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La Citadelle, un trésor fragile

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Le président Michel Martelly s’est fâché tout rose, récemment à la citadelle. Il s’en est pris aux employés de la direction régionale de l’Institut de sauvegarde du patrimoine national (ISPAN) qui n’entretiennent pas correctement la forteresse léguée à la nation par le roi Henri Ier.

Des arbustes en bonne santé, des murs végétalisés, un nettoyage aléatoire du plus imposant site patrimonial d’Haïti, tout à la citadelle a alimenté le courroux du chef de l’Etat. Le savon que le président a passé à l’ISPAN vous pouvez le revoir en vidéo sur le site du Nouvelliste. Une belle sortie contre l’incurie.

Tout s’est déroulé en présence du ministre de la Culture, de la ministre du Tourisme, du directeur général de l’Ispan et de la presse. Un bain sans se cacher le nombril.

Ceux qui ont une petite connaissance de la gestion de nos monuments historiques sourient encore de la scène qui se déroule au beau milieu de cette citadelle de toutes les légendes. Le président peut répéter son discours dans chacun de nos lieux chargés d’histoire et laissés à l’abandon. Ils le sont tous.

Notre histoire, nos adresses mythiques, les forts et les tombes, la mémoire de nos hommes et femmes illustres sont en déshérence. Les visiteurs réguliers et les millions de dollars investis à la citadelle par exemple n’ont pas changé grand-chose au destin de ce navire abandonné. Il erre. Trop solide pour sombrer. Mais fragile comme un esquif.

Marc Bazin avait ressuscité le Palais des 365 portes de la Petite Rivière de l’Artibonite, le temps d’en chasser les cabris pour y tenir un Conseil des ministres. Les bêtes à cornes et autres hôtes indésirables y ont depuis repris logement. Ça va, ça vient, le palais est en état de siège, s’asphyxie avec la ville en expansion.

Un tapis de plantes ou de poussière recouvre maints sites historiques. Les protège, disent ceux qui craignent encore plus les feux de l’attention ou d’une utilisation intensive maladroite.

Pour revenir aux arbustes de la citadelle, il faut les arracher avec précaution, recommande un expert.. Utiliser des désherbants spécialisés. Un arbre a des racines. Une pierre peut sauter sous les assauts d’un nettoyage inadéquat. Un éclat, un sillon, une fissure, de petites averses en ruissellement, on peut détruire la vieille dame en voulant la rendre belle.

La citadelle est chargée d’histoire et son âge en fait un joyau fragile. Très fragile.

L’ISPAN a du travail sur ses échafauds. Déjà que l’on parle de croisiéristes par centaines en visite à la citadelle d’ici quelques années avec le port de Labadie en développement.

La vocation touristique des lieux historiques devra apprendre à cohabiter avec le statut de monument historique. Belle bataille pour ce fort qui n’en a encore vue aucune depuis son érection au sommet du Bonnet à l’Evêque.

Frantz Duval
Credit: Le Nouvelliste

Quand Haïti et le Rwanda fraternisent

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Le Rwanda a été l’un des premiers pays africains qui, malgré ses maigres moyens, a apporté son plein soutien au peuple haïtien après le séisme du 12 janvier 2010. Une aide financière symbolique estimée à 100 000 dollars américains a été fournie pour venir au secours des victimes. Le Rwanda a donc immédiatement exprimé sa solidarité active et son soutien à Haïti, considéré  comme un pays frère.

Le chef de la mission rwandaise en Haïti, Pierre Emmanuel Ubalijoro, interviewé récemment par Le Nouvelliste, a réitéré la volonté de son pays d’œuvrer au renforcement et à la diversification des relations haïtiano-rwandaises. Ces relations s’inscrivent dans le cadre des objectifs communs de développement et privilégient la solidarité entre les deux États.  Ainsi,  les autorités rwandaises ont accordé 7 bourses d’études à de jeunes Haïtiens qui ont été accueillis à  Butare (sud du Rwanda) – pays modèle du continent africain-, sans oublier la commission haïtiano-rwandaise mise sur pied récemment.  Cette commission a pour mission de faciliter de meilleurs échanges entre le Rwanda et Haïti.

D’un autre côté, le représentant du Rwanda en Haïti a rappelé que le président Michel Martelly avait rencontré, en 2011 à New York, le président Paul Kagamé. Il a soutenu que ce sont deux leaders éclairés.  « Les relations haïtiano-rwandaises vont se renforcer davantage à  travers les relations d’amitié qui existent entre les deux chefs d’Etat à la suite de leur rencontre à New York. Après les échanges, le président Martelly a souhaité s’inspirer du modèle économique rwandais pour le progrès d’Haïti vu les similarités qui existent entre les deux peuples », a dit M. Ubalijoro, qui a précisé qu’aujourd’hui dans une vision positive, Kigali offre à Port-au-Prince un modèle solide de reconstruction  post-tragédie. Une « success story » africaine qui attire l’attention de tous les Haïtiens.

Par ailleurs, le représentant du Rwanda en Haïti a ajouté  que son pays a connu en 1994 un génocide qui a coûté la vie à des centaines de milliers de Rwandais, entre 800 000 et un million.  M. Ubalijoro a aussi fait remarquer que le 4 juillet 1994 est le jour où le massacre fut arrêté et ceci avec les efforts du Front patriotique rwandais (FPR), dirigé par l’actuel président, le Dr Paul Kagamé, qui a permis de mettre en déroute les forces armées rwandaises d’alors et leur milice meurtrière. « C’était un grand défi pour nous car nous devions repartir à zéro. Il a fallu tout reconstruire. C’était aussi un grand défi pour Haïti: à cette époque-là, ce pays était sous embargo », a confié M. Ubalijoro.

Le Rwanda: un modèle pour les pays en voie de développement

Pour sa part, le Dr Kathy Kantengwa, une haute personnalité rwandaise en Haïti, estime que pour faire du Rwanda ce qu’il est aujourd’hui,  le gouvernement a dû sévir avec rigueur contre les crimes de vengeance afin d’imposer l’État de droit. Et ensuite, il s’est attaqué aux problèmes de base : l’éducation, la santé, l’environnement, les infrastructures, etc.

Plus loin, le Dr Kathy Kantengwa a avancé des chiffres pour montrer les progrès réalisés par son pays: l’accès à l’eau potable est passé de 41 à 80% aujourd’hui, l’accès à l’électricité de 4 à 13%, l’accès à l’éducation a augmenté de près de 20 %, l’accès à l’assurance-maladie est de 96%, et celui aux antiviraux de 81% aujourd’hui. « Le plus grand secret de ce succès reste l’engagement et la détermination d’un bon nombre de Rwandais à donner le meilleur d’eux-mêmes pour qu’il n’y ait jamais plus de génocide ni au Rwanda ni ailleurs », a-t-elle conclu.

Pour l’instant, les routes sont goudronnées, le paysage est soigné et le gouvernement a lancé une campagne ambitieuse pour préserver le peu de forêts subsistant au Rwanda. Mais la démocratie Rwandaise se cherche encore, faute d’alternance véritable.

Une amitié grandissante

Des délégations composées de membres de l’exécutif, du législatif ainsi que des membres du secteur privé ont visité le pays des mille collines afin de voir ce qu’il a pu réaliser et s’en inspirer. En juin 2012, le  ministère de la Santé publique et de la Population avait  envoyé une équipe pour observer le  système de santé rwandais qui a été cité comme un modèle pour les pays en voie de développement.

«  En ce qui a trait à la coopération Sud-Sud, nous pouvons beaucoup apprendre d’Haïti. Le  secteur privé est très développé. Nous constatons que les artisans haïtiens ont beaucoup de talents. Ce sont des choses que les Rwandais pourraient bien apprécier. Ce pays a d’énormes potentialités.  Nous sommes vraiment contents de cette amitié grandissante entre les deux pays. Nous espérons qu’à l’avenir beaucoup plus de Rwandais viendront visiter ce pays. C’est un coin de terre très charmant avec une population très accueillante», a renchéri  le président de la communauté rwandaise en Haïti, qui croit que l’amitié entre le Rwanda et Haïti se renforcera au fil des années et que cela sera dans l’intérêt des deux peuples.

Amos Cincir mcincir@lenouvelliste.com Dominique Domerçant succes33@yahoo.fr
L’économie du Rwanda est principalement marquée par sa forte dépendance de l’agriculture (40 % du PIB, 87 % de l’activité nationale), une croissance annuelle de plus de 6 %, un développement des services, une faible industrialisation et une très forte densité démographique (300 hab./km²). L’inflation est d’environ 4 %, et si le PIBpar habitant est d’environ 243 dollars par an, le PIB PPA (pondéré par le pouvoir d’achat) annuel moyen par habitant est de 945 dollars. Son indice de développement humain était de 0,460 en 2007 et la variation de cet indice par rapport à l’année précédente est de +0,005. Le PIB par secteurs est constitué ainsi : Agriculture ( 42,6 %); Industrie (22,2 %) et Services (35,2 %). Les principaux partenaires d’exportation du Rwanda sont : la Chine (9,1 %), la Thaïlande (8,6 %), l’Allemagne (7,3 %), les États-Unis (4,5 %) et la Belgique (4,1 %). L’inflation du Rwanda était de 5,5 % en 2011. Le montant des exportations était de 293 millions de dollars en 2011 et les importations de 1, 307 billion à la même année.
En forme longue, la République du Rwanda, en kinyarwanda (langue rwandaise) Repubulika yu Rwanda, autrefois Ruanda ou Rouanda en français avant l’indépendance en 1962, surnommé le « Pays des mille collines », est un pays d’Afrique centrale. Il partage des frontières avec, au nord, l’Ouganda, à l’est, la Tanzanie, au sud, le Burundi, et à l’ouest, la République démocratique du Congo. Sa capitale, Kigali, est située au centre du pays. Les Rwandais vivent dans les collines qui constituent la localisation de référence des habitats. Le Rwanda est membre de l’Organisation des Nations unies (ONU), de l’Union africaine (UA), depuis juin 2007, de la Communauté d’Afrique de l’Est, de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), et depuis le 29 novembre 2009, du Commonwealth of Nations.

Les rythmes haïtiens s’essouflent

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Les méringues ont beau réjouir les milliers de festivaliers durant ces trois jours gras, la musique haïtienne fait aujourd’hui face à un défi de taille : la jeunesse est de moins en moins intéressée aux rythmes locaux.  « Aujourd’hui, dans les night-clubs, il est plus facile de faire salle comble avec une soirée de dj qu’avec un bal de compas », a analysé Lyonel « Ti Lion » Guillaume, animateur vedette de l’émission Plateforme Magik. Le compas est en train de s’écrouler sous son propre poids “, avait déploré aussi, le mois dernier, Clément « Keke » Bélzaire, guitariste de Mizik Mizik. Et à entendre les récentes complaintes de pas mal de musiciens du compas, cette situation semble, depuis quelques années, faire la part belle aux musiques étrangères, au grand dam de l’héritage de Nemours Jean-Baptiste.

Résultats : changement de goût des consommateurs, mais aussi déclin du secteur. Et le compas n’est pas le seul. «  C’est toute l’industrie musicale haïtienne qui est en crise », a observé « Ti Lion », intervenant ce mercredi à l’émission Panel Magik. Pour preuve, le Racine, style de musique prisé des défilés carnavalesques dans les années 90, ne suscite plus autant de ferveur, selon le chroniqueur. Même considération pour le dernier-né de l’industrie,  le « Hip-hop kreyòl » qui, selon des analystes, n’est jusqu’à présent, pas encore à la hauteur de ses promesses.

Pour le très expérmenté “Keke” Bélizaire, les essoufflements du compas sont surtout dûs à une absence de relève inter-générationelle. « Au cours des dix dernières années, aucun groupe musical ténor n’a émergé après Carimi », a-t-il fait remarquer. Le manque de créativité de plus en plus patent de la plupart des chanteurs et musiciens est aussi à regretter, d’après Ti Lion. ” Les mêmes slogans reviennent chaque année et perdent de leur originalité “, a-t-il noté dans l’animation musicale du carnaval des Fleurs. Les mauvaises pratiques existent, toutefois, dans toute la filière musicale. Et, pour inverser la tendance, la formation des musiciens, la critique musicale, le professionalisme des studios d’enregistrement et des promoteurs et la culture musicale des Haïtiens seraient autant d’aspects à revisiter.

Au centre du carnaval et des fêtes champêtres, la musique représente aujourd’hui l’un des rares divertissements encore à la portée de la jeunesse, privée de salle de cinéma, de théâtre et de centre athlétique. « Port-au-Prince est peut-être à présent la capitale la plus ennuyeuse du monde », a lâché Tilion, dégoûté par la faiblesse de l’offre de loisirs dans la région métropoliaine. C’est, selon ce dernier, ce contexte qui a provoqué le développement des activités de divertissement peu recommandées, dénommées “zokiki”. A cet égard, l’économiste Kesner Pharel plaide, quant à lui, pour une plus grande attention de l’Université à l’industrie des loisirs, dont il reconnaît les opportunités pour le développement national.

Champ de Mars, fraîchement libéré de ses camps de déplacés à la suite du séisme de 2010, a repris sur une bonne note son rôle de réceptacle des grandes manifestations socioculturelles : le pays y a célébré la musique. « Pari réussi », note le président Martelly, avant d’annoncer pour bientôt des festivals nationaux de musique dédiés aux troubadours et aux dj. En juin dernier, il avait par ailleurs lancé le projet de l’Institut National de Musique d’Haïti (INAMUH) et du Système des Orchestres Symphoniques d’Haïti.

Musicien de carrière et grand animateur de festivités populaires, le chef de l’Etat veut-il prendre soin de son ancienne chapelle ?

Carl-Henry CADET aloccarlo@hotmail.com
Credit: Le Nouvelliste

Fin du phénomène “Anba tant” à Jacmel

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Pinchinat et Wolf sont les deux derniers des 36 camps de déplacés à être fermés définitivement dans la ville de Jacmel. Les autorités locales, de concert avec l’Organisation internationale de la migration, ont octroyé une enveloppe de 21 000 gourdes à chacune des 360 familles qui y vivaient pour leur permettre de louer une maison.

Les équipes de l’OIM ont  débuté la dernière phase de l’opération de relogement par la sensibilisation des familles de déplacés en juin dernier, suite à la demande d’assistance des autorités locales à la communauté humanitaire, selon ce qu’a révélé l’un des responsables du projet. « L’OIM va continuer à apporter son soutien aux autorités locales et surtout à la population sinistrée », a confié à la presse la directrice régionale de l’OIM pour le département du Sud-Est, Fanette Blanc.

Plusieurs déplacés du camp de Pinchinat interrogés estiment qu’il était grand temps pour eux de quitter les camps où ils ont vécu dans des  conditions de vie vraiment difficiles. Les employés de la mairie de Jacmel ont déjà détruit toutes les tentes des sites en question. Les camps Pinchinat et Wolf sont désormais deux immenses terrains déserts. Des  projets sont d’ailleurs déjà à l’étude pour occuper l’espace de ces camps, à en croire les propos du délégué départemental du Sud-Est, Pierre Michel Lafontant.

Les T-Shelters, abris provisoires ou permanents ?

« Nous sommes arrivés ici depuis le 16 juin 2011 », confie Mme Claudine, qui a dû arrêter une partie de domino pour accorder cette interview.  Assise autour d’une petite table posée sur la galerie de son T-Shelters en compagnie de trois autres voisins, Claudine fait passer le temps en s’adonnant à son jeu favori. Questions d’oublier un peu ses soucis. « Il y avait à notre arrivée ici 4 latrines communautaires  qui étaient construites pour trois mois selon les prévisions, mais voilà que plus d’un an après, aucun réaménagement n’y a été réalisé »,  s’indigne-t-elle. « Le comité du camp a fini par les détruire toutes, parce qu’elles puaient et nous empêchaient même de respirer, ajoute l’un de ses compagnons de jeu. Maintenant notre plus grand embarras, c’est que nous n’avons aucun endroit où faire nos besoins ».

Ces citoyens déduisent qu’ils sont là pour une durée indéterminée. « Les responsables ne nous ont donné aucune explication à ce sujet », s’attriste Claudine, qui habitait dans la ville de Jacmel avant le séisme dévastateur de janvier 2010 qui a détruit sa maison où elle et ses quatre enfants ont failli laisser leur peau.

Plus de 350 autres T-Shelters pareils à celui de Claudine sont érigés sur ce grand espace appelé “Village Beaudouin”.  Les familles qui y vivent sont issues des camps Pinchinat, Wolf, Sainte-Hélène, etc. Elles ont été relogées en août 2011 dans ces abris provisoires construits par l’OIM, dans le cadre d’un vaste programme national d’abris financé à hauteur de 13 millions de dollars.

L’un des représentants du village, Mme Sœurette, regrette que près de 2000  personnes soient installées sur ce site sans accompagnement. « Les autorités ont promis de nous fournir de la nourriture et du travail, mais aucune de ces promesses n’a été tenue. A l’heure qu’il est, il n’y a pas d’eau potable ni accès à des soins de santé pour les gens à faibles moyens que nous sommes », se plaint-elle.

Notons que la mairie de Jacmel est, elle-même, logée dans un local provisoire, jusqu’à présent. Le gouvernement haïtien projete d’investir 40 millions de dollars pour rendre la ville de Jacmel plus accessible et améliorer ses infrastructures, afin de la transformer en l’une des destinations touristiques les plus en vue du pays.

John Smith Sanon smithsanon@gmail.com Twitter: @smithsanon
Credit: Le Nouvelliste

Carnaval des Fleurs :entre réussite populaire et échec artistique

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Le Champs de Mars,a été le théâtre d’un déferlement populaire. Visiblement, les habitants de la capitale et des zones avoisinantes avaient soif de plaisir et de défoulement. Ils étaient des dizaines de milliers qui ont dansé, chanté et fêté à tue-tête pendant les trois jours du carnaval des Fleurs. Une réussite incontestable pour le gouvernement, très critiqué pour son choix d’organiser un carnaval en plein milieu de l’année. « C’est un succès populaire considérable », a éclaté Mario Dupuy, ministre de la Culture admettant qu’il a eu de petites failles.

 « Dans ces genres d’activités, il y aura toujours des choses à corriger », a reconnu le ministre. Ceux qui croyaient, parce qu’il s’agissait d’un carnaval des Fleurs, que tout le parcours allait se dérouler sur un  tapis de fleurs se méprennent tout simplement, a souligné M. Dupuy. «  L’expression carnaval des Fleurs se réfère plus à un aspect saisonnier qu’à la promotion de fleurs proprement dite »,a-t-il dit dans une interview bilan accordée au Nouvelliste.

 Pour le ministre, « c’était un moment de célébration, de retour à la vie comme le printemps l’annonce. Une thérapie psychosociale collective  pour la population deux ans après le séisme. Une possibilité pour elle de faire son deuil. »

 Selon Mario Dupuy, entre les traditionnels trois jours gras et le carnaval des Fleurs, il y a une  grande différence. Le carnaval des Fleurs est caractérisé par son côté artistique. « C’est évident, tout le monde a pu le constater. Même si nous avons eu des difficultés structurelles qui ont gêné la pleine dimension de ce théâtre à ciel ouvert », a-t-il avancé

 Les limitations du carnaval des Fleurs

 D’abord, il y a eu l’exiguïté du parcours réservé aux festivités.  Les organisateurs ne sont pas arrivés à relever le défi d’empêcher les participants d’occuper l’espace où évoluaient les artistes. Ce qui a tué la beauté du spectacle. « Le succès populaire a un peu dérangé le côté artistique. Nous en avons pris note pour une prochaine édition », a reconnu le ministre de la Culture.

 Le président du comité organisateur du carnaval des Fleurs est plus tranchant sur ce point. Il a reconnu que son équipe a tout simplement échoué de ce côté-là. « Les performances  des artistes ont été noyées par  la foule », a regretté Jean Dany Pierre François. « Je m’en sors avec un sentiment d’insatisfaction, le cœur serré. On avait mis la barre très haute, on avait des ambitions qu’on n’a pas pu atteindre pour plusieurs raisons. »

 La mission du comité était de présenter un produit pouvant attirer les touristes et vendre une autre image du pays à l’extérieur tout en permettant à la population de se distraire, de se récréer. Mais, mettre toute la machine en branle dans l’espace d’un mois, ce n’était pas une chose facile pour Jean Dany Pierre François et son équipe.

Le comité devait réaliser ce carnaval en deux parties. Une partie artistique, culturelle et l’autre avec les groupes musicaux. Il voulait avoir un spectacle mobile. « On n’a pas réussi parce qu’on n’est pas arrivé à isoler les spectateurs des artistes, exposé les beaux costumes, mettre en évidence les chorégraphies, les couleurs, les fleurs en structures métalliques », a regretté M. Pierre François. Tout se mélangeait, a-t-il dit. Le ministre de la Culture est plutôt d’accord avec ce constat.

Pour la deuxième partie du carnaval qui consistait en la participation de groupes musicaux, M. Pierre François a estimé que les musiciens n’ont pas compris la philosophie de ce carnaval. Encore une fois, ils se sont affrontés à coup de décibels, de slogans sur tout le parcours. « C’était ridicule et débile », a-t-il confié.

 Le prochain comité fera mieux

Le président du comité du carnaval des Fleurs a estimé qu’étant donné que les manquements ont été identifiés, la prochaine équipe qui va réaliser les prochains carnavals devra s’en servir pour corriger et faire mieux qu’eux. Il a promis de laisser un document avec tous ce qui mérite d’être corrigé. Il pense qu’il doit y avoir beaucoup de réflexions sur le carnaval en Haïti

A la question est-ce que le carnaval des Fleurs va devenir définitivement un  rendez-vous annuel, le ministre de la Culture a indiqué que c’est le gouvernement qui va en décider. « Ce qui est certain, on va avoir l’institutionnalisation, la mise en place du comité permanent pour l’organisation du carnaval qui aura à apporter des solutions aux limitations enregistrées », a annoncé Mario Dupuy.

Plus que 30 millions de gourdes déboursés

Il y a d’abord un budget de 65 millions de gourdes dans lequel, les responsables ont liquidé une dette de 35 millions laissé par le carnaval des Cayes. Grâce à la participation du secteur privé, cela a permis de compléter le budget des trois jours de festivités à environ 35 millions de gourdes de plus soit au total 65 millions pour la réalisation du carnaval des Fleurs, selon des explications de M. Dupuy. Toutefois, le ministre a souligné qu’il n’est pas en mesure de fournir des chiffres exacts, parce qu’il ne dispose pas encore de toutes les données.

« Ce qui est certain, nous n’allons pas nous retrouver avec des dettes après le carnaval », a-t-il dit

Le président du comité organisateur des trois jours de festivités ne voulait pas non plus avancer de chiffres pour le moment. « On fera un rapport avec tous les détails », a-t-il dit au Nouvelliste, soulignant qu’en plus de 30 millions de gourdes décaissées par le gouvernement, ils ont aussi collecté l’argent des places vendues au Champs de mars, l’argent des sponsors… en toute transparence on fera savoir au public combien le carnaval a coûté », a indiqué  Jean Dany Pierre François. Comme le ministre Dupuy, il dit espérer qu’il n’y aura pas de dettes.

 Les satisfactions personnelles

 Hormis,  la participation massive de la population au carnaval des Fleurs, le ministre de la Culture a estimé que le succès se trouve aussi dans « les améliorations qu’on  a pu constater du point de vue logistique et de l’organisation de l’événement en général. Pour la première fois on  a eu la mise en place et  le respect de la programmation « line up » par l’ensemble des intervenants. La distance entre les groupes musicaux, les placements des intervenants… », s’est réjoui  Mario Dupuy.

 Le ministre s’est félicité également de la performance des DJ sur les stands qui, dans le passé, couvraient les bandes à pied à coup de décibels. « Il y a une bonne communion entre les bandes à pied et les DJ », a-t-il dit. Chaque partie avait la possibilité de satisfaire son public sans frustration.

 Jean Dany Pierre François a reconnu, cependant, que le public a répondu positivement à l’appel du chef de l’Etat en participant massivement aux trois jours de défilés. Le comité avait des inquiétudes sur la participation du public, il ne les a pas cachées. « On a eu bien plus qu’espéré. C’est un motif de satisfaction », a-t-il dit.

 L’initiative de la Première Dame

 Encore une fois, la Première Dame a pris l’initiative de mettre sur pied un centre d’urgence  pour apporter les premiers soins aux blessés du carnaval.

 L’équipe médical composée, le premier jour, de cinq médecins, douze infirmières, six secouristes, et des étudiants en sciences infirmières de l’Université Notre Dame, tous des volontaires, a considérablement augmenté pour un service plus dynamique durant les deux autres jours. Trois  ambulances, dont une servant de mini-pharmacie puisqu’équipée pour un tel service, étaient disponibles pour l’évacuation des blessés

 La PNH a bien joué son rôle, Martelly aux anges

Les agents de la police nationale ont bien joué leur partition sur tout le parcours du carnaval des Fleurs à Port-au-Prince. Pendant les trois jours des festivités, ils ont enregistré trois cas de mortalités, une centaine de blessés, et ont procédé à une trentaine d’arrestations. Une victoire, selon le président Michel Martelly et une démonstration de professionnalisme.

Le chef de l’Etat est plus que satisfait de la prestation des agents de force de l’ordre et surtout du bon comportement de la population. Accompagné du directeur général de la police nationale, Michel Martelly a inspecté les différents points clés du parcours. « Il est important pour nous d’assurer la sécurité de la population et de la rendre confortable. Il est aussi important de dire aux gens malintentionnés que nous sommes là et c’est nous qui avons le contrôle », a déclaré le locataire du Palais national au troisième jour des festivités.

Pour le président de la République, c’est un message clair que la population a envoyé au monde entier pour lui dire qu’effectivement le pays est prêt à accueillir des investissements étrangers. M. Martelly s’est aussi félicité du déplacement massif des Haïtiens de la diaspora et aussi la visite d’autres touristes étrangers. « L’événement a tiré beaucoup de personnes, même par la République dominicaine il n’est pas facile de rentrer au pays tellement les lignes aériennes sont saturées. Nous allons continuer à vendre Haïti sur d’autres angles », a-t-il dit.

Pour sa part, Mario Andresol, le chef de la police n’a pas caché sa satisfaction pour le travail des ses troupes. « Nous avons procédé à l’arrestation de plusieurs évadés de prison. Il y a des blessés légers

Au moins deux agents de la PNH ont été mis aux arrêts pour avoir porté des armes à feu alors qu’ils n’étaient pas de service pour les trois jours du carnaval. « Nous avions passé des instructions à tous les policiers. Ils n’avaient pas le droit de venir au carnaval en civil », a-t-il dit.

Le porte-parole de la police nationale d’Haïti, Frantz Lerebours a fait savoir que le bilan partiel a fait état de 8 morts et de 350 blessés.

La PNH a procédé à l’arrestation d’au moins 38 personnes dont deux agents de police en civil. Parmi les personnes arrêtées figurent des évadés de prison, précise monsieur Lerebours cité par radio Métropole.

Les amants de spectacle, d’ambiance populaire, de défoulement seront servis à nouveau. Avant la fin de l’année, ils auront droit à deux autres activités de réjouissances. « Il va y avoir l’organisation d’un festival national de Troubadour », a annoncé le Mario Dupuy sans toutefois donner de date précise. « Août ou début septembre…De toute façon, ce sera avant la rentrée des classes », a-t-il précisé. Un autre rendez-vous culturel ce sera avec les DJ du pays. Mais le ministre de la Culture ne voulait pas donner plus de détails. « Laissez-nous un peu de temps », a-t-il conclu séchement.

Robenson Geffrard, rgeffrard@lenouvelliste.com
Credit: le Nouvelliste

Martelly a gagné son pari, T-Vice aussi

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Ils étaient là. Par dizaines de milliers, des carnavaliers ont répondu présent à l’appel du plaisir. Au Champ de Mars, vidé de ses tentes, ils se sont éclatés, mêlés et ont pété les barrières sociales. Le plaisir a soudé, donné l’impression d’un partage de citoyenneté. Michel Martelly, « président du compas » et président de la République, a gagné son pari. La capitale n’a rien à envier aux Cayes. Elle a eu son carnaval, de l’argent a circulé dans l’économie.

Dans le sillage de la plus grande fête populaire qui s’est tenue en plein été, le débat a enflé à la radio. On prétend que T-Vice a surclassé Djakout number one et tous les autres groupes, que BC était meilleur que Rockfam, que Team Lòbèy est la révélation et que les autres groupes compas, en panne d’inspiration, ont été des flops. Moins pire en tout cas que les groupes racines, complètement surannés, sans âme, sans combat.

Le débriefing d’après carnaval met en lumière les petites ratées logistiques, les déceptions esthétiques. Rien de trop grave par rapport aux morts et blessés de l’exercice ayant coûté à l’Etat quelque 30 millions de gourdes, mobilisé plus de 5 000 policiers. Quoi qu’on dise sur le sens des priorités en Haïti où tout est urgent, tout est prioritaire, le président Michel Joseph Martelly est partant dès qu’il s’agit  de bamboche populaire. Le bonheur national brut est-il devenu un indicateur  en Haïti ? Cela en a tout l’air car d’autres rendez-vous sont arrêtés : un festival pour les troubadours et une journée pour les DJ, les grands absents du carnaval des Fleurs.

Si, entre-temps, certains croient qu’il faut désormais avoir des rendez-vous arrêtés dans un agenda national d’activités culturelles pour apporter de la valeur ajoutée aux fêtes champêtres drainant des centaines de milliers de croyants, de festivaliers, d’autres s’inquiètent du contenu. Est-ce que la culture et ses différentes filières sont pensées afin de fournir des productions originales, attractives ? Est-ce qu’il y a des troupes de danse, des créateurs capables de faire la scénographie de nos grandes conquêtes militaires ? Est-ce que le rara, dans toute sa diversité, aura un jour droit de cité à la radio ou à la télé ? Est-ce que les radios vont finalement avoir un quota de diffusion en vue de faciliter l’essor des artistes haïtiens sans desservir les éclectiques ? C’est souhaitable. Autant que des ressources pour le ministère de la Culture, rachitique avec moins de 1% du budget de la République.  

Si le président Michel Joseph Martelly, satisfait du déroulement de ce carnaval, s’est attiré les faveurs des fêtards, il est cependant attendu au tournant. Après les festivités, les brûlants dossiers de la République ne cesseront pas de l’être. La cherté de la vie, plus que les autres dossiers, provoquera quelques soucis. Certains espèrent que l’on ne tombera pas dans les répliques dignes de la fable de La Fontaine « La cigale et la fourmi »…

Roberson Alphonse roberson_alphonse@yahoo.com ralphonse@lenouvelliste.com
Credit: Le Nouvelliste

Discours d’inauguration des activités du 50e anniversaire du jeune Orchestre Tropicana d’Haïti à New York

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Mr le Représentant du Corps diplomatique haïtien

Madame la Présidente, les Dignitaires de New Jersey et de New York, les membres de la presse parlée écrite et télévisée, Mesdemoiselles, Mesdames et Messieurs

Honneur et respect pour un art révélateur et relatif à des époques précises des sociétés humaines. Cet art, mes chers invites, s’appelle la Musique. La musique n’a pas d’âge. Sinon les siècles passes n’auraient plus leurs musiques à jouer aujourd’hui. La raison qui fait que nous connaissons quelque chose du Moyen –Age, c’est à cause des “Chansons de de gestes”. Chaque époque a sa musique qui distingue une société d’une autre. Dans les années 50, il faut reconnaitre l’importance de la contre-danse dans la musique haïtienne et aussi pour comprendre la confusion des jeunes de telle époque qui vous parlent de Compas direct sans connaitre l’existence de Nemours et de Webert Sicot.

Comme Entreprise, la musique évolue au même rythme que la société humaine. D’Art universel, voici, quand nous voulons fêter l’anniversaire d’un orchestre, il ne faut pas regarder les membres fondateurs qui l’ont débuté, mais plutôt les hommes et les femmes qui ont construit la réussite et le renom de l’Orchestre et qui se sont mises dans son essor avec soin, vœu, volonté de plaire. C’est l’âme constante de l’ensemble

Que connaissons-nous de la gonaivienne de Rosalvo Bobo? Tandis que la société haïtienne s’en était bien imbue. Vers la même époque, quand Haïti adoptait la Dessalinienne comme hymne nationale ‘’Haïti Chérie est devenu hymne Culturel. La musique devient la réflexion indéniable de la société, et donne corps à cette société. Certaines musiques n’ont pas d’âge parce qu’elles deviennent l’identité constante de la société. Les gens s’identifient a certaines musiques qui se transfèrent de générations en générations .Notre rassemblement , ce 29 juillet 2012, veut dire que notre génération inspire notre origine , sociale, nationale ou culturelle Si la musique racine identifie le vaudou ou le rara, la meringue identifie l’urbain et le salon. Il faut comprendre que pour l’haïtien de l’Ouest et du Sud il existe deux orchestres capois : Grand Orchestre Tropicana et le Jeune Orchestre : Orchestre Tropicana d’Haïti, sans qu’ils ne connaissent ou comprennent les péripéties qui ont conduit ces orchestres-là à devenir des porte-paroles de la société capoise. La rencontre du Jour concerne les 49 ans de Tropicana et prélude au 50eme. C’est une grande affaire pour nous les haïtiens et haïtiennes vivant à l’étranger. Notre responsabilité à tous, c’est d’agir en cohérence avec des témoins oculaires et auriculaires de tout le trajet évolutionnaire du Jeune Orchestre Tropicana D’Haïti,

 

En effet, notre vision de projet 50e anniversaire du jeune Orchestre Tropicana d’Haïti, c’est d’arriver à promouvoir autour du thème 50iemement votre, cette nécessite d’unité, ce besoin d’union qui est la condition sine qua non pour un nouveau demarrage.et arriver à célébrer solennellement le cinquantenaire du Jeune Orchestre Tropicana d’Haïti, la fusée d’Or internationale.

Arriver à réunir un représentant de l’église protestante et de l’église Catholique autour du thème 50iemement votre pour diriger la partie spirituelle de notre programme et bénir notre projet ,c’est déjà un très bon départ.

Pourquoi devons- nous célébrer grandiosement le cinquantenaire du jeune Orchestre Tropicana d’Haïti.?

Apres avoir réalisé l’épopée de 1804 et fait trembler le pont de Brooklyn le 20 avril 1990, pour défendre notre prestige et sauvegarder notre dignité de peuple, le peuple haïtien cette fois, va prouver au peuple du monde entier qu’il sait aussi comment apprécier les valeurs de son pays. Il va se rassembler autour des comités du 50e en Haïti et a l’étranger pour marquer de façon très spéciale cet évènement historique en rendant un hommage émérite au jeune Orchestre Tropicana d’Haïti pour sa contribution dans la musique, la culture et la société haïtienne.

Tropicana a été l’unique cellule démocratique existant dans le pays au cours des années 60  .Les Règlements internes ont été de vrais préceptes démocratiques. Et c’est en appliquant les règles du jeu démocratiques que TROPIC a su acquérir l’esprit de discipline, de patience de tolérance et du respect de la personne humaine qui explique son succès et sa stabilité d’aujourd’hui. Tropicana doit rester fige sur cette fondation démocratique pour assurer sa pérennité.

Patrimoine national, reconnu d’utilité publique, Tropicana est déterminé à accompagner le peuple haïtien dans tous ses projets pour la construction d’une nouvelle Haïti. “Ayti Dabo “dit-il dans son meringue carnavalesque du 2012. A travers la fondation-Tropic, il a déjà touché la plaie qui ronge notre système éducatif et écologique et est prêt à travailler sans relâche avec d’autres associations socio-professionnelles et encourage la création d’autres fondations ou groupements qui veulent s’engager dans la bataille du sauvetage de la nation haïtienne. Et, dans le cadre de la célébration du cinquantenaire du jeune Orchestre Tropicana d’Haïti, Fonda-Tropic dans un commun accord avec le Département de la santé publique offrira des consultations médicales à la communauté haïtienne surtout dans les zones défavorisées du pays .Tropicana rêvait et rêve encore d’une Haïti régénérée et prospère. Tropicana symbolise la fierté du peuple haïtien et la dignité même de la personne humaine. Supporter Le jeune Orchestre Tropicana d’Haïti, c’est supporter une noble cause, c’est supporter la nation haïtienne toute entière

Tropicana est le modèle, la référence, le sérum, le médicament du peuple haïtien dans les moments cruciaux ou difficiles .N’était-ce pas Tropicana il y aurait pu avoir déjà un éclatement social en Haïti Tropicana constitue une source d’inspiration positive et inépuisable pour le peuple haïtien. Tropicana a été la boussole du peuple haïtien pendant les 49 dernières années et il la sera pendant les 51 ans à venir. 15 Aout 1963——15 Aout 2013 50 ans de lutte, de progrès et du succès continu. L’histoire du jeune Orchestre Tropicana est comparable à l’histoire du Président Obama, le premier Président noir des Etats-Unis d’Amérique, Elle est aussi comparable à l’histoire de Mr Boehner, fils d’un forgeron, porte-parole de la chambre des Représentants des Etats unis et tant d’autres célébrités qui ont connu un succès sans précèdent. Non seulement son histoire, mais aussi sa musique s’imprègne d’une mélodie bien travaillée, d’un rythme envoutant qui vous transporte au 7eme ciel et des messages inspirant le peuple haïtien qui souffre encore aujourd’hui mais nourrissant l’espoir d’un lendemain meilleur.

Connu un début très difficile, Tropicana a été méprisé, humilie, discriminé, ridiculisé, surnommé trois (3) pieds canard, triple à canard, dyaz ki pa sou moun, les soirées soldées par un échec sont parfois transformées en séance de travail visant à adopter un nouvelle stratégie de résistence.Les musiciens après chaque performance n’ont reçu qu’un salaire de 25 ou 50 cents pas plus. Mais au lieu de se laisser emporter par le découragement, ces musiciens ont refusé de capituler et se sont comportés comme de véritables visionnaires en disant anyen pata ; Et le message continue a travers le temps : Fok sa chanje, espoir fè viv, pran pasyans,  konsey,  le soleil brille toujours après la pluie, persévérance se kle suksè,  kembe diyite nou,  ann lute pou-n rive,pou ki sa , nou tout se frè , tolérance , réconciliation, bouske lavi ,veye priye, lanmou bèl,  pran sans nou,   aprann reflechi , vanité, défi pour l’humanité,  la liste est très longue, et nous pouvons continuer jusqu’à l’infini

Tropicana a su contourner tous les obstacles, déjouer et défier tous les pronostics pour se hisser aujourd’hui au sommet de la hiérarchie musicale haïtienne. C’est ce genre d’histoire que vous devez raconter à vos progénitures si vous voulez leur assurer un avenir meilleur.et nous aurons une meilleure image du monde entier quand les peuples de 5 continents s’informent de l’histoire de Tropicana écoutent sa musique et apprennent les messages qui en découlent L’histoire du jeune Orchestre Tropicana dépasse déjà nos lignes frontalières; elle traversera des océans et ouvrira de nouveaux horizons a d’autres peuples qui souffrent comme nous autres recherchant de l’alternative. Voilà pourquoi le grand Orchestre Tropicana a en perspectives de faire un tour en Amérique du Sud , en Asie et en Afrique dans un proche futur, pour apporter les messages de paix ,d’amour de compassion, de courage et d’espoir.

C’est cette forme de résistance , ce modèle de comportement, cette vision , cette positivité que le peuple haïtien hérita de Tropicana qui explique son attachement et qui justifie la vraie raison quelle que soit votre appartenance religieuse politique ou a d’autres groupements musicaux ,pour célébrer grandiosement le cinquantenaire du jeune Orchestre Tropicana D’Haïti.======== nou tout kap soufri jodia pran Tropic pou exemple lot dyaz ki en difficulté pa dekouraje pran Tropic pou exemple tout moun la vi-a ap malmennen Abraham gen pou di yon jou c’est assez espwa fe viv—.ti moun lekol kap drop out pas dekouraje perseverans se kle sukse . Tropicana –se serum, se medikaman, se boussole tout pèp ayisyen————–Haïti pou Tropicana, Tropicana pou Haïti.

Enfin, le comité de 50e au niveau de la diaspora assumera la responsabilité de rassembler la grande famille de Tropic: Musiciens fanatiques , supporteurs, et sympathisants qui ont apporté leur contribution pour faire de Tropicana ce qu’il est aujourd’hui , pour d’abord rendre un hommage posthume, le samedi 30 Mars 2013 à Brooklyn a Claudin Toussaint le grand père de Tropicana, Bazil Cobty , le père , Charlemagne Pierre Noel , le cerveau , Lavanture Jean, Ti Codo, Guiyard, Raymondson, Harry JeanFrancois,Chenet Mondesir, ti Jean Claude, Jacques Athur,Wilfrid tambourineur, Jeanny Durand., Walter Guerrier,Louis Antoine Trois Mystères, Jackie Antoine, Stephen Alexis, Hector Emmanuel , Christian Fabien et aussi pour rendre un hommage émérite aux survivants :anciens et nouveaux musiciens , a l’actuel comite de gestion du jeune Orchestre Tropicana d’Haïti et certains personnalités telles que la famille Turenne qui a abrite Tropicana chez elle pendant 20 ans., a Maitre Homère Fontaine, le stratégiste , à Sonson Florentin , Ulrick Pierre miroir des Copins ,a Dr Salnave Abellard , Dr Yves Jean Bart , le banquier Luckner jean , Mr Adrien Michel , Mr Volvick Jasmin et au Politologue Arios Denis et son office qui ont aidé Tropicana dans le domaine d’immigration pendant plus de 15 ans..

50ement votre, c’est votre fête, c’est la fête de tous les Haïtiens.

C ‘est en ces termes que je vous salue et je vous invite à participer aux différentes activités qui vont marquer le cinquantenaire du jeune Orchestre Tropicana d’Haïti.

Que Dieu vous bénisse, bénisse le jeune Orchestre Tropicana d’Haïti et la nation haïtienne toute entière. Merci

Agronome Louis Jean Fabien

Président du comité 50e de New York

 

Carnaval des fleurs, c’est parti!

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On avait presque oublié ces moments de grande effervescence qui précède le carnaval au Champ de Mars. Des planches transformées, à peine débarquées, en de magnifiques stands qu’on regarde avec un brin de tristesse en pensant qu’ils ne dureront que l’espace des trois jours gras. Les curieux, les automobilistes, les marchands ambulants, qui vont, viennent, s’installent, contribuent à créer une ambiance qui forcent les gens à se demander s’ils sont en février ou en juillet.

Il fallait évidemment y penser ! Un deuxième carnaval,  après celui des Cayes en février dernier qui a eu beaucoup de succès, et a défait surtout le mythe selon lequel le grand carnaval ne pouvait s’organiser qu’à Port-au-Prince. On se perd, tant il y a de choses annoncées pendant ce carnaval : des défilés en voiture décapotables, des groupes musicaux, des reines belles à faire pâlir Anacaona, etc. Peu importe, on sent qu’il y a un enjeu, même s’il n’est pas toujours clairement exprimé : celui d’arriver à offrir un spectacle artistique et culturel pouvant envoyer un message susceptible d’attirer des visiteurs la prochaine fois ou les prochaines fois, créer un vrai rendez-vous pour les artisans, les artistes et le grand public.

Le concours de la plus belle photo du carnaval des fleurs lancé par le ministère de la Culture est une nouveauté qui semble être bienvenue dans ce carnaval des fleurs qu’on n’avait pas organisé depuis trois décennies.  Nous laissons aux historiens  le soin de comparer les contextes sociohistoriques et le contenu des manifestations. La population de Port-au-Prince a augmenté de façon exponentielle, autant peut-être que les attentes. On épiloguera mercredi ou après.

Ces trois jours, 29, 30, 31 – évidemment les carnavaliers vont espérer jusqu’à la dernière minute que le mercredi sera décrété congé – représenteront une belle pause et permettront  à ceux qui ne sont pas allés au Champ de Mars depuis que les victimes du 12 janvier ont été relogés ailleurs, de se réapproprier de ce lieu symbolique de la capitale.

 

Emmelie Prophète

Credit : Le Nouvelliste

 

Le chef de l’Etat a reçu les reines

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Dans une salle vibrant au rythme d’un ancien succès de « Sweet Micky au carnaval», le président de la République Michel Martelly, accompagné des membres du gouvernement, de la mairesse de Port-au-Prince,  entre autres, pour la plupart avec des fleurs autour du cou, s’est entretenu, vendredi, avec les membres du comité chargé d’organiser et de réaliser le carnaval des Fleurs à Port-au-Prince.

Tout de suite après, le chef de l’Etat, vêtu d’une chemise rose-œuvre artisanale haïtienne-a reçu les reines, soit 11 au total (deux d’entre elles étaient en retard), qui vont défiler durant les trois jours du carnaval des Fleurs qui s’annoncent chauds au Champ de Mars, lequel hébergeait encore plusieurs milliers de sans-abri il y a quelques semaines.

« Je suis particulièrement impressionné par le choix des reines. Elles sont toutes belles et élégantes », a déclaré le président.

Pour Michel Martelly, qui n’arrêtait pas de fredonner et de danser au cours de la cérémonie, ce carnaval que plus d’un ne voit pas d’un bon œil permettra d’attirer beaucoup de visiteurs en Haïti, et différentes couches de la société (marchands, charpentiers, artisans, artistes, industriels…) en bénéficieront. « Ce n’est pas du gaspillage », a fulminé le président.

 Cet événement, toujours selon le chef de l’Etat, est également une grande occasion de projeter une image souriante vers l’international, outre les images de misère que l’on montre très souvent. D’un air taquin, le président a estimé que c’est pour faire de la politique que certaines personnalités critiquent l’initiative d’organiser ce carnaval ayant pour slogan « Se la pouw la ».

 La nation donc est invitée à chanter son espoir au cours de cette fête populaire dont la finalité, selon les responsables, est d’agiter un vent de gaieté et de fraîcheur aux festivités de l’été. C’est l’occasion également, selon les autorités, de mettre en valeur les potentialités artistiques et culturelles du pays.

Ces festivités coûteront à l’Etat haïtien 65 millions de gourdes.

Valéry Daudier
Credit: Le Nouvelliste

Conter, sauvegarder, décentraliser

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Propos recueillis par Nélio Joseph

On constate, de plus en plus, un intérêt exprimé pour le conte ces dernières années. Festivals, conférences, débats sont organisés autour de ce genre littéraire, expression de l’imaginaire populaire et patrimoine immatériel des peuples. Certaines manifestations de valorisation de cette expression artistique traditionnelle se dégagent du lot et s’offrent aujourd’hui comme des rendez-vous annuels importants dans le secteur culturel haïtien, à l’image du festival interculturel « Kont anba tonèl» de Foudizè Théâtre et du festival « Krik-krak »de Akoustik Prod, dont la deuxième édition est annoncée aux Cayes cette semaine. Akoustik Prod a le mérite de vouloir décentraliser des événements culturels de valeur à un moment où le concept de décentralisation enfle des discours officiels. Rencontre avec le chargé de communication d’Akoustik Prod, Pierre Saint-Jean Widler.

Le Nouvelliste : La deuxième édition du festival Krik-Krak est annoncée du 25 au 29 juillet 2012 aux Cayes où ce festival a vu le jour l’année dernière. Il est prévu de grands changements dans le format de cette manifestation. Avant même de dévoiler le contenu de cette édition, voulez-vous faire un rappel de ce qu’a été la première édition ?
Pierre Saint-Jean Widler : La première édition de Krik-Krak a eu lieu aux Cayes les 12 et 13 mars 2011. Il y a eu une veillée culturelle avec des conteurs invités. En  levée de rideau, nous avons eu la participation des troubadours des Cayes et les prestations des conteurs. Ensuite, le lendemain, la place d’armes était ouverte à ce qu’on appelle le « bann konte » qui consistait à faire jouer 8 conteurs, en faisant des arrêts pour offrir chacun, à tour de rôle, son conte, tout en arpentant la ville. Tout ceci ponctué de l’animation d’une bande de rara qui agrémentait leur prestation.
L.N. : Présentez-nous le contenu de cette deuxième édition Quelles sont les nouveautés ?
P.S.J.W. : Le contenu est différent. Pour la première édition, tous les conteurs étaient de Port-au prince. Cette année, les conteurs seront formés sur place. Akoustik Prod reste attachée  aux questions de décentralisation, dans le sens du partage du terme. C’est dans cette optique que nous avons décidé d’organiser cette deuxième édition sous le signe de la formation et de la relève. Nous aurons des séances de formation en atelier, animées par Paula Clermont Péan. Du mercredi 25 au samedi 28 juillet se dérouleront ces séances dédiées à une quinzaine de jeunes des Cayes sur le thème « Dire le conte ». Après  chaque séance de travail, les jeunes de l’atelier  offriront  des spectacles de rue. Une table ronde  ayant pour thème  « Evolution du secteur culturel des Cayes »sera organisée avec Elisabeth Pierre-Louis, Paula Clermont Péan, Allenby Augustin et Jean Verra Charles. Akoustik Prod  profite de cette deuxième édition du festival pour rendre un hommage bien mérité, le vendredi 27 juillet, à Paula C. Péan, cette grande dame du théâtre et du conte haïtiens. Le public jeune compte beaucoup pour nous cette année encore. Après l’école de Pont Salomon, Akoustik Prod pose ses valises à l’orphelinat « Les enfants d’Israël » pour un spectacle de restitution, avec les  participants aux ateliers « Dire le conte ». Comme l’année dernière, nous clôturerons le festival en  beauté avec le fameux « bann konte », qui a eu un succès énorme auprès du public des Cayes. Cette année, c’est Camp-Perrin qui dansera au rythme des vaccines, des bambous et des mots des conteurs. Le « bann konte » en somme, c’est l’espace où le conte, la bande à pied et le public s’entremêlent pour un spectacle bien fignolé  et de qualité. Pour plus d’informations sur Akoustik Prod et le festival visitez notre site internet www.akoustikprod.com

L.N. : Qu’est-ce qui justifie ces changements dans le format de présentation ?
P.S.J.W. : Akoustik Prod ne veut nullement se démarquer de sa vocation qui est de travailler à la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel qu’est le conte. Vous savez qu’à Port-au-Prince, il y a le festival interculturel Kont anba tonèl de Foudizè Théâtre. Nous évitons de sombrer dans le mimétisme, tout en continuant de renforcer cette notion de sauvegarde du patrimoine en formant d’autres jeunes en dehors de ceux qui sont déjà connus à Port-au-Prince. Nous nous sommes dit qu’il faudrait aller à la rencontre des jeunes des autres communautés, dans le souci de démocratiser la culture. Nous souhaitons que d’autres villes accueillent le festival dans les années à venir. 
L.N. : Implanter un festival de conte aux Cayes est, probablement, une initiative nouvelle pour les Cayens. C’est d’ailleurs l’un des points forts de ce festival dans ce contexte où le concept de décentralisation enfle les discours officiels. Comment a été l’accueil du public ? sa participation ?
P.S.J.W. : Oui, elle est nouvelle, mais, c’est déjà une tradition puisque Krik-Krak est attendu avec euphorie et enthousiasme cette année encore. Le public a très bien accueilli la première édition. La veillée culturelle a attiré la grande foule. Un public hétéroclite très peu habitué à ce genre de spectacles sur la place d’armes, mais surpris et convaincu que la vie artistique est riche et variée. Le gros succès fut le « bann konte ». Les conteurs étaient merveilleux  en offrant  des prestations formidables. Le public accompagnait la caravane jusqu’à la fin. D’autres sont restés perchés  attentivement à leur balcon, pour apprécier les contes interprétés et agrémentés de chants et de roulements de tambour de la bande à pied Full rasta band.
L.N. : Quelles seront être les retombées de ce festival pour les Cayens après la 3e, la 4e, et la 5e édition ?
P.S.J.W.: Les Cayes dans les années passées était une grande destination touristique et culturelle. On est dans un contexte où les Cayens ont besoin de dynamiser le secteur culturel. Donc, en dehors des retombées économiques, je pense que la culture  pourra retrouver ses moments de gloire dans cette ville qui a connu dans le passé pas mal de succès au niveau culturel. A travers ce festival, nous souhaiterions que la ville revive culturellement et qu’elle redevienne cette attraction culturelle  et touristique qu’elle a été.
L.N. : Mis à part le festival Krik-Krak que vous choisissez d’implanter aux Cayes, tout en ayant votre siège social à Port-au-Prince, quelles sont les réalisations d’Akoustik Prod pendant ses deux ans d’existence ?
P.S.J.W : Nous avons fait pas mal de choses. Nôtre baptême de feu en 2010 était un spectacle avec Wooly Saint-Louis Jean, Black Fefe et Grégory Rosier au restaurant 4/14. Nous avons réalisé la parade artistique du festival de théâtre quatre Chemins en novembre dernier. Nous avons présenté  des séances de lecture à plusieurs voix à la salle de lecture de la Canne à sucre à l’édition 2011 de Livres en folie. Pour la fête de la musique de l’année dernière, nous avons invité des groupes de troubadour des Cayes à se produire à la salle Unesco-Fokal. Nous avons un projet baptisé Sérénades du Sud qui consiste à rassembler des voix et des chansons du Sud sur un album. Ces artistes sont un réservoir inépuisable en termes de patrimoine. Leurs chansons sont l’expression de la grande richesse culturelle de la région des Cayes et permettent de restituer tout un pan de  son histoire à travers les textes qu’ils interprètent. Toujours dans l’optique du partage et de la démocratisation de la culture, notre projet le plus immédiat est une résidence artistique avec les slameurs du collectif Hors-jeu qui seront reçus en résidence aux Cayes pendant deux semaines dans le but de travailler tout en échangeant avec les jeunes slameurs des Cayes.  
Notre infatigable  secrétaire général, en la personne d’Allenby Augustin, le directeur artistique, Jean Billy Mondésir, le responsable financier, Yves-Osner Dorvil, et moi aurons une réunion tout de suite après le festival pour travailler sur d’autres projets. Nous ne saurions ne pas remercier également notre unique sponsor, la Fokal, qui nous a toujours apporté son plein soutien.

Propos recueillis par Nélio Joseph
Credit: Le Nouvelliste