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Brothers Posse chante ALORAL

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Depuis sa première méringue en 1997, Brothers Posse ne fait qu’attirer l’affection des mélomanes. Le mélange de rythmes caribéens, d’opéra, de gospel et de dancehall a fait du groupe un ténor dans sa catégorie. Au fil des années, Brothers s’investit dans des rythmes engagés, le roots, le rock et le reggae. Dès lors, les sujets qui inspirent sa production musicale se calquent sur les conditions sociopolitiques du pays qui sont mises à nu par un groupe qui, cette année, veut que le premier signe de la prochaine révolution soit « ALORAL »

Diamond D, Don Kato, Boby Star, Izi 1, R-Bass et Tonton Bicha ont contribué à faire de Brothers Posse une référence dans le carnaval au fil des ans. De 1997 à nos jours, aucune méringue n’est passée inaperçue. Le groupe, au même titre que Chachou Boys et King Posse, pour ne citer que ceux-là, a commencé par combler cette soif de danser des carnavaliers jusqu’à s’ériger en vrai ténor du carnaval haïtien. Depuis un certain temps, les textes de Brothers Posse vont au-delà de la fantaisie ; le groupe se donne de nouvelles missions et utilise sa notoriété dans le carnaval pour partager ses opinions. « Nous n’utilisons pas le micro pour faire la cour aux femmes ou jouer aux stars, nous chantons pour rendre service à notre communauté. Nous apportons des messages clés, nous sommes la voix des sans-voix », lâche Don Kato, chanteur principal et band leader du groupe. Cette décision est prise depuis que le groupe s’est résolu à faire du roots, du rock et du reggae, au lieu de continuer dans le rap et le dancehall. « Le reggae, le rap et le roots sont des rythmes engagés qui expriment au mieux les frustrations des opprimés, les revendications des peuples. Lorsque nous avons compris que notre musique peut rendre service à la nation, nous avons assumé nos responsabilités et nous nous sommes donné comme mission d’évoluer dans ce sens », ajoute Kato. ALORAL « L’année dernière, raconte le chanteur, nous avons sorti ”Stayle”, pour dénoncer le comportement du président Martelly qui, selon l’avis de plus d’un, se vante à tout bout de champ. Malheureusement, le message a été compris dans un sens comique. C’est regrettable. Pour écrire la méringue de cette année, j’ai essayé une approche participative, et j’ai fait un sondage sur les réseaux sociaux. J’ai demandé à mes contacts de partager avec moi ce qu’ils ont observé cette année dans le pays. La majorité des réponses confirment que le gouvernement fait plus de promesses que de réalisations. Il fait tout à l’oral. Le gouvernement n’a pas atterri, et ”Aloral” cible ses points faibles. » Kato continue pour dire : « Je veux que les gens savent que je n’ai aucun problème personnel avec Michel Joseph Martelly. D’ailleurs, c’est un artiste avec lequel j’ai travaillé, ce n’est pas un ennemi. J’ai chanté ”Miray Jeriko” et ”Lang vipè” sous le gouvernement de Préval ; je suis un messager, je dois faire mon travail. Par ailleurs, je suis de gauche et le président Martelly de droite. Plusieurs citoyens, incluant moi, ont un problème avec un système ; étant donné que c’est Michel Joseph Martelly qui dirige le système en question, il est alors pointé du doigt. Le peuple a faim, il est malade ; les sirènes des officiels troublent la paix, créent du désordre ; les programmes du gouvernement restent au stade de promesses, de discours faits à l’oral. De plus, ce système humilie nos jeunes cadres ; par exemple, c’est par BlackBerry Messenger qu’ils apprennent qu’ils sont révoqués de leur poste. A quoi riment toutes ces taxes ? Où est cet Etat de droit dont on ne cesse de nous promettre ? Cette affaire d’école gratuite a toujours existé, ce sont des élèves des écoles communales qui n’ont jamais été enregistrés qu’on est en train d’utiliser pour justifier les résultats dudit programme. Voilà tout ce qui explique la meringue de cette année. Et aussi l’envie de vivre de la population. J’ai vu des gens à Saint-Marc fêter la Noël sans électricité et comme si de rien n’était ! Les Haïtiens sont un peuple formidable ! » Kato est conscient que la méringue ne fait pas l’unanimité auprès de la population, mais il se réjouit du fait que le message passe mieux que l’année dernière. Les approches positives de certaines personnes qui comprennent son travail sont nombreuses : « Yo di Kato refèl ankò !», dit-il. Un hommage à Kita Nago Dans ce mélange de rythmes de conscientisation et de texte qui donne ”Aloral ”, Kato en a profité pour soutenir le mouvement mené par Harry Nicolas dit Mèt Fèy Vèt, qui a symbolisé l’union nationale, de Les Irois à Ouanaminthe en passant par la capitale, avec son fameux ”bwa Kita Nago”. « Mèt Fèy Vèt s’est entretenu avec Bicha et moi pour présenter cette idée que nous avions jugée extraordinaire. Kita Nago est un symbole de fraternité, qui prouve qu’on peut faire un tas de chose si l’on s’unit. A travers la méringue, explique l’artiste, j’ai essayé de vendre ce mouvement, qui est un symbole national. Notre union fait notre force, voilà ce que résume Kita Nago concrètement. »  « Le Cap-Haïtien ne sera pas un défi. Nous serons chez nous, donc nous y sommes très attendus, nous allons comme d’habitude offrir notre animation. On va nous amuser. Pour le moment, nous cherchons une compagnie pour la sonorisation, mais sincèrement je souhaiterais que ce soit Fanfan. J’aime travailler avec lui. A l’heure actuelle, ”Manager Thomas” ainsi que les musiciens sont motivés ; Réginald Georges s’occupe de la réalisation du clip, qui sera prêt en milieu de semaine. Ti Michel fera vibrer avec son ”rara minui”, ce son qui vous pénètre la nuit alors que vous dormez. C’est tout cela que l’on offrira à ceux qui seront au Cap les 10, 11, 12 février prochains », conclut Antonio Cheramy dit Don Kato.
Plésius Junior LOUIS (JPL 109) junior.jpl007@yahoo.fr
Credit: Le Nouvelliste

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