé ce que la peur avait fait aux plus pauvres, aux classes moyennes, aux élites économiques et intellectuelles de notre pays. J’ai constaté avec peine combien d’hommes et de femmes de caractère, après beaucoup d’années de souffrances, étaient amenés ou forcés à laisser le pays ou à faire des compromis avec leurs convictions et leurs rêves de bien faire pour contribuer à une Haïti qui soit bonne pour tous ses enfants. Je vous écris tout cela pour que vous compreniez que sans être nécessairement téméraire, j’ai toujours demandé à Dieu de m’aider à surmonter ma peur car ce constat dont j’ai parlé plus tôt m’a troublé et révolté. Je suis convaincu que tant qu’on ne surmontera pas cette peur, et tant que ceux qui nous gouvernent ne comprendront qu’ils ne doivent pas l’utiliser, on n’aura ni la démocratie, ni la créativité, ni la liberté, ni la confiance devant amener le niveau d’investissement nécessaire à changer la situation du peuple haïtien.

J’étais jeune mais j’ai bien vu et compris comment M. François Duvalier et son gouvernement, ayant besoin d’argent, avaient fait arrêter et attacher avec leurs ceintures de pantalon, les pères de plusieurs des jeunes commerçants d’aujourd’hui, beaucoup d’entre eux d’origine levantine ou de sang mêlé comme moi. Ils avaient été forcés de marcher à travers le marché de Croix des Bossales les pieds nus afin de les humilier, d’instaurer une peur bleue et d’obtenir les fonds qui nourrissaient la corruption du système d’alors. Je me suis confirmé à moi-même qu’un pouvoir qui intimide et fait peur à son secteur privé, ne facilite pas les investissements mais souvent prépare la soumission de quelques membres de ce secteur à rentrer par les portes arrières du Palais pour venir faire ensemble de l’argent. Tous les modèles passés et récents nous ont prouvés que ce type d’approche  n’amènera, ni à la démocratie, ni la créativité, ni la liberté, ni la confiance devant conduire au niveau d’investissement nécessaire à changer la situation du peuple haïtien.

En janvier de cette année, je me trouvais déjà en désaccord avec votre gouvernement sur certains changements et après la visite d’un de vos amis et conseillers à mon bureau me demandant de laisser tomber ce support à Monsieur Conille, j’ai vu mon nom écrit sur les murs de Bourdon à Port-au-Prince, me traitant de voleur et me disant « de laisser travailler le Président Martelly ». Il était clair, dès lors, que j’étais sur une liste spéciale, d’autant plus que d’autres fausses accusations plus graves venant de votre bureau m’ont été communiquées par plusieurs voies officielles.

Malheureusement Monsieur le Président, ce que je vous ai dit timidement déjà, je me sens obligé de vous le dire publiquement et clairement: on ne s’en sort pas si ce que vous sentez ou la satisfaction de vos émotions continuent à être pour vous le plus important. Ceux qui vous connaissent respectent votre bravoure et votre témérité. Aujourd’hui, c’est à votre sagesse et à votre perspicacité que je fais un dernier appel public.

Avec vous on peut beaucoup faire. Sans vous on va se perdre avant de se retrouver. Il y a 72 jours, à votre retour du Brésil, j’ai trouvé un membre de votre famille au téléphone pour demander une rencontre au cours de laquelle je voulais vous exprimer comment un groupe restreint et progressiste du secteur privé viendrait vous exposer un plan de création de 150,000 emplois sur 6 à 8 ans, pouvant amener 1.5 Milliard de dollars US d’exportation annuelle à notre Haïti. J’ai insisté et attendu pour vous le présenter, afin de vous faire rêver et  de mettre en place la machine; tout ceci, conditionné par votre volonté politique de réussir ce défi. J’étais confiant dans le moment et dans l’opportunité. Je dois vous dire, Monsieur le Président, que quand je sens la peur s’installer chez mes confrères, qu’ils ne sont pas mis à l’aise pour jouer leur rôle, que la peur et la flatterie commencent à s’installer de manière rampante dans les autres secteurs, je suis convaincu que tout va malheureusement mal se passer et que nous allons encore reculer pour le malheur du pays et de nos frères et sœurs. Sur ce chemin, vous n’amènerez pas le niveau d’investissement nécessaire à changer les conditions de vie du peuple haïtien surtout si la peur s’« institutionnalise ». Par contre, notre pays gagnera tout quand vous inspirerez la confiance et éventuellement l’admiration. Tant dans la constitution de

l’équipe du gouvernement que dans certains actes et certaines approches, il m’a semblé, à un moment donné, pouvoir espérer…

Il est tout à fait normal que votre gouvernement prenne des dispositions pour que les contribuables remplissent leurs devoirs et paient leurs taxes afin que se redistribuent équitablement les richesses créées. Lisez le projet de Contrat Social que nous avons aidé à rédiger après tant de consultations  et vous comprendrez que je suis sincère quand je le dis. Cependant, l’approche du Directeur de la DGI ainsi que celle du Commissaire du gouvernement sont arbitraires et à l’encontre de toutes vos intentions d’amener les investissements massifs nécessaires à créer la richesse et à changer la condition de vie de nos frères et sœurs haïtiens. Les paroles du Commissaire du gouvernement sur les ondes, la sortie malicieuse de la liste de commerçants et d’industriels, sa transmission orale et précipitée à l’immigration, me confirment qu’il y a des motifs ultérieurs.  Quant aux succès de la DGI ou de la Douane à rentrer plus d’argent, cela doit se produire correctement  ou ceci peut être considéré comme une rançon. Le renforcement de l’Etat et l’utilisation appropriée de son appareil coercitif sont nécessaires mais ils ne doivent, par des abus ciblés, amener une peur généralisée.

Il est tout à fait noble que vous créiez une fondation à vocation sociale. Cependant, Monsieur le Président, avec la peur qui s’installe dans le pays, aussi bien intentionné que vous puissiez l’être, il se développe aussi une perception que si, le mois prochain, cette fondation ou votre nouveau Parti devaient simplement appeler des individus à contribuer, les caisses de ces institutions se rempliraient en espèces plus vite que celles de la DGI ou de la Douane. Je suis certain que vous n’avez pas intérêt à renforcer cette perception.

Pour ma part, je prendrai des dispositions sous peu pour édifier le public sur les faits et les conséquences de cette affaire. Malheureusement pour moi, mon nom sur les murs ou passer la fin de votre mandat en prison ont le même effet sur ma personne, car, depuis longtemps, je me suis résigné à faire tous les sacrifices pour aider notre pays à sortir de sa situation.

Je ne vous demande pas de me rendre la faveur de vous pencher  sur le dossier qui aurait causé que mon nom soit mis sur la  liste d’interdiction de départ. Je vous prierais de préférence de trouver un moyen pour corriger le faux pas d’avoir mis plus de 60 hommes et femmes d’affaires sur une liste d’interdiction de départ, de manière indiscriminée, précipitée et selon une procédure sans précédent.

En attendant, j’ai prié mon conseil d’avocats de préparer une procédure judiciaire contre le gouvernement. Le geste posé à l’aéroport a des conséquences graves tant sur l’avenir de certaines de nos entreprises que sur la capacité de notre famille à continuer à créer des emplois dans un tel contexte.

Malgré mon angoisse pour le pays, recevez, Monsieur le Président, mes salutations en la Patrie,

 

André Michel Apaid
 Credit: Le Nouvelliste

La démolition du Palais national est imminente

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Ce jeudi, à partir de neuf heures du matin, quatre pelleteuses et des dizaines de techniciens et de manœuvres vont abattre les ruines du palais national, a appris Le Nouvelliste.

« Les dispositions techniques sont arrêtées. Les zones interdites d’accès délimitées. Les employés du palais savent où ils ne doivent pas passer. Les tracteurs entrent en action à neuf heures du matin»,  a confirmé un haut responsable du cabinet privé du président de la République, Michel Martelly, mercredi soir.

Sur place, mercredi, des dizaines d’employés de l’ONG de Sean Penn s’activaient à évacuer des ruines du palais des meubles et quelques boîtes abandonnées par l’intendance de la résidence officielle du chef de l’Etat, a constaté sur place une équipe du journal autorisée à faire un dernier reportage avant la démolition.

Quatre pelleteuses sont alignées de front devant ce qui reste du péristyle du palais. Des bandes jaunes restreignent la circulation. Le long des grilles en fer recouvertes d’une bâche verte, des dizaines de badauds discutent de l’orientation qu’ils souhaitent que prennent les travaux de la démolition de cet édifice mythique.

Comme pour de nombreux autres chantiers en cours dans le pays depuis des mois, il n’y a pas eu d’appels d’offres. Tout se passe dans l’opacité la plus totale, déplorent plusieurs observateurs.

« Ce gouvernement qui communique sur tout n’a pas présenté le plan des travaux ni indiqué ce qu’il adviendra du palais », se plaint un ingénieur.

« Il n’y a même pas le chapeau légal d’une loi d’urgence pour sauter les procédures de passation de marchés. Pressé, ce gouvernement ne se protège pas », regrette cet ingénieur qui déplore que la majorité des contrats, dont celui de la démolition du Palais national, échappent aux professionnels haïtiens.

Devant le Palais national, les curieux ne se posent pas de grandes questions, mais les pronostics vont bon train sur l’architecture, les délais et sur le coût de cette opération démolition/reconstruction.

« Martelly travaille pour nous donner un nouveau palais, ceux qui parlent peuvent continuer à le faire: sa caravane avance… », lâche un partisan du président interrogé par le journal. Un sentiment qui est encore celui de la majorité de la population peu intéressée, pour le moment, à se poser de questions.

 

Frantz Duval
Credit: Le Nouvelliste